Culture

« Itinéraires artistiques » à Saint-Louis : La 3ème édition suscite la curiosité du public

La galerie flambant neuve du Centre de recherches et de documentation du Sénégal (Crds) refuse toujours du monde à l’occasion de la troisième édition des « Itinéraires artistiques » de Saint-Louis. Les œuvres sont à voir jusqu’au 31 mars.

Ce matin de vendredi, les habitants de la capitale du Nord pressent le pas pour se diriger vers la grande mosquée « Ihsan » du sud de l’île de Ndar. Luc Martin Duhamel, un enseignant chercheur français, originaire de Lyon, de passage à Saint-Louis, presse le pas également pour gravir les marches de l’escalier qui mène à cette galerie.
Il fait 13 heures. Dégoulinant de sueur, ce touriste français vient encore admirer les œuvres exposées dans cette galerie par les 24 plasticiens mobilisés par le président de l’Association Ndar Création, Abdou Karim Fall.
« C’est la deuxième fois que je me déplace pour venir regarder ces beaux tableaux d’art plastique qui m’impressionnent, surtout ceux qui nous donnent une idée de l’épuisement des talibés et de la mendicité forcée », a-t-il déclaré. Dès que j’ai foulé le sol sénégalais, a-t-il poursuivi, « j’ai été frappé durement par le phénomène de la mendicité, une activité pratiquée par des mendiants innombrables, parmi lesquels on peut notamment citer les talibés et autres enfants en difficulté surexploités par des marabouts sans foi ni loi, les lépreux, certaines personnes vivant avec un handicap, etc. ».
Selon lui, on peut néanmoins être compréhensif, tolérant et très indulgent vis-à-vis de certains pauvres, handicapés et autres indigents qui sont obligés de faire la manche pour avoir de quoi survivre.
Cependant, il déplore, avec la dernière énergie, le fait que de nombreux talibés soient réduits à la mendicité pour satisfaire les besoins de certains marabouts qui exigent tous les jours à ces malheureux talibés le versement d’une certaine somme d’argent. « Et souvent, au Sénégal, les enfants que l’on voit mendier dans les rues sont originaires de certains pays de la sous-région ou des localités très reculées et enclavées du Sénégal ; le gouvernement doit poursuivre la réflexion sur ce fléau ». L’art plastique, a-t-il précisé, « nous permet de prendre conscience, à travers certaines œuvres, des problèmes auxquels les populations vulnérables sont confrontées pour survivre ».
Citant le professeur Mme Herman Duthilleul, cet enseignant chercheur rappelle que « l’art plastique est le terme utilisé pour le regroupement de toutes les activités artistiques qui produisent des œuvres à plat ou en volume telles que le dessin, la peinture, la photo, la gravure ou encore la sculpture, la décoration, l'architecture, etc ». Tout comme la musique, a-t-il souligné, le sport, la littérature, le théâtre, le cinéma, l'art plastique n'est pas indispensable pour vivre. Dans notre société, se nourrir, dormir sont des activités vitales, travailler est une activité indispensable. L'art plastique est un art tout simplement.

Mbagnick Kharachi DIAGNE


Festival des vieilles pirogues : Une édition pour repositionner Saly comme carrefour des mondes

Le Festival des vieilles pirogues se tiendra les 1er, 2 et 3 mai 2015 à Saly-Portudal. Les têtes d’affiche de cette deuxième édition seront Yoro Ndiaye et Philip Monteiro. Selon les organisateurs qui attendent plus de 2.000 festivaliers, cette édition vise à repositionner la station balnéaire comme carrefour des mondes.

