Litterrature

Décès de Pacotille et d’Oumar BASSOUM : Hommage de la communauté artistique et littéraire ce dimanche

La communauté artistique et littéraire du Sénégal rendra un vibrant hommage aux artistes Pacotille et Oumar Bassoum récemment décédés. La cérémonie est prévue ce dimanche au Grand Théâtre national.

A la suite de la disparition du rappeur Pacotille et de l’artiste Oumar Bassoum, la communauté artistique et littéraire du Sénégal entend organiser un hommage solidaire, dimanche prochain au Grand Théâtre national. Il s’agit, détaille un communiqué, d’un devoir de souvenir pour eux et de solidarité à leurs familles respectives. Ce sera donc l’occasion de se recueillir, de prier et de faire une projection d’images, mais aussi d’organiser un récital de poèmes et autres textes à leur mémoire. « En se rendant au Grand Théâtre, chacun viendra avec au minimum 1.000 FCfa. Ceux qui ne le peuvent pas en seront dispensés. Les fonds recueillis, confiés au Bureau sénégalais des droits d’auteur (Bsda), seront distribués aux enfants et épouses des défunts », informe ce document, ajoutant que les artistes et gens de lettres, par ce petit mais significatif geste, disent : « Commençons par nous aider nous-mêmes et le ciel nous aidera ». Cette cérémonie d’hommage et de prière sera également un moment crucial où « la «famille restreinte» a besoin de la «famille au sens large». Leurs enfants ont besoin de nous, de sentir notre mobilisation et de garder en souvenir notre action, même si nous ne pouvons remplacer un père », explique-t-on. Cette chaîne de solidarité aidera à payer des frais de scolarité, de loyer et à subvenir aux besoins quotidiens en attendant des formalités administratives. « Les artistes, gens de lettres et autres métiers de la culture ont du cœur et vont le prouver. Ne sont-ils pas une famille solidaire malgré les quelques différences qui représentent autant d’identités et de personnalités propres à chacun et à chaque sous-secteur ? Ils vont le prouver par l’adhésion et le geste. Cela peut-être le début d’une grande chaîne de solidarité », soutient ce communiqué.
Pour rappel, plusieurs personnalités de la culture ont salué l’initiative parmi lesquels Ndiouga Dieng, Pape et Cheikh, Jules Guèye, Baaba Maal, Youssou Ndour, Soda Mama Fall, le poète Amadou Lamine Sall, les  écrivains Alioune Badara Bèye et Seydi Sow… Déjà un comité d’organisation composé, entre autres, de Mounirou Sy du Bsda, du rappeur Fou Malade, du comédien Pape Faye, de Pape Fall  d’African Salsa et de Max Dia, manager Pacotille, s’occupe de l’événement.

Ibrahima BA

Prix Etisalat de littérature 2015 : L’appel à candidatures lancé

L’entreprise de télécommunications nigériane Etisalat vient d’annoncer, dans un communiqué, le lancement de l’appel à candidatures pour la troisième édition du prix «Etisalat de littérature 2015 ». Il s’agit du premier prix panafricain récompensant les écrivains africains débutants dont on a publié les œuvres de fiction.

Le prix «Etisalat littérature 2015 » récompense les écrivains africains débutants dont on a publié les œuvres de fiction. La soumission des candidatures est en cours et se clôturera le 27 août 2015. Selon Matthew Willsher, président directeur général d’Etisalat au Nigeria, le prix Etisalat de littérature se veut une plateforme pour la découverte de nouveaux talents en écriture créative sur le continent africain. Il a relevé « l’impatience » avec laquelle la communauté littéraire attendait la troisième édition du concours après le succès de l’édition précédente. NoViolet Bulawayo avait gagné la première édition avec son premier « We Need New Names », tandis que Songeziwe Mahlangu avait remporté la deuxième avec son roman « Penumbra ».
Le Jury de l’édition 2015 sera présidé par Ato Quayson, professeur d’anglais et directeur fondateur du Centre des études pour la diaspora de l’université de Toronto. Il sera accompagné par Molara Wood, écrivaine, bloggeuse, journaliste, critique et rédactrice, ainsi que par Zukiswa Wanner, auteur de The Madams et Men of the South. En effet, les juges dresseront une liste de neuf romans, qu’ils ramèneront à une présélection de trois romans avant d’en élire un gagnant. Celui-ci se verra remettre un prix en espèce ainsi qu’une bourse à la prestigieuse université d’East Anglia, sous le mentorat de l’auteur primé Giles Foden.
Le gagnant remportera également une tournée de promotion de son livre dans trois villes, tandis que les deuxième et troisième finalistes vont bénéficier d’une tournée dans deux villes pour promouvoir leur ouvrage. Le prix Etisalat de littérature soutient également les éditeurs en achetant et en distribuant sur le continent 1.000 exemplaires des ouvrages écrits par les trois finalistes. Toutefois, le communiqué précise que tout livre soumis à candidature doit être le premier ouvrage de fiction de plus de 30.000 mots de son auteur et doit avoir été publié au cours des 24 derniers mois.
Le prix Etisalat lancera également la catégorie Fiction Éclaire dans le courant de cette année, une catégorie en ligne qui veut promouvoir les étoiles montantes de la fiction.

