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Conservateur du musée « MBIIN DIOGOYE » : Etienne Guirane Dieng, un passionné de Senghor

conservateur etienneAgé de 37 ans, Etienne Guirane Dieng est le conservateur du musée « Mbiin Diogoye » à Joal, la ville natale du premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor.  La passion en bandoulière, ce gardien du temple revisite, avec ses hôtes, « le Royaume d’enfance » de Sédar, mais aussi un pan de son parcours politique et poétique.


Dans le « Royaume d’enfance » de Senghor, des personnes s’activent pour participer à la perpétuation de l’œuvre du président poète. Parmi eux, Etienne Guirane Dieng, le conservateur du musée « Mbiin Diogoye », ce temple logé au cœur de la ville de Joal et qui revisite les différentes étapes de la vie du président poète. La passion en bandoulière, il accueille toutes les catégories sociales. Au menu des échanges, la vie et l’œuvre du premier président de la République du Sénégal.


 Etienne Guirane Dieng a rejoint « Mbiin Diogoye » en 2009. De taille moyenne, il a été recruté par la mairie de la ville de Joal. « Une autre personne s’occupait du musée. Quand il est tombé malade, j’ai été appelé pour le suppléer », confie-t-il avec un air de fierté. Mais il s’empresse de mesurer l’immensité de la tâche. Et à juste titre. Le musée est souvent visité par d’éminentes personnalités, des professeurs d’universités aux anciens présidents, en passant par les ministres, les doctorants et les citoyens ordinaires. « Je devais donc me battre pour répondre aux attentes des personnes qui veulent connaître Senghor », explique-t-il.


Guidé par la passion et la curiosité, Etienne s’est alors mis à la tâche. Mais, son cursus scolaire n’était pas pour lui faciliter la réussite de sa mission. Il a été viré de l’école en classe de troisième. « J’étais un grand gréviste. Je n’ai pas eu la chance de faire de longues et riches études comme Senghor, mais je suis fier de ce que je fais », fait-il savoir. Comme lot de consolation, Etienne Guirane Dieng se targue d’avoir changé le visage du Collège d’enseignement moyen (Cem) de Joal, où il fut un des pensionnaires. « Il n’y avait ni eau ni électricité dans l’établissement. Il y avait des fumoirs de poissons qui étaient à côté de l’école et qui empêchaient le bon déroulement des enseignements. Grâce à la grève que nous avions menée, les élèves sont actuellement dans de bonnes conditions pour bien étudier », raconte-t-il.


 Ce modeste cursus scolaire ne laisse pas indifférents les hôtes du musée « Mbiin Diogoye ». « Les gens s’étonnent souvent quand je leur explique mon cursus scolaire. Quand les occidentaux viennent et qu’on leur dise que c’est moi le conservateur, ils disent non : chez nous, les conservateurs sont souvent des personnes qui croulent sous le poids de l’âge. Ils se demandent comment se fait-il qu’un jeune puisse être le conservateur et parvienne à faire un travail aussi brillant », révèle le gardien du temple.


Avec Senghor, Etienne Guirane Dieng a peut-être rattrapé le gap qui l’éloigne des personnes ayant fait des études poussées. Il a puisé dans les veillées nocturnes. « Ma grand-mère, qui est une nièce du papa de Senghor, me parlait souvent de Diogoye, l’homme au grand troupeau. Je me suis dit pourquoi ne pas connaître quelqu’un qui est de chez moi. Comment se fait-il que les gens qui vivent ailleurs connaissent mieux que moi l’homme qui est le premier président de la République du Sénégal », explique-t-il.


Attaché à sa culture, Etienne Guirane Dieng évoque, avec éloquence et aisance, un pan important de la culture sérère, des secrets de la lutte aux nuits du Sine en passant par le rôle des pilons, des haches et des pagnes traditionnels. C’est cet attachement qui nourrit la passion que le conservateur a pour Senghor. « C’est la culture qui m’a poussé à nourrir cette passion. J’aime ma culture, je connais le terroir. Senghor est de mon milieu. C’est ce qui m’a poussé à être un passionné du président poète », confie-t-il, le sourire aux lèvres.  La curiosité a également guidé les pas d’Etienne vers Senghor. « J’apprends de moi-même. Je suis autodidacte aussi. Je vais chercher des informations, je fais des recoupements », souligne-t-il.