La station balnéaire de Saly-Portudal vibrera, à partir du mois de mai, au rythme du Festival des vieilles pirogues initié par l’Association Tapis vert. Trois jours de festivité permettront à cette localité de vivre une animation sans précédent et de devenir, pour l’occasion, le carrefour des mondes. En effet, les organisateurs qui faisaient face hier à la presse, ambitionnent, à travers cet événement, d’insuffler un véritable brassage culturel, mais aussi de redynamiser le secteur du tourisme et de redonner aux gens l’envie de revenir à Saly. Contrairement à la précédente édition, les organisateurs ne comptent pas, cette année, se limiter à la place de l’héliport où se déroulaient tous les concerts. Selon Ibou Laz, président de l’Association, la porte sera ouverte aux commerçants. Le premier jour du festival, tous les espaces du centre-ville seront transformés en plateau musical dans le cadre du « Off ». Cette année, le programme sera marqué par sa diversité et la qualité des artistes retenus. Yoro Ndiaye et Philip Monteiro ont été choisis comme têtes d’affiche et seront à l’honneur le samedi. Le groupe Wafa de Mbour sera aussi de la partie. Les concerts du « In » sont prévus le samedi 2 mai, à l’héliport de Saly. La particularité de cette édition est que la musique sera associée à d’autres activités. Ainsi, il est prévu une exposition des artisans créateurs, un spectacle de magie avec Malo, des jeux pour enfant, entre autres. Le social sera également au cœur de cette édition. Le dimanche 3 mai, lors de l’expo-vente des artisans créateurs, il sera procédé à une vente aux enchères du tableau « Pirogues » peint par l’artiste Ibou Diagne. Les produits de la vente seront reversés à l’association « Care Albinos » qui contribue à l’amélioration des conditions de vie de la communauté des albinos.    

S. O.F

{nice1

Célébration de la Quinzaine de la Francophonie : La protection de l’environnement en toile de fond

Le Secrétaire d’Etat à la Communication a procédé, hier, au lancement de la Quinzaine de la Francophonie. Cette année, les festivités se déroulent sous le sceau de la protection de l’environnement

C’est parti pour les festivités de la Quinzaine de la Francophonie. Le top départ a été donné, hier, au cours d’une cérémonie officielle tenue à la Place du Souvenir. Elle sera rythmée, à Dakar et dans certaines régions, par des activités culturelles et éducatives, des conférences, des expositions d’art, de la musique etc. A l’image de cette très belle prestation de la troupe théâtrale du lycée Lamine Guèye qui a gratifié le public d’un sketch sur l’importance de la préservation de l’environnement.
Cette année, la Journée internationale de la Francophonie a coïncidé avec les Journées scientifiques de la Terre portées au Sénégal par l’Association des femmes en géosciences et l’Agence nationale de la recherche scientifique appliquée (Anrsa). Et puisqu’au hasard des dates, s’est ajouté le hasard des deux thèmes qui portent tous sur la thématique de la protection de l’environnement le Groupe des Amis de la Francophonie et l’Association des femmes en géosciences, ont décidé de célébrer cette journée ensemble. « Nous avons eu la même idée et presque le même thème, nous avons donc décidé de sceller cette collaboration pour célébrer cette journée », confirme Sophie Gladima Siby, présidente de l’Association des femmes en géosciences et directrice générale de l’Agence nationale de la Recherche appliquée (Anrsa), lors de la cérémonie de lancement de la Quinzaine de la Francophonie.

L’environnement, une préoccupation pour la Francophonie
La rencontre a été l’occasion pour Mme Siby de revenir sur les différentes actions concrètes que son association a eu à mener pour « informer et sensibiliser les populations sur l’importance des sciences en général et des sciences de la terre en particulier ». Selon elle, ces différentes actions ont eu des impacts positifs sur le public-cible notamment en termes de changement de comportements vis-à-vis de l’environnement comme l’utilisation systématique de poubelles dans certains établissements scolaires, la plantation d’arbres en collaboration avec le ministère de l’Environnement, etc.
Cette année, les Journées scientifiques de la terre ont pour thème : « L’eau et son rôle dans le développement et la stabilité des pays ». Dans ce cadre, la directrice de l’Anrsa a annoncé l’organisation d’activités de masse pour sensibiliser le maximum de population sur la préservation du littoral de Dakar. C’est à ce titre d’ailleurs que le Comité du projet de géoparc de Dakar a été mis sur pied et installé (voir encadré).  
Ambassadeur de la Roumanie au Sénégal et vice-président du Groupe des Amis de la Francophonie (Gaf), Son Excellence, Mihali Ciprian, a rappelé que la célébration de la Quinzaine de la Francophonie de cette année intervient dans un contexte doublement spécial d’abord : un contexte international instable marqué par le terrorisme et par des attaques aux valeurs humaines les plus importantes ; et un contexte local d’après Sommet de la Francophonie. Un Sommet qui, selon M. Ciprian, a été « une grande manifestation de partage, de rassemblement de ceux qui partagent des valeurs, des croyances fondamentales ». Au-delà de la qualité de l’organisation, il a indiqué que cette rencontre a été une réussite de par les décisions qui en sont issues et les thématiques actuelles qui y ont été développées notamment la question de l’environnement. « La protection de l’environnement est une question d’abord de sensibilité et cette sensibilité doit s’accompagner d’un passage obligatoire à quelque chose qui tienne à la raison. Cette raison peut être politique, scientifique, morale ou culturelle de tous ceux qui en ont la responsabilité. En ayant une éthique de vie commune, nous pourrons arriver à sauvegarder ce qu’il y a de plus précieux pour la vie humaine sur la terre », a soutenu Son Excellence.

