Cinema

« La couleur du sacrifice » de Mourad Boucif : Un plaidoyer pour la récupération de la mémoire historique des Africains

Mourad BoucifLe documentaire de Mourad Boucif, « La couleur du sacrifice », a été projeté vendredi dernier, à la salle de délibération de la mairie de Mbour. A travers ce film, le réalisateur algérien plaide la récupération de la mémoire historique du peuple africain dont les fils ont donné leur vie lors de la Seconde guerre mondiale pour la libération de l’Europe et la lutte contre le nazisme.

Le documentaire « La couleur du sacrifice » du réalisateur algérien Mourad Boucif, qui repose essentiellement sur le témoignage d’anciens combattants du Maghreb et d’Afrique noire enrôlés pendant la Seconde guerre mondiale, a été projeté vendredi dernnier, à Mbour. Le public a pu découvrir une facette de l’histoire de ces « indigènes » qui se sont battus pour la libération de la France et qui, en retour, ont été privés de leurs pensions d’anciens combattants ou ont vu ces pensions gelées par des mesures administratives arbitraires et injustes. Dans ce film poignant, le réalisateur est allé à la rencontre de tous ces hommes au Maroc où les plus âgés ont presque tous disparus et en France où beaucoup d’entre eux, loin de leurs familles, séjournent dans des foyers pour ne pas perdre leurs droits à une maigre pension.

Pour Ahmed El Khannouss, maire-adjoint de Molenbeek (en Belgique) et député parlementaire belgo-marocain, ce film reportage qui a été projeté à Bruxelles, a eu un impact très important. « Mourad Boucif a répondu à un devoir de se faire le relai d’une injustice historique qui est vécu par les anciens combattants. Ce sont des gens originaires de l’Afrique, du Maghreb, du Sénégal qui ont sacrifié leur vie, leur jeunesse dans des conditions difficiles pour la France qui n’a pas reconnu ce sacrifice et les a parqués dans des immeubles en les bafouant dans leurs droits », a noté Ahmed El Khannouss. Au-delà des différentes associations qui se sont mobilisées historiquement pour essayer de se faire le relai de cette injustice, a-t-il expliqué, Mourad Boucif a, pour la première fois,  donné une dimension cinématographique qui avait une amplitude beaucoup plus importante pour pouvoir interpeller les autorités publiques par rapport à cette injustice. Ce film, a-t-il relevé, s’inscrit aujourd’hui dans la continuité. « Le combat doit continuer pour que les familles de ces gens qui ont donné leur sang pour la France puissent bénéficier de tous les droits dont les soldats français et leurs familles ont bénéficiés », a-t-il soutenu.

Troupes africaines pour la libération de l’Europe
De l’avis du parlementaire belge, ce film, depuis sa sortie, a eu des impacts positifs, surtout en Belgique où la dimension de la participation des troupes africaines pour la libération de l’Europe est prise en considération dans les manuels scolaires. « C’est une prise de conscience très récente. J’ose espérer que celle-ci va aussi suivre le même chemin sur le continent africain, que les manuels scolaires puissent aussi reprendre ces pans entiers de l’histoire des enfants de l’Afrique qui ont donné leurs vies pour la libération de l’Europe et la lutte contre le nazisme », a-t-il relevé.

Selon Mourad Boucif, tous ceux qui ont pris part à la Seconde guerre mondiale sont partis et ils ne restent que ceux qui ont fait celle d’Indochine. « C’est une histoire terrible, tragique. Quand vous rencontrez une telle injustice vous ne pouvez pas rester indifférent. C’est comme ça qu’est né le documentaire « La couleur du sacrifice ». Quand on a terminé le film, on l’a montré un peu partout et on a rencontré beaucoup d’émotion, une envie d’aller plus loin encore », a dit le réalisateur. Ce film, selon Boucif, a été accueilli avec ferveur, une euphorie et une émotion extraordinaire. « En Belgique, on est en train de changer les manuels et les programmes scolaires parce qu’il y a des masses de gens qui se mobilisent pour dire qu’ils ne sont pas d’accord, que cette page de l’histoire a été arrachée à nos manuels scolaires. C’est une grande victoire en Belgique qui est le cœur de l’Afrique et ça va continuer », a dit le réalisateur qui espère que le Sénégal suivra la même dynamique.

