Litterrature

Prix des cinq continents 2014 : Kamel Daoud en quête du sacre final

La 13ème édition du Prix des cinq continents de la Francophonie met en compétition 10 ouvrages finalistes représentant 4 pays : Canada-Québec, France, Algérie, Suisse. Le jury, présidé par Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice) et composé d'un jury international, désignera le lauréat le 26 septembre à Paris et remettra officiellement le prix au Sénégal, au mois de novembre, en marge du XVe Sommet de la Francophonie (Dakar). Dans cette perspective, le journal « Le Soleil » présente chaque semaine un finaliste. L’Algérien Kamel Daoud en est un avec son roman « Meursault, contre-enquête » (Editions Barzakh, Alger, novembre 2013).

Natif de Mostaganem, Kamel Daoud est un chroniqueur, journaliste et écrivain algérien. Il est aujourd’hui éditorialiste au journal en ligne Algérie-focus après avoir été rédacteur en chef au « Quotidien d’Oran ». Il a publié en Algérie des recueils de nouvelles et de chroniques, ainsi que des romans. Son premier livre publié en France, « Minotaure » 504, un recueil de nouvelles, est paru en mai 2011. Son roman « Meursault, contre-enquête » est paru aux Editions Barzakh, Alger, novembre 2013.

Extrait :
« (…) Donc l’histoire de ce meurtre ne commence pas avec la fameuse phrase, « Aujourd’hui, maman est morte », mais avec ce que personne n’a jamais entendu, c’est-à-dire ce que mon frère Moussa a dit à ma mère avant de sortir ce jour-là : « Je rentrerai plus tôt que d’habitude. » C’était, je m’en souviens, une journée sans. Rappelle-toi mon monde et son calendrier binaire : les journées avec rumeurs sur mon père, les journées sans, consacrées à fumer, à se disputer avec M’ma et à me regarder comme un meuble qu’on doit nourrir. En réalité, je m’en rends compte, j’ai fait comme Moussa : lui avait remplacé mon père, moi, j’ai remplacé mon frère.
Mais là, je te mens, comme je me suis menti à moi-même pendant longtemps. La vérité est que l’Indépendance n’a fait que pousser les uns et les autres à échanger leurs rôles. Nous, nous étions les fantômes de ce pays quand les colons en abusaient et y promenaient cloches, cyprès et cigognes. Aujourd’hui ? Eh bien c’est le contraire ! Ils y reviennent parfois, tenant la main de leurs descendants dans des voyages organisés pour pieds-noirs ou enfants de nostalgiques, essayant de retrouver qui une rue, qui une maison, qui un arbre avec un tronc gravé d’initiales. J’ai vu récemment un groupe de Français devant un bureau de tabac à l’aéroport. Tels des spectres discrets et muets, ils nous regardaient, nous les Arabes, en silence, « ni plus ni moins que si nous étions des pierres ou des arbres morts ». Pourtant, maintenant, c’est une histoire finie. C’est ce que disait leur silence.
Je tiens à ce que tu retiennes l’essentiel quand tu enquêtes sur un crime : qui est le mort ? Qui était-il ? Je veux que tu notes le nom de mon frère, car c’est celui qui a été tué en premier et que l’on tue encore. J’insiste car, sinon, il vaut mieux se séparer ici. Tu emportes ton livre, et moi le cadavre, et chacun son chemin. Quelle bien pauvre généalogie, tout de même ! Je suis le fils du gardien, Ould el-Assasse, et le frère de l’Arabe. Tu sais, ici à Oran, ils sont obsédés par les origines. Ouled el-bled, les vrais fils de la ville, du pays. Tout le monde veut être le fils unique de cette ville, le premier, le dernier, le plus ancien. Il y a de l’angoisse de bâtard dans cette histoire, non ? Chacun essaie de prouver qu’il a été le premier – lui, son père ou son aïeul – à avoir habité ici et que les autres sont tous des étrangers, des paysans sans terres que l’Indépendance a anoblis en vrac. Je me suis toujours demandé pourquoi ces gens-là avaient cette angoisse farfouilleuse dans les cimetières. Oui, oui, peut-être la peur ou la course à la propriété.
Les premiers à avoir habité ici ? « Les rats », disent les plus sceptiques ou les derniers arrivés. C’est une ville qui a les jambes écartées en direction de la mer. Regarde un peu le port quand tu descendras vers les vieux quartiers de Sidi-el-Houari, du côté de la Calère des Espagnols, cela sent la vieille pute rendue bavarde par la nostalgie. Je descends parfois vers le jardin touffu de la promenade de Létang pour boire en solitaire et frôler les délinquants. Oui, là où il y a cette végétation étrange et dense, des ficus, des conifères, des aloès, sans oublier les palmiers ainsi que d’autres arbres profondément enfouis, proliférant aussi bien dans le ciel que sous la terre.
Au-dessous, il y a un vaste labyrinthe de galeries espagnoles et turques que j’ai visitées. Elles sont généralement fermées, mais j’y ai aperçu un spectacle étonnant : les racines des arbres centenaires, vues de l’intérieur pour ainsi dire, gigantesques et tortueuses, fleurs géantes nues et comme suspendues. Va dans ce jardin. J’aime l’endroit, mais parfois j’y devine les effluves d’un sexe de femme, géant et épuisé. Cela confirme un peu ma vision lubrique, cette ville a les jambes ouvertes vers la mer, les cuisses écartées, depuis la baie jusqu’à ses hauteurs, là où se trouve ce jardin exubérant et odorant. C’est un général – le général Létang – qui l’a conçu en 1847.
Moi, je dirais qui l’a fécondé, ha, ha ! Il faut absolument que tu y ailles, tu comprendras pourquoi les gens d’ici crèvent d’envie d’avoir des ancêtres connus. Pour échapper à l’évidence. » (…)

