Musique

Industrie musicale au Sénégal : Un collectif lancé par des artistes

MusiqueDes artistes viennent de lancer le Collectif des acteurs de l’industrie musicale du Sénégal. Une initiative qui vise à fédérer les artistes pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de retraite.

Un Collectif des acteurs de l’industrie musicale du Sénégal a fait face à la presse, hier à Dakar, pour la tenue d’une assemblée générale constitutive. Y étaient présents, entre autres, le guitariste Cheikh Tidiane Tall, les chanteurs Salam Diallo, Ouza Diallo, Alioune Kassé, Assane Mboup, etc.

D’après le président du collectif Zeynoul Hamidine Alioune Sow, cette initiative n’est pas pour concurrencer les entités déjà existantes. Mais elle est juste une trouvaille qui vise à fédérer les artistes pour  une meilleure prise en charge de leurs problèmes. Salam Diallo est de cette note musicale car, pour lui, il faut que les artistes s’unissent dans les moments de bonheur et de malheur. Salam Diallo ne veut ni plus ni moins qu’un respect de leur profession. Pour le claviste Hilaire Chaby, il ne faut pas abdiquer. L’artiste a invité ses collègues à ne pas baisser les bras.

L’ingénieur de son, Robert Lahoud, a laissé entendre que la musique fait entrer beaucoup de devises aux opérateurs de téléphonie... Ce constat est aussi identique du côté des télévisions locales.

Alors que « les artistes musiciens ne peuvent pas bénéficier correctement des retombées de leur art ».

Serigne  Mansour Sy CISSE


Collaboration musicale daara j family et soulway : Un single en chinois et wolof en projet

Le patron du label de production chinois « Soulway », Ismaël Uj He était face à la presse, hier à Dakar. A cette rencontre où était convié le groupe Daara J Family, le producteur a échangé sur la sortie prochaine d’un single (chinois-wolof), « Ramata », composé avec ce groupe de rap sénégalais.
Pour promouvoir les projets culturels sino-sénégalais, le producteur chinois du label « Soulway », Ismaël Uj He va bientôt mettre sur le marché sénégalais un single en duo avec le groupe Daara J Family. Intitulé « Ramata », ce single sera écrit en langue chinoise et wolof et chanté par Ismaël Uj He, Ndongo D et Fadda Freddy. Selon Uj He, Chinois reconverti à l’Islam, « Ramata » (en hommage à sa femme sénégalaise Ramatoulaye Coulibaly : Ndlr) sera le premier single mixte chanté en langue chinoise et wolof. « Nous sommes en train de travailler avec Daara J Family sur la sortie de ce single. Actuellement, nous sommes même en studio pour l’enregistrement », a-t-il indiqué. A l’en croire, le single est attendu dans les mois à venir. Un clip sera également réalisé entre Dakar et Shanghaï. D’après Ismaël Uj He, c’est un single qui traite de l’amour. La chanson fait surtout ressortir cette question de divergences religieuses qui constitue souvent un frein au mariage.
« Je n’ai pas grandi dans un environnement religieux. En me reconvertissant aujourd’hui à l’Islam et après mon mariage avec une Sénégalaise musulmane, j’ai trouvé le thème plus qu’intéressant et j’ai décidé d’écrire la chanson sur ce sujet », a informé Ismaël Uj He. Sous le charme du Sénégal, après deux visites successives (2014-2016), Uj He compte aussi réaliser un film documentaire sur Dakar. « En même temps, je suis en train de travailler avec le bureau du tourisme de Dakar. J’ai envie de réalisé un film documentaire sur Dakar pour inciter davantage les Chinois à venir visiter et découvrir le Sénégal », confie-t-il. Fondé en 2009, son label « Soulway » a développé un réseau intense de partenaires sur le marché chinois.
Présent à la conférence, le rappeur Ndongo D de Daara J Family a indiqué que c’est une collaboration artistique unique en son genre. « Nous avons fait des tournées partout dans le monde mais nous n’avons jamais été en Chine. Avec le single « Ramata », nous aurons la chance d’aller en Chine et, par la même occasion, exporter notre musique », fait-il savoir. Non sans préciser que « dans ce single, il y aura du Daara J Family classique, du hip hop très lyrique avec des textes écrits en chinois. Fada Freddy va chanter pour la première fois en langue chinoise ».