Aujourd’hui, regrette le réalisateur, cela fait 70 ans que ces combattants de la liberté sont passés. « Il y a encore de la résistance, une dynamique raciste, discriminatoire, des gens qui ne peuvent pas accepter que des gens de couleur les ont sauvés du nazisme. Mais quand on vous sort par la porte, vous revenez par la fenêtre ; quand on vous sort par la fenêtre, vous revenez par la lucarne. L’important, c’est de résister, de changer et on est en train de changer tout cela », a dit M. Boucif.

Selon lui, il y a un rapport de force, mais le combat est digne. « On est pour la justice, mais pas pour la guerre des mémoires. On reprend le flambeau de nos anciens combattants. Ils se sont battus et ont apporté la libération, c’est à nous de prendre le relai et nous aurons une réparation, une indemnisation », a-t-il soutenu.

Samba Oumar FALL

« LES HOMMES D’ARGILE » EN EXCLUSIVITÉ
Le lendemain samedi, le public mbourois a également découvert le film « Les hommes d’argile » du même réalisateur sorti en fin 2015. Selon Mourad Boucif, ce film sera présenté en exclusivité sur le territoire africain. « C’est un film très important avec des personnages très forts qui ont plus des valeurs, qui ont des trésors à nous transmettre et peut-être qui nous donnent des clés pour affronter le présent, le futur. C’est un film très important, et si on veut vraiment changer le cours de l’histoire, il faut regarder le film », a assuré le réalisateur.

Cette grande fiction qui va sortir au mois de mai dans tout le Sénégal, est à montrer à nos enfants. C’est de cette façon, grâce à l’instruction, l’éducation la transmission qu’on pourra accélérer ce changement.

« Les Hommes d’argile » est, avant tout, une fable sur la condition humaine. Ce film parle de l’enrôlement forcé de jeunes marocains pendant la Seconde guerre mondiale pour combattre, pour aider les troupes françaises contre l’envahisseur allemand et sacrifiés au nom de la libération de l’Europe.

S. O. FALL


« The revolution won’t be televised » : Le documentaire de Rama Thiaw en avant-première à la Berlinale

Rama ThiawLe documentaire « The revolution won’t be televised », de la cinéaste et productrice sénégalaise Rama Thiaw, sera projeté en avant-première mondiale le 15 février à Berlin (Allemagne), dans la section Forum de la Berlinale prévue du 11 au 21 février 2016.

La jeune réalisatrice, Rama Thiaw, a voulu, au travers du documentaire « The revolution won’t be televised » (la révolution ne sera pas télévisée), montrer un parcours d’hommes. « L’idée est de raconter l’histoire politique du Sénégal, du continent africain, en laissant une marque », a expliqué R. Thiaw, hier lors d’un point de presse. Elle est convaincue que la révolution ne vit pas à travers la télévision, elle se vit au quotidien. C’est un comportement de tous les jours. Son long-métrage sera projeté en avant-première mondiale dans la section Forum de la Berlinale prévue du 11 au 21 février 2016.

Le film dresse le portrait de trois amis à la fois artistes et activistes : Thiat, Kilifeu, Gadiaga du groupe de hip-hop Këur Gui de Kaolack, membre fondateur du collectif « Y'en a marre » lors de la présidentielle de 2012. Il s’agissait, pour la réalisatrice, de voir entre 2012-2013-2014 s’ils sont restés des « artistes engagés » dans la consolidation de la démocratie ou s’ils se sont transformés en « businessmen » après cette révolution pacifique.

