Litterrature

Prix des cinq continents : L’Algérien Kamel Daoud lauréat 2014

Le Prix des Cinq continents de la Francophonie met en compétition 10 ouvrages finalistes représentant 4 pays : Canada-Québec, France, Algérie, Suisse. Hier à Paris, le jury, présidé par Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice) et composé d'un jury international, a désigné le journaliste algérien Kamel Daoud lauréat 2014 pour son roman « Meursault, contre-enquête » (Éditions Barzakh). Le jury a motivé son choix en évoquant : « un roman qui remet en question nos aveuglements historiques toujours actuels et s'interroge sur la justice et la prise en compte de l’altérité une fois apaisée la terreur coloniale », a-t-on appris auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Le prix lui sera remis officiellement à Dakar au mois de novembre, en marge du XVe Sommet de la Francophonie. Natif de Mostaganem, Kamel Daoud est un chroniqueur, journaliste et écrivain algérien. Il est aujourd’hui éditorialiste au journal en ligne « Algérie-focus » après avoir été rédacteur en chef au « Quotidien d’Oran ». Il a publié en Algérie des recueils de nouvelles et de chroniques, ainsi que des romans. Son premier livre publié en France, « Minotaure » 504, un recueil de nouvelles, est paru en mai 2011. Son roman « Meursault, contre-enquête » est paru aux Editions Barzakh, Alger, novembre 2013.
Parmi les 103 romans concourant à la 13ème  édition du Prix des cinq continents de la Francophonie qui récompense, chaque année, un texte de fiction narratif d’expression française, les représentants des 4 Comités de lecture (l’Association Passa Porta de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Association des écrivains du Sénégal, l’Association du Prix du jeune écrivain de langue française de France et le Collectif des écrivains de Lanaudière du Québec) ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 4 pays : Canada-Québec, France, Algérie et Suisse.
Doté d’un montant de 10.000 euros (soit 6.500.000 FCfa), le Prix des Cinq continents a été créé par la Francophonie en 2001.                          

E. M. FAYE


Presse magazine : « Le Panafricain », passe du trimestriel au bimestriel

Dirigé par Baer Grégory et Théodore Ngangu, le magazine de l’actualité africaine « Le Panafricain », né depuis janvier 2011, passe du trimestriel pour devenir un bimestriel. Ce magazine d’informations politique, économique et culturelle sur l’Afrique consacre ainsi son premier numéro bimestriel au président égyptien Abdel Fatah Al Sissi qu’il présente comme « l’homme du renouveau », celui qui a permis au pays des pharaons de retrouver sa place de leader naturel au niveau des pays du Sud. Dans sa dernière publication, ce bimestriel passe aussi en revue les informations allant de la crise universitaire sénégalaise à l’opération Barkhane au Sahel en passant par la remise du prix international Unesco-Guinée pour la recherche en science.
Cette revue qui se dit engagée politiquement présente les présidents africains, même les plus contestés, comme de grands hommes. Sa spécificité réside aussi dans son style, en ce qu’elle traduit ses éditoriaux en anglais.

Marame Coumba Seck (stagiaire)


Prix des cinq continents 2014 : Antoine Wauters célèbre la femme dans un monde cruel et tendre

La 13ème édition du Prix des cinq continents de la Francophonie met en compétition 10 ouvrages finalistes représentant 4 pays : Canada-Québec, France, Algérie, Suisse. Le jury, présidé par Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice) et composé d'un jury international, désignera le lauréat le 26 septembre à Paris et remettra officiellement le prix au Sénégal, au mois de novembre, en marge du XVe sommet de la Francophonie (Dakar). Dans cette perspective, le journal « Le Soleil » présente chaque semaine un finaliste. Parmi les 10 prétendants figure l’écrivain belge Antoine Wauters. Avec son roman « Nos mères », publié aux éditions Verdier, il célèbre la femme dans un monde à la fois cruel et tendre.