Abdou DIAW

« DES PIERRES DANS LES MORTIERS ET NON DU MAÏS » de Bacary DOUCOURE : Quand l’or bouleverse toutes les habitudes

Dans son ouvrage intitulé « Des pierres dans les mortiers et non du maïs », Bakary Doucouré fait une analyse socio-anthropologique des mutations dans les villages aurifères du Sud-est du Sénégal. Des localités qui sont passées d’une économie agricole à une économie minière à cause de l’attrait pour le métal précieux.

Dans le Sud-est du Sénégal, l’attrait pour le métal précieux a complètement transformé les habitudes. Les gains qu’il rapporte ont poussé les populations à se ruer vers la recherche et l’exploitation de l’or au détriment des activités agricoles. Du coup, dans cette zone, on constate un passage d’une économie agricole à une économie minière. Cette mutation est traduite par le titre principal de cette monographie : « Des pierres dans les mortiers et non du maïs ». A ce titre, le maïs représente l’ensemble des céréales que les femmes rurales pilent habituellement aux fins de satisfaire les besoins alimentaires domestiques et quotidiens. A travers ce changement du type d’économie, se jouent et s’opèrent parallèlement plusieurs mutations dans les domaines de la vie sociale, économique, politique et environnementale. C’est cette analyse socio-anthropologique que Bakary Doucouré, socio-anthropologue de formation, tente de faire dans son ouvrage. Dans ce livre publié grâce au soutien du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria), l’auteur décrit les mutations entraînées par l’orpaillage dans certains villages de Kédougou. Pour y arriver, Doucouré a réalisé un travail de terrain en se faufilant avec beaucoup de réussite dans la vie aussi bien palpitante et risquée que sinueuse des orpailleurs et des villages aurifères. Quant au titre principal de cette monographie, il traduit le passage d’une économie agricole de certains villages de Kédougou à une économie minière.
Cette immersion lui a permis d’accéder à une quantité importante d’informations et de données sur le caractère artisanal de l’exploitation aurifère dans ces villages sur les nombreux problèmes qu’entraînent les perceptions et les représentations de l’or et de l’orpaillage chez les communautés locales et allochtones. Ce livre montre aussi les similitudes entre les villages aurifères. Sa force se trouve sans doute dans le fait qu’il permet une connaissance approfondie de l’orpailleur et de l’organisation de son activité, mais aussi une connaissance poussée des conséquences de l’orpaillage sur le plan social, économique, environnemental et politique.
Cet ouvrage est structuré autour de trois parties principales. La première se rapporte aux considérations d’ordre théorique et méthodologique, tandis que la deuxième partie évoque essentiellement les conséquences de l’orpaillage et les mutations qu’il a entraînées dans le village de Batanko. La troisième partie, enfin, essaie de mettre en exergue les similitudes entre les villages aurifères.

