A LA UNE

Ordres nationaux : Le chef de l’Etat distingue huit personnalités de la République

D’anciens présidents de l’Assemblée nationale et d’anciens Premiers ministres ou présidents d’institutions ont été élevés, hier, par le chef de l’Etat, à la dignité de Grand-officier et au titre de Commandeur. Une distinction qui vient réparer une injustice qui a longtemps frappé de dignes fils de la Nation qui ont contribué à la construction nationale.
La cérémonie est solennelle, les mines radieuses. Celles des grands jours.  Ils sont anciens Premiers ministres comme Habib Thiam et Souleymane Ndéné Ndiaye ou anciens présidents de l’Assemblée nationale comme Cheikh Abdoul Khadre Cissokho, Mamadou Seck ou encore de hautes personnalités ayant dirigé de hautes fonctions de la République. A l’image de l’actuelle présidente du Conseil économique social et environnemental (Cese), Aminata Tall ou encore Me Mbaye Jacques Diop qui a eu à diriger le défunt Conseil pour la République pour les affaires économiques et sociales (Craes). Toutes ces grandes figures de la République ou citoyens d’exception tels que le sculpteur Ousmane Sow, membre de l’Académie des Beaux-Arts de Paris sont venus à la présidence de la République, accompagnés des membres de leur famille. Devant ces derniers, le président de la République les a distingués en tant que dignes filles et fils de la Nation qui ont apporté leur pierre à l’œuvre de construction nationale. « Vous avez mérité de la Nation cette distinction. La Nation vous est en retour reconnaissante », a témoigné Macky Sall en élevant les anciens présidents de l’Assemblée nationale et les anciens Premiers ministres à la dignité de Grand-officier de l’Ordre national du Lion.
Cheikh Abdoul Khadre Cissokho, Mamadou Seck, Habib Thiam, Pape Diop (absent) et Souleymane Ndéné Ndiaye ont reçu, chacun, ce titre des mains du président de la République. Défileront ensuite Aminata Tall, Me Mbaye Jacques Diop et Ousmane Sow pour être élevés au grade de Commandeur de l’Ordre national du Lion. Par ce geste, le chef de l’Etat Macky Sall entend réparer « une injustice, une anomalie », car selon lui, de hautes personnalités de la Nation sénégalaise qui ont mérité de l’Etat et de la Nation se retrouvent, dans la plupart des cas, sans aucune décoration après des années de bons et loyaux services rendus au pays. « Paradoxalement, a expliqué le chef de l’Etat, ces mêmes personnalités, au parcours professionnel exceptionnel, sont souvent élevées dans des dignités étrangères.

« Corriger les incohérences »
Et leur admission au grade de chevalier, dans nos Ordres nationaux, à la fin de leur activité, n’est pas à la hauteur des services qu'ils ont rendus à leur pays ». C’est pourquoi, il a demandé, depuis 2012, au chancelier de l’Ordre d’essayer de « corriger ces incohérences ». Ceci, dans le respect des règles d’équité, de justice et d’universalité qui fondent l’Ordre. Désormais, les Premiers ministres en fonction sont élevés au titre de Grand-officier de l’Ordre national de mérite après un an de service. Les anciens Premiers ministres et les anciens présidents de parlement qui ont exercé, pendant au moins 2 ans, leur fonction, sont élevés au titre de Grand-officier de l’Ordre national du Lion.
Ces réformes entrainent ainsi la suppression des conditions d’ancienneté pour la nomination ou la promotion des anciens ministres et anciens députés ayant accompli au moins deux (2) ans de fonction ou un (1) mandat. Egalement, certaines personnes qui ont un «parcours professionnel exceptionnel » peuvent être directement promues dans des grades autres que chevalier ou dignité. « Toutes ces mesures concourent à rétablir l’équité et la justice dans le système de reconnaissance du mérite citoyen. Elles offrent désormais aux hommes et aux femmes qui ont servi honorablement la République et la Nation et qui ont été longtemps pénalisés par leur statut, d’accéder désormais à nos plus hautes distinctions nationales », a indiqué le chef de l’Etat. Depuis hier, ces huit personnalités qui ont été décorées par le chef de l’Etat constituent les premiers bénéficiaires de la mesure.

Maguette NDONG

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Gauche sénégalaise : Faiseur de roi jusqu’à quand ?