Dans sa démarche cinématographique, R. Thiaw promène sa caméra autour de la problématique : « Comment ils reprennent, sans concession, le flambeau de leurs aînés : le capitaine Thomas Sankara ou l’artiste Khady Sylla, qui sont les deux personnages à part entière de mon film », a-t-elle expliqué.  Rama Thiaw s’interroge également sur « Comment ils se sont engagés dans l’action et comment ils luttent chaque jour pour rester fidèles à leur idéologie et à leur art ». L’intérêt de ce nouvel opus, a soutenu R. Thiaw, est qu’il s’inscrit sur la même ligne que « Boulfallé, la voie de la lutte », son précédent film documentaire produit en 2009. L’engagement citoyen y tient une place centrale. Sur ce sujet, Rama Tiaw considère la défunte artiste Khady Sylla comme « un pont entre deux générations d’artistes ». Pour le critique de cinéma, Baba Diop, « ce film est un travail d’historienne qui participe au renforcement de la démocratie. C’est un travail de mémoire. De son côté, le conseiller spécial du président de la République, Dr Massamba Guèye, a estimé que « L’Etat a la responsabilité d’accompagner la production. Non pas par le biais d’une implication de publicité, mais d’efficacité ».

Engagement citoyen
Native de Nouakchott, Thiaw est à la fois auteur, réalisatrice et productrice. Pour elle, cette sélection à la Berlinale est un « immense » honneur et une fierté. Elle n’y croyait pas vu le caractère très sélectif de la programmation de ce festival. Avant de taquiner la caméra, R. Thiaw a étudié l’économie du développement avec une spécialisation dans les énergies renouvelables comme moteur de développement au Sénégal, la sociologie, avant de s’intéresser au 7ème art. A un moment de son parcours, elle avait le choix : soit d’aller travailler dans de grandes institutions financières pour reproduire une élite soit aider concrètement son pays à se développer.

Le déclic viendra après la dévaluation du FCfa en 1994, période durant laquelle elle a vu sa famille vivre difficilement. « J’ai étudié l’économie du développement pour changer cela. Ce n’est pas en se déconnectant de la réalité qu’on y parviendra », a défendu Rama Thiaw. D’où l’option d’étudier le cinéma parallèlement à la sociologie des mouvements sociaux. « Je me suis rendue compte qu’il était important de changer les mentalités, les perceptions que nous faisons de nous-mêmes. C’est cela la première phase d’une révolution », a souligné la réalisatrice. L’enjeu pour elle était de voir comment changer les mentalités dans un pays où 50% de la population est analphabète.

Deux options se sont présentées devant elle : la musique et l’image. R. Thiaw jettera son dévolu sur la magie du cinéma historique et engagé avec des hommes ordinaires qui font l’histoire. Le propos est de déconstruire -avec une charge à la fois politique, philosophique et sociologique- l’image de l’homme Noir enfermée dans un cliché, que ce soit à la télé, dans les magazines, voire dans l’inconscient collectif.

Après Berlin, « The revolution won’t be televised » sera projeté au printemps 2016 au Sénégal avec la collaboration de la Direction de la cinématographie et le Goethe Institut de Dakar.

E. Massiga FAYE


Festival de cinéma africain (FCAT) : Tarifa et Tanger abritent la 13ème édition du 26 mai au 4 juin

