Theatre

Journée mondiale du théâtre : « La Revanche des Femmes » présentée au Grand Théâtre

Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale du théâtre, aujourd’hui, le Grand Théâtre national présente, à 19h 30, le spectacle inédit « Keur Baye Dame ou la Revanche des Femmes ».

Une pièce écrite et mise en scène par Pape Faye et interprétée par des artistes comédiens comme Baye Ely, Seune Sène, Bass Diakaté, Mamadou Pène, Mamadou Diack, Faye Niang dite Aïda Souka, Rama Thiam, Mandione Laye, Serigne Ngagne, Rouba Sèye, Cheikh Seck, Sidy Niang, Pape Demba Lam, Mama Jatu, Daro Thiam, Junior, Thiaba Thiès, Aminta Mbaye, Awa  Mbaye, etc.


Le théâtre, outil pédagogique pour Césaire

Sous ses traits de dramaturge, Aimé Césaire a utilisé le théâtre pour faire passer un discours militant auprès de son peuple. Cet aspect de l’œuvre de l’écrivain martiniquais a été ressorti, mercredi, au cours d’une communication de Ousmane Diakhaté, professeur de Lettres Modernes et directeur du Théâtre Sorano.
Le colloque en hommage au centenaire de l’écrivain Aimé Césaire a été un prétexte pour revisiter une part de son œuvre : la dramaturgie. Cet aspect a été ressorti, mercredi, par Ousmane Diakhaté, professeur de Lettres Modernes et directeur du Théâtre Sorano. C’était au cours de la communication portant sur : « Une dramaturgie en acte, Aimé Césaire et Jean-Marie Serreau. Quels apports pour le théâtre francophone ?»
 « Césaire a écrit plusieurs genres avant d’en venir au théâtre, a rappelé le Pr Diakhaté. Il était déjà connu comme un grand poète. S’il en est venu au théâtre, c’est pour toucher le plus grand nombre, dans la mesure où son combat était toujours le même : faire en sorte que les Noirs, les ‘‘Nègres’’ puissent effectivement  accéder à la dignité. » Il a pensé, à un certain moment, au théâtre, compte tenu de sa spécificité, sa capacité de toucher le plus grand nombre, pour mieux servir ses idées. C’est ce qui l’a amené au théâtre, genre dans lequel il a écrit quatre pièces : « Et les chiens se taisaient », « La tragédie du roi Christophe », « Une saison au Congo » et « La tempête », une adaptation d’une pièce de Shakespeare.
Au cours de son intervention, O. Diakhaté a parlé de la collaboration de Césaire avec le metteur en scène français, Jean-Marie Serreau, que l’on ne connaît pas assez mais qui a fait beaucoup de choses pour l’émergence de la dramaturgie de l’écrivain martiniquais. D’ailleurs, a évoqué le directeur de Sorano,  toutes ses pièces ont été mises en scène par Serreau.
C’est dans cette perspective qu’il faut situer le propos d’André Louis Perinetti, secrétaire général de l’Institut international du théâtre et collaborateur direct de Serreau. « Témoin de cette époque, on a compris que les deux personnages avaient besoin l’un de l’autre pour exister, même sur l’ensemble des théâtres du monde », a fait remarquer Perinetti. Quand un dramaturge écrit une pièce de théâtre, à part quelques exceptions, a repris le Pr Diakhaté, il rêve d’être mis en scène. « La scène est la preuve du texte théâtral qui, tant qu’il n’est pas créé, reste incomplet. Jean-Marie Serreau a joué un rôle essentiel dans la carrière dramatique de Césaire », dit-il.
Selon A.-L. Perinetti, Césaire écrivait comme un poète et ne s’appliquait pas les contraintes qu’impose une dramaturgie  alors que Serreau avait le sens de la dramaturgie. « Presque toutes les scènes ont été retouchées au point qu’il y a deux éditions de la pièce « La tragédie du roi Christophe » », a rapporté Perinetti. Dans un entretien audio diffusé en 1969, à l’occasion de la Journée mondiale du Théâtre, sur la radio « France culture », Jean-Marie Serreau se définissait comme un homme de théâtre. Son lieu de force est sa langue et tous les hommes qui pensent et qui, à l’intérieur de cette langue, introduisent des ferments de doute sur tout ce qu’il y a de sclérosé dans les lieux communs de civilisation. « Si, depuis plusieurs années, dans ma démarche naturelle d’homme de théâtre je me suis appliqué à faire connaître à mon public des auteurs comme Kateb Yacine ou Aimé Césaire, c’est parce qu’il y a eu cette démarche de vitalité, de présence par rapport aux problèmes du monde moderne », a expliqué le metteur en scène. Il estime que  le problème fondamental des sociétés occidentales, c’est la mise en question de cette civilisation traditionnelle par d’autres civilisations à qui on refusait  le droit d’exister en dehors de l’humanisme occidental.
Serreau est décrit comme l’homme du métissage, un messager qui favorisait l’acte théâtral, l’authenticité.