En contribuant activement aux deux alternances politiques en 2000 puis en 2012, la Gauche s’est forgée une réputation de faiseur de rois. Mais décidée à réaliser son pari qui est de faire du Sénégal une nation prospère et juste,  elle n’entend plus se contenter de cette étiquette. Elle a mis en place une confédération, au terme de ses assises tenues à Dakar, afin de mieux peser sur l’échiquier politique.
A défaut de conquérir le pouvoir, la Gauche s’est taillée une réputation de faiseur de rois. Elle a joué un rôle déterminant dans les deux alternances politiques survenues au Sénégal en 2000 et 2012. En 1998, elle avait fait bloc autour du secrétaire général national du Pds, Abdoulaye Wade, en faisant de ce dernier  son candidat à  l’élection présidentielle de 2000. « C’est la gauche qui était allée chercher Me Abdoulaye Wade en France où il séjournait depuis un bon moment. Le leader du Pds ne croyait presque plus à la possibilité d’accéder à la magistrature suprême et de faire partir le régime socialiste », rappelle El Hadj Momar Samb, le secrétaire général du Rassemblement des travailleurs africains du Sénégal (Rta-S). Avec le Pds, la gauche représentée, entre autres, par le Parti de l’indépendance et du travail (Pit), la Ligue démocratique (Ld) et And Jëf Pads, lance, en 1998, la Coalition Alternance 2000 (Ca) qui porte la candidature du pape du Sopi à l’élection de cette même année. En réussissant à former une alliance électorale avec celui qui était alors, le chef de file de l’opposition, la Gauche venait de poser les jalons du début de la fin du régime socialiste. Ainsi, lors du premier tour du scrutin présidentiel, le candidat de la Ca 2000 obtint 30 % des suffrages valablement exprimés contre 41 % pour le président sortant Abdou Diouf. Pour le régime socialiste, la messe était dite. Pour la première fois, en quatre élections présidentielles d’affilée, le candidat Abdou Diouf fut contraint à un second  tour aux conséquences politiques incertaines. Le résultat final de ce scrutin donna Me Wade largement vainqueur ; grâce à un score de plus de 58 % des voix ; tandis que son malheureux adversaire dépassait à peine son pourcentage réalisé au premier tour (41 %). Après 26 ans d’opposition acharnée,  le secrétaire général du Pds, grâce notamment au soutien précieux de la Gauche, venait de mettre un terme à 40 ans de pouvoir, sans partage, du régime socialiste. La première Alternance politique venait d’être réalisée au Sénégal, suscitant espoirs et des lendemains meilleurs. Seulement, l’unité qui valut à la Ca 2000 de déboulonner l’inamovible Ps, vole vite en éclats à l’épreuve du pouvoir. « Nous nous étions entendus pour que le président Abdoulaye Wade mette en œuvre le projet politique de la Ca 2000, une fois au pouvoir ; il refuse de respecter cet accord. En lieu et place, Wade a préféré dérouler son propre programme », regrette El Hadj Momar Samb. On connait la suite. En raison de profondes divergences sur la gestion du pouvoir par le pape du « Sopi », les amis d’hier de la Ca 2000 finissent par consommer définitivement le divorce, entrainant, en même temps, une reconfiguration et une plus grande lisibilité du paysage politique. La Gauche qui a aussitôt retrouvé l’opposition, son terrain favori, initie un nouveau combat pour le départ d’Abdoulaye Wade de la magistrature suprême. Elle multiplie les initiatives contre le régime libéral.

Peser davantage sur la scène politique
En 2008, elle est au cœur des Assises nationales organisées par le Front «Siggil Sénégal» regroupant, à l’époque l’opposition dite significative, avec comme chef de file le Parti socialiste (Ps). Dans la même lancée, la Gauche, en compagnie du Ps et de l’Alliance des forces et progrès (Afp), participe au boycott des élections législatives de 2008, toujours pour contester la légitimité du régime en place. En l’absence d’adversaires de poids, le Pds et ses alliés gagnent haut la main le scrutin avec plus d’une centaine de députés à l’Assemblée nationale. Une véritable razzia. Mais les forces de Gauche sont loin de dire leur dernier mot. Elles s’allient avec le Ps et l’Afp et mettent sur pied, la coalition « Bennoo Siggil Sénégal » dans la perspective des Locales du 22 mars 2009. Cette fois, l’opposition et la Gauche prennent leur  revanche sur les libéraux en remportant beaucoup des grandes villes du pays parmi lesquelles, la capitale Dakar, Kaolack, Saint-Louis et Podor. Une victoire qui sonnait comme un avertissement au pouvoir de Wade. Le 23 juin 2011, la Gauche est au-devant de la scène à l’occasion de la manifestation des acteurs de l’opposition et de la société civile, en réaction à la décision du pouvoir libéral de faire voter un projet de loi instaurant un ticket présidentiel en prélude à l’élection de 2012. La Gauche a joué un rôle majeur dans la défaite du régime libéral en étant au cœur du dispositif de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar ». Au finish, cette coalition a porté Macky Sall au pouvoir avec plus de 65 % des suffrages des électeurs, à l’issue du second tour de la dernière présidentielle. A travers son rôle dans l’avènement de cette seconde alternance, Amath Dansokho et ses camarades démontraient, une fois de plus, leur capacité à faire et à défaire; au grand dam du leader du Pds.
Aujourd’hui, la Gauche veut aller au-delà, voire se départir de cette étiquette de faiseur de rois qui lui colle au dos, en pesant davantage sur la sphère politique. Mais, s’empresse de préciser le secrétaire général de la Ld, Mamadou Ndoye, ce ne sont pas les privilèges qui intéressent la Gauche en visant le pouvoir.  « Notre finalité ce n’est pas le pouvoir et ses avantages ; contrairement à beaucoup de partis politiques ; mais plutôt les transformations sociales en termes de solidarité, de prospérité, de plus de justice sociale, d’équité, etc. », souligne le successeur d’Abdoulaye Bathily à la tête de la Ld. Mamadou Ndoye reconnait néanmoins que la conquête du pouvoir par la Gauche rendrait, sans doute, plus facile la réalisation de ce pari qui est de transformer positivement la société et de faire du Sénégal une nation prospère.  
 