La passion semble l’emporter sur les motivations pécuniaires. Etienne reçoit un très modeste salaire mensuel de la  mairie, mais il est d’avis que le fait de parler du fils de Diogoye est plus riche que toute autre chose. « Au plan financier, je n’ai peut-être pas réussi, mais culturellement, je peux modestement dire que je suis à l’aise. Je suis très riche. D’abord, je suis sérère. Je m’accroche à ma culture. Je ne suis pas allé à l’université. La curiosité m’aide. Je rencontre souvent des personnes ressources. Je pose toutes les questions possibles pour emmagasiner le maximum de renseignements sur le président », avance-t-il.


 Les catégories de personnes qui visitent le musé, semblent doper le gardien du temple, qui affiche une détermination à vendre les liens entre Senghor et Joal, son terroir natal. « Quand les Antillais me parlent de Senghor, j’ai honte. Ces personnes connaissent mieux que nous ce que Léopold Sédar a fait pour le peuple noir », déclare le conservateur du musée « Mbiin Diogoye ». Le gardien du temple considère cette remarque comme un défi que les Antillais ont lancé à tous les Sénégalais. « Il n’est pas question que les autres connaissent mieux que nous le président poète », ajoute-t-il. Les professeurs d’université qui ont travaillé au quotidien avec Senghor, sont souvent à la rescousse du jeune conservateur. « Ils me parlent souvent de Senghor. Quand ces gens viennent dans la maison, je me transforme en visiteur », explique-t-il.  Dans le combat pour la pérennité de l’œuvre du président poète, Etienne Guirane Dieng ne semble pas sentir l’apport de l’Etat. « Le musée est un patrimoine national, on ne sent pas l’Etat », dit-il avec un air de regret. Les autorités étatiques qui s’aventurent à faire visiter ce temple à leurs hôtes, apprennent souvent à leurs dépens leur manque d’intérêt pour la continuité de l’œuvre de Senghor. « Un jour, un ministre est venu avec une délégation pour visiter. Il voulait visiblement faire croire à ses hôtes que c’est l’Etat qui a mis en valeur cette maison, j’ai refusé de lui ouvrir les portes. Il est sorti et a fait croire à ses hôtes qu’il y a un problème technique », raconte-t-il.


La fermeté affichée devant cette autorité contraste avec l’accueil souvent réservé aux autres visiteurs, les élèves principalement. Etienne dit ouvrir les portes de « Mbiin Diogoye » avec la mine joviale. « C’est un trésor où tous les Sénégalais peuvent puiser quelque chose qui peut guider leur parcours dans la vie sociale. Je reçois souvent des élèves. Le premier conseil que je leur donne est  de rester à l’école. Je leur dis : mieux on reste à l’école, mieux on a la chance de réussir dans la vie. Senghor est un exemple palpitant », fait-il remarquer.

•  Par Aly DIOUF, Babacar DIONE (textes) et Abib Dioum (photos)

 

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Senghor était le 24e enfant d’une famille qui en comptait 41

ShengorLa famille Senghor était à l’image des grands foyers africains. Un voyage dans son royaume d’enfance permet de découvrir que le président poète était le 24e enfant d’une fratrie de 41 enfants.