E. M. FAYE


« LA TRAGEDIE DU ROI CHRISTOPHE » : Vocation poétique et action politique portées sur les planches de Sorano

Tragedie christophe 2013 1La parole poétique combinée à un militantisme politique de l’écrivain martiniquais Aimé Césaire ont été remis au bout des planchers, au Théâtre Sorano, mardi, à la faveur de la représentation de la pièce « La tragédie du roi Christophe ».

Sur la lancée de la célébration du centenaire de la naissance de l’écrivain Aimé Césaire, la troupe dramatique de la Compagnie Daniel Sorano de Dakar a revisité, mardi, la pièce « La Tragédie du roi Christophe » sous la direction du metteur en scène Jean-Pierre Leurs. En présence du président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, de personnalités diplomatiques, du monde des arts et de la culture…, le Théâtre Sorano a renoué avec les grands spectacles du 4ème art.

Publiée en 1963, « La Tragédie du roi Christophe » est, avec « Le Cahier d'un retour au pays natal », l'œuvre majeure du Martiniquais Aimé Césaire (1913-2008). Elle fut créée l'année suivante au festival de Salzbourg, dans une mise en scène de Jean-Marie Serreau, avec le comédien sénégalais Douta Seck dans le rôle principal. Elle a également été jouée en 1966 lors du 1er Festival mondial des arts nègres à Dakar.

La pièce met en scène le destin tragique d'un homme et d'un pays. La trame décrit la lutte du peuple haïtien pour la liberté, mais aussi le combat mené par un homme politique qui voulait renouveler la grandeur de son pays en le poussant au travail et à la discipline. L'histoire débute après la révolution haïtienne. Une fois l'indépendance conquise et le règne de Jean-Jacques Dessalines fini, Henri Christophe (interprété par le comédien Ibrahima Mbaye) est installé comme président, une stature qu’il récuse, car  ne voulant pas d’un pouvoir sans croûte ni mie. Christophe se verra intronisé nouveau roi. Il voit en ce couronnement une nouvelle naissance pour son peuple. La démesure et l’excès seront les maîtres-mots de son règne. Ce, malgré les conseils de la reine, l’anniversaire de son intronisation : « (…) Ne demande pas trop aux hommes et à toi-même (…) ».

La réplique du roi Christophe ne se fait pas attendre. Elle est cinglante : « Je demande trop aux hommes pas assez aux nègres ! » Le crédo du monarque se résume en ces termes : « Plus de travail, de foi. Malheur à celui dont le pied flanche ! » Dans une débauche d’énergie et d’orgueil, il lance dans l’une de ses tirades : «(…) Je ne veux pas que ma noblesse s’abaisse à la pitrerie. Dresser ce peuple, quel métier (…) ». Le roi Christophe servira la liberté par la servitude et pour qui « l’ennemi d’Haïti c’est son indolence, son effronterie.  Avec un tel égo surdimensionné, le fossé entre le monarque et son peuple se creuse de plus en plus. Il ne se prive d’imposer une « moralité publique » à ses sujets. « Il n’y a pas d’Etat stable sans famille stable », justifie le roi Christophe qui n’hésite pas à seller des mariages publics chez la masse paysanne. Craint et respecté, il pousse l’excès à l’extrême. « Foudroyé mais pas ébranlé » même paralysé par un surmenage, une fatigue.

Tragedie christophe 2013 2Intensité dramatique
A l’article de la mort, le roi Christophe évoque son continent d’origine. « (…) Afrique, Afrique aide-moi à rentrer (…) ». Comme pour apporter une touche particulière à la pièce, le metteur en scène Jean-Pierre Leurs y appose plus de vie, rythme, chant, lumière. S’y ajoutent une intensité dramatique et une esthétique théâtrale savamment tissées. Même s’il reconnaît que c’était difficile de se détacher carrément du texte originel. « J’ai centré mon travail sur la direction d’acteurs, le talent et l’écoute », explique J.P. Leurs.  Et le public a vu un Christophe vrai, profond, royalement incarné par le jeune comédien Ibrahima Mbaye.

