Musique

Coumba Gawlo Seck sur son quart de siècle musical : « En 25 ans de carrière, j’ai peu dormi… »

Voix de velours, noirceur d’ébène qui rappelle cette femme qu’immortalise le poète Léopold Senghor dans « Nuit de Sine », Coumba Gawlo Seck est l’une des artistes qui ont particulièrement marqué leur époque.    Après 25 ans de carrière qui se fête, aujourd’hui, au Grand Théâtre national, cette griotte d’origine a un parcours atypique digne des grandes femmes. Disque d’or et de platine, Coumba Gawlo a porté très loin l’image du Sénégal mais aussi celle de la femme africaine pour qui elle se bat tous les jours. Ouverte d’esprit, pleine d’humanisme, l’artiste revient ici sur son quart de siècle musical ainsi que son parcours qui n’a pas pourtant été un long fleuve tranquille.

Symbolique du quart de siècle de musical
« Cela représente beaucoup de choses pour moi. Un quart de siècle, c’est tout une génération. C’est aussi plusieurs années de travail, d’expérience. Je rends beaucoup grâce à Dieu. Pendant ces 25 ans, j’ai beaucoup appris. Je me réjouis de pouvoir les célébrer, aujourd’hui, avec tout le monde, notamment mon staff. »

Les moments marquant de la carrière
« Ma rencontre avec Miriam Makéba et Nelson Mandela en Afrique du Sud font partie des moments qui m’ont particulièrement marquée. J’ai chanté Soweto lorsque j’avais 14 ans. Et puis quelques années après, je rencontre Madiba qui me fait un magnifique compliment en me disant que j’étais une belle africaine.
Miriam Makéba, j’ai chanté une de ses chansons, « Pata pata » sans même l’avoir connue. Je l’ai rencontrée plus tard en Afrique du Sud et je me rappelle j’avais pleuré comme un enfant. »

Secret d’un succès national et international
« Si je suis arrivée à ce point aujourd’hui, je reste convaincue que je le dois au travail. Pour moi, dans la vie, il faut beaucoup travailler. En 25 ans, je n’ai pas beaucoup dormi. J’ai très tôt commencé à travailler, à l’âge de 7 ans. Cela veut dire que je ne me suis pas beaucoup reposée. Je pense que le secret dans la vie, quel que soit le type de réussite, c’est le travail.  Un travail fait avec beaucoup d’exigence, de rigueur et de curiosité. »

L’attitude face au succès artistique
« Mon succès, je le vis de la manière la plus naturelle. J’ai cette chance extraordinaire d’être une personne sereine, qui ne s’emballe pas. Je ne m’éclate pas sauf sur scène. C’est quand je chante que je me laisse aller. Mais dans la vie de tous les jours, je suis une personne assez posée, calme qui réfléchit toujours à ce qui lui arrive. Quand on m’a annoncé que j’avais un disque d’or et ensuite un disque de platine, j’ai fait : Ah bon ! Cela a beaucoup surpris les producteurs. J’ai cette pudeur de faire comme si j’avais gagné… Naturellement, je reste humble à tout et je me dis que chaque chose qui arrive est un don de Dieu. »

Sensibilité devant la misère des populations
« La sensibilité que j’éprouve devant la misère des gens est une chose qui vient de plusieurs parties de moi. D’abord mon histoire, mon enfance, mes origines… Je suis issue d’une famille modeste. J’ai beaucoup trimé pour y arriver. Je sais ce qu’est avoir faim, avoir soif ou dormir par terre. Egalement je sais ce qu’est dormir dans le noir parce qu’on n’a pas l’électricité. Ce que c’est de marcher des kilomètres pour aller à l’école et de souffrir même à d’autres niveaux. Quand je vois des gens dans cette situation, j’ai l’impression qu’il s’agit de moi-même. Naturellement, si je lis ça facilement dans le visage ou le regard de quelqu’un, c’est tout simplement parce que je l’ai vécu. Aussi, je suis quelqu’un qui n’aime pas l’injustice. Je n’aime pas voir les gens souffrir ou être malheureux. Je suis une artiste engagée et pour moi, il est important de pouvoir, à travers mes chansons ; véhiculer des messages forts sur le respect des droits de l’Homme, la lutte contre la pauvreté, l’éducation des filles et sur le chômage des jeunes. Mes chansons ressemblent à mes actions et c’est pourquoi je fais assez souvent le tour de l’Afrique. »

