Culture

L’art culinaire, un symbole d’intégration des diasporas francophones

Le Groupe des amis de la Francophonie (Gaf) au Sénégal veut faire de l’art culinaire le meilleur facteur d’intégration. A l’occasion de la clôture de la Quinzaine de la Francophonie, le Gaf organisait, la semaine dernière, une conférence sur le thème : « Partage des saveurs... »  
 « La marmite, la cuisine doit vendre des rêves et inviter les élites, la diaspora au consommer local », a déclaré, vendredi dernier, Salimata Wade, professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. C’était lors de la clôture de la Quinzaine de la Francophonie à la Maison de la Culture Douta Seck et organisée par l’ambassade de Suisse autour d’une conférence intitulée : « Le partage des saveurs : la cuisine, meilleure ambassadrice des diasporas ».
Cette rencontre avait réuni des ambassadeurs,  gastronomes et professeurs, entre autres. Le président du Groupe des amis de la Francophonie, Nicolas Fataki Lungele et l’ambassadeur de Suisse, Muriel Berset Kohen par ailleurs vice-présidente du Gaf, ont également pris part à la rencontre.
Le Pr Salimata Wade a regretté la rapidité de nos cuissons. « La cuisine, ce sont des techniques. Nos modèles alimentaires sénégalais sont réduits à 7 plats urbains qui ne résument pas l’art culinaire local », a-t-elle laissé entendre.  
« L’alimentation est l’un des premiers produits à être mondialisée. Je ne suis pas pour que nous prenions tout des autres. On ne peut pas se contenter de critiquer les autres sans ne rien proposer. Il est important de faire valoriser nos cuisines rurales qui renvoient au rôle de la femme  », a ajouté Salimata  Wade, qui regrette que « le bouillon soit considéré comme un trésor » par nos femmes.
Prenant la parole, Etienne Piguet, professeur à l’Université de Neuchâtel, en Suisse, a parlé de la mobilité culinaire qui est parfois facteur d’intégration réussie, si l’étranger s’y est vite adapté. « La cuisine est au centre des identités », a-t-il reconnu. « Ce qui est dans l’assiette a forcément une histoire », souligne le professeur Piguet, paraphrasant l’écrivaine sénégalaise, Aminata Sow Fall.
« Il y a un lien entre la nation et la cuisine », confesse-t-il. « La culture peut être un facteur d’intégration. L’une des pires formes de rejets, c’est le côté culinaire », car selon Etienne Piguet, « il existe des apéritifs interdits aux musulmans ». Mieux, selon le Pr Piguet, « la gourmandise est le lien commun qui unit les peuples par l’échange réciproque des objets ».
« Il y a une guerre alimentaire, de goût, imposé par des multinationales », a-t-il indiqué ; et de s’interroger : « Que fait la diaspora pour parler de notre art culinaire ? ».       
 L’ambassadeur de Suisse, Muriel Berset Kohen, vice-présidente du Groupe des amis de la Francophonie (Gaf), a conclu qu’on peut bien s’approprier l’art culinaire des autres.

Serigne Mansour Sy CISSE


Ambassade d’Espagne : « Cultura Dakar » organise un concours de chanson pour fêter ses 5 ans

Pour marquer ses cinq ans d’existence, le service culturel de l’ambassade d’Espagne à Dakar organise un concours de chansons portant sur la coopération entre le Sénégal et l’Espagne. Les candidats peuvent déposer leur chanson avant le 15 juin 2013.
Dans le cadre de la célébration de son 5ème anniversaire, le service culturel de l’ambassade d’Espagne à Dakar lance un concours de chansons qui portent sur la coopération entre l’Espagne et le Sénégal. Intitulé «Woyalma » ou « Canta para mi » en Espagnol, il est ouvert aux personnes de toute nationalité et âge.
Seulement, les chansons présentées  par les candidats devront porter sur tout sujet qui parle de l’Espagne et du Sénégal et en  privilégiant  les échanges culturels entre ces deux pays. « Chaque participant  peut présenter autant de candidatures qu’il souhaite. Les chansons peuvent être chantées en toute langue, mais aussi elles doivent être inédite  et peuvent être présentées sous forme de démo ou de maquette », renseigne le communiqué. Tout en précisant qu’il n’y pas de limite pour la durée de la chanson.
Les  candidats peuvent ainsi déposer les chansons en format Cd à l’ambassade d’Espagne, du lundi au vendredi, ou en les envoyant en format Mp3 à  This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it . Et cela, avant la date de clôture qui est fixée pour le 15 juin prochain.
« Les chansons qui ne réunissent pas les conditions exigées ne seront pas prises en compte. Un jury formé par l´ambassade d’Espagne et des experts de la musique sera établi afin d´annoncer, le 30 juin 2013, la chanson gagnante », précise le document.
Le lauréat pourra bénéficier, entre autres, d’un accompagnement par la réalisation et l’enregistrement de la musique portant sur la chanson choisie dans des conditions techniques optimale et  d’un film documentaire de 5mn en rapport avec toutes ses activités en studio, son histoire et sa biographie sous forme de Vidéo Epk.

