A LA UNE

Lewis LUCKENS, ambassadeur des ETATS-UNIS : « Obama a choisi le Sénégal pour sa stabilité et sa démocratie »

En marge de l’inauguration du nouveau centre américain de formation et de recherche appliquée de Dakar (Daart), projet financé par le département américain, logé au Warc, l’ambassadeur américain, Lewis Luckens est revenu sur la prochaine visite que le président Barack Obama effectuera en Afrique et particulièrement au Sénégal. Pour lui, le Sénégal est un partenaire de première importance des Etats-Unis, en Afrique francophone. 

Le président des Etats-Unis Barack Obama va effectuer une visite en Afrique au mois de juin. Parmi les trois pays où il va se rendre, figure le Sénégal. Pourquoi ce choix ?
«Le Sénégal est le seul pays en Afrique de l’Ouest qu’il va visiter, mais il va en profiter pour rencontrer les membres de la société civile de l’Afrique de l’Ouest basés à Dakar. Le président Obama va venir en Afrique pour renforcer des liens très forts qui existent entre les Etats-Unis et l’Afrique. A travers cette visite des trois pays que sont le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tanzanie, il encourage le développement des liens économiques et commerciaux, le renforcement de la démocratie africaine».
 
Pourquoi le Sénégal a-t-il été choisi ?
«Le Sénégal est un bon exemple de démocratie en Afrique, c’est un partenaire très fort et stable pour nous. C’est notre partenaire le plus important en Afrique francophone».

Cette visite symbolise-t-elle une prime à la démocratie ?
«La tradition de démocratie du Sénégal et le transfert paisible du pouvoir sont les raisons qui expliquent le choix de votre pays».

Le président Obama, depuis son arrivée au pouvoir, n’est pas venu à Dakar. Pourquoi avoir différé sa visite depuis son élection ?
«Il n’est président que depuis quatre ans et il a un programme très chargé aux Etats-Unis avec la crise économique mondiale. Il a décidé maintenant de venir au Sénégal et nous sommes très heureux de sa prochaine visite, ici».

La coopération entre le Sénégal et les Etats-Unis est au beau fixe, mais les échanges commerciaux restent faibles. Qu’est-ce que les Etats-Unis comptent faire pour inverser la tendance ?
«Certainement les deux présidents, des Etats-Unis et du Sénégal vont discuter de cette question et voir comment renforcer des liens commerciaux entre nos deux pays».

Comment appréciez-vous la nouvelle politique du président Macky Sall basée sur la bonne gouvernance ?
«Nous soutenons ce que le président Macky Sall fait pour la bonne gouvernance, la transparence et sans doute les deux présidents vont en discuter».

Pouvez-vous revenir sur son agenda à Dakar ?
«Nous sommes toujours en train de discuter de son programme avec les autorités sénégalaises. Nous n’avons encore rien arrêté de manière définitive».

Pourquoi le gouvernement américain a-t-il financé le projet Daart ?
«Nous pensons que c’est très important de financer les jeunes africains. Pour nous, ces jeunes représentent la nouvelle génération de leaders de l’Afrique de l’Ouest. En tout cas nous comptons sur eux pour voir l’émergence de cette future génération de leaders d’un autre type en Afrique de l’Ouest».

Recueillis par M. NDONG et El H. I. THIAM


 

Sommet d'Addis-Abeba : Macky Sall participe au cinquantenaire de l'Union africaine

Le président de la République, Macky Sall, est arrivé, hier en milieu de journée à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie, en provenance du Qatar où il a pris part au 13ème Forum économique international. A cette occasion, le chef de l’Etat assistera aux festivités marquant le 50ème anniversaire de l’organisation continentale où Aline Sitoé Diatta, Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta Diop et le cinéaste Ousmane Sembène seront honorés.