DAARA J FAMILY : Sortie de l’album « Foundation » le 19 mars

En marge de la conférence de presse du patron du label « Soulway », le rappeur Ndongo D a annoncé la sortie de l’album du groupe Daara J Family, intitulé « Fondation », le 19 mars prochain. Une date symbolique au Sénégal. Selon Ndongo D, c’est un album qui parle de divergences ethniques et de castes.
 « Nous avons constaté que les Sénégalais s’attardent à ces détails d’ethnie et de caste. C’est pourquoi nous avons voulu composé des morceaux sur le sujet », a-t-il dit. Pour lui, il n’y a pas de sens à trop se fier à l’appartenance ethnique ou celle de caste. « Je pense qu’il faut se concentrer sur le  développement et la construction de notre cher  pays et laisser de côté ces histoires de divergences ethniques et de castes », a-t-il conseillé.
L’album est composé de titres en anglais. Comme titre phare de ce nouvel album, il y a « African mousso ». Ce morceau rend hommage à la femme, seule garante de la construction humaine. L’autre morceau non moins important parle des bienfaits et méfaits de certains de nos organes (les pieds, les mains, les oreilles, les yeux, la bouche, cités langue en wolof). A travers cette chanson et en évoquant ces organes, « nous voulons juste dire que nous sommes souvent responsables de nos actes. Aussi, c’est un appel aux parents à inculquer aux enfants des valeurs humaines », a indiqué Ndongo D à la conférence.

Maguette Guèye DIEDHIOU


Jean-Claude GIANADDA, Auteur-interprete français : « Une vie sans la foi n’a pas de sens »

Frère des écoles chrétiennes de Marseille, Jean-Claude Gianadda, retraité de l’enseignement, est devenu « Le Troubadour du Bon Dieu des temps modernes ». Passionné de la musique depuis sa tendre enfance, cet adepte de la Vierge Marie était, il y a trois semaines, l’artiste invité de la 12ème édition de la Nuit du chant choral, tenue au Théâtre Sorano de Dakar.   

Qui est Jean-Claude Gianadda ?
J’étais professeur pendant 30 ans. J’ai dirigé un établissement scolaire pendant 20 ans. Et ensuite, l’idée m’est venue de sortir sur les routes avec une guitare pour dire une chanson : « Celui qui me fait vivre (Le Seigneur) ». Ce qui m’a valu le surnom de Troubadour du Bon Dieu. Cela me va très bien. Je suis un chanteur chrétien et un chrétien qui chante : les deux à la fois. Dans la mesure où mes chansons sont des prières chantées, je suis un chanteur chrétien. Je parle de la foi, mon attachement à Jésus Christ. Je suis et je ne veux être qu’un chanteur chrétien. J’ai sorti 900 chansons et une centaine de disques.

Qu’est-ce qui vous inspire dans votre musique chorale ?
Je suis inspiré par l’Evangile. C’est pourquoi je vous ai dit que je suis le Troubadour du Bon Dieu. C’est lui qui me fait vivre. J’ai chanté à l’Eglise, dans les prisons, les hospices, collèges et lycées, dans les salles de théâtre comme ce soir (à Sorano).

Comment avez-vous vécu cette Nuit du chant à Dakar ?
 Je suis heureux d’être reconnu. Vous vous rendez compte ! Mes chansons sont chantées au Sénégal ! Lorsque j’étais à l’Ile de la Réunion, elles étaient chantées. Au Bénin et au Togo, c’était la même chose. Je me dis que c’est incroyable ! Mes chansons me précèdent. Vous avez entendu, le public récitait mes textes par cœur. Alors que, disons : « je ne fais pas de publicité ». Je ne sais pas. Peut-être ces gens sont partis cherchés mes disques. En tout cas, cela veut dire qu’avec les chansons, je rejoins ceux qui m’aiment bien dans leur foi.

