Musique

« Guddi Fateliku, we remember » : Les artistes du reggae se souviennent de leurs pairs décédés

Le Centre culturel Blaise Senghor accueille, ce 1er novembre, un concert événement intitulé « Guddi Fateliku, we remember ».  Ainsi, les artistes du reggae vont rendre hommage à leurs pairs disparus.
Initiateur de l’événement « Guddi Fateliku, we remember », l’artiste-musicien Iba Gaye Massar a rencontré mercredi la presse pour expliquer l’importance et la pertinence de cet hommage qui en est à sa 6e édition. « Les deux premières éditions, réalisées grâce au soutien matériel et technique de l’Orchestre national, étaient destinées à Abdourahmane Wane plus connu sous le nom de « BB Wane » et à Narcisse Agossa, décédés respectivement en 2005 et 2009. Mais au fil des ans, une série de décès frappèrent ce mouvement. Ainsi, Akiboulane, Wranglers, Abdoulaye Fall dit « Buur Laye », Paco Wane, Guy Peter King d’origine ghanéenne décédé au Sénégal, pays dont il était tombé amoureux, furent également rappelés à Dieu », se souvient-t-il.
M. Gaye Massar de rappeler : « Les éditions précédentes se tenaient à la Maison de la culture Douta Seck, mais pour cette année, nous avons choisi de délocaliser l’événement au Centre culturel régional de Dakar, Blaise Senghor, parce que le cadre colle mieux à la manifestation et que le directeur du centre, Baba Ndiaye, en l’occurrence, est aussi un acteur culturel qui a largement contribué à la carrière musicale des susnommés ».
Le directeur de Blaise Senghor a souhaité la bienvenue à l’événement tout en montrant l’engagement du centre à soutenir une telle initiative. Il a, en outre, fait part de son désir de voir les acteurs de ce mouvement s’atteler à sa « structuration, dans le moyen terme, pour, dit-il, se formaliser et avoir une vision commune dans la diversité ».
Les prestations sont à titre gratuites, sans aucun but lucratif, ni de profits financiers. Tout se fait avec le cœur et la tête, fait savoir Idy, qui annonce, dans la foulée, la formation de la grande association des artistes Reggae pour renforcer la capacité de ses membres et apporter leurs pierres à la construction, à l’édification et à la consolidation de la culture du Sénégal qui ira au-delà de la musique.
Une trentaine d’artistes dont Pixou de Timshel Band, Ombre Zion, Xuman, Exodus de Africa Band, « Grin », Titi de « I and I », « Beb’s », entre autres, se produiront dans un spectacle hommage qui se veut mémorable. « Le choix de la date n’est pas fortuit, car elle coïncide avec le jour du décès de « BB Wane Countryman », mais aussi à la fête de tous les Saints, la fête des Morts. Ce sera une belle occasion pour fêter nos morts », fera remarquer l’initiateur. Comme disait Birago Diop, écrivain, « les morts ne sont pas morts ».

Mouhamadou Lamine Diop (stagiaire)


HIP HOP : Des acteurs reçus par le ministre de la Culture et de la Communication

La Place du souvenir africain a abrité, mardi, une rencontre entre le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, et des rappeurs responsables de structures professionnelles. Une rencontre qui, selon un communiqué reçu à la rédaction, a été une occasion de discuter pour tenter de trouver des solutions aux différents problèmes que traverse le  secteur des cultures urbaines. Ce faisant, cette réunion a même permis de parler des acteurs et des scènes régionales. En outre, il a été question de faire revenir des manifestations mises en veilleuse depuis des années faute de moyens, comme c’est le cas des « 72 heures du hip hop ». Apres trois tours d’horloge de discussions, il a été préconisé la mise en place d’un comité de suivi composé des membres du cabinet du ministre et des représentants du mouvement hip hop. Ce comité se chargera de continuer les échanges à partir d’un calendrier de rencontres à dérouler.
Toujours d’après ce document, cette rencontre d’échanges découle d'une audience que le ministre avait accordée à Didier Awadi et Baxaw du groupe « Da brain ». « Ces derniers lui avaient conseillé d'élargir le débat pour rencontrer d'autres artistes du mouvement hip hop ». Les cultures urbaines étaient représentées à ces discussions par Awadi, « Fou Malade », Matador, Ahmadou Fall Ba, Baxaw, Simon, Fata, Jojo, Docta, Dieg Diouf et Tafa de Univers hip hop, S. Pendra (Festival Yakaar).