Selon le communiqué du service de presse de la présidence de la République, le chef de l’Etat prendra part à une rencontre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) dont il assure la présidence. Le chef de l’Etat participera aux festivités qui marquent le 50ème anniversaire de la création de l’Organisation de l’unité africaine (Oua), devenue Union africaine (Ua). A cette occasion, l’organisation continentale a décidé de célébrer plusieurs personnalités qui ont joué un grand rôle pour la grandeur et la dignité de l’Afrique. Parmi ces figures, on peut citer Aline Sitoé Diatta, la Reine de Cabrousse, héroïne nationale qui a fait face aux français pendant la période coloniale au Sud du Sénégal, en demandant aux populations locales de refuser de payer l’impôt en nature exigé par le pouvoir colonial. La grande dame de Cabrousse a été arrêtée puis exilée à Tombouctou, au Nord Mali, jusqu’à sa mort. Des certificats de reconnaissance à titre posthume, seront décernés, par l’Ua, à Aline Sitoé Diatta, à l’ancien président Léopold Sédar Senghor, à l’historien Cheikh Anta Diop et au cinéaste Ousmane Sembène.
Après le Sommet d’Addis-Abeba, le chef de l’Etat sera du 1er au 3 juin à la Conférence de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad V), au Japon. Il sera également en France, à l’Unesco précisément, le 5 juin pour la remise du Prix Houphouët Boigny au président François Hollande, en présence du chef de l’Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara, les anciens présidents Konan Bédié et Joachim Chissano, et le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.

Les femmes à l’honneur

Á l’occasion du 50ème anniversaire de l’Oua, les femmes seront à l’honneur pour leur contribution à la renaissance de l’Afrique.  
Les femmes africaines qui ont contribué à la renaissance de l’Afrique seront à l’honneur lors d’une réception prévue aujourd’hui.  Selon Jeanine Cooper, présidente de l'Équipe de liaison des Nations unies auprès de l’Ua à Addis-Abeba, les femmes africaines au sein du gouvernement, des entreprises privées, de la société civile et des institutions intergouvernementales constituent le nouveau partenariat pour l’action. Selon le document reçu, « les femmes africaines trouvent des solutions pour protéger leur foyer, leur communauté, leur pays et leur région. Elles privilégient la sécurité, la protection des actifs, la génération de revenus et l’amélioration de la qualité de vie ». La célébration vise à honorer les femmes dirigeantes exceptionnelles qui ont eu un impact sur leur pays et leur communauté et qui continuent d’être un modèle pour les jeunes femmes qui aspirent à devenir des dirigeantes.  L’événement proposera également la projection de « les femmes qui montent ; le leadership politique en Afrique » par Femnet et le Pnud. La réception fera sous le patronage des chefs de la Cea, du Pnud,  d’Onu et d’Ocha (Addis-Abeba), de MM. Carlos Lopes, Zachary Muburi-Muita,  Eugene Owusu et de Mme Jeanine Cooper.
 

El. H. A. THIAM

Photo: Naffa BARRO (Présidence)


Développement local : L’Etat dégage 5,5 milliards de FCfa pour la modernisation de Tivaouane

La cité religieuse de Tivaouane va bientôt changer de visage sur le plan des infrastructures, de la santé, du sport, etc. Une enveloppe de 5 milliards 500 millions de francs Cfa a été dégagée hier, à l’issue du Conseil interministériel sur la modernisation de la ville.
Hier, le Premier ministre du Sénégal, Abdoul Mbaye, a présidé, à la Primature, une réunion interministérielle sur la modernisation de la ville de Tivaouane, en présence des différents ministères concernés et des élus locaux de la commune dont le maire de la commune. Après avoir pris connaissance du travail réalisé par le comité qui a été mis en place à cet effet et regroupant toutes les parties prenantes, le Premier ministre a procédé à un arbitrage en faveur de la cité religieuse, selon Thierno Alassane Sall, ministre des Infrastructures et des Transports. Pour ce dernier, le travail du comité se déclinait en deux séquences dont la première visait les actions prioritaires pour la modernisation de la ville de Tivaouane, et la seconde les actions sociales.
Toutefois, a noté M. Sall, « la modernisation au sens authentique du terme suppose un plan directeur d’urbanisme de Tivaouane ». Et au cours de cette rencontre, cette proposition du comité a été retenue. Ainsi, « dans l’attente de la définition du Plan directeur de d’urbanisme de Tivaouane, les actions prioritaires pour la commune ont été arrêtées à  5 milliards 500 millions de francs Cfa », a informé le ministre. « Les crédits sont disponibles, avec une enveloppe qui dépasse même ces actions prioritaires prévues. Ils permettront d’engager très rapidement des actions dans l’immédiat », a-t-il assuré.
Le ministre des Infrastructures et des Transports a aussi indiqué qu’il a été retenu au cours de cette rencontre de créer des zones d’aménagement, dans l’attente dudit plan, pour « faire face à la demande urgente et incessante de logement dans la ville ». Dans la seconde séquence de la modernisation de la cité religieuse, figurent le relèvement du plateau médical de l’hôpital de Tivaouane sur un montant de 600 millions de francs Cfa.

