Culture

Pr Maguèye Kassé à propos de l’héritage culturel : « Sans mémoire collective, difficile de se projeter vers le futur »

Magueye KasseDans le cadre des séminaires mensuels de l'Institut supérieur des arts et des cultures (Isac), le Professeur Maguèye Kassé de l’Université Cheikh Anta Diop a animé, mercredi dernier, une conférence sur le thème : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union ». Occasion saisie par le professeur pour inviter à la préservation de la mémoire collective.

Dans un contexte d’uniformisation, la sauvegarde de la mémoire collective apparaît plus qu’une nécessité, selon le Pr Maguèye Kassé, Professeur titulaire au Département de langues germaniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). « Une culture dont on ne se remémore pas les fondamentaux est vouée à la disparition », a-t-il ajouté. Pr Kassé animait, mercredi dernier, un séminaire  public  à l’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) sur le thème : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union ». Selon lui, le fait d’enrichir, de cultiver la mémoire d’un pays est une entreprise qu’il faut nécessairement promouvoir.

« Il faut contribuer à l’éclosion de la mémoire collective, à sa diffusion et sa vulgarisation. Sans mémoire collective, il est difficile de se projeter vers le futur en ayant une bonne compréhension du présent », a souligné le professeur, fustigeant l’absence d’entretien de « notre » mémoire.

Par ailleurs, Pr Maguèye Kassé a attiré l’attention sur le manque d’une stratégie de développement culturel. « Depuis le départ de Senghor, la culture n’est plus une préoccupation dans les stratégies de développement. On ne croit plus qu’elle est avant tout un facteur de développement », a-t-il laissé entendre. D’après le Professeur Kassé, la culture est une question « essentielle » et il urge de lui donner une nouvelle définition.

Rôle fédérateur du jazz
Abordant le thème de sa communication : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union », le conférencier a indiqué que la musique jazz a, à travers son histoire et son développement, joué un rôle fédérateur dépassant de loin les politiques en l’occurrence les constructions nationales.

« Dans la genèse et l’évolution du jazz, il y a  cette nostalgie de l’Afrique qui fait qu’on a du  mal  à distinguer dans cette musique les origines géographiques des plus grands musiciens (…). Il y a dans cette musique, ce rêve d’une Afrique qui n’est pas un continent segmenté », a-t-il avancé.  Pour le Professeur Kassé, le rêve panafricaniste s’est manifesté dans l’idée qu’on se faisait d’une Afrique-mère. A l’en croire, cela traduit déjà un concept du panafricanisme. « Le fait que les musiciens africains-américains se réclament de la musique africaine, tout genre confondu, traduit aussi leur engagement panafricaniste », a dit le professeur. Avant d’ajouter : « Des affinités esthétiques de Duke Ellington avec le peintre surréaliste Joan Miro, en passant par l’interprétation de Miles Davis du « Concierto d’Aranjuez de l’espagnol Joaquin Rodriguez…., le discours maîtrisé du batteur Art Blakey, l’art de la musique démontre à chaque fois qu’ils sont précurseurs d’une nouvelle modernité, d’une autre modernité ». D’après Pr Kassé, cette modernité s’articule autour d’une renaissance, dans un processus certes dialectique et contradictoire mais qui vise en dernier lieu l’universalisme. De l’avis de du professeur, la genèse de la Négritude est tributaire des luttes menées autour de la défense des valeurs humaines par les Africains-Américains qui avaient besoin de relais et d’amplifier cette donnée fondamentale à l’homme qui est liberté.

« Si Blaise Diagne et W.E.B. Dubois tracent des voies politiques d’émancipation de la fin de la Première guerre mondiale à celle de la Seconde,  à l’exemple de la Conférence de Bandoeng, l’émergence de la notion de panafricanisme trouve son prolongement dans  la réflexion  et dans un nouveau Bandoeng culturellement marqué aussi à Paris en 1956 avec le congrès des écrivains et artistes noirs », a-t-il souligné.

Aux yeux de Pr Maguèye Kassé, la renaissance africaine et africaine-américaine passe par l’art sous ses formes (musique, sculpture, danse, littérature, arts plastiques) et « jette le pont vers l’universel et le dialogue des cultures ».

Ibrahima BA


Livre album photos : Le colonel Boubacar Bâ offre une vision panoramique de Dakar

Boubacar Ba ClnC’est vue du ciel et du sol avec une vision panoramique que l’officier de l’Armée de l’air à la retraite, Boubacar Bâ, présente la capitale sénégalaise au travers de son livre-album « Dakar d’hier à Aujourd’hui ».