Une présentation de E. Massiga FAYE


Hommage - Saint-Louis : Un prix littéraire Charles Camara préconisé

Le directeur de l’Unité de formation et de recherches (Ufr) Civilisation, religion, art et communication (Crac) de l'Université Gaston Berger (Ugb), Mor Faye, a proposé la création d’un prix littéraire Charles Camara, insistant sur la contribution énorme à la formation de cadres, du professeur décédé récemment.
« Pour perpétuer l’œuvre du professeur Charles Camara, nous pensons qu’il faut instituer un prix littéraire en son nom, une façon également de lui rendre hommage », a dit M. Faye, ancien élève du disparu au Prytanée militaire de Saint-Louis (Pms).
Une veillée a été organisée jeudi dernier par l’Institut français pour rendre hommage à Charles Camara décédé à l'âge de 57 ans le 22 juin dernier. Le film « le Grand Tour » passé sur France 3 a été diffusé à cette occasion. Charles Camara a aidé à la réalisation de ce film en accompagnant l’équipe de journalistes dans les lieux de reportage.

(APS)


Publication : L’essayiste Papa Cheikh Jimbira-Sakho répond à Oumar Sankharé

« Wa kalimatoul lâhi hiyal oulya … tandis que la parole d’Allah eut le dessus » est l’intitulé de l’ouvrage de l’essayiste sénégalais Papa Cheikh Jimbira-Sakho. Ce livre dont la sortie est prévue ce vendredi est une réponse à l’appel au débat lancé aux intellectuels et universitaires sénégalais par le Professeur Oumar Sankharé, suite à la publication de son livre « Le Coran et la culture grecque ».

Suite à la vague d’indignation soulevée par la parution de l’ouvrage  « Le Coran et la culture grecque » du Professeur Oumar Sankharé, l’essayiste sénégalais Papa Cheikh Jimbira-Sakho sort, ce vendredi, un livre intitulé : « ….Wa kalimatoul lâhi hiyal oulya … tandis que la parole d’Allah eut le dessus ».
Paru aux Éditions JP, l’ouvrage met à nu l’une après l’autre les «faussetés» contenues dans « Le Coran et la culture grecque », et démontre de « manière argumentée et documentée » que les thèses avancées dans ledit ouvrage n’ont strictement rien de nouveau et ne reposent sur aucun fondement sérieux. Comme l’indique le sous-titre de l’ouvrage, « Éclaircissements à propos des faussetés d’un philhellène sénégalais sur le Qurân », cet opus bat en brèche les allégations avancées par le Pr. Sankharé. Le communiqué précise qu’Oumar Sankharé, dans son livre, s’attaque à des fondements de l’Islam, particulièrement son texte sacré, le Qurân, dont il affirme que certains de ses récits ne seraient que des reprises empruntées à la mythologie grecque.
Pape Cheikh Jimbira-Sakho, qui dit ne pas pouvoir rester indifférent face à toutes les faussetés disséminées dans l’ouvrage de l’agrégé en grammaire, précise que son texte n’a « aucune visée polémique », mais constitue une modeste contribution  dans «l’affligeante controverse» que l’ouvrage a suscitée au Sénégal et au-delà. La présentation du livre de M. Sakho est prévue à la mosquée d’An Nour de Sicap Jet d’eau, après la prière de ce vendredi.

