Musique

Spectacle au Grand Théâtre : Omar Pène fait un retour triomphal

Le grand public venu voir, samedi, le spectacle de Omar Pène a rendu un hommage appuyé au lead vocal du Super Diamono qui a fait un retour gagnant sur la scène du Grand Théâtre.
Un spectacle de « Baye Pène » ? Cela ne se raconte pas. Il se vit. Ses fans l’ont bien compris. La preuve, la grande salle du Grand théâtre national était archicomble. En écho à cette retrouvaille et pour montrer leur affection au lead vocal du Super Diamono, les admirateurs ont hurlé de joie. Et pour donner de la voix, Mamadou Maïga (un ancien de Diamono), le rappeur Fata et Cheikh ont assuré la première partie. Crescendo, l’émotion gagne le public lorsque la chanteuse Soda Mama entonne les louanges d’Omar Pène. Accompagné par des collègues artistes, Pène est apparu sur scène avec un regard lointain.
Requinqué par cette puissante voix de sa griotte et entouré d’instrumentistes, Cheikh Tidiane Tall, Dembèle Diop, Hervé Samb, Noumoucounda Cissokho, entre autres ténors de la musique, il a débuté le spectacle en acoustique. Le titre « Ma beug sama yaye boye » a résonné dans la salle tel un cri de cœur, accentué d’une belle chorégraphie du groupe de danse Bakalaba. L’artiste a enchaîné avec ses morceaux fétiches « Tiki Tiki », « Sama nit la », « Tolou Baye Demba », « Diamono »… avant de faire une petite pause pour remercier le président de la République, Macky Sall, et ses nombreux fans. « Si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à vous et vos prières. Je me suis retiré de la scène musicale pendant une année et, entre-temps, j’ai tout entendu.
Cela n’a pas été facile. Je dois remercier aussi une personne qui m’a beaucoup soutenu et qui n’a cessé de s’enquérir de mon état de santé durant tout mon séjour en France. C’est le président Macky Sall ! » a-t-il déclaré d’un ton très ému.
  Très élégante dans une robe bleue, Viviane Chédid a apporté une touche particulière à la soirée, en rendant hommage à Omar Pène, qui a accéléré la cadence lors de la deuxième partie. L’orientation musicale de la soirée était à la fois rythmée et douce avec des instrumentistes qui avaient du talent à revendre.
Les admirateurs d’Omar Pène, pris d’un besoin frénétique de danser, ont brillamment joué leur partition, envahissant la piste lors de l’interprétation des tubes « Bana », « Afsud », « Mouride », « Djaraf », « Omaro ». Le moment fort de la soirée a été la combinaison entre Youssou Ndour et Omar Pène dans « Euleuk Cibir ». Des moments d’émotion et de partage entre les deux chanteurs. Sur cette lancée, Baaba Maal, Ismaila Lô, Thione Ballago Seck, Alioune Mbaye Nder, Kiné Lam, Yoro Ndiaye, entre autres artistes ont communié avec « Baye Pène ».
Le temps d’un spectacle, les fans de Diamono ont renoué avec leur groupe légendaire.

Absa NDONG

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1ère édition de « Open doors » : 19 groupes de rap se retrouvent demain au Grand Théâtre

Dans le cadre de leur programme de promotion des « jeunes talents », la structure Diégui Rails Records, en partenariat avec le Grand Théâtre, organise  demain, la 1ère édition de « Open doors ». L’objectif de ce concert est d’épauler ces rappeurs en les faisant connaitre du public.
Lors d’une rencontre avec la presse, Youssou Cissé, membre fondateur de Diégui Rails Records, est revenu sur ce projet, qui vise à ouvrir les portes du Grand Théâtre aux rappeurs, qui n’ont pas encore un album, ou qui peinent à faire la promotion de leur produit. En effet, note M. Cissé, il faut une certaine solidarité vis-à-vis de ces rappeurs, qui, chacun en ce qui le concerne, abat un travail important dans son domaine. Cette manifestation est, de son avis, un challenge pour sa structure qui, de concert avec le Grand Théâtre, va permettre à ces talents de se révéler au public. Au-delà du concert, dont les recettes vont servir à confectionner des albums pour les différents participants,  Diégui Rails Records prévoit une compilation de ce spectacle, toujours dans le cadre de la promotion des artistes.
Outre l’aspect musical, Diégui Rails Records compte également s’investir dans le social. Pour Youssou Cissé, « ce sera une occasion pour tous les rappeurs de retourner chez eux et d’organiser des œuvres de bienfaisance pour leurs populations ». Souvent, il se pose la question du remplissage du Grand Théâtre, lors de ces genres de soirées. Ainsi, pour évacuer le plus rapidement les tickets, chacun des 19 groupes a reçu un lot à commercialiser et aujourd’hui, souligne Youssou Cissé, « l’écoulement des entrées se fait à un rythme très intéressant ».
A l’image de Fuk N Kuk, Jah Me Rue, Rosso, tous les rappeurs qui doivent prendre part à ce concert ont salué cette initiative, qui débute à 19 heures et va se terminer un peu avant minuit, selon les organisateurs. Cette soirée va enregistrer la participation de Fla the Ripper, M.A.S.S, Kangam Squad de Tamba. Elle aura comme parrains Matador, Fou Malade, Simon, Da Brains.