Contrairement à ce que bon nombre  de personnes pensent, Léopold Sédar Senghor n’est pas issu d’une famille nucléaire. Le père, Basile Diogoye, a eu 5 épouses et 41 enfants. Une polygamie qui a d’ailleurs opposé cet homme au curé de Joal. Sa première épouse est sa cousine Anna Diakhère Ndiambal Ndiaye, qui a eu 3 fils et 4 filles. Il convola en secondes noces avec Catherine Dior Dieng, la fille du puissant armateur de Gorée de l’époque, Ndiouga Dieng. Dior eu 4 garçons et 4 filles. La troisième épouse de Diogoye est Gnilane Ndiémé Bakhoum, la maman du président Sédar, qui signifie en sérère « celui qui n’aura jamais honte ». Gnilane était une fille modeste de Djilor que Basile Diogoye épousa après insistance d’un sage du village du nom de Khama Téning Ndèye Yaboun Senghor. « Epouse là, car de ses flancs, tu auras un enfant qui fera retentir ton nom dans le monde entier », insistait-il auprès de Senghor père. Avec Gnilane, Diogoye eu 5 garçons et 4 fils. Il épousa ensuite Mari Ndiaroum Diouf qui lui donna 3 filles et 6 garçons et enfin, Kangou Diouf qui eut 3 garçons et 4 filles. Dans ses écrits, le poète a dit quelque part : « Mes frères et mes sœurs serrent contre mon cœur leur chaleur nombreux comme des poussins ». D’après Etienne, il y a 50 ans de différence d’âge entre l’aîné, Adrien, et la cadette, Jeanne, de la famille Basile Diogoye Senghor.


« On peut avoir son idée sur la fortune de Basile si on entre dans cette maison construite en 1890, sans béton ni fer, mais avec de la pierre de Rufisque », dit le conservateur Etienne, qui était bénévole avant d’être intéressé symboliquement par la mairie de la ville de Joal-Fadiouth. Après la véranda de la bâtisse principale, la visite se poursuit à l’intérieur. Dans ce qui faisait office de salon, certains meubles sont authentiques, d’autres sont produits à l’identique. Rien n’est modifié. Tout est entretenu. Cela résonne au-dessous des pieds. « Il y a une cave qui faisait office de banque, mais c’était aussi un grenier en même temps », souligne le conservateur. Il y a des malles, des armoires, des portraits de quelques fils de Basile Diogoye, une table, etc. Le plafond de la salle est décoré par des planches aux couleurs marron et beige. Au milieu, se trouve une étoile à six branches. Le conservateur, plus que fier, dit : « A y regarder de plus près, c’est à partir d’ici que Léopold Sédar Senghor s’est inspiré pour choisir les symboles de la République et bâtir l’Etat ». Après l’éclatement de la Fédération du Mali, poursuit-il, Senghor a ajouté l’étoile verte qui est à la fois la couleur des musulmans, celle de son parti politique, le Ps, mais aussi la première couleur du drapeau. Il estime aussi que le choix des symboles de la République –que sont le Baobab et le Lion – n’est pas fortuit. Dans la demeure des Senghor, il y a un baobab, arbre qui fait partie des plus imposants du Sénégal, et le père s’appelle Diogoye, un nom qui signifie Lion, un animal considéré au Sénégal comme étant le roi de la forêt. A l’arrière du bâtiment principal, il y a une vaste arrière-cour avec une case en paille. Le conservateur commente : « Elle servait de cuisine, mais au-delà de cet aspect, le sérère aime rester modeste. Généralement, il y a une case à l’intérieur des concessions qui sont en dur ». Sous le baobab, il y a un pilon, une pierre (deux éléments qui, avec l’arbre, accueillent les libations dans la religion traditionnelle sérère). Il y a aussi une photo du Christ.


D’après Etienne, cette scène matérialise véritablement le syncrétisme religieux qui caractérise les Sénégalais de façon générale. Il estime que si Senghor, un catholique, a réussi à diriger un pays avec une écrasante majorité musulmane, c’est que, comme il le disait, « Le Sénégal est un pays à 90 % musulman, 10 % chrétien et à 100 % animiste ». Il poursuit : « si le Sénégal est resté stable jusqu’ici, c’est grâce à nos valeurs traditionnelles car si nous sommes musulmans ou chrétiens à 100 %, nous allons perdre ces valeurs et nous perdre ».