Selon vous, c’est quoi la foi ? La vit-on de la même façon en Europe qu’ailleurs ?
De mon point de vue, la foi, c’est la rencontre avec Jésus Christ. Cela peut être contesté un peu comme dans l’Evangile, le Samaritain a rencontré Jésus. En France, nous sommes dans un pays où il y a une déchristianisation galopante. Les gens sont indifférents, parce que l’argent a remplacé Dieu, parce que le bien-être a remplacé Dieu. Et bien ! C’est très curieux. Quand je vais chanter dans une prison, franchement, je suis applaudi ! C’est peut-être le lieu où pour les gens qui sont confrontés à eux-mêmes où les gens recherchent un sens à leur vie et c’est peut-être que la foi devient un sens à leur vie.

Quel est l’appel que vous lancez aux jeunes chrétiens d’autant que vous dites qu’il y a une déchristianisation aujourd’hui ?
Je leur dis qu’est-ce qu’une vie sans la foi ? Cela n’a pas de sens. Hors, Dieu donne un sens à notre vie. Nous sommes de passage sur terre. Nous vivrons 70, 80, 90 ou 100 ans peut-être. Ce n’est pas beaucoup. Moi j’ai 72 ans et je n’ai pas vu passer ma vie. Mais, j’ai vraiment l’impression que ma vie est belle. Je ne mourrai pas en me disant que je suis riche, mais je mourrai en me disant que c’était bien. J’ai une belle vie !

Tantôt vous dîtes que Jésus ne s’était pas imposé. Alors qu’aujourd’hui, il y a des gens qui utilisent des armes pour essayer de s’imposer. Est-ce que cela est une très bonne approche à vos yeux ?
Bien ! Je ne crois pas à ceux qui imposent leur foi par les armes. C’est autre chose qui les guide, ce n’est pas des gens qui sont guidés par Dieu. Je trouve qu’on n’a pas à imposer ses convictions à quelqu’un d’autre. Il faut respecter les autres. Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres. Et vouloir forcer cette liberté avec des armes, ça n’a rien d’évangélique, ça n’a rien de Dieu. Je trouve que pour certains, dans le monde, la religion est un prétexte. Ils veulent imposer leur idée politique. Je ne crois pas que c’est la religion qui les dicte.

Qu’est-ce qui explique votre façon de mêler la musique religieuse avec les instruments dit traditionnels ?  
Cela m’inspire beaucoup de respect. C’est très beau de croire en ces racines. Nous avons tous des racines. Et on vit avec des rétroviseurs qui nous permettent de regarder le passé.  

Vous avez égayé le public de Sorano. Est-ce que cette musique-là vous nourrit ?
Eh bien oui ! Cette musique me nourrit. La foi, c’est comme un muscle. Si vous travaillez un muscle, il prend de l’ampleur. Moi, j’ai la chance de dire tous les soirs ma foi. Et donc, je le fais pour renforcer ma foi. J’ai intérêt à être sincère. Et les gens se rendront très vite compte si je ne suis pas sincère. Et ils m’éjecteront très vite.

Vous chantez la Vierge Marie. Expliquez-nous pourquoi ?
Parce que pour moi, Marie c’est la mère de Jésus et, en quelque sorte, il y a une sorte d’intermédiaire. Ce que je n’obtiendrai pas de Dieu, je vais essayer de demander à Marie de me l’obtenir.

Vous avez voyagé un peu partout. Y a-t-il eu des voyages que vous avez effectués pour vous inspirer ?
Non. Je lis l’Evangile pour m’inspirer.