Diégane SARR

Le discours en question
La Gauche veut s’illustrer davantage dans l’échiquier politique afin de réaliser ses ambitions au profit du peuple (libération économique, politique, sociale, prospérité, équité, justice sociale, etc.). Pour ce faire, elle envisage, outre l’unification de ses forces, de moderniser son discours et de l’adapter aux réalités sénégalaises et aux problématiques actuelles.  
La Gauche veut remanier son discours, l’adapter aux nouvelles attentes des populations, bref le rendre moderne et attrayant. Ce pari a été pris lors des assises qu’elle a tenues la semaine dernière. Des assises qui ont abouti à la mise en place d’une confédération des forces de Gauche en vue de mettre fin à l’émiettement des forces et de mieux peser sur l’échiquier politique. « On ne va plus continuer à utiliser les mêmes clichés, le même vocabulaire ; mais nous allons prendre en compte l’évolution de notre société, de l’Afrique, du monde », soutient le secrétaire général de l’Udf Mbolomi, le Pr Pape Demba Sy. La Gauche, explique-t-il avec fierté, a toujours joué un rôle important dans la vie la politique en contribuant largement aux deux alternances politiques au Sénégal en 2000 et en 2012. Mais, regrette-t-il, en dépit de sa capacité d’organisation et ses compétences en réflexions, elle peine à mobiliser les populations notamment en période d’élections.  « La Gauche n’est pas parvenue à constituer une force électorale », déplore-t-il pointant notamment du doigt ce qu’il appelle « l’émiettement des forces ». Le secrétaire général du Rassemblement des travailleurs africains du Sénégal (Rtas), Momar Samb ajoute à cela,  le fait qu’il n’y a pas eu une appropriation par  les populations du discours de la Gauche. « Ce n’est pas que les populations n’adhèrent pas à notre discours. Au contraire, on dit que nous sommes justes, que nous sommes rigoureux sur les principes, etc.  En réalité, le problème c’est que les masses ne sont pas encore arrivées à une bonne compréhension de notre projet de société », souligne-t-il. A l’image du Pr Pape Demba Sy, le leader du Rtas/S plaide en faveur d’une modernisation de la Gauche ainsi que de sa rhétorique politique. « Il nous faut s’adapter aux réalités actuelles. Nous devons prêter une plus grande attention à notre discours et faire en sorte qu’il colle aux préoccupations du peuple. La Gauche ne peut plus continuer à tenir le même discours et faire fi du niveau de compréhension des populations », fait-il remarquer.
Momar Samb précise, toutefois, que dans sa volonté d’adapter son discours à la marche du pays, la Gauche ne variera pas d’un iota sur les principes et valeurs qui ont toujours guidé son action politique. Pour le Secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld) Mamadou Ndoye,  le problème de la Gauche, c’est moins son discours que sa stratégie. «Fondamentalement, le peuple adhère aux objectifs de la Gauche qui tournent autour la libération politique, économique et sociale du pays, d’une société plus prospère et juste.  C’est plutôt le manque de stratégie et la question de l’unification de la Gauche qui constituent les véritables problèmes », se convainc-t-il.  Il pense néanmoins qu’aujourd’hui, la Gauche doit aborder les questions avec un œil nouveau et une démarche novatrice ; d’autant qu’elle est engagée dans un processus de renouvellement.
 

     D. SARR

Mame Less Camara, journaliste-politologue : « Adapter les discours à nos réalités »
Aux yeux du journaliste politologue Mame Less Camara, la Gauche n’a tout simplement pas de discours. « Ce qui manque à la Gauche sénégalaise, c’est précisément un discours. Elle est en rupture avec elle-même. Elle n’assume pas un discours de générosité vis-à-vis des opprimés », affirme-t-il.  Il indique également que la Gauche est devenue « trop plastique » en se moulant dans les différents régimes, socialiste comme libéraux et peine, du coup, à affirmer son identité. «On n’a jamais senti un fléchissement des forces de Gauche ; de même leur inconfort à travailler avec le régime libéral. Quand elle était dans le pouvoir de Wade, on l’avait jamais senti comme une force de propositions pour ramener la gestion des affaires publiques vers l’intérêt commun ; au point que des responsables du Ps étaient montés au créneau pour rappeler à ces partis de Gauche (Pit, Aj/Pads, Ld, etc.) leur origine», explique encore le journaliste formateur au Centre d’études des sciences et techniques de l’Information (Cesti).  D’après Mame Less Camara, en lieu et place de discours et de projet de société, les forces de Gauche ont passé tout leur temps à se détruire mutuellement, avec leur éclatement en plusieurs courants, maoïste, troïkiste, communiste, etc.  Il plaide pour « une Gauche remaniée qui doit se séparer d’un héritage qui l’alourdit sans le servir ». Le politologue estime que celle-ci doit adapter son discours à nos réalités culturelles et s’inspirer des penseurs comme Cheikh Anta Diop. A l’en croire, depuis le fameux slogan : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, la Gauche sénégalaise n’a plus de discours. Or, poursuit-il,  un tel discours n’est pas adapté aux réalités actuelles de la société sénégalaise. En outre, il appelle les leaders de la Gauche à adapter leur discours et leur projet politique aux problématiques de l’heure telles que la mondialisation, l’inégalité sociale, l’environnement, etc.
                                          