A droite de la bâtisse principale, se trouve le bâtiment qui était réservé aux garçons Senghor. Une statue de Senghor, « au millimètre près » (1,65 cm), en redingote, avec les attributs du président, y est érigée. Cette statue en béton bronzée est offerte au président Senghor par son coiffeur Grégoire Nascimento Dias. C’était en 1976, jour de son anniversaire, lorsqu’il avait 70 ans. Dans cette bâtisse composée de 4 pièces, la vie et l’œuvre de Senghor, à partir de son plus jeune âge jusqu’à son accomplissement politique, sont étalées.


•  Par Aly DIOUF, Babacar DIONE (textes) et Abib Dioum (photos)

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Basile Diogoye Senghor, un richissime homme d’affaires redoutable !

Le lien affectif entre Senghor et son royaume d’enfance remonte depuis son tendre enfance. D’après le conservateur, le père de Senghor, qui fut un riche négociant mais surtout un homme d’affaires redoutable, avait réussi à s’acheter trois bateaux. Il s’est construit un très grand troupeau, ce qui a motivé son déplacement stratégique à Djilor pour disposer de pâturage. Etienne rapporte que Basile Diogoye Senghor avait réussi à acheter toutes les terres comprises entre Samba Dia et Djilor. Il rapporte aussi que le jeune berger Senghor qui gardait le troupeau, s’adonnait souvent à la chasse et se rendait aussi dans les champs de cotons avec sa maman Gnilane Bakhoum. Selon le conservateur, Basile Diogoye Senghor est né à Joal vers 1847. Sa maman s’appelle Dieyi Dioh et son père Diène Senghor. Après une manipulation d’un fusil qui lui blessa son indexe droit, il fut confié à une infirmière métis du nom de Louise Mourlan, pour qu’elle le soigne. Sur demande du couple, Basile Diogoye Senghor, après être soigné, resta chez les Mourlan. Le mari, Adrien, l’initia au commerce. Très vite, le jeune homme curieux compris les arcanes du commerce et développa son propre business. Le commerce prospéra si vite qu’il racheta le commerce des Mourlan au bout de plusieurs années.

Le prénom Diogoye, qui signifie « Lion »  en sérère, présageait du destin de Senghor père, estime Etienne. A l’en croire, Diogoye était un véritable seigneur et vaincu en maître en pays sérère. La prospérité des affaires de Diogoye Basile Senghor l’obligea à s’installer stratégiquement à Djilor vers 1880, à l’âge de 33 ans. D’après la légende, Diogoye possédait un immense cheptel et de nombreux domestiques. Sa fortune était si colossale qu’elle a inspiré une chanson dans la contrée. « Naak a lolanga Jogoy Jegoun/Pis a lolanga Jogoy jegoun/ Tig a lolanga Jogoy jegoun ». Ce qui donne en traduction : « Cette vache qui meugle est celle de Diogoye/ Ce cheval qui hennit est celui de Diogoye/ Tout ce qui vit ici est sa propriété ». Sa richesse grandissante porta ombrage au chef de village. Une situation qui dégénéra en conflit et le village se divisa en deux. Le chef de village, Ngondé Basse, et ses partisans quittent Djilor pour fonder le village de Yayème. Plus tard, soutient-il, le Bour Sine Koumba Ndoffène II réussit à réconcilier Diogoye et le neveu de Ngondé Basse, qui a, entre temps, succédé à son oncle au poste de chef de village. Diogoye commerçait de l’arachide, du vin, du sel, du charbon de bois, de la chaux, entre autres marchandises. Il traitait avec l’extérieur et avait des partenaires, comme la Nosoco, Maurel, Soukay, Perrisac, etc. Il possédait trois cotres et faisait toutes la Petite Côte jusqu'à Gorée. En stratège avisé, il  envoya certains de ses enfants en France, afin qu’ils étudient et initient les autres au commerce avant de les installer à travers le pays. Tout comme Léopold Sédar, Pierre, Jean Ndiouga et Charles ont été envoyés très tôt en France pour aller poursuivre leurs études. A Djilor, son second fils, Simon, était son bras droit, l’aîné, Adrien, était à Ndande, René à Joal, Pierre à Bambey, Latyr à Banjul, François et Diène à Rufisque, Jean Gnilane à Nguéniène, Pierre Gnilane à Gossas. Comme leur père, ils étaient négociants.