Abdou DIAW


Notes de lecture - « Les couleurs du vide », roman d’Abdourahmane Ndiaye : Solitude, exode et rédemption en une fresque sociale saisissante

Lorsque l’absence et la solitude s’érigent en impasses de la vie, l’abnégation et la générosité ouvrent la voie des retrouvailles. Elles deviennent « Les couleurs du vide » (Ruba Editions), le deuxième roman d’Abdourahmane Ndiaye après « Terreur en Casamanne : les Convoyeurs d’armes » (un polar publié aux Editions l’Harmattan, à Paris, en 1993).

Ce texte est le refus de l’absence et de la sublimation de l’abnégation. Les chemins du destin comportent, comme escale déterminante, les retrouvailles entre Ali-Grégoire, l’enfant abandonné devenu star de musique classique, Bineta, la mère ayant tourné le dos à son passé avant de revenir sur ses pas, Serigne Ibra, le chef de village qui démissionne avant d’être rattrapé, en ville, par une histoire d’homicide et, enfin, Laye, l’infatigable soupirant de Bineta qui se gave d’amour pour ne pas renoncer à sa perle qui, la quarantaine, est un modèle d’élégance. Tous se retrouvent au rendez-vous du destin alors que chacun d’entre eux, à un moment, a cherché à tourner le dos à son passé.
L’absence est vaincue par la résolution à donner un sens à la vie, au-delà du confort matériel pour Ali devenu un artiste de renom et Serigne Ibra habilité à disposer d’un legs de son fils. Le premier part à la recherche de sa mère et s’en ouvre à son bienfaiteur Matar Gaye, cet officier de police qui l’a arraché des mains de Djo, le caïd des grottes de Soumbédioune. Le second, sentant sa fin proche, quitte Tundd Guy pour Dakar. Au lieu de profiter du confort de la maison léguée par son défunt fils Abou, il fait le choix de retrouver sa fille Bineta. L’appel du sang est plus fort que le bien matériel. La vertu des retrouvailles familiales, à un point du récit, rend son identité à Ali, à la fois fils de Bineta et petit-fils de Serigne Ibra. La même dynamique sauve la relation amoureuse entre Bineta et Laye.
Cette convergence des trajectoires humaines donne un sens au titre : « Les couleurs du vide ». Ce livre est une fresque sociale aux allures de polar par endroits. La vie ressemble, dans ce deuxième roman d’Abdourahmane Ndiaye, conseiller du président de la République, à un saut dans l’abîme des événements malheureux. Ceux qui fuient leur destin sont rattrapés par la nostalgie de leur passé qu’ils décident d’assumer avec foi. De cette détermination, naît une très grande énergie qui allège la mémoire des fardeaux de l’échec social.
Ali gagne le pari de la quête de sa filiation, lui qui a, sur sa carte nationale d’identité, des cases vides : « J’ai décidé de remonter mon passé, pour connaître mes parents…  Je veux savoir qui je suis pour savoir où je vais. » Il part à la recherche de cette dame qui, « sous tous les angles, … lui paraissait maléfique ». Deux mots habitent son esprit : « cruauté » et « égoïsme ». Deux attributs de monstre qu’un humain endosse pour se débarrasser d’un nouveau-né. Ce « monstre », lui-même, n’a pas été épargné par la vie : orpheline de mère à sa naissance, elle est violée sur le chemin de l’école. Ali est l’enfant qu’elle laisse à Mère Bousso. Cette dame est l’incarnation de la générosité : « Je ne fais rien qui mérite salaire. La vie appartient à Dieu qui la donne ici et la reprend quand Il veut », explique-t-elle pour justifier son attitude désintéressée.