A. M. NDAW

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« L’heure a sonné » pour Jilberto Pass

Le jeune artiste chanteur Jilberto Pass vient de mettre sur le marché son premier album intitulé « Hora Tchiga » (L’heure a sonné). Plusieurs thèmes sont abordés dans cette production composée de 9 titres.
L’album « Hora Tchiga » est composé de neuf titres dans  lequel le chanteur aborde plusieurs thèmes. Il parle d’amour, d’union entre les nations d’Afrique, de persévérance et d’abnégation dans la quête de toutes les entreprises.
Le jeune artiste évolue dans le milieu de la musique depuis 2007. Il est passé par d’autres groupes avant de décider,  en 2012, de voler de ses propres ailes à travers une carrière solo. Aujourd’hui, il s’est spécialisé dans le registre cabo. « Je chante en créole et en wolof. Cette influence cabo se justifie par le fait que j’ai grandi en Guinée Bissau, bien que je sois né au Sénégal », précise-t-il.
Pour donner plus d’envergure et d’originalité à son corpus musical, Jilberto Pass mixe des sonorités de « goumbé » avec du cabo.

O. BA

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Rap et spiritualité : Quand les textes s’inspirent du divin

Le reggae a son Hailé Sélassié I et il s’en glorifie à tout va. Le hip hop, en général et sénégalais en particulier, a ses marabouts et autres guides spirituels. De plus en plus dans leurs textes, des références divines y abondent. Le rap, après un cycle revendicatif, se pare de spiritualité et évoque Dieu.

« Borom bi moma mome » (J’appartiens au Seigneur), la saccade se poursuit, drue et soutenue. Elle fait l’apologie du Divin et de son Prophète (Psl). « Rassoulilahi amoul morom, Guigne naako si ndèye ak baye » (Je jure que le Prophète Mohamed (Psl) n’a point d’égal…), la boutade est davantage réelle, elle sublime l’Omnipotent.  C’est sur ces notes que Ndongo D, avec forts gestes, ouvre le tube de son groupe, Daara J, intitulé « Borom Bi » (Dieu). Le trio est dans une transe générale, le Créateur en vaut la peine, avec ces rappeurs très ancrés dans la spiritualité. Lord Aladji Man, Faada Freddy, tous ont également dans ce morceau, cette manière particulière de parler du Maître des mondes.  C’est dans cette brèche que plus tard, le groupe nous revient avec l’album « Xalima » (la plume utilisée par les maîtres coraniques pour écrire des versets à leurs élèves). Un produit avec une bonne dose de spiritualité. Même la pochette de cet album, mis sur le marché en 1999, est expressive. Sur cette dernière, la traditionnelle tablette en bois (« Alouwa ») est bien mise en évidence (avec à l’intérieur les trois artistes. Cet « Alouwa » complète, dans une certaine mesure,  le « Xalima ».  Ainsi est mis en œuvre l’apprentissage, qui permet à tout un chacun d’avoir une idée du Céleste.
Des années après, en 2003, sort  l’album « Boomerang », qui évoque le rapport entre l’humain et le Divin. Le morceau « Weurgueul », (le cycle), avec une participation de la Malienne Rockia Traoré aux chœurs, parle de naissance, de vécu, de mort, de résurrection avec ses corollaires.  L’opus est profond dans une allusion au Divin. La bande à Faada Freddy venait de montrer, encore une fois, cette forte présence, et qui se poursuit, de la religion dans leurs écrits.