Diogoye fut baptisé Le 27 octobre 1878. Il avait alors 29 ans mais était surtout ouverte aux autres religions. D’ailleurs, selon le conservateur, il a chargé deux émissaires à porter un taureau à cheikh Ahmadou Bamba Mbacké à l’occasion de son retour d’exil pour lui témoigner son amitié. « En réalité, c’est de là que remontent les relations entre Léopold Sédar Senghor et Serigne Fallou Mbacké », confie Etienne comme pour battre en brèche une idée bien répandue. Selon toujours lui, Senghor père a reçu à Djilor un des fils de Cheikh Oumar Foutiwou Tall et à plusieurs reprises le Bour Sine Coumba Ndoffène Fa Ndem. Outre cette tolérance, Diogoye, qui était élégant, quoique modeste, a développé au sein de sa famille un esprit de solidarité et d’ouverture.  

•  Par Aly DIOUF, Babacar DIONE (textes) et Abib Dioum (photos)

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Patrimoine : « Mbiin Diogoye », sur les traces du royaume d’enfance de Senghor

C’est comme une fenêtre ouverte sur une vie. Un cliché d’une vie presque parfaite. C’est l’histoire d’un riche homme d’affaires, d’une famille bourgeoise africaine dont la fortune repose sur le négoce, l’agriculture et l’élevage. Et notamment d’un condensé religieux, social et spirituel. C’est l’histoire du premier président du Sénégal indépendant, Léopold Sédar Senghor. Ici, la honte est négation !

C’est une vaste maison de type colonial nichée au bord de la route, au cœur de Joal. Le toit en tuiles noircies par les âges repose nonchalamment sur des murs décrépis. Comme un patriarche, un gigantesque baobab surplombe la bâtisse centrale pour veiller sur l’héritage ô combien précieux de la famille Senghor.


Voici « Mbiin Diogoye », la maison familiale du premier président de la République du Sénégal et non moins poète et académicien émérite. C’est ici qu’est né Léopold Sédar Senghor, le 24ème enfant d’une fratrie de 41 bouts de bois de Dieu.


Cette maison, construite en 1880 avec des pierres de Rufisque et « sans fer », devait, sans doute, être parmi les « nec plus ultra » de son époque. Elle tient toujours sous le poids de l’âge. Juste à l’entrée, deux bungalows se font face. Unanimes. Une troisième bâtisse perpendiculaire aux deux premières coupe la maison en deux cours. Dans la cour avant, deux voies pavées sous forme de croix relient les trois bâtisses au portail de la maison devenu musée et patrimoine historique classé. Les aires qu’elles laissent sont recouvertes de coquillages. Les bâtiments sont peints en blanc, avec le quart inférieur en jaune. Les portes et les plafonds en vert. Les murs sont épaisses, les vérandas spacieuses et les façades fleuries.


Un puits peu profond se trouve devant la principale bâtisse. D’ailleurs, c’est par celle-ci que le conservateur, Etienne Guirane Diène, démarre la visite des lieux. A l’intérieur de la véranda, se dresse le portrait de Diogoye dont la vie et l’œuvre sont retracés par des tableaux synoptiques dits et redits par cœur par le conservateur. Il y a quelques uns de ses fils, dont l’aînée Adrien, la cadette Jeanne. Il y a aussi des photos de Louise et de Dior dont la cantatrice attitré du président poète, Yandé Codou Sène, a tant chanté (« Léo Kor Joor ! ») « C’est la sœur aînée de Senghor », renseigne le conservateur, selon qui l’école Dior des Parcelles Assainies de Dakar et l’hôtel Dior de Kaolack sont baptisés à son honneur.