Ibrahima BA


Salon international de la musique Africaine : La deuxième édition prévue du 20 au 22 novembre à Dakar

En partenariat avec Africa fête, le Bureau export de la musique africaine (Bema) entend organiser la deuxième édition du Salon international de la musique africaine (Sima). Cette grande manifestation culturelle est prévue du 20 au 22 novembre prochain à la Maison de la culture Douta Seck.  
L’objectif du Sima, informe un communiqué, est de renforcer le marché de la musique, découvrir la nouvelle scène musicale africaine, promouvoir et exporter la musique africaine en Afrique et sur la scène internationale. Au menu de ce salon, il est prévu des concerts et des « show cases », des tables rondes. Mais également des ateliers et « speed meeting », un espace de marché qui va regrouper une centaine de professionnels sénégalais et internationaux de la musique.
En outre, il y est attendu aussi des remises de prix que sont le Prix du Bema et celui du jury. « Le Sima représente une véritable vitrine pour les artistes et les professionnels du secteur musical. Un espace de rencontre, d’échange, de réflexion entre les acteurs de la filière musicale africaine… Il est ouvert à tous les artistes professionnels du continent avec une priorité donnée aux groupes qui ont une actualité musicale », informe le document. Les concerts, ouverts au public, regrouperont au total une vingtaine de groupes. Les inscriptions sont déjà ouvertes sur le site : www.le-bema.com.

I.BA


34e édition du Prix Découvertes Rfi : La Sénégalaise Maréma parmi les 10 finalistes

La 34e édition du Prix découvertes Rfi est lancée et les 10 candidats connus. En effet, depuis 1981, chaque année, ce concours musical offre à beaucoup de jeunes talents musicaux du continent africain l’opportunité de se mettre en évidence.

Cette année, le Sénégal est représenté au Prix Découvertes Rfi par la chanteuse Maréma. Ouvert à tous les artistes ou groupes musicaux professionnels d’Afrique, des Caraïbes et de l’Océan indien, le Prix Découvertes Rfi a fini de se faire un nom. Au fil des ans, il a récompensé le talent de très nombreux artistes. Parmi ceux-ci, on peut citer : Tiken Jah Fakoly de la Côte d’Ivoire, Didier Awadi du Sénégal, Amadou et Mariam du Mali ou encore Maurice Kirya de l’Ouganda, entre autres. Le professionnalisme de son jury, présidé par une personnalité de la musique africaine, est également sa marque de fabrique. De Jacob Desvarieux à Youssou Ndour en passant par Angélique Kidjo, Passi ou encore Richard Bona, tous apportent leur caution et leur expérience, contribuant ainsi au rayonnement du prix. Le vainqueur aura droit, en plus des 10.000 euros (6.555.000) FCfa, à une tournée sur le continent africain et un concert à Paris. Il y a également une bonne présence dans l’espace médiatique international à travers l’engagement de Rfi et de ses partenaires à assurer la promotion du vainqueur sur leurs supports de communication.

Il faut rappeler que pour pouvoir être sélectionnable à ce concours, il faut remplir un certain nombre de préalables. En effet, l’artiste doit disposer d’une page personnelle sur Internet ou sur les réseaux sociaux incluant un minimum de 4 titres en écoute. Pour cette année, outre notre compatriote Maréma, les neuf autres finalistes sont : Ceuzany (Cap-Vert), Shishani (Namibie), Oupta (République du Congo), Richy (Ouganda), Krotal (Cameroun), Ifé (Bénin), Idylle Mamba (République Centrafricaine), Bobona (Burundi) et Albino Mbie (Mozambique).
 