Politique énergique
En écho à ces propos, la ministre et Représentante personnelle du chef de l’Etat à la Francophonie, Penda Mbow, a indiqué que lors du dernier Sommet de Dakar, le thème de l’environnement était l’une des préoccupations des chefs d’Etat et de gouvernements. Une façon pour elle de dire que, la Francophonie, en plus du partage d’une langue, se préoccupe du devenir social et économique de ses membres. « L’Oif, en proposant un thème sur l’environnement pour cette Quinzaine, invite à se préoccuper du monde dans lequel nous vivons. Nos pays du sud, plus que les autres, souffrent du réchauffement climatique. Il faut que nos Etats du sud mettent en place une véritable politique énergétique plus en phase avec le développement durable », a souligné Mme Mbow. Elle a donné l’exemple du Cap-Vert qui est parvenu à tripler sa capacité de production d’électricité par la mise en place d’une politique énergétique qui lui permettra d’ici 2020 de porter la part de l’énergie solaire et éolienne dans la production d’électricité à 50 %.
Présidant cette cérémonie, le Secrétaire d’Etat à la Communication, Yakham Mbaye, a abondé dans le même sens en rappelant que les documents qui ont été adoptés lors du Sommet de Dakar ont réservé ont une large part à la question de l’environnement. Il a invité les uns et les autres à conserver et de renforcer la dynamique née de ce Sommet. Mais déjà, M. Mbaye a fait savoir que le gouvernement du Sénégal, sous l’impulsion du président Macky Sall, a initié des réformes importantes visant à assurer le mieux-être des populations, notamment des jeunes et des femmes. « Dans cette dynamique, une place importante est dévolue aux valeurs comme fondement et sève nourricière de tout projet collectif majeur. Je me réjouis donc que la Francophonie continue à véhiculer ces valeurs que nous avons en partage (…) », a déclaré le Secrétaire d’Etat.

Le Comité du projet de géoparc de Dakar installé
Le Pr Ibrahima Sow a été porté à la tête du Comité retreint du projet de géoparc de Dakar. La mission de ce Comité est de sensibiliser sur l’importance des ressources naturelles dans l’économie du pays, sur le rôle des sciences de la vie et de la terre pour la maîtrise de l’environnement, de faire la promotion de la culture scientifique au profit du développement durable et pour l’émergence économique, de susciter la curiosité scientifique et de la créativité surtout chez les jeunes etc.
Un géoparc est un site naturel remarquable qui peut être mis en valeur par une démarche de gestion intégrée au bénéfice des populations locales pour la préservation des patrimoines paysagers, écologiques, culturels mais aussi scientifiques. Il doit donc comporter un certain nombre de sites géologiques d'une importance particulière en fonction de leur qualité scientifique, de leur rareté, de leur esthétique ou de leur valeur éducative.
Aujourd’hui, il en existe 111 dans le monde répartis dans 32 pays dont un seul en Afrique notamment au Maroc, selon Sophie Gladima Siby. En installant le Comité du projet de géoparc de Dakar, le Sénégal ambitionne de faire partie de ce cercle restreint, a fait savoir la Directrice de l’Anrsa et par ailleurs présidente de l’Association des femmes en géosciencev.

Elhadji Ibrahima THIAM et Ibrahima BA


Maguèye TOURE, Directeur national : « Les femmes et les jeunes sont les forces montantes de la Francophonie »

Cette année, la Journée internationale de la Francophonie est célébrée sur le thème : « J’ai à cœur ma planète ». Maguèye Touré, directeur de la Francophonie au ministère de la Culture et de la Communication, revient ici sur le sens de cette célébration. Il évoque aussi la place des jeunes et des femmes dans les grands projets de cette organisation internationale.    