I. BA


Exposition à la galerie nationale : Les sociétés africaines à travers leurs masques et leurs statues

Jusqu’au 30 avril 2013, la Galerie nationale d’art accueille une exposition dédiée à l’art traditionnel africain. Le but est de mieux faire comprendre les sociétés africaines au travers des masques, statues…
Un parfum de rétrospective esthétique flotte à la Galerie nationale d’art, à Dakar. Naguère habituée à recevoir des objets contemporains, la salle d’exposition accueille jusqu’au 30 avril, 85  pièces d’art africain traditionnel sur le thème : « Art et tradition ». L’initiative émane de l’Association des antiquaires et collectionneurs d'art africain du Sénégal, en collaboration avec la Galerie nationale d’art. « Cet événement constitue l’aboutissement d’un travail collectif entrepris depuis plus d’un an, qui a insufflé à notre association un nouveau souffle », a rappelé, vendredi lors du vernissage de l’exposition, Cheikh Ngom, le président de l’Association des antiquaires et collectionneurs d’art africain du Sénégal.
Ainsi, de grands collectionneurs et antiquaires d’objets d’art africain traditionnel font découvrir la diversité des expressions culturelles du continent. La palette est  large : statue pendé (Rdc), casque yoruba (Nigéria), sculpture en bois d’un couple dogon (Mali), koriste en bronze (Sénégal), masque senefo (Côte d’Ivoire), tambour tikar taillé à partir d’un tronc d’arbre (Cameroun), statue fauti (Ghana), piquet fon (Bénin)… Ces pièces ont la particularité d’être très anciennes même si aucune datation précise n’est indiquée.
Cette première exposition au Sénégal réjouit Waly Diabira. Il est collectionneur et antiquaire. « Nous avons voulu opérer une rupture pour dire qu’on peut faire quelque chose, mais aussi montrer que nous existons », a-t-il justifié. Diabira suggère qu’une partie des commandes de cadeaux faites par les institutions comme la présidence de la République, l’Assemblée nationale, les ministères et les structures publiques leur soient adressées. L’idée est de faire vivre à ses acteurs culturels des fruits de leur travail. Des échos à cette première exposition ne manquent pas. « Des galeristes nous demandent de perpétuer  cette initiative. Nous sommes en train de voir comment organiser la périodicité. Soit tous les six mois ou chaque année », a confié Touba Sène, collectionneur. Il détient par devers lui un nombre impressionnant d’œuvres. Selon Cheikh Ngom, président de l’Association des collectionneurs et antiquaires du Sénégal, ce patrimoine, millénaire, d’une richesse culturelle inestimable, doit être préservé et promu auprès de chaque africain pour qu’il puisse visiter les sociétés traditionnels africaines. Selon Ngom, celles-ci n’existent aujourd’hui pour beaucoup qu’à travers ses masques, statues et autres objets. Sur ce point, Mounirou Barro, directeur des Arts, a assuré que le ministère de la Culture va encourager et accompagner de pareilles initiatives qui entrent en droite ligne avec la politique de promotion de la diversité des expressions culturelles au Sénégal.
 Au-delà des connaisseurs, les organisateurs de l'exposition visent un public susceptible de mieux s’imprégner des richesses culturelles de l’Afrique. Cheikh Ngom se dit persuadé que cette exposition va permettre au public de découvrir les sociétés traditionnelles et comprendre la portée sociale, politique et économique des masques, statues…

E. Massiga FAYE


Exposition à l’Alliance Française de BANJUL : Le plasticien Mor Faye fait l’éloge de l’intégration culturelle

L’artiste plasticien Mor Faye alias Murf a exposé ses œuvres à l’Alliance française de Banjul. A l’occasion de la semaine de la Francophonie 2013 en Gambie (du 18 au 28 mars), sur invitation du directeur de l’Alliance Didier Martin, le peintre sénégalais a également animé un atelier de production de fresque murale pour des élèves du lycée sénégalais, de l’Ecole française, de Latrikunda upper basic school et Saint Thereze upper basic school. La cérémonie d’ouverture officielle de l’expo des tableaux de Murf a eu lieu en présence de Son Excellence l'Ambassadeur du Sénégal en Gambie, Babacar Diagne, invité d’honneur, et d’autres autorités.
Le plasticien a présenté 21 toiles dont une fresque réalisée avec 12 élèves des 4 établissements francophones et anglophones dans une diversité culturelle. « Le public est venu en masse même si ce n’était pas la même envergure qu’à Dakar », évoque Murf qui nous a rendu visite. Selon lui, la performance faite sur 2 m de haut et 8 m de long a suscité curiosité et intérêt des écoliers. De ces échanges, le Sénégalais a découvert, en présence des artistes plasticiens gambiens, des enfants très talentueux. Murf a travaillé sur la thématique de l’intégration qui se décline en « L’intégration des peuples » et « Le pacte de l’intégration ». Les tableaux sont réalisés sur une technique mixte/média à dominante acrylique sur toile avec du collage. En leitmotiv, des messages de paix, de partage et de solidarité sont revenus au cours de cet atelier artistique sur des traits libres.
Président du Cercle panafricain des artistes (Paca en anglais), Murf se dit peintre panafricaniste. Dans cet élan, il a salué le rôle de facilitateur que le président de la section Paca en Gambie, Modou Camara, a joué lors de son séjour à Banjul. Le peintre sénégalais voit en ces échanges culturels une belle opportunité pour davantage stimuler les relations entre la Gambie et le Sénégal.
Mor Faye alias Murf n’en est pas à son premier séjour artistique en terre gambienne.  En 2001, il a représenté le Sénégal au 1er festival Roots. Murf fut également, en 2003, Commissaire Art et artisanat à la première Foire gambienne. Puis, en 2005, le Sénégalais a présenté une exposition individuelle sur le thème : « Paix et solidarité », avant d’animer, en 2008, un atelier et une exposition itinérante sur l’immigration clandestine.         