Les candidats seront présentés le 18 novembre prochain à un jury présidé, cette année, par Fally Ipupa de la République démocratique du Congo. Mais, avant cela, Radio France Internationale annonce sur son site que les internautes auront la possibilité de voter pour le candidat de leur choix, du 30 septembre au 30 octobre sur www.rfi.fr/Prixdécouvertes.com. A la voix du public qui désignera l’artiste favori des internautes, s’ajouteront les votes du jury.

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)


Lamine FAYE, musicien : Un virtuose de la guitare au service de la jeunesse

Dans les années 1990, sous l’égide d’un brillant guitariste solo répondant au nom de Lamine Faye, la musique sénégalaise connaît un nouveau souffle, une sorte de révolution via un style novice qui marquera toute une génération de mélomanes. A 55 ans, le fondateur du groupe Lemzo Diamano, à travers un mélange savamment orchestré de « mbalakh » et de « marimba », a imprimé une touche à l’identité musicale nationale. Aujourd’hui, même s’il mène une vie sobre, loin de la scène, le musicien est plus que jamais présent dans la production des jeunes talents.    

Il a la magie au bout des doigts. Et il suffit de le voir ou de l’entendre jouer pour déceler  cette empreinte du génie faisant l’identité de ce guitariste solo qu’est Lamine Faye. Après plusieurs décennies au service de la musique sénégalaise, il est du lot de ces  artistes qui ont pu donner le sourire à toute une génération de mélomanes. Un symbole qui aura laissé sa marque sur les murs des grandes gloires guitaristes de son temps. C’est dans le salon feutré de son appartement sis à Yoff, derrière le cimetière musulman, que le musicien choisit de nous recevoir. Les sonneries répétitives de son téléphone interrompent par moment la discussion. Il décroche entre deux questions, puis revient pour s’excuser. La conversation peut alors continuer…
Né en 1959 à Dakar, Lamine Faye, avec ses 4 frères, Adama (décédé en 2006), Moustapha, Vieux Mac et Habib, forme le quintette qui a marqué, de façon indélébile, la musique sénégalaise. Tout est parti d’un père qui,  malgré une profession d’enseignant d’histoire et de géographie à l’Ecole normale supérieure, attachait un intérêt particulier à la musique. A ses heures perdues, Ibou Faye, il s’appelle, s’amusait avec sa guitare. A force d’être bercés par les belles mélodies que jouait leur papa, Lamine et ses frères finissent par être fortement influencés. Commence alors une histoire d’amour qui tend vers l’infini.

Conception
Avec des muscles tonifiés, une chevelure encore noire malgré l’usure du temps, Lamine garde toujours une certaine fraîcheur juvénile. Le « Marimbalakh », qui est un style musical typiquement sénégalais, a permis à l’artiste d’inscrire son nom en lettres d’or dans l’échiquier musical national. Il a donné un cachet populaire à cette forme de musique devenue une identité nationale. « Aujourd’hui, ma plus grande fierté reste le fait que mon concept musical continue d’être  utilisé par tous les artistes et reste plus que jamais d’actualité », se réjouit-il.
Pour ses débuts, le soliste commence à l’Ecole de la musique, puis au groupe Dakar Amical Club dont la vocation était de faire une musique avec une multitude de variétés. « En jouant dans les hôtels et autres cabarets, j’ai fini par acquérir une très grande expérience », soutient-il. C’est finalement, au début des années 1980, que Lamine Faye intègre le mythique groupe Super Diamano pour une carrière professionnelle. Grâce à son talent, il y assurera les premiers rôles jusqu’en 1990, année durant laquelle il claque la porte de ce  groupe pour voler de ses propres ailes. Un an plus tard, il crée le groupe Lemzo Diamano, qui a eu un succès retentissant auprès des Sénégalais avec des morceaux comme  « Joom », « Setsima », « Khar nu Bi »…  « En quittant le Super Diamnano, j’ai surtout voulu propulser la jeunesse devant la scène, mais aussi, je voulais plus de considération. En tant que musicien, j’ai pu créer un orchestre sans être chanteur ; ce qui n’est pas évident au Sénégal, surtout à cette époque », raconte Lamine Faye. Pour lui, il fallait donc prouver qu’en dehors du tout puissant chanteur, il y avait des musiciens qui peuvent aussi occuper avec succès une place de leader ou de meneur d’hommes au sein d’un orchestre.