L’ESTHETIQUE DE L’ABSENCE
Le roman s’ouvre sur cette scène et à travers une esthétique de l’absence, de la solitude et du silence. Comme son vieux père migrant vers Dakar, Bineta tente l’évasion vers la sous-région. Son enfant quitte Thiès en camion pour la jungle urbaine. Aux premières lignes, les acteurs, à part la matrone Mère Bousso, n’ont pas de nom. Bineta est « la fille » et la fille de la matrone est « l’assistante ». Cette dernière vient de perdre un enfant et en est affligée. Pendant ce moment, le paradoxe de la vie veut que Bineta lui laisse l’enfant de la « honte ». Le secret entoure l’histoire de ce garçon élevé avec le plus grand soin. L’assistante, pour lui, est sa « maman ». L’absence du nouveau-né mort il y a trois mois est compensée par la présence d’Ali. Cependant, celui-ci ne résistera pas à la révélation faite par un enfant de son âge : cette  famille n’est pas la sienne !
« Les couleurs du vide » est une quête de liberté pour Ali. Fugueur, il contemple les oiseaux, dans une belle métaphore de la liberté. « Eux au moins, ils peuvent aller et venir librement dans les airs, se percher sur n’importe quelle branche et s’envoler selon leur volonté », médite-t-il. Le drame de sa vie le projette dans un rêve : un songe dans les bras d’une mère. Cette femme est sans visage dans le rêve.
Au fil du texte, le visage épouse les traits de Bineta. Il y a d’abord une correspondance entre le texte autobiographique écrit par la dame et les notes du jeune garçon sur son histoire. Ce manuscrit est la pièce maîtresse que Laye, président d’une association culturelle, soumettra au sens littéraire d’Ali. Ensuite, le lecteur découvre, chez la mère perdue, la berceuse apparue en songe au fils abandonné : « D’où viens-tu, garçon du paradis/Que fais-tu en ces lieux/Prends patience/Je viendrai te prendre/Quand mes ailes seront grandes/Je connais un arbre au ciel/Qui produit du miel… »
Ce rêve, générateur de caractéristiques de la littérature du merveilleux, est la passerelle faite d’affection entre Ali, devenu Grégoire après son entrée au séminaire, et Bineta, sa mère qui, à plusieurs reprises, a tenté d’effacer les traces de son passé. Elle grandira et reviendra sur ses pas. Elle s’est estimée assez forte pour affronter le sort. Ce roman révèle aussi un art consommé de la description. L’auteur, avec les mots qui portent autant d’images, dresse une peinture assez précise des faits, des paysages et des hommes. Le style est simple et vivant. Le rythme est musique et poésie, comme en écho au choix professionnel d’Ali.

LA PHILOSOPHIE : DES TOURMENTES DE LA VIE
 Les personnages ont une approche philosophique de la vie. La scène de la démission de Serigne Ibra de son poste de chef de village est édifiante. Son successeur désigné, Mayacine, lui dit : « Sais-tu que le bonheur n’est pas toujours dans la renonciation ? Sais-tu, Serigne Ibra, qu’un départ est toujours perçu comme un mort à Tundd Guy ? » Le propos interpelle la conscience de l’homme. Serigne Ibra a la répartie : « Oui, mais une mort est toujours un ensemencement. Ce que portait un seul homme avec toutes ses limites, il le lègue à sa mort à ses héritiers avec leurs différences. La vie n’est rien d’autre qu’une suite interminable de renonciations. Le départ est une renonciation, un renouvellement… ».
Avec vingt années de décalage, les bris de vie se reconstituent. Le grand-père, Serigne Ibra, retrouve Tundd Guy, la scène de l’homicide sur Baye Ndiaye. Bineta, grâce à Laye, cette passion amoureuse qu’il ne veut confiner au plaisir charnel, savoure, pour la première fois, le plaisir d’être mère. Ce texte aussi est celui de l’universalité des valeurs. Au moment de quitter le séminaire, Mère Madeleine dit à Ali, comme dans une prémonition : « Nous t’avons donné tous les enseignements que nous devions te prodiguer. Tu es actuellement comme la brebis égarée qui a retrouvé le troupeau et les mamelles de sa mère…  Les leçons de morale ne présenteraient aucune différence, du daara au séminaire ! » La prière de Bineta, consignée dans son manuscrit, se réalise également : « Je n’avais rien fait à la vie, et je n’ai jamais accepté l’idée d’être née pour être malheureuse, comme toutes mes routes semblaient vouloir m’y mener. Très forte, je souhaitais que cet enfant survécût comme moi de ce manque de mère. Si le Bon Dieu est Tel qu’on m’en a dit, on se retrouvera un jour, mon fils et moi ». La leçon de morale porte le sceau de Serigne Ibra : « Notre vie, ici-bas, n’a de sens qu’à travers nos enfants, garçons ou filles. »
L’espoir ne baisse pas pavillon face aux assauts d’un quotidien rugueux. Même la mort de Serigne Ibra, dans une cérémonie solennelle, est une nouvelle naissance à travers son petit-fils Ali. Celui-ci nouveau bienfaiteur de Tundd Guy que son grand-père, alors chef de village, avait quitté après l’homicide et une situation économique difficile.