     D. SARR


VERS UN RASSEMBLEMENT EFFECTIF : La Gauche et la stratégie du pied à pied
Son rêve, et sans doute son souhait le plus absolu, c’est de se retrouver dans un grand ensemble, une grande entité unie et œuvrant pour les « intérêts des masses populaires et la conquête du pouvoir ».  La Gauche semble avoir bien appris de son passé tumultueux où elle s’est vue toujours assignée, à l’occasion des échéances présidentielles, les grands rôles « de faiseurs de rois ». Aujourd’hui, dans une dynamique unitaire les forces de la Gauche ont mis en place la «confédération pour la démocratie et le socialisme/Langu Pencoo». Une étape, dans une ambition totale d’un rassemblement tangible.
Cette initiative concerne, entre autres partis politiques de la Gauche, le Pit, la Ld, le Rta-S, l’Udf Mboolomi, Yonnu Askan Wi, le Pai, le Rnd. Ainsi, pas à pas, ce processus de la recherche de l’unité a véritablement démarré en 2011 avant de parvenir finalement à cette étape de «confédération pour la démocratie et le socialisme/Langu Pencoo». L’idée étant de mettre en place une grande force de la Gauche. L’effectivité de leurs retrouvailles commence à prendre forme. Ils sont tous d’accord que les vieux clichés dont ils sont victimes doivent sauter et laisser la place à une gauche plus moderne. Une organisation de gauche capable de « porter haut le drapeau de l’émancipation nationale et sociale». Ce qui est sûr, au-delà de la sauvegarde de la souveraineté des partis politiques qui se retrouvent dans cette confédération, c’est que leurs programmes, ils seront obligés de laisser une part de leur souveraineté», selon le coordinateur de la confédération des forces de gauche. «Il y’a des convergences très fortes qui ont donné notre programme. C’est une souveraineté limitée. Nous avons un mécanisme de concertation pour ne pas avoir des problèmes sur la marche de la confédération. C’est une étape que nous avons créée en tenant compte de nos différences et nous allons continuer à travailler de cette façon. Ce qui est important, c’est notre unité», a précisé Pape Demba Sy de l’Udf Mbolomi. Dans cette sorte d’alliance stratégique créée pour participer aux débats politiques, pour émanciper le peuple sénégalais, construire la paix et la conquête du pouvoir, aux fins d’atteindre leurs objectifs, les forces de la gauche ont décidé «de faire en sorte que ce soit une gauche ouverte et engagée afin de dépasser les vieux clichés». Il reste clair que cette confédération n’est pas une fusion des partis politiques de la gauche qui, du reste, demeurent indépendants, souverains.
 
Entre ouverture et respect des principes et valeurs de gauche
L’idée d’aller plus loin n’est pas à écarter dans cette fusion organique qui est un départ et non pas une simple unité d’actions des partis de gauche. Toutefois, cette démarche participative et inclusive devra alors s’appuyer, aux yeux des différents responsables politiques, sur « les idéaux, valeurs et principes de la gauche. Sur l’éthique et la primauté absolue de l’intérêt général». Ils veulent une gauche ouverte, attractive et porteuse d’une action fédéraliste, pas seulement communiste. Bref, d’une gauche qui œuvre aux côtés des masses populaires du pays pour la conquête du pouvoir, d’une gauche décidée dorénavant à prendre son destin en main et à accomplir sa mission. Mais pour y parvenir, il faudra « plus d’équité et de justice sociale pour la participation citoyenne. C’est un premier pas qui interpelle les défis et opportunités. Il faut un engagement avec détermination de chaque parti politique, apprendre à travailler ensemble dans la diversité pour l’unité confédérale et pour aller ensemble vers une unité beaucoup plus large », de l’avis de Mamadou Ndoye, secrétaire général de la Ligue démocratique. Pour son camarade du Pit, Maguette Thiam, un important travail a été fait. « Nous nous sommes toujours attelés à la cause de la libération humaine et à la cause sociale. En conjuguant nos forces, en apprenant de nos erreurs, nous ne pourrons, en dépit de la complexité de la situation nationale, que donner du rythme à l’avènement des grandes ruptures. Rien ne nous sera donné sur un plateau d’argent. L’essentiel, pense le Pit, c’est de garder le cap et d’assurer notre part d’histoire », a-t-il ajouté. Pour El Hadji Momar Samb, secrétaire général du Rta/S, il faut « mettre au centre de nos préoccupations, de nos actions, l’intérêt du peuple, lutter contre le sectarisme partisan, contre le dogmatisme. Cultiver la solidarité militante, le respect mutuel et aller avec constance et cohérence». Tout au plus, «il faut s’approprier les bonnes pratiques et les valeurs positives de la gauche, s’engager résolument dans ce grand chantier, ouvrir une nouvelle page pour aller vers la fusion d’une grande confédération et faire du peuple le roi. Travailler à l’avènement d’une République citoyenne», a laissé entendre Alassane Guissé, délégué général de Yoonu Askan Wi. D’autres, à l’image de Charles Guèye du Pai, de Souleymane Fall de l’Udf Mbollo et de Diallo Diop de du Rnd, se veulent plus ouverts. «Nous devons viser, au moins dans un premier temps, l’unité panafricaine, créer une gauche pluridisciplinaire ancrées dans les masses populaires et mettre en place un comité de coordination. Ça  n’a pas de sens si nous devons seulement  nous cantonner au Sénégal. C’est le combat de l’Afrique. Notre unité n’aura de sens que quand il y aura un peu partout des confédérations. Il faut aller vers une confédération africaine de la gauche», ont-ils estimé. Les forces de gauches restent alors engagées à trouver les voies et moyens de leur unité, de la mise en place  d’une confédération moderne. Elles veulent ainsi, dans leur combat, prendre en compte les réalités sociales et ne pas reproduire les mêmes clichés. Loin d’eux, l’idée de la mise en place d’une alliance électorale à travers cette confédération, les partis de gauche n’écartent pas tout de même, que si besoin en est et eu égard aux prochaines échéances électorales, de discuter pour s’entendre sur la position à adopter. « S’il y a des élections, on va discuter pour s’entendre. Il faut que chaque parti politique se prononce. Nous ne sommes pas, pour le moment, inquiétés par 2017», a rassuré le coordinateur de la confédération des forces de gauche, Pape Demba Sy.