Vêtu d’un pant court beige et d’un T-shirt blanc, Etienne relate fièrement l’histoire de cette famille. Selon lui, Léopold Sédar Senghor, qui est né officiellement le 09 octobre 1906 à Joal, serait baptisé le 15 août de la même année. Il explique ce décalage par les travaux champêtres et l’hivernage qui ont empêché Basile Diogoye Senghor de se rendre à Gorée commune à laquelle Joal, Fadiouth et Fadial étaient rattachés.


Selon le conservateur, le petit Senghor, qui a tant évoqué son oncle maternel, « Toko Waly », a vécu à Djilor Djidiack jusqu’à l’âge de 7 ans à garder le grand troupeau de la famille. Tout comme le père, le jeune berger Senghor manipula une arme qui causa un incident. Alors le papa le rapatria pour l’inscrire à l’école de la mission catholique de Joal avant qu’il ne rejoigne le séminaire de Ngazobil. Il passa neuf ans dans cette cité reclus, puis au collège Liberman avant d’être exclu, parce qu’il avait organisé un mouvement d’humeur. Le désormais aspirant prêtre dit à ce propos : « C’est là que les choses se gâtèrent et je deviens contestataire ».

•  Par Aly DIOUF, Babacar DIONE (textes) et Abib Dioum (photos)


La vallée du Djobass, un trésor hydraulique à revitaliser (1/3)

Née du plateau de Thiès, la vallée du Djobass est un cours d’eau d’influence de portée nationale. Elle traverse tout le bassin arachidier et donne naissance au Ferlo et au Saloum dans la zone sylvo pastorale à l’est de Linguère dans le Barkédji. Ainsi, constitue-t-elle un véritable enjeu national, mais aussi et surtout, elle est devenue une grande victime de la dégradation, du fait du déséquilibre des écosystèmes naturels dans le plateau de Thiès. Des initiatives sont prises pour sa revitalisation. Au cœur de cette vallée, nous avons cherché à en savoir plus.

Notto Djobass. La communauté rurale qui polarise de nombreux villages de l’ancienne province sérère du Djobass est à une vingtaine de kilomètres de Thiès. On est loin du temps où, pour aller à cette contrée, les femmes venues écouler leurs produits à Thiès étaient obligées de subir les affres d’une piste défectueuse. Actuellement, c’est une route en bon état qui relie la capitale du rail à tous ces villages.


 Le long du bitume, juste à la sortie de Thiès, se dessinent les immenses champs de mil avec les épis qui annoncent une bonne moisson. Juste après le quartier Silmang qui délimite la ville de Thiès vers son versant nord, les villages du Djobass se succèdent sur la route : Thiokhol, Bamback Sérère, Notto etc. Des villages qui ont connu une certaine splendeur avec la vallée du Djobass qui, aujourd’hui, du fait des changements climatiques, a presque disparu.


« La vallée du Djobass est connue de tout le monde parce qu’elle constituait un véritable foyer du développement où l’on cultivait du tout et en toutes saisons », témoigne Theodore Taye, un conseiller rural à Notto Djobass et président de la commission environnement. Avec son père, il a eu à s’investir dans cette vaste vallée dont l’arrondissement de Notto constitue la zone d’intervention. Ici, les mares et marigots remplis par les pluies durant l’hivernage (de juin à octobre) constituent les seuls cours d’eau et où le marigot de Djobass qui est le plus important,  collecte les eaux du Plateau de Thiès et de Pout Diack. Pour une trajectoire qui va du village de Sanghé-Dioungane-Pélew-Notto-NDiokham-Hanène-Mbousnakh et tant d’autres villages, plus d’une quarantaine plus exactement qui peuvent bénéficier de manière directe ou indirecte des retombées de l’emprise de la vallée, d’où l’importance de la vallée du Djobass. Diverses activités agro-économiques peuvent y être développées. Ces activités ont un impact, à coup sûr, sur un nombre important de populations de l’arrondissement de Notto Djobass qui comprend deux (02) communautés rurales : Notto (avec 67 villages) et Tassette (avec 51 villages) soit 118 villages polarisés.

•  Par Mohamadou SAGNE et Oumar NDIAYE (textes), Mbacké Ba (photos)

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