Enjeux multiples

Selon l’auteur, l’exploitation aurifère à Kédougou est une activité ancienne voire même séculaire. Les différentes analyses portant sur cette activité montrent que les enjeux de l’orpaillage sont multiples. Ils sont à la fois d’ordre économique, social, sanitaire, éducatif, politique, technique, environnemental ou encore écologique. Certes, d’après Doucouré, l’orpaillage a entraîné quelques améliorations dans les villages concernés mais il draine simultanément de nombreux problèmes. Les améliorations concernent principalement la multiplication des services, le développement des opportunités économiques et professionnelles, la création de nouveaux espaces sociocommunautaires, l’augmentation des revenus des villageois. Quant aux inconvénients, ils sont identifiables sur le plan environnemental et social notamment : problèmes d’assainissement et d’insalubrité, forte pression démographique, affaiblissement du contrôle communautaire, dégradation de l’environnement domestique, public et naturel. C’est ainsi que plusieurs faiblesses peuvent être relevées dans ces villages aurifères comme Batanko et Tinkoto, à savoir l’absence de structures de santé fonctionnelles, la faible présence administrative ainsi que des partenaires au développement comme les Ong, l’absence de dispositifs permanents tant en matière de prévention et de sensibilisation médicale qu’en matière environnementale et juridique. 
Bakary Doucouré assimile l’évolution des difficultés, des vulnérabilités et des inconvénients cités plus haut à un phénomène qu’il a qualifiés de « phagédénisme social », un concept qui lui aurait été suggéré par l’analyse des problèmes soulevés par l’orpaillage traditionnel. « En effet, la notion de phagédénisme est une notion médicale désignant l’extension en surface, donc visible, et en profondeur, d’une plaie ou encore d’un chancre. En appliquant cette notion à l’analyse socio-anthropologique en particulier, et en sciences sociales en général, on parlerait ainsi de phagédénisme social pour désigner l’extension, le développement, l’aggravation de certains problèmes sociaux », écrit-il dans son ouvrage. Il ajoute que cette utilisation du concept pourrait même s’étendre jusqu’à désigner la perte ou le déclin de certaines valeurs fondamentales d’une société ou d’une communauté. Et c’est ce qui semble arriver à Kédougou où l’or a bouleversé toutes les habitudes.

Elhadji Ibrahima THIAM

Prix des cinq continents 2014 : Antoine Wauters célèbre la femme dans un monde cruel et tendre

La 13ème édition du Prix des cinq continents de la Francophonie met en compétition 10 ouvrages finalistes représentant 4 pays : Canada-Québec, France, Algérie, Suisse. Le jury, présidé par Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice) et composé d'un jury international, désignera le lauréat le 26 septembre à Paris et remettra officiellement le prix au Sénégal, au mois de novembre, en marge du XVe sommet de la Francophonie (Dakar). Dans cette perspective, le journal « Le Soleil » présente chaque semaine un finaliste. Parmi les 10 prétendants figure l’écrivain belge Antoine Wauters. Avec son roman « Nos mères », publié aux éditions Verdier, il célèbre la femme dans un monde à la fois cruel et tendre.

A son actif trois textes publiés chez Cheyne éditeur, l’écrivain belge Antoine Wauters se consacre à l’écriture de scénarii après des études de philosophie et quelques années d’enseignement. Avec son ouvrage « Nos mères », publié chez Verdier, il se positionne pour la victoire finale pour le Prix des cinq continents.
La trame du roman part d’un pays du Proche-Orient. Sur place, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre vient d’emporter le père. Mère et fils voudraient se blottir l’un contre l’autre, s’aimer et se le dire, mais tandis que l’une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l’autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots.
Soudain, la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d’Europe où une autre mère l’attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l’être de lumière qu’elle pourra choyer et qui l’aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes.
Ce texte, qui est décrit comme « cruel et tendre à la fois », est avant tout « le formidable cri d’un enfant qui, à l’étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie ».