Religiosité ou religion
 A l’image de ce groupe, on assiste de plus en plus à la présence de références divines dans les textes. Cette approche, le rappeur Douggy Tee, la juge normal. « La culture urbaine, c’est l’expression de soi avec de la spiritualité dans les écrits ». Au début, rappelle l’ancien du Pbs, avec la « Zoulou Nation », les précurseurs de cette musique, le refrain était « Peace-love-unity-having fun » (paix, amour, unité et se faire plaisir par le biais des mélodies). C’est ainsi qu’au Sénégal, se souvient Douggy Tee, le Bamba J Fall, groupe originaire de Rufisque, fut le premier groupe à revendiquer son appartenance à la Mouridiya.
Ces rappeurs ne se prennent pas pour des prêcheurs. Loin de là. Ils sont plus dans la religiosité, ce sentiment affectif et cette appartenance à un groupe. Ici, assure Douggy Tee, l’accent est mis sur « une pédagogie basée sur les voies et moyens de connaître le Divin, et rendre la vie meilleure ». Néanmoins, il dit ne pas mettre en avant son appartenance à une confrérie. Dans ses textes, il prône surtout, à l’image de son tube « One God », l’unicité de Dieu. Ce morceau fut une bonne tribune pour montrer, qu’au-delà des différences confessionnelles, religieuses ou autres, « nous appartenons à un Dieu unique ».

Du rap au « Rabbanna* »
En un moment donné, dans une chronique pour parler de cette musique, avec cette tendance à la spiritualisation, « Xuman », un rappeur de l’ancienne école, avait développé un concept : « Du rap au Rabbanna ». Partant de thèmes politiques, revendicatifs, les rappeurs se sont retrouvés à louer leurs marabouts, souligne l’artiste. Il ajoute : « Je n’ai jamais cru bon de chanter mon marabout. C’est une question que j’appréhende sous l’empreinte de l’intériorité, du personnel », estime Xuman.
Dans cette classe de rappeurs, à la plume très religieuse, on retrouve Maxy Crazy. Il explique que sa rencontre avec son guide spirituel a donné un autre tournant à sa vie. Selon lui, la spiritualité s’exprime mieux en actions qu’en paroles. Cela se reflète dans une partie de son travail: « Mes premières inspirations spirituelles me sont parvenues en 1999 lorsque j’ai rencontré Baye Niasse par le biais de Cheikh Mamour Insa Diop. J’ai découvert la dimension d’un homme qui se veut universel. Je suis les âmes et les emplacements, je suis tout ce que vous voyez ou sentez. J’ai découvert un homme qui respecte et aime toutes les créatures, des humains à la plus petite fourmi. Cela m’a inspiré un véritable mode de vie », confie-t-il.
Il se dit conscient que son rap spirituel a grossi les rangs de son public. Pour Crazy, le hip hop est un pont entre toutes les races, les ethnies et les couches sociales. Il ne tolère aucune discrimination parce qu’étant au service de la vérité, de la paix, de l’amour et de l’unité.
*Louange à Allah

Gaston : Le flow de la tolérance

Les intimes l’appelle par son nom, Bamar Ndoye, d’autres  Gaston, certains trouvent plus judicieux de le surnommer Baye Sène ou encore Bandit Mic. Mais nous, appelons-le tout simplement « le spirituel rappeur ». Une visite, une heure d’échange et on se rend compte de la dimension de cet artiste aux textes si profonds.