Est-ce qu’on peut vivre sans la foi ?
Une très bonne question. En France, il y a 11.000 suicides par an. On croise des gens qui vivent extrêmement dans le mal-être. On n’a jamais eu un taux de dépression nerveuse aussi importante. Eh bien, je l’attribue au fait qu’on a perdu le sens de sa vie. Ici, au Théâtre national Daniel Sorano, j’ai vu les sourires, des gens rigolés, dansés.

On a vu l’Archevêque de Dakar vous parler. Qu’est-ce qu’il vous a dit ?  
Il m’a dit ce qu’aucun Archevêque ne m’a dit dans la vie : « Vous avez fait une très belle leçon de catéchisme ». Bon, je retiendrai cela de la part d’un Archevêque. Moi, je lui ai dit : « Est-ce que je n’ai pas dit trop de bêtises ? » Il m’a répondu par une tape amicale. Donc, il a écouté mon message.

Propos recueillis par Eugène Kaly et Serigne Mansour Sy CISSE 


"Le Soleil Diaspora" - Faada Freddy, la victoire de la scène

Fada FreddyNommé aux Victoires de la Musique dans la catégorie « Révélation scène », c’est la reconnaissance d’un choix stratégique pour Faada Freddy en France. Avec 130 dates de concerts, l’artiste sénégalais a multiplié les bonnes prestations aussi bien sur les plateaux de télévision que sur scène comme en octobre dernier à l’Olympia, à Paris.

En ce lundi 18 mars 2013, Faada Freddy inaugure la première scène de sa nouvelle carrière en solo. Invité spécial au Jamel Comedy Club par le désormais défunt Rémy Kolpa Kopoul alors DJ de 64 ans, animateur à Radio Nova après avoir été journaliste à Libération, Faada Freddy affiche son talent et sa maîtrise de l’expression scénique.

Taratata
La salle de spectacle du Comedy Club était parue trop petite, pour contenir le nombreux public venu applaudir la première à Paris de l’ex -membre du groupe Daara J. « C’est une nouvelle étape, une nouvelle porte qui s’ouvre pour moi alors que j’ai déjà vécu beaucoup de choses dans la musique », nous glissait-il, quelques instants avant de monter sur scène avec juste une guitare. Ce concert est fait avec du naturel car je crois en la voix et encore à la voix ». Le groove et le caractère suave de la voix de Faada Freddy avaient tenu en haleine le public parisien. Grand fan de la musique noire américaine des années 50 – 60 et 70, Faada Freddy n’a pas manqué, depuis 2013, de faire des clins d’œil à la musique de Nina Simone, d’Aretha Franklin, de Bobby Mc Ferrin, Otis Redding ou bien d’Aloe Blacc. Après le JCC, l’artiste sénégalais s’est lancé à la conquête du Trianon, de la Bellevilloise, du Sunset dans le chaleureux quartier de Chatelet, le New-Morning, les plateaux de télévision comme Taratara de Nagui sur France 2… En tout, plus 130 dates dont les Francofolies, les Solidays, la Cigale et l’Olympia font partie des plus prestigieuses.

En décembre 2013, après 9 mois de concert en France, Faada Freddy nous confiait : « Je regarde sans concession mes faiblesses parce que quand on a des objectifs surtout sur le plan musical, il est important de rester « focus ». Pour moi, la musique est une mission. Je dois être en alerte comme dans un combat ». Il décrivait en filigrane la malheureuse fin de l’expérience Daara J. « Cela n’a pas été sans égratignure, avoua-t-il. J’avais arrêté la musique pour aller en Mauritanie. » C’est Ndongo D, son acolyte depuis le collège, qui lui fait comprendre que la fuite n’est pas une solution.

Style
Nouvelle carrière, nouveaux habits. Faada Freddy fait partie des artistes les plus fashion en 2015, selon un classement du journal français Le Figaro. Fini le look urbain avec sweet et de baggy. Place est faite au Dandy. C’est un port vestimentaire soigné avec lavallière mis en exergue sur gilet et chemise couvert de redingote avec accessoirement un chapeau melon et des bottes de cuire.

