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Gratuité des soins pour les enfants : Les populations préoccupées par le suivi de la Couverture maladie universelle

Le gouvernement sénégalais a mis en place une initiative visant à réduire les coûts des soins pour les enfants de zéro à cinq ans. Depuis le 1er octobre 2013 avec la Couverture maladie universelle (Cmu), les enfants bénéficient d’une gratuité des consultations dans les structures de santé.
La décision d’alléger les soins médicaux des enfants de zéro à cinq ans est diversement appréciée par les Dakarois. Si certains parents se réjouissent de la nouvelle, d’autres se disent soucieux du suivi du programme. Rencontrée dans une structure sanitaire de la banlieue, Aminata Mbengue pense que cette décision est un important coup de main donné aux familles modestes. «J’apprécie vraiment la Couverture maladie universelle. Elle aide les familles modestes. Je remercie les initiateurs. Actuellement nous n’achetons que le ticket de consultation. On nous donne gratuitement les médicaments disponibles et le reste est acheté dans les autres pharmacies», a témoigné cette jeune maman, qui, depuis l’application de la Cmu, emmène régulièrement son petit garçon de trois ans en consultation.
Si Aminata salue l’initiative, Ousseynou Niang et son ami, tous vendeurs de téléphones portables au rond-point Poste Thiaroye, trouvent que c’est l’Etat qui doit prendre en charge la santé des populations. «Je crois que l’Etat doit veiller sur la santé des populations comme doit le faire un père de famille. C’est une bonne chose, pourvu que ce ne soit pas une affaire politique, car si tel est le cas, le plan ne va pas durer», ajoute l’ami de Ousseynou Niang, sous le couvert de l’anonymat. Ces derniers, qui confondent la Cmu et « Sen Docteur », ne comprennent ni comment, ni où est appliquée la Cmu. D’ailleurs, Ousseynou Niang a affirmé avoir payé récemment des ordonnances pour son enfant. «Ma famille est au village. Il y a de cela deux mois, mon enfant est tombé malade. Mais, j’ai envoyé de l’argent à ma femme pour qu’elle achète les médicaments. Elle n’a jamais évoqué la gratuité des soins», a-t-il avoué.

Absence de sensibilisation
La communication autour de la Cmu reste un défi à relever au Sénégal. La plupart des citoyens rencontrés disent ne pas être au courant de ce projet. Ils confondent Cmu et Sen Docteur. Certains soutiennent même qu’ils ne sentent pas l’application de cette mesure dans les structures sanitaires de leur localité. «Les populations ne sont pas assez sensibilisées. Il y a des gens qui ne savent pas encore que les soins des enfants de zéro à cinq ans sont gratuits», a expliqué Maodo Dieng, dépositaire à la pharmacie du centre de Santé de Hann-Mer. Pour Oumar Seck, il n’y a pas de Couverture maladie universelle au Sénégal. «On en parle dans les centres de santé, mais on ne la sent pas. Si tu emmènes ton enfant en consultation, on te prescrit des ordonnances et te demande d’aller les acheter. Ça n’existe que de nom, il ne faut pas leurrer les populations», a martelé ce père de famille résidant à Yarakh. Maodo Dieng, pour sa part, reconnaît que les médicaments restent l’obstacle de l’application de la Cmu pour les districts sanitaires. Dans les centres de santé, la Cmu concerne la gratuité du ticket, de la consultation, des médicaments et d’une hospitalisation d’une semaine pour les enfants de zéro à cinq ans. Mais, selon lui, les centres de santé ne sont pas assez équipés pour subvenir aux besoins des patients. «Il faut que l’Etat rembourse les médicaments à temps pour qu’on puisse approvisionner les pharmacies. Sinon elles seront vides et on sera bloqué», a admis le dépositaire de la pharmacie du centre de santé de Hann-Mer. En effet, cette pharmacie n’a pas une grande quantité de médicaments. Les étagères sont presque vides. On y trouve quelques seringues, des bouteilles de sirop, du coton, quelques boites de comprimés effervescents, entre autres. Maodo trouve que la meilleure façon était de mettre une certaine quantité de médicaments dans les pharmacies avant de mettre en vigueur la Cmu. Chaque structure de santé a son niveau d’équipement, a fait savoir le Docteur Obert Ndiaye, chef du service soins infirmiers au centre hospitalier de Pikine. «Ici nous sommes assez équipés pour prendre en charge la Cmu», a-t-il déclaré. Son collègue Ismaïla Alassane Dia, auditeur interne et chargé de programme dans cette structure sanitaire, explique que dans les hôpitaux, la Cmu n’est appliquée que pour les cas référés et les urgences pédiatriques.

Extension de la Cmu
Il s’agit des cas d’enfants qui sont transférés dans les hôpitaux par les districts sanitaires. «Si l’enfant est venu directement, il ne sera pas pris en charge à moins que ce soit une urgence. Nous n’avons qu’une seule entrée pour la Cmu : ce sont les urgences», a-t-il précisé. La deuxième phase de la Cmu qui doit intégrer les hôpitaux pour régulariser la prise en charge effective des enfants de zéro à cinq ans tarde à se matérialiser, selon Obert Ndiaye. Mais les gens ne comprennent pas ce qui se passe. «Ils exigent souvent la gratuité des soins dans les hôpitaux», a-t-il regretté. L’objectif général du Plan d’action 2013-2017, c’est d’étendre la couverture maladie de base à toutes les populations du secteur informel et du monde rural à travers les mutuelles de santé à l’horizon 2017. Cependant, les populations se disent soucieuses du suivi du programme. «J’aurais préféré que cela ne soit pas comme le Plan Sésame. C’était une bonne initiative, mais il n’y a pas eu de suite.
Récemment, j’ai emmené ma mère dans une structure de la place. Elle a 77 ans, mais les médecins m’ont fait savoir qu’ils ont arrêté ce plan, parce que l’Etat n’arrivait plus à rembourser. Je crains que la Cmu n’ait la même fin», a indiqué Yoro Sow, père de famille. Au Sénégal, seule une minorité (20%) de la population bénéficie d’une couverture sociale. Pour les pères de familles rencontrés, la Cmu doit être améliorée. Ils souhaitent que les structures sanitaires les plus proches des populations que sont les centres de santé soient équipées pour pouvoir prendre en charge les enfants. Ils souhaitent aussi une prise en charge effective des enfants dans les hôpitaux.

Comment doit fonctionner la Cmu ?
La Cmu est un plan adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 12 décembre 2012. Cette résolution appelle chaque Etat membre de l’Onu à financer son système de santé par le biais de mécanismes plus équitables et solidaires. Ce qui va permettre aux populations d’accéder à des services de santé de qualité et à des prix abordables. A l’interne, le Sénégal dispose de cadres politiques complémentaires qui constituent des bases solides pour faire face aux défis de l’extension de la couverture maladie, indique le plan stratégique de développement de la Cmu. Selon le document, le Sénégal vise une Couverture maladie universelle pour toute la population d’ici à 2022. Enfin, le document précise que la section 7 identifie les cadres institutionnels de mise en œuvre au niveau national, régional et départemental ainsi que les cadres de dépense et de financement et le système de suivi-évaluation du plan d’action.   
    

Mariama DIEME (stagiaire)

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