Musique

Concert à l’espace culturel de la biscuiterie : Grand Corps Malade, son slam enflamme le public

Dans le cadre du Tandem Dakar-Paris, le slammeur Grand Corps Malade s’est produit, vendredi dernier, à la Biscuiterie de Dakar. Une belle balade musicale, avec un public nombreux venu honorer ce conteur des temps modernes, à Dakar pour la première fois.
« Donnez-moi deux minutes pour que je souffle avant les entretiens », a-t-il dit, après son spectacle. Il en avait vraiment besoin Grand Corps, car durant plus d’une heure et demie, le public s’est davantage pris de sympathie et d’amitié avec ce monsieur, qui distribuait sourire sur sourire.
Les spectateurs de la Biscuiterie ont aimé, dans un concert qui débuta un peu après 23 heures, sous les acclamations d’une foule pressée, de voir Fabien promener sa béquille sur le podium. En famille ou encore entre copains, ils sont à l’image d’Astou Diéye venus « écouter et rêver avec un artiste qui vous hypnotise par ses textes très élaborés ». Son tube à elle, « Ça peut chémar », mais malheureusement, comme le rappellera l’artiste à la fin du spectacle, « c’est un duo, et il était techniquement pas possible de le déclamer à Dakar ». N’empêche, Grands Corps Malade a enchanté Dakar de sa voix si douce par moment, si grave aussi.
Le concert fut simplement dément, avec ce public nombreux. D’abord, le slammeur nous entretenait dune histoire personnelle avec « 6ème Sens ».
Un morceau qui peint les clichés dont les handicapés sont victimes. Ensuite, « l’école de la vie » faisait monter davantage le tempo, un tube ponctué par de belles leçons de morales. Vinrent après des classiques, qui font l’apologie de l’amour comme « Roméo kiff Juliette », « Les Voyages en train » qui évoquent des relations intimes. « Définitivement » plonge les spectateurs dans une douce rêverie grâce à la dextérité du pianiste Mike. Dans ce texte personnel et prémonitoire, l’auteur  s’adresse à son enfant pas encore né.

« C’est magique ce que j’ai vécu à Dakar »
« Pères et mères », « Ma tête, mon cœur et mes couilles », « J’attends » et son dernier single « Inch’Allah », cette fois-ci en duo avec son batteur Feed Back, font davantage trémousser l’assistance. Un autre concert en 2014, lors du sommet de la Francophonie . La soirée tirée à sa fin, le public n’en voulait point. Et il a fallu des bonus et beaucoup de détermination pour quitter le podium, tant la communion était forte. Dans le chaud, l’artiste s’est dit ébloui par le public de Dakar. « On ne peut pas s’imaginer, en écrivant sur un bout de papier un texte, qu’à des milliers de kilomètres, des gens tomberont sous le charme et le déclameront durant un concert », a déclaré l’artiste avant d’ajouter : « Je suis flatté et c’est vraiment magique ce que j’ai vécu à Dakar ». De son séjour dans la capitale sénégalaise, l’artiste retiendra 3 choses au-delà du concert.
D’abord, la scène slam avec le collectif « Vendredi Slam ». Ce fut une vrai scène « car j’en ai fait des centaines, mais celle-là fut simplement très dense avec les slammeurs du Sénégal ». A cela s’ajoute l’atelier d’écriture au niveau du lycée Limamou Laye de Guédiawaye.
Au finish, Dakar a fait très forte impression à ce conteur des temps modernes. « Je pense que nous ne mettrons pas autant de temps pour revenir, car ce spectacle était magique », a assuré le slammeur. Pour lui, il y avait matière à réfléchir pour un prochain spectacle car « dans le cadre du sommet de la Francophonie qu’accueille le Sénégal en 2014, il serait bien possible d’y incruster un concert. Je travaille beaucoup avec cette organisation et nous allons essayer de réfléchir sur cela ».  Durant cette soirée, il y avait également Matador, Didier Awadi, le collectif « Vendredi Slam », Canabasse, qui ont rendu une belle copie.