A son actif trois textes publiés chez Cheyne éditeur, l’écrivain belge Antoine Wauters se consacre à l’écriture de scénarii après des études de philosophie et quelques années d’enseignement. Avec son ouvrage « Nos mères », publié chez Verdier, il se positionne pour la victoire finale pour le Prix des cinq continents.
La trame du roman part d’un pays du Proche-Orient. Sur place, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre vient d’emporter le père. Mère et fils voudraient se blottir l’un contre l’autre, s’aimer et se le dire, mais tandis que l’une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l’autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots.
Soudain, la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d’Europe où une autre mère l’attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l’être de lumière qu’elle pourra choyer et qui l’aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes.
Ce texte, qui est décrit comme « cruel et tendre à la fois », est avant tout « le formidable cri d’un enfant qui, à l’étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie ».

Extrait :
 (…) Grand-père vient de perdre un nouveau kilo. Et il en a perdu dix ou douze comme ça depuis le début de sa maladie, ce qui fait qu’il est maintenant un peu comme un os, barrant, dans la longueur, le matelas où nos mères l’ont couché. Un os à moelle, bon à être bientôt catapulté dans la terre des morts, mais qui est le seul à se représenter la grotte telle qu’elle est vraiment, avec ses biefs, ses cascades d’eau chaude et ses fontaines qui ne souillent pas.
Avec grand-père en dessous de nous, lance Charbel, qui fond jour après jour, et nos mères en dessous de grand-père, qui fument et chantent sur la terrasse des airs de Marie Keyrouz, et avec papa, bien en dessous de tout ça encore, séché comme une croûte de caramel durci au soleil, papa, dans les rues du quartier d’Achrafieh où les milices l’ont arrêté, fouillé et torturé, bref, avec tout ça conclut Charbel, ces empilements de corps à bonne distance et qui ne se touchent plus, nous pourrions être brisés. Vraiment brisés, dit-il. Anéantis, même, ajoutons-nous en chœur.
Mais voilà. Depuis le temps que ça dure, nous nous sommes renforcés, avons appris à ne plus écouter quand nos mères, par exemple, foncent dans les murs avec leur voix. Hurlent et foncent dans les murs de la maison. Hurlent et dégueulent l’eau des gâchis, des départs.
{… si heureux dans la maison jaune… si heureux ton père là et grand-père avec nous… si joyeux dans la maison avec la pluie, le sable, le khamsin et le soleil partout… si heureux sous le vol des oiseaux et tous les quatre à la maison… si heureux tous les quatre dans ce maudit pays…}
Maintenant tout contre nous, elles nous recoiffent, lissent nos mèches sauvages avec des points de salive, espérant les voir disparaître dans l’ensemble du reste assez noiraud de nos cheveux.
Quand nous sommes assez beaux pour elles, assez lisses, c’est-à-dire le cheveu rivé au crâne et rabattu en mèches à mi-front comme nous détestons, elles nous poussent dans une machine, ou un chariot, ou plutôt dans la jeep, la voiture de papa.
Nous mentons.
C’est vrai.
Mais c’est de vivre dans la même éclipse de lumière qui en est la cause, c’est de n’avoir nulle part où aller, sinon ces pures chimères.
Au vrai, on aimerait bien que nos mères nous emmènent. On aimerait tant sentir une dernière fois, roulant vers le centre-ville un dimanche de messe, papa au volant, maman à ses côtés qui chante Marie Keyrouz et moi, derrière, qui les observe en alternance avec le paysage de roches marines, en me gorgeant de ces moments comme si je jouais ma vie sur eux, on aimerait tant sentir une dernière fois l’odeur de cuir brûlant des sièges de la jeep de papa.
Parfois, malgré tout, on s’ennuie un peu.
Parfois, dans la grotte, on ne voit plus rien du tout, que ce qui nous tombe dans la tête sans qu’on le décide, sans qu’on le veuille, à cause du manque et tout et tout. Ça nous tombe dans la tête, un tas d’images, de voix qui nous font décoller de nos corps et marcher déjà dans le soleil immense, au milieu de la mer, vers la Grotte aux pigeons, papa, maman, grand-père et moi, comme on l’a fait des centaines de fois à bord de notre barque et le filet de pêche qui grossit à vue d’œil pendant ce temps.
La mer, raconte Charbel, est la chose la plus éloignée de nous.
La chose la plus pure, ajoute Maroun.
L’endroit le plus proche de la ville et des bombes, ose Tarek.
Oui. La mer s’ouvre ici sur une ville pleine de chars et d’obus, ajoute-t-il. Pleine de charniers pleins de cadavres, et dans le fond d’un de ces trous dit-il, dans l’un de ces charniers creusés par des barbares scandant le nom de leur Dieu, papa dort d’un sommeil de bûche.
Par conséquent dans ce contexte, c’est simple, avoue Charbel : ou nous faisons diversion, ou nous mourons. Ou nous parlons de tout et n’importe quoi comme nous en avons l’habitude, ou nous mourons encore. C’est simple, dit Charbel. Vraiment très simple, oui, répétons-nous.
Par conséquent, plutôt que de parler des animaux tués dans les conflits humains, ou des cadavres offerts à la vermine et entassés sur le rebord des routes, en pile, en tas, sous un soleil de plomb, Charbel préfère parler de notre grotte, évoquer son climat et sourire tout doucement. (…)