Le Festival de cinéma africain (Fcat) revient en 2016 avec une édition transfrontalière. Cette 13ème édition se tiendra du 26 mai au 4 juin 2016 entre les deux rives du Détroit de Gibraltar (Tarifa et Tanger).
Après quatre éditions à Cordoue, le Festival de cinéma africain (Fcat) retourne dans la ville qui l’a vu naître, Tarifa. En revenant à cette ville, « le Fcat entame une nouvelle étape en 2016 avec une alléchante proposition qui unira les deux rives du Détroit de Gibraltar, Tarifa et Tanger, grâce à la magie du cinéma », nous apprend un communiqué de presse. Le festival de référence des cinématographies africaines dans le monde hispano-africain s’y déroulera du 26 mai au 4 juin 2016.
Selon la directrice du Fcat, Mane Cisneros, la nouvelle corporation municipale de Cordoue « a décidé de cesser son soutien au festival », ce qui a poussé l’organisation à se tourner vers la nouvelle équipe du gouvernement de la mairie de Tarifa et « d’un commun accord a été décidé le retour de l’événement dans la ville ».
En revenant à Tarifa, a précisé Cisneros, le festival évolue vers un nouveau modèle transfrontalier et se déroulera de manière simultanée à Tarifa et dans la ville marocaine de Tanger, permettant ainsi « la matérialisation d’un vieux rêve : unir par la voie de la culture ces deux villes qui sont, respectivement, la porte Nord et Sud de l’Afrique vers l’Europe ».
Le retour de la Fcat à Tarifa (ville d’origine) est « une manière de revaloriser le Détroit comme espace de dialogue interculturel et d’échange transfrontalier ». « Le conseiller à la culture, Ezequiel Andréu, a, quant à lui, insisté sur l’intention du gouvernement de faire de cette nouvelle édition du Fcat à Tarifa un événement impliquant la participation des citoyens : « Notre défi, c’est que la population locale, toutes strates confondues, soit présente et participe à l’organisation et au développement de l´événement », lit-on dans le communiqué.
Pour l’édition 2016, les nouveautés les plus marquantes du festival sont, entre autres, la rétrospective en hommage à la ville de Tanger, réalisée en collaboration avec la Cinémathèque de Tanger. Le festival concoctera également un programme spécial de projections en plein air centré sur des thèmes liés au Détroit de Gibraltar. Aussi, il inaugurera une nouvelle section parallèle, consacrée au cinéma ethnographique, élaborée avec le Département d’Anthropologie sociale de l’Université de Séville.
Par ailleurs, le Fcat lancera une bourse de travail et offrira aux bénévoles du festival des cours de formation pour l’emploi liés aux nouvelles technologies. Un atelier radiophonique dirigé aux scolaires de Tarifa et Tanger sera organisé et débouchera sur la production d’une émission de radio en ligne qui sera transmise en direct durant tout le festival.

Maguette Guèye DIEDHIOU


Court-metrage « Belle-Chondriaque », Fatou Kane explore les limites de la liberté individuelle

Fatou Kane CineJeune réalisatrice sénégalaise vivant en France, Fatou Kane, ancienne journaliste à « Walfadjri », a présenté, mardi, à la presse, son deuxième court-métrage « Belle-Chondriaque ». Le film raconte la vie d’une jeune femme du nom d’Olivier, choisissant de vivre pleinement sa liberté mais qui finit par se heurter à la barrière de sa destinée.

Projeté avant-hier au Bada-Ciné de Gueule-Tapée, « Belle-Chondriaque » de la jeune réalisatrice sénégalaise de 27 ans, Fatou Kane, est une interrogation sur les limites de la liberté individuelle. Certes l’homme à tendance à croire à la liberté, au vrai sens du mot, mais, à vrai dire, l’indépendance « totale » n’est qu’une illusion.  Ce court-métrage revient sur la vie d’une femme libre, mais qui est en contradiction avec elle-même. Olivier, nom du personnage principal de ce court-métrage, se dit libre et veut rencontrer plusieurs hommes à la fois par le biais des nouvelles technologies. Olivier, émancipée sur tous les plans de la vie, en particulier sur le plan sexuel et affectif, multiple ses rencontres. Toutefois, elle se heurte à « une hypochondrie chronique ».