Engagement pour la valorisation de l’image de la femme
« La femme a beaucoup de valeur.  Les femmes africaines ont beaucoup de mérite parce qu’elles n’ont pas les moyens qu’ont celles de leurs paires en Occident. Dans certains villages ou pays africains comme le Niger, le Burkina Faso ou même au Sénégal, dans certaines localités de la Casamance, de Podor, l’on retrouve les femmes dans les rizières, les fleuves. Elles se lèvent à 5 heures du matin pour se coucher à minuit ou deux heures du matin. Cela me touche énormément. Mon combat, c’est de faire en sorte que ces femmes puissent siéger dans les instances de décision, que leur parole soit entendue. Et ce, afin que leur souffrance ne soit plus voilée ; que l’on ne fasse plus la sourde oreille devant leur peine. J’œuvre pour que l’injustice subie par les femmes soit réparée. En Afrique, il y a beaucoup de problèmes de viol et il n’y a que les femmes qui peuvent se lever pour dire stop. Je suis vraiment honorée si ma voix peut aider à faire bouger les choses ».

Rapport avec les artistes sénégalais et internationaux
« Je me réjouis aujourd’hui d’avoir d’excellente relations avec tous les artistes du Sénégal et d’ailleurs. Lors de la célébration de mes 24 ans de carrière, le plateau était plein. Avec les artistes internationaux, c’est aussi la même relation. Je pense que c’est ça la musique et je m’en félicite énormément. Je remercie tous ceux avec qui je partage ce métier, pour leur confiance et leur sympathie à mon égard. »

Concurrence sur la scène musicale
« Non. Je n’ai pas de concurrents. (Rire). Pour moi, la musique, ce n’est pas une concurrence. C’est comme des plateaux et chacun en a à mettre en avant. Chaque artiste a sa vision, son registre et c’est l’ensemble des visions qui font une vision générale pour le bonheur des mélomanes. »

Idole dans le milieu musical
« J’aimais beaucoup Abdoulaye Mboup, Ndiaga Mbaye. J’écoute jusqu’à présent Khar Mbaye Madiaga, Kiné Lam Mame Bamba, qui sont de très grandes chanteuses. Mais aussi naturellement ma mère et tant d’autres. Ailleurs, j’aimais particulièrement Miriam Makéba au vu de nos relations d’amitié fraternelle, Kirk Franklin, John Warley aux Etats-Unis, Brenda Fassie et tant d’autres. »

Nouvel album « Sen Gawlo yeksina »
« C’est une production entièrement tradi-moderne de sept titres à travers laquelle je fais un retour aux sources pour faire entendre nos instruments traditionnels et faire entrer dans un registre carrément "gawlo". J’avais envie, en tant que fille du Sénégal,   de montrer la fierté d’appartenir à une famille avec des origines peules d’un côté et d’avoir eu cette chance de naître dans un environnent où on m’a appris à respecter des valeurs. C’est également une manière de confirmer ma fierté d’appartenir à ces deux familles et de rendre hommage à tous les Sénégalais. L’album est aussi une longue demande formulée par le public. »

Propos recueillis par Ibrahima BA


Ouverture des Journées musicales de Carthage : Mounir Troudi propose un voyage universel entre les notes

TUNIS : Mounir Troudi est un compositeur capable de faire preuve d’ouverture et toucher en même temps beaucoup de personnes. Il l’a démontré lors de la soirée d’ouverture des Journées musicales de Carthage (Jmc) au théâtre municipal de Tunis.