« Il vaut mieux voir une fois que d’entendre mille fois ». Officier de l’Armée de l’air à la retraite, Boubacar Bâ a fait sien cet adage. Spécialisé en photographie aérienne, le natif de la Médina a toujours manifesté l’intérêt de rencontrer l’image, les couleurs et senteurs de sa ville natale. Pour lui, la photo est à la fois passion et moyen d’expression. C’est ce qui l’a poussé à immortaliser en images « Dakar, d’hier à aujourd’hui » dans un livre-album publié en 2015 chez Doro Editions. Celui qui fut, tour à tour, chef de la Division presse information cinéma (Pic) des Armées, chef de la Division imprimerie de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (Dirpa), a entrepris un travail de mémoire.

Dans sa démarche, le lieutenant-colonel à la retraite a voulu montrer tout ce qui est beau dans Dakar car ayant était témoin de presque toute son évolution. L’intérêt dans l’approche de Boubacar Bâ est que l’essentiel des photographies ont été prises depuis les airs. Ce qui offre une vue globale des coins et recoins de la capitale sénégalaise.

Préfacier de l’ouvrage, le président de la République, Macky Sall, a écrit : (…) « Le genre que Boubacar Bâ a si heureusement choisi d’investir, c’est le Beau livre qui lui ouvre des perspectives, larges, de « raconter » davantage par l’image que par le texte ou, plutôt, de conférer une certaine préséance à l’image qui donne à voir et même, dans un certain sens, à toucher l’objet, à procéder par le tact qui suscite le frisson et l’émotion et, par conséquent, l’adhésion emphatique qui est Amour » (…).

Le chef de l’Etat poursuit : (…) « On aime Dakar, la ville cosmopolite, accueillante et diverse, enracinée profondément dans les traditions fortes et qui s’est toujours ouverte à la modernité. Dakar séduit, assurément, par ses couleurs, ses parfums, ses bruits, ses éclats de rire et les petits riens de tous les jours qui nous y attachent » (…).

Pour sa part, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a salué la subtilité de l’artiste qui se cache derrière son appareil. (…) « Cet ouvrage nous ouvre au plaisir de voir la ville de Dakar, à la fois comme elle est, et… autrement, c’est-à-dire comme elle peut nous être suggérée à travers des choix de sites ou visages et des moments, de l’instant où le déclic fixe dans le temps une émotion » (…).

Une ville de contrastes
En parcourant le livre-album, un rien nostalgique habite le lecteur qui découvre, redécouvre des endroits mythiques comme la place Protêt qui deviendra la Place de l’Indépendance. « J’ai commencé par de vieilles photos de Dakar du siècle dernier avec des vues aériennes avant de faire certains quartiers », a expliqué M. Bâ. Egalement dans l’objectif de l’ancien officier, des figures emblématiques comme le général Mouhamadou Mansour Seck, Malick Sy dit « Souris », l’artiste Joe Ouakam ou encore le chanteur Youssou Ndour. Mais aussi une galerie de photos des Grands Serigne de Dakar. Ainsi, le travail documentaire autour de la photographie du lieutenant-colonel Bâ repose sur l’évolution de Dakar dans ces divers aspects : l’inauguration du marché Sandaga, des vues sur la Rue Raffanel, le Boulevard Pinet Laprade, le marché Kermel, le Palais du Gouvernement, une perspective de la Rue Vincens, des Tirailleurs partant en colonne.  A côté des images d’époque, M. Bâ fait admirer le phare des Mamelles que surplombe le Monument de la Renaissance africaine.

La capitale sénégalaise est présentée sous ses habits de ville cosmopolite en construction avec un nouveau palais de justice à l’architecture futuriste. Sous le regard de l’officier à la retraite, Dakar se décline comme une ville de contrastes. Tantôt mélancolique ou boudeuse, tantôt grouillante voire agitée. Sur cet élan, la ville prend pied dans le concert des capitales modernes avec ses ponts et échangeurs.

Après Dakar, Boubacar Bâ nourrit l’ambition d’immortaliser, au travers de son objectif, le patrimoine d’autres villes comme Saint-Louis. Aux yeux de l’ancien officier, ce travail de mémoire au détour de la photo devrait permettre à la jeune génération de renouer avec certaines valeurs comme l’élégance morale et vestimentaire. Avec la photographie aérienne, d’autres centres d’intérêts surgissent : la prospection pétrolière, le renseignement militaire, la géographie.

