Ils avaient promis une nuit chaude et agitée, les chanteurs et musiciens de l’UCAS Band de Sédhiou, l’ont fait en faisant vibrer la place Faidherbe au rythme du « bougarebou » et du « diambadong ». Amadou Lèye Sarr, Malamine Diabaté et compagnie ont tout simplement déplacé la Casamance à Saint-Louis, le temps d’une soirée riche en rythmes. La danse était également au menu.
Le public Saint-Louisien a eu l’honneur de découvrir l’une des formations musicales les plus anciennes du Sénégal. L’UCAS Band de Sédhiou, créé en 1959, a assuré le spectacle, emportant l’assistance àtravers des « airs », du
« bouguerebou », du « diambadong » et du « njokta ». Leur prestation avait comme thème : « Retour aux sourcesdans les bois sacrés ». Les artistes de ce groupe se sont donnés à fond, jouant, chantant des airs propres à ceux entonnés dans le bois sacré, les cérémonies d’initiation et de circoncision. Amadou Lèye Sarr, un des chanteurs du groupe et ses camarades ont ainsi véhiculé la culture casamançaise et mandingue à travers les rythmes et sonorités propres à leur région. Une vraie diversité musicale, qui a fait danser une bonne partie du public. Avec sa kora, Malamine Diabaté, fils de Djaliba Diabaté, premier koriste à jouer dans l’UCAS, a émerveillé le public par son toucher fin et ses notes pleines de sensualité.
Pour Amadou Lèye Sarr, ce festival est quelque chose de bien et nécessaire, ne serait ce que pour la communication entre Africains. Il a apprécié la diversité musicale enregistrée dans cette grande fête du donner et du recevoir, tout en appréciant la participation des autres artistes. Selon lui, « il est très normal qu’il y ait un brassage culturel pour que les africains puissent mieux se connaître et se comprendre ». Pour le chanteur, la présence de
l’UCAS Band à Saint-Louis est importante à plus d’un titre. « Le parrain de ce troisième festival mondial des arts nègres est Aimé Césaire. L’écrivain, qui est un homme de culture, a toujours été fasciné par la Casamance parce que selon lui, il y a des similitudes entre la Casamance et la Martinique. Si aujourd’hui on parle de musique africaine, sénégalaise, on peut penser à l’UCAS qui a été un pionnier. C’est pourquoi de Sédhiou à Saint-Louis, pour une similitude de faits historiques, on sait que le Star Jazz de Saint-Louis et l’UCAS Band de Sédhiou sont les premiers groupes à avoir intégré les instruments traditionnels dans la musique moderne. Le groupe Saint-Louisien, Téranga, a également joué sa partition, en régalant le public avec des titres tirés de son dernier album « Jikoo ».
Les férus de danse ont également été bien servis avec la compagnie indienne Seher. Le groupe ivoirien Ki-Si Mbock était aussi de la partie pour un talk show avec comme thème « L’Afrique se lève ». Le leader du groupe ivoirien, la Camerounaise Were Were Liking Gnepo, a eu un jugement positif sur la tenue de ce troisième Festival mondial des arts nègres. « Cette initiative est véritablement opportune car elle permet de revaloriser la culture noire », a-t-elle indiqué, tout en saluant la chaleur du public Saint-Louisien.
Samba Oumar Fall








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