Ainsi, aussi nombreuses qu’elles soient, chacune de ses rencontres d’un soir se solde au finish par un échec. Elle pense que toutes les personnes qu’elle rencontre sont malades. Alors, la jeune femme de 21 ans est confrontée à une crainte de contracter une maladie sexuellement transmissible à l’image de la herpe, de l’hépatite ou bien même du Sida. Olivier parle de ses expériences à ses amies, mais ces dernières n’arrivent pas à saisir « son malaise, son mal-être ». Devant une telle situation, elle décide d’arrêter ses fréquentations. Toutefois, elle n’y arrive pas. A chaque fois qu’elle décide d’arrêter, elle recommence aussitôt le lendemain. Au-delà d’une exploration des limites de la liberté, « Belle-Chondriaque » s’interroge également sur la destinée humaine.

Fatou Kane, la réalisatrice de ce film, s’est formée à la réalisation cinématographique, après avoir exercé la profession de journaliste au Sénégal et plus particulièrement au groupe de presse « Walfadjri ». Avec trois films à son actif, Fatou compte tourner au deuxième trimestre 2016, un documentaire au Sénégal sur le thème de la virginité de la femme dans tous ses aspects. Il s’agira de parler des interdits, des tabous, mais également la valeur conférée à cet état initial et passager.

L’autre projet phare de la jeune réalisatrice est la présentation de « Interdit de Famille », tourné au mois d’octobre 2015, à la sélection du festival de Cannes. Mais aussi son troisième film par Olivier Schatz au festival de Clermont-Ferrand.

I. BA


{nice}

Parabole sur la casamance : « Un amour au fond de l’océan » de Samba Oumar Fall présenté aujourd’hui

La cérémonie de présentation et de dédicace du livre de notre de confrère Samba Oumar Fall, « Un amour au fond de l’océan », est prévue ajourd’ hui, à 16h, à la salle de l’Espace Harmattan à Dakar. Ce roman de 230 pages, édité en 2013 aux éditions L’Harmattan Sénégal, s’inspire de faits réels pour offrir au lecteur une parabole sur la Casamance.
Mélange de réel et de fiction. Le roman « Un amour au fond de l’océan » de notre confrère Samba Oumar Fall est un savant dosage d’une histoire vraie agrémentée d’une part de fiction et qui offre au lecteur une parabole sur la Casamance. L’histoire a comme cadre Ziguinchor, la capitale administrative du Sud. Elle met en scène deux personnages centraux : Penda et Daouda. Alors que la rébellion bat son plein dans cette partie du pays, l’héroïne, la jeune et belle Penda, croit avoir trouvé le bonheur éternel avec son cousin, Daouda. Elle perd malheureusement ses illusions à la mort de son père, le vieux Mawdo Dièye, qui avait pourtant pris le soin de bénir cette union.
La disparition du patriarche offre alors à sa veuve, Adja Ouly, la mère de Penda, une occasion de fomenter un mariage d’intérêt contre la volonté de sa fille ; l’obligeant ainsi à fuguer avec l’homme qu’elle avait choisi.
Voilà comment « Un amour au fond de l’océan » tient le lecteur en haleine jusqu’au moment où, sans prévenir, la tragédie du bateau le Joola, un événement tiré de la dure réalité, vient s’incruster dans la trajectoire de Penda, ébranlant pour de bon toute la trame de son odyssée sentimentale avec Daouda. Les deux tourtereaux périssent dans le naufrage du navire qui les transportait de Ziguinchor vers Dakar, déposant ainsi leur « amour » pur et sincère au « fond de l’océan ».
« Un amour au fond de l’océan » est une œuvre grave, au ton juste et sans amertume. Et son ambition est d’inviter à revenir, par le truchement de la création, sur les circonstances terribles d’un naufrage qui a endeuillé la Casamance et provoqué un traumatisme profond à l’échelle nationale. Mais aussi de faire un plaidoyer pour le retour définitif de la paix dans cette partie du pays minée par trois décennies de conflit armé.

Elhadji Ibrahima THIAM


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