150 millions pour réhabiliter la préfecture
« Cette modernisation de Tivaouane marquera d’une pierre blanche l’histoire du Sénégal et de Tivaoune qui est la 5ème commune du pays », a déclaré le maire de la ville de Tivaouane, El Hadji Malick Diop, très satisfait de l’arbitrage du Premier ministre et de la volonté du gouvernement de moderniser sa commune. « Il cadre bien avec les besoins des populations de la commune », a indiqué M. Diop, qui révèle que le centre de santé de la commune sera réhabilité, et que quatre autres postes de santé seront construits. Par ailleurs, à en croire M. Diop, 33 villages d’une superficie de 7 000 km2 seront rattachés à la cité religieuse à travers la construction d’infrastructures routières et l’extension du réseau électrique. « Il est important de rattacher ces villages à la ville de Tivaouane », a-t-il souligné. Pour le maire de Tivaouane, la réalisation de toutes ces actions prioritaires facilitera un bon déroulement des prochaines éditions du gamou de la cité religieuse.
Le maire de la ville de Tivaouane, El Hadji Malick Diop, a révélé que la pose de la première pierre du nouvel hôtel de ville de la commune se fera d’ici 15 jours.
L’ancien va servir d’un hôtel de ville annexe, a avancé le maire, qui révèle aussi que la préfecture de Tivaouane qui fait partie des monuments historiques de la ville sera réhabilitée à hauteur de 150 millions de francs Cfa.
Au cours de cette rencontre, selon le maire de la ville de Tivaouane, l’éclairage du stade municipal, qui est une priorité des jeunes, a été abordé. Selon El Hadji Malick Diop, le Premier ministre Abdoul Mbaye a donné des instructions pour que cette contrainte soit levée au grand bonheur des jeunes de la commune. À son avis, une enveloppe de 60 millions de francs Cfa a été dégagée pour l’éclairage du stade municipal de Tivaouane.

Souleymane Diam SY


Livre : « Les sénégalais de New York », Aly Kheury Ndaw raconte le long chemin de l’émigration

« L’histoire est ancienne, celle qui a tissé, tisse encore et tissera toujours, des liens indéfectibles entre Dakar et New York… », raconte le journaliste Aly Kheury Ndaw dans de l’avant-propos de son livre : « Les Sénégalais de New York ».  

L’ouvrage « Les Sénégalais de New York » de Aly Kheury Ndaw (326 pages), paru aux éditions l’Harmattan en octobre 2012, devrait intéresser une large frange de lecteurs de tous horizons. Le journaliste est resté fidèle à son métier et met à profit son savoir-faire pour aller à la découverte de nos compatriotes au pays de l’Oncle Sam. Les sens en éveil, il met à profit un long séjour aux Etats-Unis pour se replonger avec délectation dans l’écriture.
Plus qu’un simple reportage sur les faits de tous les jours, au-delà du descriptif et du vécu, l’auteur entre, à force d’investigations et de recherches, dans les arcanes de l’histoire d’une émigration sénégalaise aux Etats-Unis, précisément à New York. L’ouvrage « les sénégalais de New York », récit vivant très documenté sur le plan de l’histoire, chiffres et dates à l’appui, prend une dimension documentaire et scientifique indéniable. Aly Kheury Ndaw met en scène Serigne Ndiaye, un fonctionnaire en poste, au début de l’année 1990, au service de presse de l’ambassade du Sénégal à Washington. Dans ses tribulations d’une ville à l’autre et à New York où il se rend, il ne tarde pas rencontrer des Sénégalais, d’abord ces célèbres « modou modou » commerçants au long cours, mais aussi des Sénégalais établis parfois depuis des lustres, parfaitement intégrés dans le tissu social et économique américain.
A la découverte du nouveau pays où il séjourne, Serigne Ndiaye se projette dans un travail de caractère sociologique, mais aussi d’historien en recoupant les dates et les pans de récits rapportés par ses interlocuteurs.  L’auteur montre avec un certain ravissement comment les Sénégalais, sans se connaître, parviennent parfois, au détour d’une rue ou sur une place, à reconnaître un compatriote.
Curieux, avide d’en savoir plus sur ses compatriotes vivant dans ce pays de l’Oncle Sam, Serigne Ndiaye se résolut de retourner à Harlem autant de fois qu’il lui sera possible de le faire. Il avait décidé, avant tout, de faire connaissance avec ces Sénégalais de l’extérieur installés en Amérique, à New York.
Son modus operandi, il l’énonce clairement. Il s’agira de savoir qui sont ces Sénégalais ? Que font-ils  dans ce mastodonte de ville ? Comment se comportent-ils ? Vivent-ils pleinement leur « sénégalité » loin de leur terre natale ? Se sentent-ils à l’aise en ce territoire étranger après avoir laissé derrière eux famille, parents, amis, ce qui leur importe le plus, ce qui leur est le plus cher dans leur vie ?  Quid de ces émigrés quittant leur pays et ces émigrés arrivés à destination ?
Sont-ils fiers d’être attributaires de deux idiomes leur collant comme une étiquette de label de marchandise envoyé d’un point à l’autre ?
C’est un vaste chantier que Serigne prend à bras le corps. L’ouvrage de 326 pages, agréable à lire, est bien segmenté en chapitres qui peuvent se lire à part, tout en étant les différents éléments constitutifs de l’histoire racontée.