Monsieur le directeur, comment jugez-vous, d’une manière générale, le bilan du XVème Sommet de la Francophonie tenu en novembre dernier à Dakar ?
Le Sommet de la Francophonie, c’est d’abord un défi logistique, politique mais aussi de popularité. C’était une réussite sur tous les plans, au niveau organisationnel et en termes de participation. Il y a également un succès par rapport aux grandes décisions qui ont été adoptées à l’issue du Sommet avec notamment l’adoption du Cadre stratégique à moyen terme de la Francophonie et des cadres de la jeunesse et de l’économie. Le cadre stratégique à moyen terme est celui de la Francophonie d’ici les huit prochaines années, c'est-à-dire jusqu’en 2022. Je pense qu’il s’agit de documents extrêmement importants qui vont amorcer un nouveau tournant pour la Francophonie sur la base du thème du dernier sommet qui porte sur les jeunes et les femmes… S’il y a des préoccupations qui ont porté sur la dimension économique lors de ce sommet,  il faut savoir que la Francophonie ne dévie pas de ses missions de base qui concernent la langue française, la diversité culturelle et linguistique, l’éducation et la formation, l’Etat de droit, les droits de l’Homme et la démocratie, le développement durable…

Aujourd’hui, quels sont les enjeux liés à la langue française, surtout par rapport à la diversité ?
Il faut savoir que la Francophonie, même si elle est fondée sur une langue en partage qu’est le français, repose sur le principe de la diversité et le respect de la différence. Les pays qui la composent sont extrêmement différents sur tous les plans. Certains sont pauvres et d’autres membres du G8. Il y a également une diversité de culture. Le respect de la différence est inscrit dans l’Adn de cette organisation. D’ailleurs, le principal théoricien de la Francophonie, le président Léopold Sédar Senghor, avait inscrit, dès le départ, la diversité comme quelque chose de fondamental. Ce faisant, il est difficile d’opposer la langue française aux autres langues. Elles sont dans une relation de complémentarité et de solidarité. Au niveau mondial, l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) se bat pour le respect de la diversité mais aussi pour l’usage du français au niveau des institutions internationales. Je pense que c’est cela qui va créer les conditions de la paix et de la coexistence pacifique.

Dans le cadre de la Journée internationale de la Francophonie célébrée ce 20 mars, qu’est-ce qui est prévu en termes d’activités ?
 Au Sénégal, on a coutume, depuis une dizaine d’années, d’organiser une quinzaine de la Francophonie pour célébrer la Journée internationale de la Francophonie. Il y a toute une série de manifestations avec le Groupe des Amis de la Francophonie, dont les pays et institutions membres proposent des activités ainsi que les centres culturels régionaux et les associations. Un programme dynamique a été établi. Le lancement officiel des activités de la quinzaine de la Francophonie est prévu aujourd’hui, à la Place du Souvenir africain, avec une table ronde animée par le Professeur Souleymane Bachir Diagne sur le thème : « Environnement, éthique de vie commune et responsabilité sociale. »
Cette année, le thème qui a été retenu par l’Oif est : « J’ai à cœur ma planète ». Il s’agit d’une problématique liée à la préservation de la terre, des questions transversales en rapport avec la culture, l’environnement, l’éducation, la science… La Francophonie embrasse par essence tous les domaines de la vie. C’est donc une sensibilisation sur des questions essentielles ayant trait aux aspects culturels de cette préservation de l’environnement. Il y a des pratiques qu’il faut abolir. L’environnement reste fortement lié à la culture et à l’éducation…

Quel est le sens de la célébration de cette journée ?
 Cette journée a été instituée pour célébrer la naissance de la Francophonie institutionnelle créée le 20 mars 1970 à Niamey, au Niger. C’est donc pour marquer cet anniversaire que cette date a été retenue.

On sait que pour promouvoir l’avenir d’une langue, il faut impérativement investir dans la jeunesse. Qu’est-ce qui est fait à ce niveau ?
 La jeunesse est l’avenir de la Francophonie. Et l’Afrique qui compte plus de jeunes est aussi l’avenir de cette Francophonie. Dans la déclaration du Sommet de Kinshasa, en République démocratique du Congo (Rdc), il est dit que l’Afrique tient en son avenir, l’avenir de la Francophonie. Les jeunes, ce sont eux qui porteront les combats du futur en rapport à la préservation des valeurs et de la culture. Mais il faudra qu’on les arme à travers une éducation de qualité, la culture, l’accès à l’emploi ainsi que leur préservation par rapport à tous les risques auxquels ils sont actuellement confrontés. Il faut qu’on investisse dans la jeunesse. D’ailleurs, la Francophonie l’a compris. Dans tous les documents qui ont été adoptés, les femmes et les jeunes y occupent une place centrale. Ils sont au cœur de tous les programmes de l’Organisation internationale de la Francophonie. Ils sont les forces montantes et de pérennisation du projet francophone.