Extrait :
 (…) Grand-père vient de perdre un nouveau kilo. Et il en a perdu dix ou douze comme ça depuis le début de sa maladie, ce qui fait qu’il est maintenant un peu comme un os, barrant, dans la longueur, le matelas où nos mères l’ont couché. Un os à moelle, bon à être bientôt catapulté dans la terre des morts, mais qui est le seul à se représenter la grotte telle qu’elle est vraiment, avec ses biefs, ses cascades d’eau chaude et ses fontaines qui ne souillent pas.
Avec grand-père en dessous de nous, lance Charbel, qui fond jour après jour, et nos mères en dessous de grand-père, qui fument et chantent sur la terrasse des airs de Marie Keyrouz, et avec papa, bien en dessous de tout ça encore, séché comme une croûte de caramel durci au soleil, papa, dans les rues du quartier d’Achrafieh où les milices l’ont arrêté, fouillé et torturé, bref, avec tout ça conclut Charbel, ces empilements de corps à bonne distance et qui ne se touchent plus, nous pourrions être brisés. Vraiment brisés, dit-il. Anéantis, même, ajoutons-nous en chœur.
Mais voilà. Depuis le temps que ça dure, nous nous sommes renforcés, avons appris à ne plus écouter quand nos mères, par exemple, foncent dans les murs avec leur voix. Hurlent et foncent dans les murs de la maison. Hurlent et dégueulent l’eau des gâchis, des départs.
{… si heureux dans la maison jaune… si heureux ton père là et grand-père avec nous… si joyeux dans la maison avec la pluie, le sable, le khamsin et le soleil partout… si heureux sous le vol des oiseaux et tous les quatre à la maison… si heureux tous les quatre dans ce maudit pays…}
Maintenant tout contre nous, elles nous recoiffent, lissent nos mèches sauvages avec des points de salive, espérant les voir disparaître dans l’ensemble du reste assez noiraud de nos cheveux.
Quand nous sommes assez beaux pour elles, assez lisses, c’est-à-dire le cheveu rivé au crâne et rabattu en mèches à mi-front comme nous détestons, elles nous poussent dans une machine, ou un chariot, ou plutôt dans la jeep, la voiture de papa.
Nous mentons.
C’est vrai.
Mais c’est de vivre dans la même éclipse de lumière qui en est la cause, c’est de n’avoir nulle part où aller, sinon ces pures chimères.
Au vrai, on aimerait bien que nos mères nous emmènent. On aimerait tant sentir une dernière fois, roulant vers le centre-ville un dimanche de messe, papa au volant, maman à ses côtés qui chante Marie Keyrouz et moi, derrière, qui les observe en alternance avec le paysage de roches marines, en me gorgeant de ces moments comme si je jouais ma vie sur eux, on aimerait tant sentir une dernière fois l’odeur de cuir brûlant des sièges de la jeep de papa.
Parfois, malgré tout, on s’ennuie un peu.
Parfois, dans la grotte, on ne voit plus rien du tout, que ce qui nous tombe dans la tête sans qu’on le décide, sans qu’on le veuille, à cause du manque et tout et tout. Ça nous tombe dans la tête, un tas d’images, de voix qui nous font décoller de nos corps et marcher déjà dans le soleil immense, au milieu de la mer, vers la Grotte aux pigeons, papa, maman, grand-père et moi, comme on l’a fait des centaines de fois à bord de notre barque et le filet de pêche qui grossit à vue d’œil pendant ce temps.
La mer, raconte Charbel, est la chose la plus éloignée de nous.
La chose la plus pure, ajoute Maroun.
L’endroit le plus proche de la ville et des bombes, ose Tarek.
Oui. La mer s’ouvre ici sur une ville pleine de chars et d’obus, ajoute-t-il. Pleine de charniers pleins de cadavres, et dans le fond d’un de ces trous dit-il, dans l’un de ces charniers creusés par des barbares scandant le nom de leur Dieu, papa dort d’un sommeil de bûche.
Par conséquent dans ce contexte, c’est simple, avoue Charbel : ou nous faisons diversion, ou nous mourons. Ou nous parlons de tout et n’importe quoi comme nous en avons l’habitude, ou nous mourons encore. C’est simple, dit Charbel. Vraiment très simple, oui, répétons-nous.
Par conséquent, plutôt que de parler des animaux tués dans les conflits humains, ou des cadavres offerts à la vermine et entassés sur le rebord des routes, en pile, en tas, sous un soleil de plomb, Charbel préfère parler de notre grotte, évoquer son climat et sourire tout doucement. (…)

Une présentation de E. Massiga FAYE


Poésie - « Chaos/Fractal » de Sokhna Diarra Bousso Ndao : Des envolées mélodieuses pour évoquer la vie

Après le succès de la trilogie Magenta parue en 2012 aux Editions L’Harmattan, Sokhna Diarra Bousso Ndao revient avec un recueil de poésie à la subtilité rock et anarchiste, sans complexe, répondant au nom percutant de Chaos/Fractal. Paru aux Editions L’Harmattan, ce recueil de 78 pages comporte plus d’une vingtaine de poèmes qui parlent d’amour, de tristesse, de tendresse. Il est réparti en 5 grands chapitres. 