E. Massiga FAYE


Symposium sur « rRace, racisme et construction des modernités noires » : Dr Jemima Pierre déplore l’échec du panafricanisme

Symposium noirLe symposium, ouvert lundi dernier, autour du thème : « Race, racisme et construction des modernités noires », initié par le Centre de recherche ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Ifan et le National museum for african american history & culture, a pris fin hier à Dakar. Les deux dernières tables rondes ont porté sur l’Afrique et les diasporas africaines.

C’est Jemima Pierre, professeur à l’université américain de Austin, au Texas, qui a introduit, hier, l’avant-dernière table ronde sur le thème « Les perspectives comparées sur noir et noirceur en Afrique et dans les diasporas africaines ». Selon elle, les comportements racistes dans le monde font que les Noirs sont mal vus. Pire, ces derniers se voient refuser leur condition humaine, bref, leur identité. Il suffit d’aller aux Etats-Unis, au Brésil, au Moyen-Orient ou en Europe pour s’en rendre compte.

« Les Noirs sont catégorisés. Beaucoup de personnes ne veulent pas aujourd’hui reconnaître l’impact (influence) de la race. Les pays du G8 sont les plus riches au monde. La société africaine est marginalisée. La libération de l’Afrique revient à poser le problème de la race », a dit Mme Jemima Pierre, invitant les Africains à ne pas faire de leur race un handicap. A l’en croire, ces derniers ne doivent pas avoir les mains liées.

Elle a aussi abordé le terrorisme, l’immigration clandestine qui concernent, aujourd’hui, les peuples africains. Aussi, Jemima Pierre a déploré l’échec du panafricanisme. D’après elle, si cela n’a pu être imposé aux chefs d’Etat africains, c’est parce qu’aucun d’entre eux n’a voulu renoncer à une partielle de son autorité.

Dans son intervention, Ibrahima Thiaw de l’Ifan a souligné que le racisme est devenu une réalité. Et depuis très longtemps, l’humanité a toujours voulu créer des différences. Tandis que pour Hamady Bocoum, directeur de l’Ifan-Cad, les Africains doivent faire preuve d’engagement. Il a d’ailleurs cité des propos de Cheikh Anta Diop, en 1986, alors que des jeunes Camerounais étaient venus le porter en triomphe. Il les invitait à relever le défi du panafricanisme ; sinon, ils continueraient à vivre « l’esclavage ». Une invite qui est d’actualité, selon M. Bocoum.

Ce symposium, ouvert lundi dernier, qui était organisé autour du thème : « Race, racisme et construction des modernités noires », a été initié par le Centre de recherche ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Ifan et le National museum for african american history & culture.

Serigne Mansour Sy CISSE


Des chercheurs et universitaires appellent à déstructurer l’idéologie raciste

Symposium noir warcLe Centre de recherches ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Institut fondamental de l’Afrique noire (Ifan/Ch. A. Diop) et le National museum for african american history and culture (Nmaahc) organise depuis hier à Dakar un symposium international, le « Blakey Symposium », sur le thème : « Race, racisme et la construction des modernités noires ». Pour l’essentiel des intervenants, il faut avoir une approche holistique sur ces questions pour « déstructurer l’idéologie raciste ».

L’actualité des races, du racisme et des questions culturelles demeure toujours une réalité, même si beaucoup veulent le reléguer au second plan. C’est dans le sillage de la célébration annuelle du mois de février dédié aux questions des Noirs aux Etats-Unis qu’un symposium international sur le thème : « Race, racisme et la construction des modernités noires » se tient à Dakar depuis hier et va se poursuivre jusqu’à demain.  Cette rencontre, organisée par le Centre de recherches ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Institut fondamental de l’Afrique noire (Ifan/Ch. A. Diop) et le National museum for african american history and culture (Nmaahc) réunit, entre autres, des chercheurs, des universitaires, des étudiants d’ici et d’ailleurs.

Dans sa communication sur « la race des anciens Egyptiens : idéologie et faits », le Pr Aboubacry Moussa Lam, enseignant-chercheur au département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad, a insisté sur la « falsification » et la « manipulation » de l’origine noire des anciens égyptiens de la part de l’Egyptologue français Gaston Maspero. « Son livre intitulé « Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique » dont la première version remonte à 1875, connut un énorme succès libraire et influença durablement orientalistes et grand public », a regretté le Pr Lam.