Une présentation de E. Massiga FAYE


Poésie - « Chaos/Fractal » de Sokhna Diarra Bousso Ndao : Des envolées mélodieuses pour évoquer la vie

Après le succès de la trilogie Magenta parue en 2012 aux Editions L’Harmattan, Sokhna Diarra Bousso Ndao revient avec un recueil de poésie à la subtilité rock et anarchiste, sans complexe, répondant au nom percutant de Chaos/Fractal. Paru aux Editions L’Harmattan, ce recueil de 78 pages comporte plus d’une vingtaine de poèmes qui parlent d’amour, de tristesse, de tendresse. Il est réparti en 5 grands chapitres. 

La poésie est par essence une musique déclinée sur feuille. C’est peut-être ce qu’a compris Sokhna Diarra Bousso Ndao, qui à travers ce recueil de poèmes a mêlé musicalité et dénonciation. L’auteure rappelle dans cette œuvre sa vie…en musique naturelle. Ce qui avait fait l’essence de sa trilogie Magenta, avec une forte présence de mélodies, revient ici dans « Like Zutty Singleton » (comme Zutty Singleton). Sokhna Diarra Bousso Ndao parle, dans le champ sémantique, de mesure, de clé (ronde et gracieuse), de la « Nouvelle Orléans » capitale du jazz, de Gorée, l’Île aux esclaves, lieu qui s’accommode bien avec une musique au socle jazzy. L’auteur laisse transparaître également dans ses écrits cette volonté de refaire le monde !!! « Saxophone Orange » n’échappe pas à cette virée mélodieuse. Dans « Mélancolie », un poème empreint d’une certaine détresse, elle évoque la mer, l’environnement. Pour l’écrivain, le monde est constitué du « beau » et du « désespoir ».  Néanmoins, le texte « 18° » se révèle être un genre hybride, à la lisière du récit classique et des vers. Ici, l’auteur parle d’une coïncidence heureuse qui soulage « la blessure encore visible dans mon cœur au moment où je t’ai rencontré ». Mais au-delà, la douloureuse cassure est aussi racontée. Elle l’assimile à « cette foudre, cette journée de misère quand le crépuscule a offensé notre paresse ».