La poésie est par essence une musique déclinée sur feuille. C’est peut-être ce qu’a compris Sokhna Diarra Bousso Ndao, qui à travers ce recueil de poèmes a mêlé musicalité et dénonciation. L’auteure rappelle dans cette œuvre sa vie…en musique naturelle. Ce qui avait fait l’essence de sa trilogie Magenta, avec une forte présence de mélodies, revient ici dans « Like Zutty Singleton » (comme Zutty Singleton). Sokhna Diarra Bousso Ndao parle, dans le champ sémantique, de mesure, de clé (ronde et gracieuse), de la « Nouvelle Orléans » capitale du jazz, de Gorée, l’Île aux esclaves, lieu qui s’accommode bien avec une musique au socle jazzy. L’auteur laisse transparaître également dans ses écrits cette volonté de refaire le monde !!! « Saxophone Orange » n’échappe pas à cette virée mélodieuse. Dans « Mélancolie », un poème empreint d’une certaine détresse, elle évoque la mer, l’environnement. Pour l’écrivain, le monde est constitué du « beau » et du « désespoir ».  Néanmoins, le texte « 18° » se révèle être un genre hybride, à la lisière du récit classique et des vers. Ici, l’auteur parle d’une coïncidence heureuse qui soulage « la blessure encore visible dans mon cœur au moment où je t’ai rencontré ». Mais au-delà, la douloureuse cassure est aussi racontée. Elle l’assimile à « cette foudre, cette journée de misère quand le crépuscule a offensé notre paresse ».

Une plume bien trempée
Aujourd’hui romancière, poétesse, critique littéraire, consultante en solidarité internationale, Sokhna Diarra Bousso Ndao écrit avec fureur et cynisme. Elle explose dans la gradation et dénonce les tares de la société sénégalaise, tout en explorant la déchéance de l’homme. Elle écrit avec passion, avec humour et surtout amour. Elle dit produire des textes d’abord pour elle car « j’aime ça » dit-elle. Faisant la genèse de ce recueil de poésie, elle rappelle qu’elle est un vœu de l’éditeur. C’est « une commande spéciale autour d’une tasse de café », souligne-t-elle. 9 mois d’écriture, 21 poèmes et Chaos/Fractal est sur les rails. Une œuvre de 5 tracks, comme en chanson, avec pour chacun un petit laïus, le plus souvent en anglais, qui évoque de grands artistes comme Bono, U2, Freddy Mercury, Axl Rose, Steve Nicks, David Bowie.
S’agissant du titre, Sokhna Diarra Bousso Ndao estime que « la poésie reste un art très éprouvant qui explore les tréfonds de l’âme, d’où le vocable « Chaos » qui est le désordre premier avant toute forme de création. Ce chaos est « Fractal », du latin fractus qui signifie brisé, morcelé ». On retrouve dans ce recueil de poèmes très personnels comme « Elégie à une Dénianké » dédiée à sa grand-mère : « J’entends sur les chemins du ciel l’Oratorio ovale de mon cœur. Les Parques en tranchant ce fil, t’arrachent à moi. ». Ou encore, l’énigmatique « les accolades dans la Parenthèse du vide » : « La déflagration de ce pathos homogénéise les axiomes sur notre vérité. Ta flagrante désinvolture piétine avec terreur la vertu, Qui survit, si belle à la pornéia (l’obsession sexuelle) de ton épicurisme. » « Chaos/Fractal », c’est aussi un hommage à la musique, élément déjà très présent dans Magenta. Composé, écouteurs dans les oreilles, pour mieux coller à une harmonie symphonique, ce recueil a été pensé comme une partition, car après tout, comme disait Shakespeare : la poésie est cette musique que tout homme porte en soi.

Amadou Maguette NDAW


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