Origine noire des anciens Egyptiens
« Maspero resta celui qui a contribué à inspirer l’idée selon laquelle les anciens égyptiens étaient de race blanche », a ajouté le chercheur qui relève que la « thèse de cet Egyptologue français n’a pas résisté à une analyse critique » et finira par tomber comme un château de cartes. Cela est dû au fait qu’il attribua à la reine Ahmès Néfertari (vers 1570-1505) une origine blanche, alors qu’il n’osa pas blanchir le père de celle-ci, Sequenenré Tao, initiateur de la lutte contre les Hyksos, qui est un Noir. Dans sa thèse, insiste Pr Lam, Maspero avait soutenu que « Néfertari était une femme d’âge mur et de taille moyenne appartenant à la race blanche ». Mais la manipulation ne passe pas, dit-il.

« La négation de la négritude de Néfertari et la mise en scène qui l’accompagne sont subjectives et trop travaillées », a fait observer l’enseignant-chercheur. « La mise en scène, précise l’Egyptologue sénégalais, va foirer et les illustrations vont montrer la mauvaise foi de Maspero ».D’abord, a-t-il poursuivi, « il a été contredit par l’anthropologue français Ernest Chantre sur toute la ligne ». Les conclusions de ce dernier à travers les caractères de Néfertari qu’il a décrits font, selon l’enseignant, que « celle-ci ne peut appartenir à la race blanche, peut-être au groupe nubien ou éthiopien ». « Si donc Sequenenré n’est pas Blanc, comment sa propre fille peut l’être ? », « Comment cela est-t-il possible ? », s’étonne le Pr Lam qui reste d’avis que « le montage de Maspero ne résiste pas à la critique ». Invoquant la thèse de Cheikh Anta Diop sur l’origine noire des anciens Egyptiens, il a indiqué que ces derniers se considéraient eux-mêmes comme des Noirs. En s’appelant « Kmt », a-t-il observé, « ils se sont clairement définis comme des Noirs ».

Aussi, ajoute le Pr Lam, « toutes les traditions africaines définissent les Egyptiens comme des Noirs », a-t-il avancé. La conviction de Aboubacry Moussa Lam est que les Egyptiens de par les représentations et les noms par lesquels ils s’appelaient étaient des Noirs. Pour lui, si les Egyptiens étaient des Blancs, les Africains le seraient parce qu’ils soutiennent qu’ils ont des origines égyptiennes ». Il s’agit, a-t-il conclu, « d’une idéologie qui n’est pas une science ».

Injustices fortes et profondes
Pour sa part, le Pr Michael Blakey, anthropologue au département d’Anthropologie du Collège William et Mary, a fait une communication sur « l’aveuglante lumière de la race ». Dans sa conclusion, il a estimé que nous devons avoir une nouvelle approche de la génétique. « Beaucoup de moyens y ont été investis mais cela n’a pas encore réglé le problème sur l’origine des races », a-t-il déploré.

Pr Hamady Bocoum, directeur de l’Ifan/Cheikh Anta Diop, a, de son côté, salué la tenue d’une telle rencontre intervenue dans un contexte où « l’approche race a beaucoup évolué ». « La science, précise-t-il, a énormément rapproché toute l’humanité au point que la division basée sur la race est presque devenue une fiction ». Il n’empêche, dit-il, que le racisme a une histoire qui a justifié aussi bien l’esclavage, la déportation et, dans certains cas, la colonisation. A son avis, « il serait réducteur de vouloir jeter le bain et l’enfant ensemble ». Il est évident, de l’avis du Pr Bocoum, que « l’idéologie raciste a produit des injustices extrêmement fortes et profondes et a forgé des mentalités pendant des siècles, et qu’il faut la déstructurer aujourd’hui ». Des rencontres de ce genre permettent, à son avis, de revisiter le dernier état des recherches sur la question.

Pour le directeur de l’Ifan/Ch. A. Diop, « quand on dit que les anciens Egyptiens étaient des Noirs, ce n’est pas une revendication identitaire mais plutôt un constat culturel qui vaut comme tout ce qui vaut et qui a justifié un certain nombre de choses ». Il ne s’agit pas, précise le Pr Hamady Bocoum, « d’inverser ou de renverser une approche ». « Il faut replacer les choses dans leur contexte. On ne peut pas vouloir juger tout ce qui a été dit, il y a un siècle, sur la base de ce que nous connaissons aujourd’hui », a-t-il indiqué.