Ainsi habillé, Faada Freddy « rend hommage aux noirs épris de liberté pendant la ségrégation raciale » aux Etats-Unis. « C’est une certaine liberté que je m’octroie dans la musique », poursuit-il. Je veux  en faire sans dogme, sans formatage où l’on m’impose ce que je dois faire ». C’est également sur scène que Faada Freddy a mis en place les derniers ajustements de Gospel Journey : « un album synthétique avec uniquement des voix », sorti en janvier 2015 par le label ThinkZik. « Nous en avons vendu près de 30 000, nous glisse Malick Ndiaye, le jeune fondateur franco-sénégalais de ThinkZik. La Scène est importante car elle permet de développer les artistes. Elle fait partie de notre philosophie de travail ». Pendant près de trois ans, Faada Freddy a fait beaucoup de concerts qui ont en commun les standing ovation. C’est souvent le moment où l’artiste laisse la place à l’homme. Avec sa timidité touchante revenue au devant de son caractère de showman dès qu’il s’arrête de chanter comme l’huile mélangée à l’eau finit toujours par surnager, Faada se confond en remerciement.

Puis s’exécute sur les demandes de rappel de la salle. Le Zénith de Paris est son prochain défi en mai. Cela tombe bien puisque pour l’artiste, « il n’y a d’existence que lorsqu’il y a des défis ».

Moussa DIOP

Soleil diaspora Clic


2ème Edition de Dakar-Gorée Jazz Festival : De grands noms font swinguer le public de Douta Seck

Dkr Goree Festival 2016Le week-end passé, s’est tenu à la Maison de la Culture Douta Seck le festival de jazz Dakar-Gorée. La deuxième édition s'est étalée sur quatre jours : deux soirées de concert, vendredi et samedi à Dakar, un pèlerinage à Thieytou, hier, et une visite de l'île de Gorée, aujourd'hui. Retour sur la soirée d'ouverture, vendredi soir, où de grands noms du jazz ont fait swinguer le public.

C'est encore l'heure des réglages son et lumière à 20 heures. Les sièges vert fluo sont pratiquement tous vides. Ici et là des gens sont assis, du public ? Des techniciens ? On ne sait pas. Le pianiste et le contrebassiste du batteur de renom, Cheikh Tidiane Fall, répètent avant la représentation. Une mise en bouche sonore qui incite à prendre un siège et se laisser emporter.

Puis une petite visite des lieux s'impose. Passée l'entrée où l'on achète son billet, il faut contourner la Maison de la Culture pour se rendre dans le jardin de derrière. Ici est installée la scène, entourée de palmier. On ne l'aperçoit pas au départ mais sur le côté gauche de la zone de spectacle, derrière une haie d'arbres et de buissons, une autre cour s'étend où sont placés la buvette et le coin restaurant. Deux ou trois stands d'artisans sont éparpillés sur les côtés de la Maison, un souhait du président du festival Amadou Koly Niang, veste et béret kaki.

C'est par amour pour la musique en général et pour le jazz que M. Niang a souhaité renouveler l'expérience du Dakar-Gorée Festival. « J'attends beaucoup de cet événement parce que, d'abord, cela a un but très culturel, touristique et peut-être artisanal puisque nous voulons que les artisans puissent bénéficier des personnes qui viennent assister à ce concert. » Amadou Koly Niang espère accueillir, pour le vendredi soir, environ deux cents personnes.

« L'année dernière, il n'y avait pas beaucoup de monde parce qu'il n'y avait pas assez de publicité et nous n’étions pas bien préparés. Vous savez, le festival prendra son essor dans cinq ans », prévoit-il. Mais cette année, l'organisation a été simplifiée grâce à l'aide du ministère de la Culture qui leur a fourni le lieu et facilité l'accès aux instruments ; mais aussi grâce à la compagnie Royal Air Maroc qui a payé tous les billets d'avions pour faire venir les artistes. « Nous sommes très satisfaits car les artistes qui vont se produire sont des artistes de renommée internationale » : le fils de Roy Haynes (batteur), Essiet Okun Essiet (un des meilleurs bassistes du monde), Azar Lawrence (saxophoniste de Miles Davis), etc.