Pour la promotion de la langue française, quelles sont les différentes politiques qui sont adoptées ?
 La Francophonie institutionnelle a des programmes allant dans ce sens. Il s’agit de programmes de soutien à la lecture et à l’éducation de manière générale, de formation des diplomates et fonctionnaires internationaux, etc. Nous avons aussi l’exemple de l’initiative de la formation à distance des maîtres… La langue française, il faut la considérer sous le prisme de l’éducation. Au niveau national, l’Etat du Sénégal fait beaucoup d’efforts dans le domaine de l’éducation.  Ces efforts touchent la pratique de la langue française. Par ailleurs, il faudra certainement des mesures plus spécifiques et ciblées visant à encourager une pratique saine de cette langue. Les associations, notamment de professeurs de français, font des efforts importants en ce sens. Mais la bonne pratique de la langue reste un problème global qui concerne tous les secteurs.

Actuellement, on parle beaucoup d’économie au sein de la Francophonie…
 Pendant le Sommet de Dakar, on a beaucoup échangé sur l’économie. C’est devenu un enjeu important. Toutefois, ce n’est pas une chose nouvelle en Francophonie. La dimension de la coopération est certes culturelle, éducative…, en touchant d’autres domaines, mais elle est aussi économique. Le fait de mettre l’accent sur l’économie, de nos jours, part d’un constat simple selon lequel si on veut réduire la pauvreté, couper à la racine des conflits, il faut nécessairement investir dans l’économie, dans l’emploi des jeunes, dans le développement de nos pays, dans le développement des initiatives d’accès aux revenus pour les femmes. Toutes ces questions se rejoignent. Je pense qu’il est important d’investir dans une économie de solidarité qui aura pour vocation de gommer les disparités et permettre aux populations d’avoir un niveau de vie décent pour prendre en charge les défis et les enjeux. Je parle d’une économie à hauteur d’homme à travers des projets structurants, que l’on finance pour sortir les femmes de la pauvreté.

De plus en plus, il est beaucoup question de la place des femmes dans la Francophonie. Qu’est-ce qui justifie cela ?
 La place des femmes dans la Francophonie a toujours été importante.  Il y a eu des documents très intéressants qui ont été adoptés, comme la Déclaration de Luxembourg sur les femmes en 2000, qui est le bréviaire de la Francophonie en matière de défense et de promotion des droits des femmes. La Francophonie s’est toujours associée dans les initiatives internationales en matière de défense des droits des femmes, notamment le cycle de Beijing. Les femmes et les jeunes ont toujours été des domaines transversaux des programmes de la Francophonie. Cet intérêt s’est renforcé de plus en plus. C’est dans ce sens que le secrétaire général de la Francophonie a installé un réseau pour l’égalité homme-femme. Il s’agit d’une organisation dynamique qui engage des actions pour la promotion de l’égalité de genre dans tous les domaines de la vie.

La Francophonie n’est pas très bien connue des populations africaines. Qu’est-ce qui est en train d’être fait pour que cela change ?
 Il y a eu toujours un problème de communication au niveau de la Francophonie. Cela est dû, en grande partie, à sa complexité. Ses domaines d’intervention sont devenus au fur et à mesure très larges alors que certains pensaient qu’il s’agit simplement de langue et de culture. Aujourd’hui, la Francophonie s’occupe de politique, de droits de l’homme, de démocratie, de paix, d’environnement, d’éducation, de formation… Parfois, il est difficile de communiquer globalement. Par ailleurs, je considère que la meilleure manière de communiquer par rapport aux populations sur la Francophonie des peuples, c’est en réalité de parler des projets et programmes qui sont mis en œuvre dans nos pays  et  sur lesquels il y a des impacts mesurables sur les citoyens. Sur ce plan, il y a beaucoup de projets, même s’ils ne sont pas connus, qui donnent des résultats tangibles.
La Francophonie, c’est d’abord des projets et des programmes dans tous les domaines de la vie qui s’appliquent aux populations. Il faudrait qu’on corrige, à tous les niveaux, cette communication sur la Francophonie qui est souvent déficiente.