Amadou Maguette NDAW


Reggae : Dans son single « Yakaar », Mo Rasta défend les femmes

Le chanteur de reggae Mo Rasta, de son vrai nom Mamadou Thiaw, vient de réaliser son premier clip titré « Yakaar » (espoir). L’artiste y met en exergue le mariage  et plaide pour le respect des droits de la femme dans la vie de couple.
 Après quelques mois de dur labeur,  Mo Rasta, chanteur de reggae,  a mis sur le marché,  le 5 avril dernier,  son premier single titré  « Yakaar », espoir en wolof. Dans ce single de quatre minutes mis en clip, l’artiste parle du mariage forcé et de ses conséquences. Il relate la vie d’une femme qui  a été obligée d’épouser un homme qui ne l’aime pas. Contrainte, elle vit  cette  relation dans l’espoir que  sa vie  changera un jour et que son mari finirait par l’aimer et bien la traiter.  Ce clip, « Yakaar », a été également un prétexte pour Mo Rasta de plaider pour le respect de la femme.   Après ce single, il compte sortir, dans quelque mois, un album où  il va associer le Rnb, le blues et le reggae.  Agé de 35 ans aujourd’hui, Mo Rasta  a débuté  sa carrière  solo en 1998  comme rappeur. Au bout de deux ans, il rencontre Ada avec qui il forme le groupe « Waareef undership ». Faute de moyens, le groupe se disloque en 2003. Trois ans plus tard, Mo Rasta taquine le clavier et la guitare à la Maison de la Culture Douta Seck et décide aussitôt de changer de style musical, passant ainsi du Rap au reggae.

Maguette Guèye DIEDHIOU


Danse : « Salsa Dakar » célèbre six années de passion

« Salsa Dakar », un groupe d’amis qui partagent leur passion pour la danse, célèbre ses six ans d’existence, samedi, à l'Alkimia, sur la Route des Almadies.
Au programme de la soirée anniversaire de « Salsa Dakar », prévue ce samedi 15 juin, à partir de 20h, les organisateurs annoncent un buffet, un spectacle de danse sur les rythmes afro-latines, salsa, zouk, bachata, kizomba, cabo love, samba, ainsi qu’un concert live animé par Phillip Monteiro et son orchestre.  
Placée sous le parrainage d’honneur d'ambassadeurs accrédités à Dakar, des ministres sénégalais de la Culture et du Tourisme, cette soirée anniversaire de « Salsa Dakar » verra également la prestation de plusieurs chanteurs et artistes de la place.
C'est sous la houlette de Yuri Handem, qui partage sa passion de la danse avec ses amis de quartier des Sicap,  Steve Agboton, Dino Mendes, Lionel Sagna, que le groupe « Salsa Dakar » est né et s'agrandit avec l'organisation de démonstrations entre Ngor, Dakar-Plateau, les quartiers des Sicap et Saly.
Cela a permis à Yuri et ses potes d’avoir une grande adhérence à leurs cours de danse, dont les apprenants sont des Sénégalais ou expatriés âgés entre 19 et 60 ans.
Des cours collectifs de danse, des stages de perfectionnement et des cours particuliers sont organisés chaque semaine par le groupe « Salsa Dakar ». Les vendredis,  les soirées « Noche Latina » permettent aussi à tous ces passionnés des danses afro-latines de se retrouver au quartier de Sacré-Cœur 3, pour mettre en pratique leurs cours de danse. Joignant souvent l’utile à l’agréable, le groupe « Salsa Dakar » organise annuellement une activité caritative pour collecter des dons en faveur d’une bonne cause…

O. DIOUF


Grand Corps Malade, Slammeur : « Mon énergie, je la trouve plus dans les mots que dans les mouvements »

L’auteur et slammeur français Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, va jouer pour la première fois au Sénégal, vendredi, à la Biscuiterie de la Médina dans le cadre du Tandem Paris-Dakar qui tire à sa fin. Cet artiste marche avec une béquille car traînant un handicap des membres inférieurs après un accident survenu en 1997. En référence à son handicap et aussi à sa grande taille (1,94 m), il a pris le nom de scène de Grand Corps Malade en 2003. Dans cet entretien, celui qui a mis en lumière le style musical du slam et l’a popularisé en France, nous confie ses impressions.

 Qu’est-ce que cela vous fait de venir à Dakar pour la première fois ?
« Effectivement, c’est la première fois que je viens à Dakar et je suis très content d’être là pour ce bel événement qui va tirer sur plusieurs jours avec de grands artistes français et sénégalais. C’est vrai que j’ai eu la chance d’aller jouer dans beaucoup de pays francophones, mais il faut reconnaître que le Sénégal est le pays où j’ai reçu le plus d’appels pour venir jouer. Enfin, nous sommes là et j’espère que nous allons passer de très bons moments avec le public sénégalais. »

Pensez-vous qu’il y aura une différence entre le public parisien et dakarois ? Est-ce que vous avez tenu compte de cette donne ?
 « Je ne sais pas si les deux publics sont différents, j’ai juste des a priori. C’est vrai que le public parisien est choyé parce que j’y joue plus souvent, c’est normal, mais, du coup, ce public est presque blasé. Maintenant, jouer à Dakar, j’imagine que cela va être une belle fête. »
A chaque concert, c’est à ceux qui sont sur scène de faire en sorte que cela soit une fête. Un concert n’est jamais gagné d’avance, que tu joues dans un petit centre culturel en banlieue, à Lille, à Paris, à Dakar, c’est la même chose. C’est à toi de tout prouver, de créer le lien avec le public. J’ai hâte de jouer à Dakar. C’est une vraie émotion de jouer ici et ce n’est pas des paroles en l’air. Quand tu as la possibilité d’aller jouer à 5 000 ou 6 000 km de chez toi, c’est vraiment une belle émotion. Les expériences africaines que j’ai eues, c’est Bamako et Kinshasa, et c’était de vrais grands moments en termes d’ambiance et d’accueil. Et comme en plus Dakar est là où j’ai reçu plus d’appels pour venir jouer, du coup, j’ai une grande attente, maintenant ce sera à moi et à mes musiciens d’être à la hauteur de ce rendez-vous. »