Extraits choisis
Place à la musique. Il est presque 22 heures, le concert commence avec l'Orchestre national du Sénégal. Ils sont une petite dizaine sur scène. Le rythme endiablé du saxophone nous fait swinguer sur place, la voix de tête du chanteur nous transporte. Les musiciens se lancent des regards amusés dans cette impression de bœuf improvisé. Encore peu de monde, la moitié des chaises sont vides, mais l'appel de la musique les incite à venir. Ils sont déjà plus nombreux lorsque Cheikh Tidiane Fall entre en scène. Le batteur rejoint le pianiste, Karim Blad et le fameux bassiste Essiet Essiet pour un trio du tonnerre. Entre chaque morceau, Cheikh Fall vient amicalement parler avec son public : « Ça fait longtemps que je n'ai pas joué ici. […] Aujourd'hui, c'est un régal », se confie-t-il avant de se réinstaller derrière la batterie.


Pendant un morceau qu'il a composé à la Nouvelle-Orléans, Fall accompagne le solo de bassiste qui entre littéralement en transe. Les yeux clos, la tête secouée de spasmes au rythme de la musique, les doigts d'Eissiet courent et se désarticulent sur la contrebasse, sous le regard amusé et bienveillant du batteur.

C'est ensuite au tour de la bande de Craig Holiday Haynes. Du beau monde autour du batteur : Eissiet est resté, le pianiste Benito Gonzalez, le saxophoniste Jay Rodriguez et le trompettiste Duke Jones. Tous sont en parfaite osmose et font se lever le public à plusieurs reprises. Un homme ira même jusqu'à l'avant-scène pour effectuer quelques pas de danse. Azar Lawrence monte sur scène le temps d'un morceau. Toujours dans une sorte de bœuf entre amis, chacun des artistes aura droit à son solo. Benito Gonzalez se lâche. Le pianiste, qui intègre des tonalités de bossa nova dans les morceaux, fait courir ses doigts sur chacune des touches du clavier pendant au moins trois minutes.


La diva Windy Barnes Farrell rejoint ensuite le groupe. C'est sa première venue sur le continent et transmet au public tout son amour pour « la Terre mère. » Robe mêlant vert émeraude et pourpre, entourée de tulle violet, assorti à ses cheveux, la diva enflamme la scène tant visuellement qu'artistiquement. Voix puissante, de belles harmoniques et une tessiture assez large.

Entre deux morceaux, elle raconte avoir été invitée chez le président du festival et que la cuisine de sa femme était excellente. Puis, lors du morceau suivant, un homme se place sur l'avant-scène et entame une chorégraphie improvisée. Windy Barnes, qui était de dos, écarquille les yeux en le découvrant et découvre un large sourire. Elle remerciera chaleureusement le jeune homme et l'invitera même à la rejoindre sur scène pour son dernier morceau.


Sonorités salsa-jazz

Dernière artiste à rejoindre Craig Haynes et sa bande, Nancy Murillo. Colombienne d'origine, la jeune femme est une véritable pile. Son énergie déborde et est très contagieuse. De plus, l'influence hispanique qu'elle apporte au swing du jazz ne peut qu'inciter à danser. Et c'est ce que feront quelques personnes au premier rang, ainsi qu'Amadou Koly Niang qui viendra sur scène exécuter quelques pas avec la chanteuse.


Il est 1 heure, la voix de Nancy Murillo nous réchauffe encore avec les sonorités salsa de son jazz, et nous conduit joyeusement vers la sortie. Le pari des deux cents personnes est rempli. La troisième édition du festival Dakar-Gorée jazz aura lieu l'année prochaine vers la fin du mois de février. Une occasion de revenir faire une parenthèse musicale avec sa famille et ses amis.

Nicolas CERTES
(stagiaire)


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