Propos recueillis par Ibrahima BA


Nécrologie : Le peintre Ismaïla Manga tire sa révérence

L’ancien pensionnaire de l’Ecole nationale des arts, Ismaïla Manga, est décédé vendredi à Dakar, à la suite d’une longue maladie. Il était connu pour sa parfaite maîtrise du dessin.

Un grand artiste s’en est allé.  Ismaïla Manga a tiré sa révérence, vendredi, à l’hôpital Fann de Dakar. D’après un proche de la famille, l’ancien pensionnaire de l’Ecole nationale des arts entre 1977 et 1982 se sentait malade depuis un bon bout de temps déjà. Le combat contre cette maladie ne l’empêchait pas pour autant de se rendre habituellement à son atelier, sis au Village des arts de Dakar. Comme pour dire entre l’artiste et son œuvre s’installait une relation presque divine. Né en août 1957 à Kamoya, village situé dans la région de Casamance, il a séjourné pendant près 13 ans au Québec. Les souvenirs de son enfance qu’il a passée à Sédhiou ont particulièrement influencé son œuvre. Ils lui ont donné une dimension planétaire… Pour Idrissa Diallo, responsable de la Galerie Léopold Sédar Senghor qui l’a côtoyé, Manga « reste un vrai artiste à tout point de vue ». Il jouissait d’une parfaite maîtrise du dessin avec un discours « très cohérent de son travail en perpétuelle recherche avec des déplacements qu’il aimait faire dans son village en Casamance, mais aussi en Afrique pour toujours découvrir et s’enrichir des autres ». De son avis, l’image de Ismaïla Manga reste rattachée à celle d’un homme cultivé, qui passait le plus clair de son temps à lire. « Quand on analyse ses dernières œuvres des dix dernières années, on voit qu’il a fait abstraction de la couleur », souligne-t-il. Commentant le travail de l’artiste, M. Diallo soutient que dans sa toile intitulée « Paysage urbain », l’on peut observer cinq personnages, trois jeunes filles et deux garçons dont chacun porte sur sa tête un arbre en entier. Selon lui, la particularité de cette toile reste le fait qu’elle est faite à partir de matériel naturel, sans aucune trace de peinture. « Pour cette technique artistique, l’auteur y voit une métaphore du temps », explique-t-il. La force de Manga reste certainement dans le fait qu’il n’inventait rien finalement dans ses œuvres. Il partait toujours de ce qui existe pour en faire une recomposition et en proposer une autre lecture. D’après Idrissa Diallo, Ismaïla Manga avait arrêté la peinture, car disait-il : « Ma vision a changé à travers mes voyages et expériences, je vis l’art à ma manière. Nous sommes les arbres. Sans les arbres, on n’existe pas. C’est l’essence même de la vie ».
De son vivant, l’artiste a participé à plusieurs expositions au Sénégal et à l’étranger. Il en a fait aussi en solo à la galerie Léopold Sédar Senghor, au Village des arts. Manga a fait des expositions individuelles, entre autres, au Centre d'exposition l'Imagier, Aylmer de Québec, en 2000, à Galerie Neuestrasse, Saarbrucken, en Allemagne, en 1987, et à la Galerie Tenq de Dakar en 1984.

Ibrahima BA


Edition du Jour

Archives numériques

archives

Special Popenguine 2014

Election de Macky Sall - An II

Plan Sénégal Emergent

Supplément MCA-Sénégal

Spécial Maouloud 2014

Spécial Magal de Touba 2014

RETROSPECTIVE 2013

Cahier Education nationale

Journal 22eme FIDAK

40 ans d'Art et de Soleil

Supplément Enseignement supérieur privé

Spécial Maouloud 2013

Rétrospective 2012

Spécial Magal de Touba 2013

Spécial FIDAK 2012

Nos partenaires

 Vignette agetip bicis vignette
lonase vignette uasaid
unicf HUAW vignette apanews

Cres

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterToday97539
mod_vvisit_counterYesterday29134
mod_vvisit_counterThis week126673
mod_vvisit_counterLast week1776140
mod_vvisit_counterThis month6626834
mod_vvisit_counterLast month5021224
mod_vvisit_counterAll days142042183

We have: 1581 guests online
Your IP: 54.87.83.162
 , 
Today: Mar 30, 2015

Special famille omarienne

Special famille omarienne