Dans l’une de vos chansons, vous dites que l’énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement. Au regard de la richesse de vos textes, on a envie de vous demander d’où est-ce que vous tirez toute cette énergie pour écrire ?
« La phrase dont vous parlez est extraite de la chanson « 6ème sens » qui est un texte sur le handicap où je dis exactement que le 6ème sens des personnes handicapées, c’est cette envie de vivre. Elles n’ont pas le choix, il faut essayer de vivre parce que tous les éléments sont contre les personnes handicapées, mais il y a cette envie de vivre qui est plus forte que tout. Quand on parle d’énergie, on imagine beaucoup de force, beaucoup de mouvements, mais, dès fois, cela peut être une énergie plus intérieure, une énergie sans mouvements, mais elle est aussi forte et aussi belle. Pour ma part, mon énergie, je la trouve plus dans les mots que dans les mouvements. Pour moi, l’écriture d’un texte est un moment ludique. Trouver le bon mot, la bonne rime, c’est un jeu, mais au final, c’est vraiment un moment de plaisir. J’adore l’instant d’écriture d’un texte. »

« Comme une évidence », c’est juste un beau texte ou bien une histoire que vous avez vécue ?
« Souvent, mes textes sont autobiographiques. Donc ce texte part d’une situation réelle. 90 % de mes textes parlent de choses que j’ai vécues, que j’ai vues, des choses auxquelles j’ai assistées. Le slam, c’est une sorte de chronique au quotidien. Nous sommes comme les journalistes, mais des journalistes qui essaient de mettre des rimes à la fin. »

Est-ce que vous êtes l’auteur de tous vos textes ?
« C’est moi-même qui écris tous mes textes. Il n’y a pas un mot qui n’est pas été choisi par moi. »

Que représente le slam pour vous ?
« Le slam, c’est juste des gens qui aiment les textes et qui ont décidé de le faire à l’oral devant un auditoire. C’est de vrais moments de partage, de plaisir, de communion. »

Pouvez-vous nous parler un peu de votre accident ?
« J’ai eu mon accident en 1997. Je me suis cassée une vertèbre cervicale et, du coup, j’étais totalement paralysé des quatre membres. J’étais tétraplégique. J’ai retrouvé l'usage de mes jambes en 1999, après une année de rééducation. J’ai eu la chance de me remettre debout, j’ai des séquelles importantes, mais voilà, au moins, je suis autonome, je suis debout, avec une béquille. C’est bien après, en 2003, que j’ai commencé à faire du slam.»

Propos recueillis par Elhadji Ibrahima THIAM 


Cheikh Diagne, un admirateur sur les traces du chanteur Ndongo Lô

Le lead vocal du groupe « Pasteef », Cheikh Diagne, est un jeune musicien de Pikine qui aspire à faire une carrière professionnelle. Son idole, feu Ndongo Lô.
Après l’école qu’il quitte au niveau du secondaire, le jeune Cheikh Diagne crée, en 2003, son orchestre « Pasteef ». Il décide d’investir les micros et les scènes et veut faire une carrière internationale.
A ses débuts, ses parents ne voyaient pas d’un bon œil cette occupation. Mais la détermination et la persévérance donnent un résultat. Plusieurs tubes sont aujourd’hui  dans son répertoire, parmi lesquels « Teranga » qui parle d’hospitalité, « Pikine », « le charretier », « les fans », « les femmes », etc.
 Cheikh Diagne qui était de passage dans nos locaux en compagnie de son manager Ndiogou Bâ, alias Baba Wade, révèle que ses chansons ciblent surtout les jeunes et les femmes. Malgré ses tubes sur des thèmes de la vie courante, Cheikh, jeune père de famille, reconnaît que la conjoncture est difficile et insiste sur l’octroi de moyens pour appuyer les artistes.
 Natif de Pikine et âgé de 30 ans, ce jeune homme court  toujours derrière une première production. Son groupe est composé de 2 clavistes, 3 guitaristes, 3 percussionnistes et 2 batteurs. Il envisage de sortir un album en septembre prochain et veut, dans ce produit, donner libre court à tous les genres musicaux, du mbalakh à l’acoustique, sans oublier le genre dit « traditionnel ».

Serigne M. S. CISSE


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