Amadou DIOP

Landing Savané : « Tout ce qui permet à des forces politiques de se retrouver est bon dans le principe »

Le parti politique Aj/Pads/a de Landing Savané n’a pas pris part à cette initiative. Mais son leader, interpellé sur les retrouvailles du pôle de gauche, a fait savoir que «je ne suis pas dans le pôle de gauche qui existe pour le moment parce que je n’ai pas été contacté à l’époque pour des raisons que je ne connais pas». Landing Savané a tout de même précisé qu’ «on a pris des contacts récemment mais on s’informe sur ce qui se passe, sur ce qui se prépare. On ne peut pas se précipiter de prendre des décisions. Nous préparons un bureau politique de notre parti au mois de mars et cette question sera soulevée et progressivement nous nous ferons un point de vue sur tout ça et nous prendrons des décisions». Mieux, il a laissé entendre que «tout ce qui permet à des forces politiques de se retrouver, est bon dans le principe. Que les forces de gauche se retrouvent est une bonne chose, que d’autres forces politiques se retrouvent, c’est également une bonne chose. Mais les modalités sont importantes parce que ce sont les modalités qui vont faire la différence», a précisé le leader du parti And Jëf/Pads, Landing Savané.

Pr PAPE DEMBA SY, LEADER DE L’UDF-MBOOLI MI : « Les forces qui défendent les mêmes valeurs doivent se retrouver pour clarifier le jeu politique »

Membre de la Confédération des forces de gauche, le leader de l’Union pour la démocratie et le fédéralisme (Udf,   Mboolo mi), Pape Demba Sy, estime que toutes les sensibilités qui défendent les mêmes valeurs doivent se retrouver pour clarifier le jeu politique.

Professeur, quelles sont les raisons qui ont poussé les partis de Gauche à se regrouper au sein d’une confédération ?
Il s’agit d’une confédération des forces de gauche. Cela veut dire que des personnalités des mouvements peuvent faire partie de cette confédération. Nous lui avons donné un nom. Il devient confédération pour la démocratie et le socialisme. La création résulte d’un processus qui date, de façon plus précise, de quatre ans. Ceux qui sont initiateurs de cette confédération sont des partis qui ont un vécu historique. Il y a, dans cette confédération, des organisations qui sont d’extraction marxistes léninistes qui ont lutté et la base de la lutte était le combat contre la colonisation et le néocolonialisme. Il s’agit notamment, du Pit, de la Ld, Yonou Askan wi, le Rta-S. Il y a d’autres organisations qui ne sont pas d’extraction marxistes léninistes, mais qui se réclament de la gauche. Ce sont des partis qui sont considérés comme nationalistes et panafricanistes. Ce sont le Rnd, Udf Mbooli-mi. La création du Rnd s’est illustrée dans la lutte contre le néocolonialisme et le colonialisme. Il y a d’autres comme Mamadou Dia et Abdoulaye Ly qui n’étaient pas marxistes léninistes, mais qui étaient considérés comme des hommes de gauche. C’est pourquoi, je voudrais rectifier. Quand on parle de gauche, certains pensent que ça ne concerne que les forces d’obédience marxistes ou léninistes et pensent même à l’athéisme alors que cela est dépassé depuis longtemps. Si l’on regarde l’histoire, on se rend compte que les partis de gauche ont un vécu. C’est pourquoi je dis que la gauche est plurielle. Elle n’est pas uniforme.

Il y a eu plusieurs tentatives de réunification de la gauche. Qu’est-ce qui différencie la confédération aux autres cadres mis en place pour rassembler les forces de gauche ?
Les forces ont essayé de se retrouver à plusieurs reprises. Il y a des pôles de gauche. Il y a eu le mouvement des assises de la gauche.
C’est à partir de la création de « Benno Siggil Sénégal » en 2009 que tout ce processus s’est déclenché. Les forces ont commencé à se réunir régulièrement. En 2011, à la veille du forum mondial, on s’est rencontré pour sortir une déclaration commune. Depuis ce jour, nous avons décidé de créer un mouvement pour aller vers l’unité des forces de gauche. Nous avons fait des termes de références. Ces termes ont été discutés et adoptés en 2013 par les leaders. En 2014, on s’est retrouvé pour créer la confédération des forces de gauche à travers les assises des forces de gauche. C’est un long processus.

La confédération a-t-elle pour vocation d’avoir un candidat à la présidentielle de 2017 ?
Ce n’est pas lié à des élections à venir. C’est une conception que nous avons. Toutes les forces qui défendent les mêmes valeurs doivent se retrouver pour clarifier le jeu politique. Ce n’est pas lié à des élections ni à la recherche d’un candidat. Ce sont des partis qui ont un vécu qui ont décidé de se retrouver. Nous avons dit que nous ne sommes pas les seules forces de gauche. Il y en a d’autres. C’est un processus historique particulier qui a fait que nous avons décidé de nous retrouver. Certains nous demandent pourquoi pas And Jëf. And Jëf était dans le gouvernement. Il y a eu également les divisions au sein de d’Aj/Pads. Il y a d’autres forces. Si nous discutons ensemble, nous pouvons nous retrouver.

Propos recueillis par Babacar DIONE

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Abdoulaye Diouf Sarr, ministre du tourisme et des transports aériens : « Nous travaillons sérieusement à la reprise en main de Senegal Airlines »

Passant en revue les difficultés qui frappent les secteurs des transports aériens et du tourisme relevant de sa compétence, le ministre Abdoulaye Diouf Sarr ne manque pas de nouvelles rassurantes, principalement pour la compagnie Senegal Airlines. Par contre, pour le tourisme, l’heure est à l’application de mesures hardies afin de relancer le secteur en crise.