La vague des émigrés économiques
 L’auteur fait un lien avec les premières vagues d’émigrants vers la France et explique comment « la France s’est enfermée » alors que « l’Amérique s’ouvrait ». La vague des émigrés vers la France dans les années 1960 est majoritairement composée de Sarakholés, Soninkés, Toucouleurs. En ces temps où le voyage se faisait à bord de bateau, ces gens étaient affublés du qualificatif d’«émigrés économiques ».
Les mesures draconiennes contre l’immigration en France, à partir de 1974, aboutissent à la loi Pasqua en 1986, avec une incidence sur le droit d’asile, le regroupement familial, le statut de mariage français, l’obtention de la nationalité française, etc.
Une grande majorité d’émigrés sénégalais se dirigeront à partir des années 1980 vers l’Italie et l’Espagne.  
Quelques années après que la France se fut engagée dans le durcissement des conditions d’accès à son territoire, les Etats-Unis surprennent avec la « Diversity Visa Program »,  une mesure « originale et généreuse » en adéquation avec leur caractère de pays d’immigration.
Il s’agissait d’une loterie annuelle, organisée et proposée à travers le monde où les gagnants obtenaient une admission officielle en Amérique, « leur ouvrant à la fois de multiples possibilités d’accès à une kyrielle d’opportunités pouvant déboucher sur un mieux-être ».

Louis Mbarick Fall dit Battling Siki et les cinq frères Lèye
C’est ainsi que, dans les années 1980-1990, des dizaines de Sénégalais commencent à grossir les rangs de leurs compatriotes en Amérique en bénéficiant, par chance, de cette loterie américaine des visas, même si celle-ci à une importance limitée du fait des quotas retenus. Il s’agit de 55.000 visas annuels répartis entre les pays éligibles, ceux ayant une faible quantité de ressortissants aux Etats-Unis. Autant dire avec le Sénégal, plusieurs pays africains sont concernés.   
 De nos jours, avance Aly Kheury Ndaw, en France, en Italie et en Espagne, chacune des communautés sénégalaises égale plusieurs fois celle de New York. C’est en fait, au début des années 1970 que l’on note les premiers groupes d’émigrés sénégalais vers l’Amérique et ils sont Baol Baol, Ndiambour Ndiambour et Cayoriens.
L’auteur ouvre des pans d’histoire. Il parle de ces pionniers de l’émigration sénégalaise qui ont pour nom Louis Mbarick Fall né le 16 septembre 1897 à Saint-Louis (Sénégal) et mort le 15 décembre 1925 à New York. Il fut à 25 ans le premier africain champion du monde de boxe sous le nom de « Battling Siki ». Dans « Les Sénégalais de New York », on rencontre aussi les cinq frères Lèye considérés comme les premiers sénégalais émigrés chez l’oncle Sam, dès 1919. L’écrivain Lamine Diakhaté évoque leur histoire dans son célèbre roman « Chalys d’Harlem ».
Les chapitres du livre orientent le lecteur. On entre dans  la « révolution des tresses » qui raconte comment la mode des tresses s’est imposée dans la mode des afro- américaines avec les coiffeuses sénégalaises. « Little Sénégal dans Harlem » démontre la capacité d’adaptation de nos compatriotes. Cet ouvrage illustré par une planche de photographies nous parle encore de la communauté sénégalaise, son rapport avec « l’argent, nerf de l’émigration », le développement des regroupements confrériques, les voix sénégalaises sur les ondes radiophoniques, les relations diplomatiques entre le Sénégal et les Etats-Unis qui célèbrent leurs 130 ans d’existence, etc.  
Aly Kheury Ndaw, ancien journaliste au quotidien national Le Soleil, a marqué de son empreinte l’histoire de ce premier quotidien sénégalais par sa carrure et son style distingué qui a fait la race des grands hommes de presse sénégalais. Grand reporter, commentateur, éditorialiste et critique de cinéma, Aly Kheury Ndaw a été rédacteur en chef du quotidien Le Soleil. Il est un témoin précieux et un pionnier qui a jeté les bases d’une nouvelle presse sénégalaise marquée par le sceau du professionnalisme. C’est justement la rigueur de cette vieille école que l’on retrouve dans le livre « Les sénégalais de New York », un condensé de labeur et d’opiniâtreté avant de devenir un précieux document d’étude et de connaissance pour toutes les générations.                         