Le metteur en scène sénégalais justifie la pertinence de ce travail, recréation qui  repose sur  la « relation puissante » entre Césaire et Senghor, entre Césaire et l’Afrique, entre la « Tragédie du roi Christophe » et le Théâtre national Daniel Sorano par le nœud puissant que constitue Douta Seck. Aussi, « Il est juste de s’interroger si Christophe peut survivre à Douta Seck. C’est le grand défi que nous essayons de relever en ayant toujours à l’esprit que Douta Seck reste le Christophe immortel », explique le metteur en scène.

Avec la nouvelle génération d’acteurs comédiens, c’est un Christophe aussi puissant avec un verbe puissant pour que le message passe fort. La finesse et l’âpreté du propos confèrent à la pièce une dimension particulière pour une nouvelle vie. Et le spectacle a été royalement apprécié par un public qui en redemande.

E. Massiga FAYE

Doublage de séries chinoises : 19 acteurs sénégalais séjourneront à Pékin

19 artistes comédiens sénégalais se rendront en Chine le mois prochain pour le doublage de 5 séries télévisées chinoises. Le casting s’est déroulé jeudi au Grand Théâtre.  
La Chine veut promouvoir sa culture, à travers ses films. De ce fait, elle a décidé d’investir l’espace francophone. C’est dans ce cadre qu’a été choisi le Sénégal, pour la diffusion d’une partie de téléfilms chinois. Cela passe naturellement par une sélection d’artistes comédiens qui feront le doublage de 5 séries.
Jeudi, le Grand Théâtre de Dakar a servi de cadre pour permettre à des acteurs sénégalais de passer un casting. Au départ, près d’une soixantaine de comédiens étaient présents. Mais au finish, le jury n’a pu retenir que 19 acteurs après auditions. Ces artistes comédiens se rendront à Pékin, en avril prochain, pour un séjour de deux mois. « Ils iront faire le doublage en Chine », précise Yu Chen, correspondant permanent de la radio chinoise à Dakar.  « Nous voulons faire connaître la culture chinoise, explique la vice-directrice du service français de Radio Chine internationale, Yang Xiaolan ». Selon elle, c’est le ministère de l’Audiovisuel chinois qui a contacté Radio Chine internationale pour doubler des films chinois, destinés aux pays africains francophones. Ces téléfilms seront traduits en 6 langues : swahili, khossan, français, anglais, portugais et arabe.
Yang Xiaolan affirme qu’en 2011, le film « Doudou », traduit en swahili a été doublé, puis diffusé. « Sa diffusion au Kenya a eu un grand succès. C’était notre premier essai et depuis lors, nous avons décidé de poursuivre cette lancée », se réjouit-elle. « Notre radio est spécialisée dans les émissions en langues étrangères. Nous voulons présenter la culture chinoise au peuple africain. A travers ces téléfilms chinois, on connaît la vie quotidienne chinoise, a réagit Mme Xiaolan ». Pour la réalisatrice Mariama Sylla Faye, la sélection n’a pas été facile. Parce qu’il fallait voir si le comédien était en mesure de faire une bonne synchronisation grâce à la qualité de sa voix.
Mme Faye a avancé que 5 séries chinoises vont être doublées. « L’une des séries les plus marrantes s’appelle « Doudou » (nom féminin) et sa belle-mère. Une jeune fille à qui on a fait un mariage arrangé », a-t-elle raconté, indiquant qu’une convention de partenariat va bientôt être signée entre la radio publique chinoise et celle de la Radiodiffusion télévision sénégalaise, Rts. « Chaque série fait 40 épisodes de 26 minutes. Elles traitent des histoires familiales », a expliqué Mariama Sylla Faye.

Echange culturel
  « La Chine a une coopération technique culturelle avec notre pays. Ce que nous connaissons de la Chine, c’est le côté commercial alors que, culturellement, elle a pleine de choses a échangé avec le continent africain », a évoqué la réalisatrice.
Elle dit que le choix du Sénégal comme pays test pour faire ses premiers doublages peut se justifier par le fait que notre pays rayonne culturellement très fort. « Nous avons de grands artistes, de grands écrivains et cinéastes. Le dernier Fespaco l’a bien démontré », a soutenu Mariama Sylla Faye. Le réalisateur chinois, Wang Qiang, a aussi reconnu le talent et le sens professionnel des artistes comédiens sélectionnés. « Nous constatons que de nombreux Africains vivent en Chine. C’est pourquoi nous avons jugé utile de faire cet échange culturel qui est l’objectif du doublage des téléfilms », a informé M. Qiang. 
Joséphine Zambo, Yacine Sané, Matar Diouf et quelques jeunes comédiens qui ont joué dans « La Pirogue » de Moussa Touré et des membres de l’Association des artistes comédiens du Sénégal, pensionnaires de Sorano et du Théâtre universitaire ont été retenus par le casting et feront partie du voyage prévu dans un mois en Chine.