On le dit jazzman tunisien, d’autres le surnomment parfois adepte de la musique orientale, méditerranéenne.  On le baptise musicien du monde, capable de parler à tout un chacun, malgré la barrière linguistique. Avec sa mise d’homme du désert, surtout avec sa coiffe, Mounir Troudi a fait étalage de tout son talent.
C’était prévisible de passer une bonne soirée, avec cet orchestre d’une trentaine de membres qui accompagne Mounir Troudi lors de ses prestations. Ils jouent avec des instruments à vent, des violons et violoncelles, des flûtes et, par-dessus tout, des tambours aux allures orientales. De quoi assurer un spectacle d’ouverture qui parle à tous.
Mounir Troudi a cette capacité d’arrimer sa musique traditionnelle à celle dite moderne. Le socle est oriental mais on retrouve parfois les influences du pop, du funk et même de la soul. Il pousse le bouchon même jusqu’à inviter le rappeur Marouen Mrague sur scène, pour des envolées très « culture urbaine ». Que dire encore de la famille des violons qui a donné une touche classique à cette prestation.
L’écriture musicale de Troudi est bercée par des mélodies venues de la méditerranée avec la flute. Par moment, elle est très dansante, elle te parle, même si la barrière de la langue demeure. Autre chose encore, question présence scénique, on a été bien gâté par Mounir Troudi. Par sa gestuelle rythmée et chaloupée à la fois, il rappelle un certain Bob Marley, qui durant ses concerts, enivré par l’extase de la belle mélodie, se remuait avec entrain et allant. Mieux encore, la bassiste prenait les allures du « Wailer » Aston Francis Barrett souvent appelé « Familyman ». C’est ainsi que l’on a eu l’impression d’entendre à la base le son « Stir it up » de Bob Marley durant le concert.
Mounir danse, applaudit et trépigne, l’essentiel pour lui est de transmettre ses émotions. Pour montrer la puissance de sa voix nue, il s’est fait accompagner par le piano, et pour le plaisir, le théâtre municipal de Tunis a résonné. Une belle ouverture en attendant les compétitions.

Amadou Maguette NDAW, Envoyé spécial à Tunis


Distinction : Oumar Pène, lauréat du Prix Babel Med Music 2015

L’artiste sénégalais Oumar Pène a été distingué Prix Babel Med Music 2015, a-t-on appris, hier, auprès de son manager.
Selon un document de présentation, « Babel Med Music met à l’honneur les artistes d’exception dans le domaine des musiques du monde ». La même source indique que « 5 prix pour consacrer la création et les talents sans frontière sont remis lors de la cérémonie d’ouverture de Babel Med Music le jeudi 26 mars ».
Parmi ces distinctions, figure le Prix Adami des musiques du monde dont le lauréat 2015 est Bachar Mar-Khalife (Liban-France). L’Adami gère les droits pour le secteur musical des artistes-interprètes principaux. Elle favorise le renouvellement des talents et consolide l’emploi artistique au moyen de ses aides à la création. Remis lors de Babel Med Music, le prix Adami récompense le talent d’un artiste des musiques du monde.
 Quant au Prix France musique des musiques du monde, il revient au Trio Tcha Limberger’s Kalotaszeg (Belgique – Hongrie – Roumanie). L’année suivant son prix, le lauréat enregistre un disque à paraître dans la collection Ocora de Radio France.
Considéré comme un événement unique en France, Babel Med Music est un festival musical de trois jours où artistes et professionnels venus des quatre coins du monde font partager et découvrir leur musique ainsi que leurs traditions. Dans ce cadre, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur – partenaire principal de Babel Med – en collaboration avec le Rectorat d’Aix-Marseille et l’association Latinissimo, organise les 26 et 27 mars 2015 de 9h à 12h00, des rencontres de sensibilisation sur le monde du spectacle en direction de 600 lycéens et apprentis.

E. M. FAYE


Journées musicales de Carthage : Un nouveau visage et de nouvelles libertés après la révolution

(Tunis) : Du 14 au 21 mars prochain, Tunis va accueillir, après quatre ans d’absence, des musiciens de divers horizons dans le cadre des Journées musicales de Carthage (Jmc) Prix Ziryab. Cette rencontre a pour but, tout en s’ouvrant aux autres, de promouvoir la sauvegarde du patrimoine musical et la promotion des recherches sur les musiques de la Méditerranée.

C’est un retour pour les Journées musicales de Carthage (Jmc) après quatre années d’hibernation. Mais une réapparition avec plus d’audace, plus de challenge et plus d’activités que vont proposer les différents organisateurs. C’est dans ce sens que cette année, l’organisation s’est voulue plus pointue avec des compétitions qui vont enregistrer la présence de chanteurs tunisiens mais également venus d’Afrique de l’Ouest.  Aujourd’hui, le groupe « Nagouz » avec Mounir Troudi, Sofiene Zaidi et Asma Ben Ahmad va animer le concert d’ouverture.  Le projet « Nagouz » est une expérience qui n'a pas cessé d'évoluer et de se métamorphoser au fil des 14 ans depuis son éclosion. Dans leur production, on retrouve une certaine authenticité et ces influences musicales traditionnelles et modernes qui ont marqué les musiciens ayant mis la main à la pâte dans ce projet. Bénéficiant d'une polyvalence musicale hors-pair dont jouit l'artiste tunisien Mounir Troudi, fondateur du projet, des musiciens de différentes écoles et d'influences musicales multiples ont tous réussi à faire cohabiter, dans un même répertoire, le bédouin, la musique populaire, la musique traditionnelle, le jazz, le funk, la soul,  l'indien, l'andalou, le gitan, etc., en toute cohérence et homogénéité.