Implosion
Le Lemzo Diamnano, avec sa pléiade composée, entre autres,  d’Alioune Mbaye Nder, Pape Diouf, Mada Bâ , Salam Diallo ou de Fallou Dieng enchaîne les réussites à tout point de vue. Un succès qui est, sans nul doute, le résultat d’une volonté commune inébranlable d’aller vers l’avant. « La force de notre groupe restait notre entente. Il y avait une bonne ambiance. On partageait tout, même des habits (…) et c’est ce qui manque actuellement à beaucoup de musiciens  », confie notre interlocuteur.
 Mais le plus difficile pour Lamine et ses pairs était de gérer ce succès devant une concurrence qui devenait de plus en plus insoutenable. Si ce groupe a  incontestablement régné durant toute la moitié de la décennie des années 1990, en révolutionnant fortement la musique sénégalaise,  des querelles internes le feront  définitivement imploser en 1998.
Un épisode assez complexe que son fondateur et directeur artistique se garde aujourd’hui de raconter. « J’ai beaucoup d’éléments là-dessus, mais je préfère ne pas en parler », avance-t-il entre deux éclats de rire. Invité à  évoquer les péripéties de cette  déliquescence, le précurseur du « Marimbalakh »  apparaît  un tantinet gêné. Difficile d’avoir avec lui la vraie version de ces faits qui se sont déroulés, il y a 14 ans. «  Les gens ne nous ont pas laissé travailler.  Certains ont fait tout leur possible pour casser notre groupe parce que c’était de leur intérêt. Il est arrivé un moment où, lorsque nous jouions, toutes les grandes boites de la capitale étaient obligées de fermer car il n’y restait  pas  plus de 3 personnes », relate-t-il, sans trop avancer en détails.
 Que ce soit au Super Diamano ou au Lemzo Diamano, ce guitariste solo a incarné l’élégance sobre d’un style singulier qu’il a  hérité de son grand frère (Adama Faye) et qu’il a pu développer de la plus belle des manières. Généreux dans l’effort, formateur infatigable,  ce quinquagénaire a contribué à donner un nouveau souffle à la musique sénégalaise. Nombreux sont les chanteurs ou musiciens qui sont passés dans son école et  qui, actuellement, sont les têtes d’affiche de la scène musicale nationale. « Nos éléments sont aujourd’hui, à l’unanimité, ceux qui font la fierté de la musique sénégalaise », laisse-t-il entendre.

Collaboration
Quid de ses relations avec ses anciens élèves ? Lamine Faye répond : « J’ai d’excellents rapports avec eux. A chaque fois qu’ils me sollicitent, je viens leur offrir mes services. Actuellement, par exemple, je joue  beaucoup avec Pape Diouf qui me voue un grand respect ». Agé de 55 ans, l’artiste n’a pas perdu une once de son talent et compte  s’engager fermement à accompagner la jeunesse. « Je suis au service de la musique sénégalaise. Je ferai de tout mon possible pour aider à son développement. Je travaille beaucoup en atelier et je collabore avec les musiciens de la place, notamment les jeunes ».
Né dans un cocon familial où la musique se pratique comme une religion, Lamine Faye a pourtant eu à trouver du temps pour ses études et à aller jusqu’à la classe de terminale. Même s’il n’a pas réussi à décrocher le baccalauréat, il aura quand même essayé et se faire remarquer de par son niveau d’études assez acceptable dans un milieu où généralement la majorité s’arrête au cycle primaire.
Marié et père de 4 enfants, celui dont les références dans le milieu artistique s’appellent, entre autres, Youssou Ndour, Ismaïla Lô ou son frère Adama Faye, rêve d’ouvrir un grand studio pour mieux se mettre à la disposition de la jeunesse, laquelle a la lourde mission de passer   l’héritage à la postérité. En attendant que son rêve se concrétise, ce virtuose de la guitare entend s’investir corps et âme pour amener son « Marimbalakh » au-delà des âges.

Par Ibrahima BA


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