La presse a annoncé, récemment, que la compagnie aérienne Emirates arrêtait la desserte Dakar-Dubaï avant qu’une autre information confirme le maintien de cette ligne. Que s’est-il réellement passé ?
Il n’a jamais été question de départ d’Emirates (de Dakar). Nous avons, effectivement, dans une mission qui nous a conduit à Dubaï et à Abu Dhabi, rencontré les autorités d’Emirates pour explorer les pistes de diversification de leur intervention au Sénégal, mais aussi (pour discuter de) quelques problèmes liés à l’accord liant la compagnie au Sénégal, concernant précisément la double taxation et l’autorisation de la cinquième liberté (droit accordé par un Etat à un autre de débarquer et d'embarquer, dans le territoire du premier Etat du trafic en provenance ou à destination d'un Etat tiers, ndlr) qui est accordée à Emirates dans la convention. A Abu Dhabi, c’était plus pour discuter du dossier Sénégal Airlines qui était sur la table.

On dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu, la presse faisant référence aux problèmes entre Emirates et Ahs. Qu’en est-il exactement ?
Il n’y a jamais eu de problèmes entre Emirates et Ahs. Ahs est un prestataire de services, il se trouve sur la plateforme de Dakar et est chargé du handling. Ahs a la possibilité de faire la maintenance en ligne. Emirates, qui utilisait les services d’Air France en la matière, a demandé à l’Etat du Sénégal de bien vouloir lui permettre de poursuivre sa collaboration avec Air France, en attendant qu’Ahs boucle son processus d’agrément. Nous avons répondu favorablement, bien avant notre mission sur Dubaï, pour donner à Emirates cette dérogation de continuer avec Air France, en attendant qu’Ahs boucle son processus d’accréditation. Il n’y a jamais eu de problèmes mais un décalage de l’information.

Quel est l’avenir de la liaison Dakar-Dubaï par Emirates suite à votre rencontre avec les autorités de la compagnie aérienne ?
Notre mission sur Dubaï concernait Emirates. Tout naturellement, nous avons rencontré les autorités d’Emirates tout comme nous avons rencontré, à Abu Dhabi, d’autres partenaires qui doivent travailler avec nous sur le dossier Senegal Airlines. Nous avons échangé sur des pistes de diversification de partenariat pour qu’Emirates puisse jouer un véritable rôle dans le développement des transports aériens au Sénégal, dans la perspective de l’Aéroport international Blaise Diagne. A ce niveau, Emirates avait quelques préoccupations, spécifiquement la double taxation, il s’agissait de faire en sorte que le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan puisse régler cette question. D’autres questions ont été abordées, elles concernent l’accord aérien entre le Sénégal et les Emirats Arabes Unis dont la cinquième liberté qui a été posée sur la table. Emirates, sachant que c’est un élément contenu dans l’accord, le Sénégal est tout à fait disposé à l’appliquer dans sa plénitude. Ce sont des questions de fond qui n’ont rien à voir avec celle qui a fait l’objet de beaucoup de commentaires. Le débat tournait autour de préoccupations de perspectives, de développement entre le Sénégal et la compagnie.

South African était aussi annoncée sur le départ de Dakar, une information qui a été vite démentie par la compagnie. Est-ce qu’il y a menace sur la desserte de Dakar par South African ?
Non, il n’y a pas de menace. Ce sont deux problèmes qui sont différents, même s’ils interviennent dans la même période. Le problème d’Emirates relève d’un décalage de l’information, la question évoquée n’était pas celle qui était traitée. Avec Emirates, nous discutions de perspectives, de consolidation, de diversification des relations. Le cas South African est différent, la compagnie sud-africaine a d’énormes difficultés financières.
Ce n’est pas lié à Dakar, mais c’est la compagnie, dans sa structuration globale, qui a des difficultés, elle est en train, avec l’état sud-africain, d’étudier les voies et moyens pour sauver les meubles. Le gouvernement sud-africain est intervenu et a demandé à la compagnie d’engager une restructuration. Dans ce plan de restructuration, South African a estimé que la destination Sénégal fait partie des destinations à revoir.

Une compagnie qui a des difficultés, c’est Senegal Airlines. Quelle bonne nouvelle apportez-vous de Dubaï pour cette compagnie ?
 La bonne nouvelle ne vient pas spécifiquement de Dubaï. Elle était déjà annoncée bien avant notre déplacement à Dubaï, et plus précisément à Abu Dhabi. L’Etat a signé récemment un M.o.U (Memorandum of Understanding) Mémorandum d’Entente, avec un groupe émirati pour sauver la compagnie. Le business Plan est en train d’être élaboré. Au Sénégal, le travail de restructuration interne pour nettoyer la boîte bien avant l’implémentation du schéma de sauvetage est en train d’être réalisé. La bonne nouvelle est donc déjà là. Nous sommes en train de travailler sérieusement à la reprise en main de Senegal Airlines.

Qu’entendez-vous par nettoyer la boîte ?
La boîte, aujourd’hui, est dans une situation qui n’est pas reluisante. Il faut absolument assainir avant de soutenir quelque restructuration que ce soit. Sur le plan social comme sur le plan financier, il y a lieu de faire en sorte que cette boîte puisse soutenir un plan de restructuration. Ce travail est en train d’être mené, et très bientôt les résultats seront là.

Quels sont les grands axes de cette restructuration sur le plan social et financier ?
La première restructuration financière, c’est de regarder l’endettement de la compagnie et de faire en sorte que la nouvelle situation avec la restructuration soit soutenable. Sur le plan social aussi, une boîte qui est dans une perspective de développement doit travailler avec des ressources humaines compétentes et adaptées.