E. M. FAYE


4 ème édition du festigraff : L’art urbain s’empare des quartiers de Dakar

Le Festigraff a démarré son programme depuis vendredi et prend fin le 20 avril. C’est le premier festival international de graffiti, en Afrique, labellisé cette année par le programme Tandem Dakar-Paris.
La 4ème édition du Festigraff s’est ouverte, vendredi dernier, par un vernissage-exposition intitulé « Leer ci leundeum » (la lumière dans l’obscurité) à la galerie Le Manège de Dakar. Son objectif est de sensibiliser et de promouvoir l’art urbain et le graffiti  auprès du public africain. Le lendemain, samedi matin, tous les graffeurs s’étaient donné rendez-vous à la Biscuiterie de la Médina où ils ont dévoilé leur talent en direct, suivi d’un atelier destiné à initier les apprentis graffeurs, de plus en plus nombreux, aux techniques de cet art urbain. L’après-midi, c’est autour d’une table ronde que Docta et ses amis avaient conviés les férus de graffitis à l’Institut français pour débattre de la problématique entre graffiti et développement au Sénégal avec en toile de fond l’exemple de la caravane Graff et Santé. Pour clôturer ce week-end de lancement, le Sea Plazza a accueilli, hier, la Nuit du Graff avec un défilé de mode de street-wear pour valoriser le stylisme urbain.  
Pour l’édition 2013, le programme concocté par le collectif Doxandem Squad dirigé par Docta est assurément très riche. Entre vernissage-exposition, performances de graffeurs en live, stages et ateliers, défilé de street-wear, débat, Nuit du graff, projections de films, etc., le menu qui sera offert jusqu’au 20 avril sera copieux.
Afin de permettre aux férus de la culture urbaine de bien déguster, le spectacle sera assuré par des graffeurs venus de la France, du Brésil, de la Belgique, du Gabon, de la Suisse, du Togo, de l’Afrique du Sud, du Bénin, du Cameroun, de l’Allemagne, de la Tunisie et du Burkina Faso. Ils se joindront à la quinzaine de graffeurs sénégalais avec comme parrain le graffeur Mode 2, originaire de l’Île Maurice, un des pionniers du graffiti en Europe. La labellisation, cette année, de ce premier festival international de graffiti en Afrique, par le programme Tandem Paris-Dakar, a sans doute influée sur ce plateau qui s’annonce relevé.

Fresques murales dans des quartiers de Dakar
« Depuis trois ans, nous avons tout fait pour que cet événement se développement. Ce n’est pas seulement que du graffiti, il y a un échange entre les différentes expressions artistiques. Cette année, nous avons la chance d’avoir la participation de l’un des pionniers de cet art en Europe qui va partager avec nous son expérience, sa technique, afin de permettre à la nouvelle génération d’avoir plusieurs cordes à leur arc », s’était déjà félicité Docta, lors d’une conférence de presse tenue vendredi, à l’Institut français.  
En plus de ses événements au programme, il avait révélé que des innovations seront apportées cette année avec le recours aux Tic pour rendre visibles les œuvres des graffeurs et la réalisation de fresques murales dans des quartiers de Guédiawaye, de Rufisque, à la Médina, sur l’autoroute, etc. Responsable des expositions à l’Institut français, partenaire traditionnel du Festigraff, Delphine Calmette a salué l’originalité du graffiti sénégalais. Pour elle, ce qui fait sa particularité, c’est cette forte volonté de transmettre des messages qui interpellent la communauté. « Contrairement en Europe où on a plutôt une approche stylistique, esthétique, identitaire du graffiti, ici il y a une volonté forte de transmettre, de dialoguer avec les gens des quartiers sur des problématiques qui les interpellent. J’en veux pour preuve l’exemple de la caravane Graff et Santé qui est un très bel événement car l’idée est d’associer des gens de la médecine et des graffeurs pour sensibiliser les populations sur certaines maladies ».
Elle a également magnifié ce souci de Docta et ses amis de diversifier, à chaque édition du Festigraf, les supports sur lesquels ils griffonnent leur inspiration. En effet, après le sous-verre, les cars rapides, les pirogues, leurs techniques de graffiti vont s’exercer sur le textile.

Elhadji Ibrahima THIAM


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