Une plume bien trempée
Aujourd’hui romancière, poétesse, critique littéraire, consultante en solidarité internationale, Sokhna Diarra Bousso Ndao écrit avec fureur et cynisme. Elle explose dans la gradation et dénonce les tares de la société sénégalaise, tout en explorant la déchéance de l’homme. Elle écrit avec passion, avec humour et surtout amour. Elle dit produire des textes d’abord pour elle car « j’aime ça » dit-elle. Faisant la genèse de ce recueil de poésie, elle rappelle qu’elle est un vœu de l’éditeur. C’est « une commande spéciale autour d’une tasse de café », souligne-t-elle. 9 mois d’écriture, 21 poèmes et Chaos/Fractal est sur les rails. Une œuvre de 5 tracks, comme en chanson, avec pour chacun un petit laïus, le plus souvent en anglais, qui évoque de grands artistes comme Bono, U2, Freddy Mercury, Axl Rose, Steve Nicks, David Bowie.
S’agissant du titre, Sokhna Diarra Bousso Ndao estime que « la poésie reste un art très éprouvant qui explore les tréfonds de l’âme, d’où le vocable « Chaos » qui est le désordre premier avant toute forme de création. Ce chaos est « Fractal », du latin fractus qui signifie brisé, morcelé ». On retrouve dans ce recueil de poèmes très personnels comme « Elégie à une Dénianké » dédiée à sa grand-mère : « J’entends sur les chemins du ciel l’Oratorio ovale de mon cœur. Les Parques en tranchant ce fil, t’arrachent à moi. ». Ou encore, l’énigmatique « les accolades dans la Parenthèse du vide » : « La déflagration de ce pathos homogénéise les axiomes sur notre vérité. Ta flagrante désinvolture piétine avec terreur la vertu, Qui survit, si belle à la pornéia (l’obsession sexuelle) de ton épicurisme. » « Chaos/Fractal », c’est aussi un hommage à la musique, élément déjà très présent dans Magenta. Composé, écouteurs dans les oreilles, pour mieux coller à une harmonie symphonique, ce recueil a été pensé comme une partition, car après tout, comme disait Shakespeare : la poésie est cette musique que tout homme porte en soi.

Amadou Maguette NDAW


Prix des cinq continents 2014 : Kamel Daoud en quête du sacre final

La 13ème édition du Prix des cinq continents de la Francophonie met en compétition 10 ouvrages finalistes représentant 4 pays : Canada-Québec, France, Algérie, Suisse. Le jury, présidé par Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice) et composé d'un jury international, désignera le lauréat le 26 septembre à Paris et remettra officiellement le prix au Sénégal, au mois de novembre, en marge du XVe Sommet de la Francophonie (Dakar). Dans cette perspective, le journal « Le Soleil » présente chaque semaine un finaliste. L’Algérien Kamel Daoud en est un avec son roman « Meursault, contre-enquête » (Editions Barzakh, Alger, novembre 2013).

Natif de Mostaganem, Kamel Daoud est un chroniqueur, journaliste et écrivain algérien. Il est aujourd’hui éditorialiste au journal en ligne Algérie-focus après avoir été rédacteur en chef au « Quotidien d’Oran ». Il a publié en Algérie des recueils de nouvelles et de chroniques, ainsi que des romans. Son premier livre publié en France, « Minotaure » 504, un recueil de nouvelles, est paru en mai 2011. Son roman « Meursault, contre-enquête » est paru aux Editions Barzakh, Alger, novembre 2013.

