A la galerie KEMBOURY : Les élèves de Diabir et Baraff montrent leur vécu en Casamance
Tuesday, 21 May 2013 11:59
Jamm’art (Jeunesse active pour un monde meilleur par l’art) est une association qui s’investit en Casamance, depuis 2011. Idrissa Diouf, son président, organise à la galerie Kemboury une exposition de tableaux de peinture sur le thème de la Casamance avec des œuvres réalisées par des élèves de Diabir et Baraff (région de Ziguinchor).
La galerie Kemboury accueille des tableaux de peinture réalisés par les élèves de Diabir et Baraff, villages situés à 9 km de Ziguinchor. Une quarantaine de tableaux décrivent des scènes diverses avec des personnages, des ombres au milieu des cases. Les couleurs vives sont manifestes. Bien que réalisés par des enfants, ces tableaux dégagent une expression naturelle et une bonne dose de réalisme.
A travers ces tableaux, les enfants répondent aux questions. Comment avez-vous vécu le conflit casamançais ? De quoi rêvez-vous pour votre localité ? Ils ont traduit leurs sentiments d’inquiétudes, mais aussi les difficultés auxquelles ils sont confrontés (la terreur des mines anti-personnelles, le manque d’eau et d’électricité, l’amour du prochain) ; autant de situations décrites avec une finesse qui révèle ces talents en herbe.
Du 13 au 18 mai, la galerie Kemboury abrite cette exposition. Alfousseyni Badji, artiste et secrétaire général de Jamm’art, révèle avoir encadré les 30 élèves issus des deux écoles, de Diabir et Baraff, afin de les amener à réaliser des tableaux qui reflètent leurs sentiments et leur vécu quotidien. Pour M. Diouf, « la dimension humanitaire vise à leur faire comprendre qu’ils font partie intégrante de notre société, de notre pays, à les amener à s’approprier ce concept et à assurer leur prise en charge ». Jamm’art a ainsi semé en cette jeunesse des graines de civisme et d’autres valeurs comme l’autonomisation pour former des Sénégalais imbus des valeurs sociales. Les recettes de ces tableaux seront reversées aux communautés. M. Diouf révèle que des contacts avec les associations artistiques locales ont été noués pour suivre et accompagner ces jeunes talents.
Alfousseyni Badji nous informe que les fonds récoltés lors des deux premières phases ont permis la réalisation de deux bibliothèques à l’intention des jeunes, dans les écoles participantes à l’exposition. Ces bibliothèques sont baptisées du nom des marraines, Annette Mbaye d’Erneville et Mariétou Diop de la Bu (Ucad). L’association implique les ressortissants des localités dans le bon investissement des fonds (formation à l’entreprenariat des femmes, autofinancement des activités, autonomisation, achat de masques et de paires de gants, etc).
Ansou Sané, conseiller technique du ministre de la Jeunesse, très enthousiaste, n’a pas manqué de transmettre les félicitations et les encouragements du ministre pour des initiatives similaires. Il a affirmé la détermination de son département à accompagner l’association Jamm’art dans le cadre de la politique de jeunesse, notamment le soutien pour la vulgarisation du concept artistique à travers les autres régions du pays. Ce projet artistique de Jamm’art est parrainée par Aïssatou Cissé, conseillère du président de la République.
Thérèse Diatta, séduite, s’est engagée de tout cœur dans cette initiative pour la paix dans la région du sud, en mettant gracieusement sa galerie à la disposition des jeunes artistes.
Mamadou DIEYE