Côté social, ne faudrait-il pas avoir des craintes pour les emplois ?
Je ne suis pas dans une posture de donner ces informations. Cela me semble prématuré. C’est au management, au business plan, aux conditions de restructuration de répondre à cette question. Nous avons déjà un partenaire décidé à s’engager dans un plan de relance et de restructuration, cela veut dire que nous sommes convaincu, pour le développement du transport aérien du Sénégal, pour le positionnement du Sénégal en tant que plaque tournante de l’aviation civile, qu’il nous faut une compagnie nationale forte qui va rendre dynamique notre plateforme.

N’avez-vous pas l’impression que Sénégal Airlines a trainé des problèmes comme une tare congénitale ?
Oui, mais il n’y a pas de problème insoluble. Je suis d’accord avec vous que, dès sa création, Sénégal Airlines a eu un problème de montage. C’est pourquoi le premier résultat d’exploitation de cette compagnie était négatif de presque 21 milliards de FCfa.
Ce qui est extraordinaire. Mais, aujourd’hui, il s’agit, de manière responsable, d’engager une restructuration en profondeur et de partir sur de nouvelles bases.

La livraison de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass est attendue pour juin prochain. Ce délai sera-t-il respecté ?
Nous sommes très avancés dans la réalisation de cet aéroport. Nous avons dépassé les 80 % (d’exécution des travaux) depuis très longtemps, et aujourd’hui, tout le monde travaille à faire en sorte que le délai prévisionnel soit respecté.

Il y a eu des travaux de rénovation de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar. Quel sera son avenir avec l’ouverture de celui de Diass ?
Mais l’avenir de l’aéroport (de Dakar) est en train d’être apprécié dans un comité de transfert. La question fondamentale qu’il faut se poser c’est : est-ce que le Sénégal peut soutenir la gestion ou l’exploitation de deux aéroports de niveau international. Nous travaillerons sur des bases d’optimisation de nos potentialités. Il ne s’agit pas d’être affectif ou nostalgique mais de regarder, de manière très objective, les capacités de développement, d’exploitation, et de travailler sur la formule la plus optimale.
Ce n’est pas parce qu’on a rénové l’aéroport Léopold Sédar Senghor pour une circonstance, qu’il ne faut pas transférer quand on estime que le transfert est la solution la plus optimale. C’est de manière objective que la décision sera prise. L’avenir du Sénégal, en développement d’un hub aérien compétitif, se fera avec l’Aéroport international Blaise Diagne.

Au Sénégal, les dessertes internes sont très limitées. Comment comptez-vous agir pour booster le transport aérien interne ?
C’est rendre les destinations accessibles côté prix, faire en sorte que ce réseau national soit prisé par le client. C’est le client qui commande le marché. Quand il y a client, l’offre se présente. Le président de la République a annoncé des mesures qui feront en sorte, aussi bien au niveau national qu’international, que le transport aérien va être boosté. Je suis persuadé qu’à l’interne, le dynamisme sera là. Il y a aussi d’autres aspects tels que l’investissement. Il faut, à ce niveau, travailler à la mise en place de plateformes aéroportuaires dans les régions qui puissent accueillir des avions de référence. Un dossier important est en cours pour doter les capitales régionales d’infrastructures aéroportuaires dignes de ce nom afin de développer le transport aérien pendant que les autres types de transports sont en train d’être développés. C’est cela qui crée la connectivité qui fera que demain, le Sénégal sera un pays assez ouvert, où il n’y aura pas d’enclavement, où les flux économiques pourront circuler de façon optimale.

Par ailleurs, le secteur du tourisme sénégalais, qui occupe une place importante dans le Pse, est confronté à une profonde crise. Le syndicat des hôteliers a récemment réclamé l’extension de l’exonération fiscale en faveur de la Casamance aux autres zones touristiques. Que leur répondez-vous ?
Il faut reconnaître que le tourisme est dans une situation extrêmement difficile. C’est un secret de polichinelle et ce n’est pas nouveau.


C’est un secteur qui a vécu ces difficultés pendant très longtemps. Avec le Plan Sénégal émergent, nous avons estimé qu’il faut le repositionner et lui donner une place importante dans la stratégie de développement économique du Sénégal. Il faut rendre à César ce qui appartient à César, c’est une très belle vision du président Macky Sall qui estime qu’après l’agriculture et la pêche, le tourisme doit être positionné comme un élément important de ce que j’appelle le triangle d’or. A ce niveau-là, des mesures sont en train d’être prises, un nouveau paradigme du positionnement du tourisme au Sénégal est né. Le président de la République a annoncé beaucoup de mesures dont la question du visa (l’interview a été réalisée avant que le chef de l’Etat ne se prononce en faveur de sa suppression). Il y a la question de la cherté de la destination, donc il s’agit d’enlever des taxes pour permettre à notre destination d’être compétitive. Il y a la question de l’investissement avec la mise en place d’un crédit hôtelier de cinq milliards de FCfa annoncés pour permettre aux hôteliers d’envisager la rénovation de leurs réceptifs. Il y a la fameuse question de la promotion. Tout cela consiste à booster le tourisme. Il y a aussi la question fiscale. Comment accompagner les privés en difficulté ? A ce niveau, il y a de l’incitation fiscale. Sur ce point, la partie la plus visible de l’iceberg est la Casamance qui a été déclarée zone touristique prioritaire par le président de la République. Je peux vous rassurer que tout ce qui est fait pour la Casamance repose sur une philosophie d’appui général au secteur du tourisme au Sénégal. Nous allons accompagner tous le secteur privé sénégalais pour que le tourisme reprenne sa place.