Attendre, une heure et plus. Il devait être présent à un enterrement, puis des condoléances à présenter. N’empêche, pour se faire pardonner cet écart, les excuses sont légion. Enfin, le face-à-face, dans l’appartement de Gaston, où tout est art. De la sobriété et du goût.  Sur sa chaîne, ses dreadlocks cachés dans une casquette, il est prêt. Mais pour saisir ses explications, il faut tendre l’oreille. Le débit est rapide et les termes « Tarikha », « Hakikha », « Hikma », « Tarbiya », toutes des références à la relation entre l’humain et Dieu, sont utilisées. Pour l’écriture de certains de ses textes catalogués spirituels, Gaston dit souvent détenir un bout de phrase, « et de fil en aiguille, naît un produit, qui ne vise que la recherche de la vérité ». N’empêche, malgré tout, on se perd dans les explications parfois qui relèvent de l’inaccessible. C’est du Dieu partout !  Non, pense-t-il, à l’image des juristes qui avec une virgule dans une phrase change carrément son sens, « avec certains de nos textes, le spirituel est très présent, et ce sont des codes, parfois, qu’il faut déchiffrer ».  Dans un flow, comme au studio, il souligne que Dieu est bataille contre  l’injustice,  est amour, vérité. Ce Gaston-là, c’est en somme une dose de philosophe et de spirituel.   Depuis 2003, il a entamé, avec l’aide de son marabout Cheikh Moussa Touré, la marche vers la connaissance du Divin ; le « Tarbiya » ou bien comment avoir une autre lecture de la relation entre l’Homme et son Créateur. Ou encore comment rechercher la vérité ? Avec l’aide de son guide, il essaie de se connaître d’abord, avant de faire cette migration, qui consiste à aller à la découverte de son Créateur.
Le geste est large, les minutes s’égrènent. Le discussion prend une autre tournure et fait allusion à la relation guide-disciple, que l’artiste juge de son point de vue, actuellement de plus en plus biaisée. En effet, le premier nommé, ne doit avoir qu’un seul rôle, éclairer le chemin du disciple, qui le mènera à son Seigneur, le lui faire connaître.  Pour lui, «  Dieu est tout contrairement à ce qu’a dit Alpha Blondy, "tout n’est pas Dieu" ».
Bref, en tout cas, le débat  prend de l’envol, on se triture les méninges et soudain, il lance : « On est citoyen de ce Tout. Je suis Mouride, Tidiane, Layéne, Khadre, car l’objectif de toutes ces confessions, c’est de guider le disciple vers Allah ». Bel exemple d’ouverture d’esprit vers l’autre, et de tolérance !!!

Par A. Maguette NDAW, Oumar BA (Textes) - (Photos) N. Seyni SAMB

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Chronique - De « BOUL FALLE » à « ALLAH BAYE » : En chanson, sur les airs du divin

Le ghetto pikinois et la banlieue proche de Dakar sont d’abord le temple de la contestation pour la génération sortie du contentieux électoral de 1988, de l’année blanche et des ajustements structurels. Puis, dans la célébration de l’âme noire, il y a eu des accents de Frantz Fanon, Kwamé Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Patrice Lumumba, Nelson Mandela, etc. Aujourd’hui, la spiritualité est une quête pour le rap sénégalais qui entonne le chant du sacré. Les « bad boys » deviennent même des disciples.

L’aurore du hip hop sénégalais est un hymne à la mère. Une célébration de la bénédiction maternelle sur des airs de « Sama yaay nang ma baal » (quête du pardon). A la fin des années 1980, Mbacké Dioum est une nouvelle voix qui nous change des beats ayant traversé l’Atlantique par la magie du voyage musical. Les mythiques Public Ennemy, Wu Tang Clan, Cool and the Gang ont des émules en terre sénégalaise. L’hymne à la mère n’est pas en conflit avec les préceptes islamiques. La maternité est à la fois don de Dieu et don de soi. La naissance est la consécration de la faculté de créer dévolue à Dieu par sa courroie de transmission qu’est la femme. Le cordon ombilical est le fil qui tient le pacte de la vie, donc de la gratitude à l’égard de celle qui a porté le fardeau devenu un colis du bonheur. La scène reçoit, par la suite, un enfant d’une famille religieuse lougatoise. MC Lida revendique la position de Numéro 1, faisant fi de son statut social. Cette transgression, il la porte comme une étiquette aussi digne d’intérêt que son phrasé et son attirail bling-bling.
Ce briseur de tabou chante dans une sorte d’intelligence fortuite avec ses cadets du Positive Black Soul. Doug E Tee et Didier Awadi poussent un refrain qui conquiert la fonction de slogan émancipateur. La jeunesse qui a connu le contentieux électoral de 1988 et l’année blanche de la même année, l’année invalidée de 1993 et les programmes d’ajustements structurels dit : « Boul Faalé » (Ne t’en fais pas). A Abidjan, l’écho sonne en un « Yaa foy » retentissant. Dans la lutte, Tyson, force de la nature, surgit de Pikine, impose cette philosophie. Le pont thématique entre ces jeunes des Sicap (Capsi, dans leur verlan) et Mbacké Dioum est jeté par Doug E Tee dans sa carrière solo. Le fils rend hommage à sa mère dans un élan de tendresse le poussant à faire le vœu de le précéder dans le tombeau. Dieu est le témoin de cette offre de sacrifice suprême.