Extrait :
« (…) Donc l’histoire de ce meurtre ne commence pas avec la fameuse phrase, « Aujourd’hui, maman est morte », mais avec ce que personne n’a jamais entendu, c’est-à-dire ce que mon frère Moussa a dit à ma mère avant de sortir ce jour-là : « Je rentrerai plus tôt que d’habitude. » C’était, je m’en souviens, une journée sans. Rappelle-toi mon monde et son calendrier binaire : les journées avec rumeurs sur mon père, les journées sans, consacrées à fumer, à se disputer avec M’ma et à me regarder comme un meuble qu’on doit nourrir. En réalité, je m’en rends compte, j’ai fait comme Moussa : lui avait remplacé mon père, moi, j’ai remplacé mon frère.
Mais là, je te mens, comme je me suis menti à moi-même pendant longtemps. La vérité est que l’Indépendance n’a fait que pousser les uns et les autres à échanger leurs rôles. Nous, nous étions les fantômes de ce pays quand les colons en abusaient et y promenaient cloches, cyprès et cigognes. Aujourd’hui ? Eh bien c’est le contraire ! Ils y reviennent parfois, tenant la main de leurs descendants dans des voyages organisés pour pieds-noirs ou enfants de nostalgiques, essayant de retrouver qui une rue, qui une maison, qui un arbre avec un tronc gravé d’initiales. J’ai vu récemment un groupe de Français devant un bureau de tabac à l’aéroport. Tels des spectres discrets et muets, ils nous regardaient, nous les Arabes, en silence, « ni plus ni moins que si nous étions des pierres ou des arbres morts ». Pourtant, maintenant, c’est une histoire finie. C’est ce que disait leur silence.
Je tiens à ce que tu retiennes l’essentiel quand tu enquêtes sur un crime : qui est le mort ? Qui était-il ? Je veux que tu notes le nom de mon frère, car c’est celui qui a été tué en premier et que l’on tue encore. J’insiste car, sinon, il vaut mieux se séparer ici. Tu emportes ton livre, et moi le cadavre, et chacun son chemin. Quelle bien pauvre généalogie, tout de même ! Je suis le fils du gardien, Ould el-Assasse, et le frère de l’Arabe. Tu sais, ici à Oran, ils sont obsédés par les origines. Ouled el-bled, les vrais fils de la ville, du pays. Tout le monde veut être le fils unique de cette ville, le premier, le dernier, le plus ancien. Il y a de l’angoisse de bâtard dans cette histoire, non ? Chacun essaie de prouver qu’il a été le premier – lui, son père ou son aïeul – à avoir habité ici et que les autres sont tous des étrangers, des paysans sans terres que l’Indépendance a anoblis en vrac. Je me suis toujours demandé pourquoi ces gens-là avaient cette angoisse farfouilleuse dans les cimetières. Oui, oui, peut-être la peur ou la course à la propriété.
Les premiers à avoir habité ici ? « Les rats », disent les plus sceptiques ou les derniers arrivés. C’est une ville qui a les jambes écartées en direction de la mer. Regarde un peu le port quand tu descendras vers les vieux quartiers de Sidi-el-Houari, du côté de la Calère des Espagnols, cela sent la vieille pute rendue bavarde par la nostalgie. Je descends parfois vers le jardin touffu de la promenade de Létang pour boire en solitaire et frôler les délinquants. Oui, là où il y a cette végétation étrange et dense, des ficus, des conifères, des aloès, sans oublier les palmiers ainsi que d’autres arbres profondément enfouis, proliférant aussi bien dans le ciel que sous la terre.
Au-dessous, il y a un vaste labyrinthe de galeries espagnoles et turques que j’ai visitées. Elles sont généralement fermées, mais j’y ai aperçu un spectacle étonnant : les racines des arbres centenaires, vues de l’intérieur pour ainsi dire, gigantesques et tortueuses, fleurs géantes nues et comme suspendues. Va dans ce jardin. J’aime l’endroit, mais parfois j’y devine les effluves d’un sexe de femme, géant et épuisé. Cela confirme un peu ma vision lubrique, cette ville a les jambes ouvertes vers la mer, les cuisses écartées, depuis la baie jusqu’à ses hauteurs, là où se trouve ce jardin exubérant et odorant. C’est un général – le général Létang – qui l’a conçu en 1847.
Moi, je dirais qui l’a fécondé, ha, ha ! Il faut absolument que tu y ailles, tu comprendras pourquoi les gens d’ici crèvent d’envie d’avoir des ancêtres connus. Pour échapper à l’évidence. » (…)

Une présentation de E. Massiga FAYE


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