12 groupes en compétition
Après un appel à candidatures dont 76 entités se sont inscrites, 12 groupes ont été retenus pour la compétition. Ainsi, Anis Kelibi (Tunisie), Abir Nasraoui (Tunisie), Mehdi Chakroun (Tunisie), Iteb Jelaili (Tunisie), Tahar Guizani (Tunisie), Bechir Gharbi (Tunisie), Coulibaly Souleyman (Côte d'Ivoire), Slim Abida (Tunisie), Hamza Zeramdi (Tunisie), Zied Zouari (Tunisie), Cheikh Sadibou Samb (Sénégal) et Mohamed Ali Kammoun (Tunisie) seront en compétition dans la catégorie de groupe. Pour ce qui est des concerts individuels au Nay (flûte arabo-orientale, les solistes Ahmed Litayem (Tunisie), Mohamed Ben Salha (Tunisie), Rami Ourabi (Tunisie) et Tarek Chabir (Tunisie) vont se disputer les distinctions.

Le directeur des Jmc 2015, Hamdi Makhlouf, a souligné que qu’après s'être éclipsées pendant plus de quatre ans, les Jmc reviennent après la révolution, avec une nouvelle conception et un nouveau visage, imprégné des libertés acquises et de toute la diversité dans les choix musicaux qui en ont découlé. De son avis, « ce qui caractérise cette deuxième session, c'est qu'elle s'est démarquée définitivement des festivals de la chanson et de la musique tunisienne en n'étant plus inscrite dans une période transitoire mais plutôt dans une période de restructuration réelle. En effet, souligne-t-il, les Jmc instaurent « ce qu'on a appelé le marché de la musique sud-méditerranéen, une première dans son genre, qui œuvre à la mise en avant des créations tunisiennes et des différentes chaînes de la production musicale, en s'ouvrant sur le monde arabe et africain toujours vers le rayonnement et l'excellence ».  Au delà des compétions, il est prévu un Salon des industries de la musique du 14 au 20 mars. Ce salon hébergera plus de 40 participants tunisiens et étrangers venant d'Egypte, de Syrie, d'Irak, du Sénégal, de Turquie et de France. Ils exposeront leurs produits qui comprennent la lutherie, les livres concernant la musique, les partitions, les enregistrements, les appareils de prise de son, les équipements des studios de musique, les logiciels de musique et de traitement de son, des représentants de sociétés de diffusion et de production.

De notre envoyé spécial Amadou Maguette NDAW

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Musique : Robin Thicke et Pharrell Williams condamnés pour plagiat

7,4 millions de dollars, c’est la somme que devront verser Robin Thicke et Pharrell Williams aux ayants droit de Marvin Gaye. Les deux chanteurs étaient accusés de plagiat par la famille de la légende de la soul. En cause, l’un des tubes de l’année 2013 : « Blurred lines », un peu trop proche de « Got to give it up », un titre de Marvin Gaye de 1977.
La limite entre l'inspiration et le plagiat est parfois ténue. Les deux chanteurs producteurs, Pharrell Williams et Robin Thicke, viennent d'en faire la cruelle expérience. Leur tube planétaire « Blurred lines », sorti en 2013, ressemble trop au tube « Got to give it up », composé en 1977 par Marvin Gaye. Pendant deux semaines de procès, les huit jurés d'un tribunal de Los Angeles ont entendu « Blurred lines » comparé à la partition de « Got to give it up », jouée par un pianiste professionnel. Les jurés avaient reçu pour instruction de se concentrer uniquement sur la mélodie et non pas sur tous les arrangements de la version finale. À l'issue de deux jours de délibérations, le jury a estimé que les deux vedettes américaines avaient enfreint les droits d'auteur de Marvin Gaye. Pharrell Williams et Robin Thicke ont donc été condamnés à verser aux héritiers de la légende de la musique soul 7,4 millions de dollars sur les 16 millions générés par le titre « Blurred lines ». Les deux artistes ont réagi par communiqué, se disant « déçus » et laissant entendre qu'ils pourraient faire appel de cette décision.           

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