Souleymane Diam SY

Ousmane sene WarcOUSMANE SENE, DIRECTEUR DU WARC : « LA CONSTRUCTION DU FUTUR DES NOIRS DOIT TENIR COMPTE DU PRÉSENT ET DU PASSÉ »
Le directeur du Centre de recherches ouest africain (Warc), le Pr Ousmane Sène, s’est, pour sa part, réjoui de la tenue de ce symposium qui est un moment « très important » pour les anthropologues, les chercheurs et les étudiants qui s’intéressent « à l’évolution et au développement de l’Afrique ». « Dans l’entendement de beaucoup de personnes, regrette-t-il, la race ne devrait pas être une préoccupation majeure. Mais il faudrait s’assurer que le racisme est éradiqué dans le monde entier ».

Pour lui, « la construction du futur des Africains, des Noirs doit se faire dans une articulation entre le passé et le présent ; ce futur doit tenir compte du présent et du passé ». « La race a été véritablement une construction. Et cette position artificielle d’un groupe positionné comme étant différent des autres et potentiellement supérieurement et inférieurement aux autres relève d’une récupération de la force politique, économique, militaire et d’une certaine force culturelle qui entraîne nécessairement l’oppression d’un groupe par rapport à un autre », a affirmé le Pr Ousmane Sène. Les étudiants en anthropologie, en sciences humaines, pourront, à son avis, mettre à profit ces genres de rencontre « pour avoir une perception beaucoup plus claire de ce que l’avenir nous réserve par rapport à une prise en charge plus mûre et plus responsable voire fière de la race noire et de l’Afrique ». « C’est une bataille du 21e siècle ; ce sont des choses à tenir en compte pour essayer de façonner notre avenir en étant bien ancré dans nos réalités qu’on devrait valoriser », a estimé le directeur du Warc.

S. Diam SY


Gestion du Patrimoine mondial : Un stage de formation a réuni experts espagnols et sénégalais

Gestion patri spainCinq gestionnaires de sites du Patrimoine mondial au Sénégal et deux gestionnaires de Parcs naturels, ainsi que le directeur du Patrimoine et celui des Parcs naturels, ont visité, du 31 janvier au 5 février, dans le cadre d’un stage, plusieurs villes de l’Espagne, accompagnés par des experts du ministère espagnol de la Culture. Selon un communiqué de presse de la Section culturelle de l’ambassade d’Espagne à Dakar, « L’Espagne reste une référence en termes de gestion du Patrimoine mondial, avec une grande expérience due au fait d’être le deuxième pays avec le plus grand nombre de sites Patrimoine mondial reconnus pour l’Unesco et le troisième pays au monde en tant que destination touristique ».

Ainsi, durant leur séjour, les experts en matière de Patrimoine et Parcs naturels ont visité, entre autres, le Musée national El Prado à Madrid. Ensuite, ils ont voyagé en Andalousie pour rendre visite, en deux groupes séparés selon les caractéristiques de leurs sites ; à la ville de Cordoue et au Parc naturel de Doñana.

A Cordoue, note le document, ils ont pu profiter d’une visite aux « patios » de l’ensemble historique, pour connaître la gestion et relation du Patrimoine matériel et immatériel ; connaître l’espace du Parc naturel de Doñana et apprendre ses stratégies touristiques, son système d’usage public, ainsi que les programmes d’éducation et bénévolat environnemental qu’ils mènent. Et tout le groupe d’experts sénégalais a visité l’ensemble de monuments Patrimoine de l’Humanité de Sevilla, ainsi comme son musée d’arts et traditions populaires. Les participants ont défini cette expérience comme « instructive, satisfaisante, riche et très profitable en termes de transfert de savoir et de savoir-faire » et ils retournent avec « beaucoup d’ambitions » pour le Sénégal.

Selon le communiqué de presse, ce stage de formation dans la gestion du patrimoine mondial a été organisé par l'Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (Aecid) en collaboration avec la Fondation internationale et par Ibéro-Amérique d’administration et de politiques publiques et la Section culturelle de l’ambassade d’Espagne au Sénégal. C’est la deuxième phase d’un premier échange organisé en novembre 2015 au Centre d’interprétation de Toubacouta, où les experts sénégalais avaient présenté la situation et les défis des sites Patrimoine mondial de l’Unesco dans le pays. Elle sera suivie d’une troisième phase prévue au mois de mars à Saint-Louis. Ces ateliers rentrent dans le cadre du programme Acerca de formation du capital humain pour la gestion culturelle. Le but est d’offrir un appui technique aux gestionnaires des sites Patrimoine de l’Humanité Unesco, pour contribuer non seulement à la bonne gestion de ces sites mais aussi à développer des politiques durables de promotion touristique.

O. DIOUF


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