Serigne Mansour Sy CISSE        


Economie créatrice : Les collectivités locales doivent saisir l’opportunités des industries culturelles

Un atelier national ouvert, hier, à Dakar, veut sensibiliser les membres et les administrateurs des collectivités locales sur cette corrélation entre le développement des industries culturelles et le développement local.  
 « La culture intéresse les collectivités locales car elles sont soucieuses de perpétuer leur patrimoine culturel et artistique. Mais les moyens manquent considérablement en vue de la conservation des sites et monuments, de l’organisation régulière de manifestations culturelles », a remarqué hier le conseiller technique au ministère de l’Aménagement du territoire et des Collectivités locales.
Papa Mor Ndiaye présidait l’ouverture, à Dakar, d’un séminaire national de trois jours sur « L’importance économique des industries culturelles et des entreprises créatives dans la développement des communautés locales et de territoires ».  Selon M. Ndiaye, les industries culturelles, à l’échelle locale, avec les radios  communautaires, les petites maisons d’édition, les cinémas itinérants, la reproduction de phonogrammes, ainsi que les entreprises culturelles sont des créneaux pour le développement local grâce aux revenus qu’elles peuvent générer.
Papa Mor Ndiaye a ainsi rappelé que la loi N°96-07 du 22 mars 1996 a transféré des compétences de promotion, d’épanouissement et de développement des activités culturelles, d’organisation de journées culturelles, des manifestations et des concours littéraires et artistiques, la création et la gestion d’orchestres, d’ensembles lyriques traditionnels de corps de ballets et de troupes de théâtre, la collecte de la tradition orale, des contes, mythes, et la promotion de la culture nationale.  Ainsi, estime le représentant du ministère de l’Aménagement du territoire et des Collectivités locales, en démocratisant les activités culturelles souvent réservées aux grandes villes. En rendant la gestion du patrimoine plus incisive par rapport aux populations qui se maintiennent dans les collectivités locales et les territoires, on peut freiner l’exode rural en offrant des emplois alternatifs aux paysans après les travaux agricoles saisonniers, notamment par l’exploitation des savoirs endogènes.
Pour cela, il est par conséquent important que les gestionnaires des collectivités locales du Sénégal, ainsi les experts des industries culturelles comprennent leur rôle dans la démocratisation de l’accès aux produits culturels, en corrélation entre le développement des industries culturelles, des entreprises créatives et le développement local.  « Avec une approche intégrée des circuits de distribution, il doit être possible d’explorer le cadre des crédits de cofinancement de la coopération décentralisée, qui se définit autour des objectifs d’appui institutionnel aux collectivités locales, de mise en place de services de proximité et d’appui au développement local par le tourisme, la culture, le développement économique et rural », a dit M. Ndiaye.

Faciliter l’accès aux produits culturels
En orientant la réflexion du présent séminaire sur les potentiels économiques des industries culturelles et des entreprises créatives, notamment dans les collectivités et les territoires, l’Isesco, souligne P. Toumane Ndiaye, souhaite contribuer à la prise de conscience des opportunités offertes par les cultures en matière de développement économique et de décentralisation des activités y afférentes.
Le choix de notre pays pour abriter ce séminaire national, selon Aliou Ly, le secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco/Isesco, doit pousser nos collectivités locales à mieux remplir leur rôle dans le développement des industries et entreprises culturelles.
Un appel bien entendu par Aïssatou Sow Diawara, député-maire de Golf Sud invitée à cette rencontre. Guédiawaye, dit Mme Diawara, ne possède ni usines ni d’industries, mais regorge d’artistes talentueux et peut se développer grâce à sa culture.  Organisé par l’Isesco, en collaboration avec la Commission nationale pour l’Unesco/Isesco, cet atelier a comme objectif, entre autres, de sensibiliser les membres et les gestionnaires des collectivités locales sur la corrélation entre le développement des industries culturelles et le développement local au Sénégal et favoriser une prise de conscience plus aiguë des enjeux des industries culturelles pour encourager les investissements dans ces secteurs.

Omar DIOUF


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