« Les couleurs du vide »
Roman d’Abdourahmane Ndiaye
Ruba Editions, Dakar, 2014
194 pages

 

Par Habib Demba FALL


« Le sang des éditeurs » : Mehdi Omaïs désacralise le milieu de l’édition

Avec son 5ème roman, « Le sang des éditeurs », Mehdi Omaïs montre, avec une histoire ludique, le parcours difficile qui mène à une édition. Le livre sera présenté à Dakar, samedi 12 juillet, à la librairie 4 vents (Sea Plaza).
Le journaliste-écrivain Mehdi Omaïs vient de faire paraître son 5ème roman, après « Cèdre et Baobab » (2012). Selon lui, « Le sang des éditeurs », publié aux Editions Pascal Galodé, est né d’une frustration qu’il a longtemps gardée en lui par rapport à la situation du milieu de l’édition en France. Au regard de M. Omaïs, la littérature, le fait d’être écrivain, est très fantasmé en France. « Ce n’est pas parce que quelqu’un est édité qu’il vit dans un château en gagnant beaucoup d’argent, explique-t-il. Cette version est biaisée par les films où l’on voit souvent des écrivains qui habitent dans de grands appartements. Ce n’est pas la réalité. »
Omaïs a voulu désacraliser tout cela à travers le personnage de Théophile Mansardier, la trentaine. Il vit encore chez ses parents, des couteliers de Gennevilliers. Mansardier est décrit comme quelqu’un d’assez marginal. Son rêve, publier un premier roman pour honorer son père qui croyait en lui et en ses capacités littéraires. A la mort de ce dernier, il vend l’entreprise pour écrire ce livre. Mais Théophile se heurte à de nombreux obstacles. Après avoir envoyé son manuscrit à plusieurs éditeurs, il reçoit une par une des réponses négatives. Il devient paranoïaque et décide d'assassiner tous les éditeurs parisiens. « Ce n’est pas un roman à proprement policier ou d’horreur, précise M. Omaïs. Il n’est pas à prendre au premier degré. Je ne fais pas l’apologie de la violence, loin de là. » Le roman se divise en deux parties : la naissance de la frustration de Théophile et sa plongée dans la violence.
L’écrivain estime que le second degré est un excellent moyen pour faire passer des messages. Avec une telle démarche, l’auteur dit vouloir se moquer du monde de l’édition au détour de la satire. Le style est direct. Plus d’essentiel, moins de superflu. « L’idée de ce roman est de montrer aux gens, avec une histoire ludique, le parcours difficile qui mène à une édition », souligne M. Omaïs.
Il pointe du doigt un marché « catastrophique » où les librairies ferment et que les livres sont remplacés par les écrans. « On publie de moins en moins et il y a de plus en plus de frustration », regrette l’auteur qui s’estime chanceux. Son premier éditeur fut Jean-Paul Bertrand qui a dirigé pendant des années Les éditions du Rocher. Dans son écriture, Omaïs fait beaucoup de nuance dans la narration. Il trouve qu’il fallait être suffisamment habile pour rendre le personnage de Théophile attachant, mais pas pour qu’on adhère à ce qu’il fait. « Je n’ai envie point de normaliser son comportement ». La grande difficulté pour l’écrivain est de créer un personnage qui tue, mais qu’il ne faut pas trop aimer.

E. M. FAYE


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