Jean PIRES


Attaques du MUJAO : Deux attentats suicides font 20 morts au Niger

Deux attentats suicides quasiment simultanés contre l'armée nigérienne et le groupe nucléaire français Areva, revendiqués par les islamistes du Mujao, ont fait, hier, 20 morts, essentiellement des militaires, dans le nord du Niger.

A Agadez, des élèves officiers sont retenus en otages par un assaillant impliqué dans l'opération perpétrée à l'aube contre un camp militaire de cette grande ville du nord désertique du Niger, selon le gouvernement. Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des groupes armés qui occupaient le nord du Mali depuis 2012 avant d'en être chassés depuis janvier, a revendiqué ces attaques.
"Grâce à Allah, nous avons effectué deux opérations contre les ennemis de l'islam au Niger", a déclaré à l'Afp le porte-parole Abu Walid Sahraoui. "Nous avons attaqué la France, et le Niger pour sa coopération avec la France dans la guerre contre la charia" (loi islamique), a-t-il lancé. Le premier attentat à la voiture piégée, hier, a visé un camp militaire d'Agadez, vers 05H00 (04H00 Gmt). "A Agadez, nous avons 19 morts, 18 militaires et un civil", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Abdou Labo, faisant aussi état de "13 blessés, dont six graves" dans les rangs de l'armée.
"Quatre kamikazes sont morts dans l'explosion", a-t-il poursuivi.
"Un cinquième kamikaze s'est enfermé dans un local avec des otages élèves officiers" en formation à Agadez, a-t-il ajouté. Selon lui, "les dispositions sont prises pour arrêter le kamikaze" et libérer les "quatre à cinq" otages, toujours dans l'enceinte même du camp. Le président français, François Hollande, a averti que Paris appuierait "tous les efforts des Nigériens pour faire cesser la prise d'otages" et "anéantir" les auteurs des attaques.
Les autorités nigériennes regardent vers la Libye voisine. "Les kamikazes viennent effectivement de Libye. La Libye est en train de devenir un sanctuaire de terroristes", a assuré un haut responsable civil de la région d'Agadez.

Areva encore visé
Environ une demi-heure après le premier attentat, un autre véhicule a explosé sur un site du groupe nucléaire français Areva, à Arlit (240 km au nord d'Agadez), a indiqué un employé de la Somaïr, une filiale d'Areva exploitant l'uranium dans la zone.
"Un homme en treillis militaire conduisant un véhicule 4x4 bourré d'explosifs s'est confondu avec les travailleurs de la Somaïr et a pu faire exploser sa charge devant la centrale électrique de l'usine de traitement d'uranium située à 7 km d'Arlit", a-t-il affirmé.
Deux kamikazes sont morts, selon les autorités, qui déplorent "49" blessés parmi les forces de sécurité.
Un Nigérien a été tué et quatorze autres blessés et hospitalisés, a fait savoir, pour sa part, Areva, sans préciser s'il s'agissait d'employés au sens strict ou de policiers ou militaires qui assurent la sécurité du site. Depuis le lancement de l'opération franco-africaine dans le nord du Mali, l'armée nigérienne avait renforcé la surveillance de sa frontière longue et poreuse avec ce voisin pour limiter l'infiltration d'éléments islamistes. Niamey s'inquiète aussi de l'instabilité dans le Sud libyen et au Nigeria, son voisin du Sud en proie aux islamistes de Boko Haram.

(AFP) 


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