Dieu, la boussole
Le rap s’ouvre à l’école de la vie. Ce n’est pas un hasard si, il y a cinq années, Daara J Family a jeté son album « School of life » sur l’espace musical. Cette école de la vie émane du concept « Daara J », lieu d’apprentissage où tout commence par l’alphabet arabe. L’un des symboles de cette humilité est le choix de la posture de « Ndongo Daara » (l’apprenant). « Daara J » devient à la fois un nom de groupe, un titre à succès et, surtout, une philosophie de vie. Le choix de la spiritualité porte, comme symbole fort, le chant « Allahou » à la fin des années 1990.
En substance, Dieu est la boussole de Fadda Freddy, Ndongo D et de Lord Aladji Man (celui-ci n’est plus avec les deux premiers cités). Le Pee Froiss de Gunman Khuman, Gee Bass et Cool Kocsis interpelle la conscience collective sur le sort peu enviable des « talibés ». Dans cette même période, de jeunes Rufisquois choisissent un nom sans équivoque : « Bamba J Fall ». Leur manager d’alors est maintenant un artiste de la scène mbalakh, avec un égal parti-pris pour la spiritualité : Mame Goor Djazaaka. L’accoutrement ne dépare pas celui des « Baye Fall ». Le hip hop jette deux pavés dans la mare politico-religieuse au début des années 2000. Le « Politich… » est un pamphlet sonore contre la classe politique qui perdrait ses convictions républicaines entre reniements et transhumance. Des acteurs politiques et religieux sont cités nommément. Cette génération qui revendique la première alternance démocratique fustige les consignes de vote. La polémique monte, prenant le ton amer de la colère des fidèles. Le label de Mister Kane est sous les feux de la critique. Plus tard, un inventaire en musique est fait. Il porte la griffe de Makhtar le Cagoulard (ex-Bmg 44) et Iba de Rap’Adio (plus tard, les deux se retrouvent dans ce dernier groupe). Le titre est sans équivoque : « Cent commentaires ». Le duo épingle les fanatiques et faux dévots qui, à leur avis, tiendraient en otage la religion. « Chacun se met sur sa pierre, scrutant sa lune », chantent-ils.
Le chœur religieux emprunte une tonalité plus accommodante. Le contexte, marqué par une ferveur religieuse dans les rangs de la jeunesse, se prête plus à la célébration du spirituel qu’à une confrontation. Ces voix sorties du ghetto cherchent leur voie à  Médina Baye, Tivaouane, Touba, Ndiassane, Diamalaye, etc. Ces dernières années, « Allah Baye » de Bideew Bou Bess est une composition-phare. Les accents poétiques sont les reflets d’une âme dévouée à la quête du guide sur les routes du sacré.

Le chant du sacré
Daddy Bibson est dans les mêmes dispositions que le trio des frères. Fata, dans une complainte sur la mort de sa mère, s’adosse au Coran. Les « bad boys » deviennent de bons disciples. Le hip hop bruit encore des clashes comme celui ayant opposé Canabasse et Nitt Doff ou encore Fata et les adeptes du hardcore (le versant radical du hip hop) qui fustigent les incursions de Fata dans le mbalakh. Il y a aussi Y’en A Marre et Red Black qui ont accompagné les revendications citoyennes. Il y a encore des leaders comme Awadi qui a comme références Sankara, Che Guevara, Cheikh Hamidou Kane, Fanon, Modibo Keïta, Cheikh Anta Diop, Gamal Abdel Nasser, Patrice Lumumba, Nelson Mandela, Kwamé Nkrumah, etc. Le compère de Doug E Tee, qui a fait de l’album « Présidents d’Afrique » la mémoire du continent, est le chantre de l’âme noire et un défenseur de l’alter-mondialisme. En écho à ces revendications fondées sur l’équité et la prise en charge de la facture sociale, la parole de cette jeunesse musicale révèle qu’il y a surtout la spiritualité qui sert de refuge aux chercheurs d’absolu dépeints, il y a quelques années, comme les voix perdues dans le tempo et le tempérament de feu du rap. Ils cultivent leur champ de clartés en entonnant le chant du sacré.

Par Habib Demba FALL

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