De façon concrète, quels sont les actes posés dans le secteur touristique par le Plan Sénégal émergent ?
Dans le Plan Sénégal émergent, il y a deux grands projets touristiques. Le premier projet, c’est la création de nouvelles zones touristiques. Parmi ces zones touristiques à créer pour diversifier l’offre, il y a les projets de Pointe Sarène, de Mbodiène et de Joal Fignon. A ce niveau-là, un travail important est en train d’être finalisé. Très bientôt, le contrat de performance concernant le projet de Pointe Sarène sera signé avec l’ensemble des acteurs qui sont autour de ce projet pour s’engager à le livrer en fin 2016. Nous avons, sur ce point, challengé le promoteur qui doit le réaliser. Ensuite, vont suivre Mbodiène et Joal Finio. Mais, à côté de ce projet important de création de nouvelles zones touristiques, il y a tout un projet de développement du micro-tourisme au Sénégal. L’écotourisme joue un rôle important. Nous travaillons pour que l’ensemble des potentialités socioculturelles du Sénégal qui doivent booster le tourisme soient visitées en termes de développement de perspectives. Le ministère travaille, avec son agence de promotion, sur un projet de développement du tourisme local avec le projet « Kham sa gokh » pour promouvoir le tourisme local, pour faire en sorte que les Sénégalais développent leur tourisme afin qu’en cas de chocs exogènes, que nous puissions sécuriser une partie du chiffre d’affaires par la pratique touristique locale. Le tourisme a de beaux jours devant lui.

Existe-t-il des passerelles entre votre département et le ministère de la Culture pour mettre en valeur notre patrimoine culturel ?
Plus que des passerelles, nous avons mis en place des boulevards pour que ces deux départements s’appuient mutuellement.
Nous sommes en train de finaliser le programme culturel et touristique du Sénégal. Le tourisme doit travailler sur des produits d’appel qui relèvent de l’événementiel et qui doivent reposer sur la culture le sport, l’artisanat… Avec le ministère de la Culture, nous finalisons ce programme culturel et touristique pour que des événements culturels puissent porter le développement du tourisme.

Avec le recul, quel a été l’impact de la présence du virus Ebola en Afrique de l’Ouest sur le tourisme sénégalais ?
L’élément déclencheur de la prise de conscience d’une chute extraordinaire du tourisme a été certainement Ebola. Les conséquences ont été assez dures, il y a eu beaucoup de chute du chiffre d’affaires des réceptifs. Il y a aussi l’effet psychologique sur les marchés, et c’est là où se trouve la conséquence la plus importante. Il faut du temps pour effacer ces effets collatéraux. Nous comptons beaucoup sur le dynamisme de la promotion pour convaincre les marchés que ce fut un accident sur le plan de la santé qui est derrière nous. Pendant ce temps, le Sénégal avait tiré son épingle du jeu. Notre pays reste le pays de la Téranga.

Est-ce que cette promotion se fait dans les pays de départ des touristes ?
Bien sûr, nous sommes en train de financer un spot qui va passer dans l’ensemble de ces pays. J’ai reçu les ambassadeurs de ces pays pour échanger avec eux sur le partenariat et la collaboration nécessaire entre représentations diplomatiques et acteurs du tourisme. Nous allons aussi rencontrer l’ensemble des tour-operators pour qu’on comprenne que le travail de promotion se fait en équipe.

Quel est le montant des pertes engendrées par Ebola ?
Les pertes sont lourdes. Nous ne pouvons pas, à l’état actuel de la situation, vous donner ces éléments d’informations.

Les hôteliers se plaignent de la concurrence déloyale des réceptifs clandestins…
C’est un problème très sérieux.
La direction de la règlementation touristique est en train de faire un travail remarquable. Je la félicite au passage pour mettre aux normes ces structures.
Il ne s’agit pas de détruire des emplois mais de faire en sorte que ceux qui sont dans l’illégalité se mettent aux normes. Sinon, ils n’auront pas leur place sur le marché. La direction de la règlementation est très agressive là-dessus, je lui demande de poursuivre le travail d’assainissement du secteur. Un autre problème lié au secteur, c’est l’érosion côtière. Nos plages sont en train de disparaître, remettant en cause le tourisme balnéaire et la beauté du pays. Avec le ministère de l’Environnement, nous sommes en train d’apporter des solutions. La Banque mondiale a un important projet avec le Sénégal, les études sont déjà bouclées pour « réparer » les plages du Sénégal.

Le Sénégal accuse du retard dans les statistiques touristiques. Quand comptez-vous rafraîchir les chiffres du secteur ?
C’est un sérieux problème. Dans le schéma de mise en place du système d’information aux portes du Sénégal, particulièrement aux aéroports, nous avons plus insisté sur les aspects sécuritaires au détriment du système d’information.
Il est temps que la gestion de l’information aux portes, particulièrement dans les aéroports, tienne compte du besoin important d’avoir de l’information économique. Mon département est en train de travailler avec l’Omt (Organistion mondiale du tourisme) et l’Ansd (Agence nationale de la statistique et de la démographie)  pour la mise en place du Compte satellite, qui est un système qui nous permet de disposer, à temps réel, de toute l’information pertinente pour fonder nos analyses économiques.

Quel jugement portez-vous sur votre partenariat avec l’Agence de sécurité de proximité ?
C’est une agence qui fait du bon travail, qui accompagne le secteur. Avec le directeur de l’agence, nous sommes sur des programmes qui permettront à l’Asp d’affecter au secteur des ressources humaines qui vont jouer un rôle important non seulement pour la prise en charge de la sécurité mais aussi dans une approche de promotion.

Propos recueillis par Malick CISS

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Réglement des différends dans les affaires : Le Comité national de médiation et de conciliation installé

Pour rendre l’environnement des affaires plus attractif et sécurisant pour les investisseurs, les acteurs judicaires cherchent à réinventer une nouvelle méthode de règlement des différends. C’est dans cette logique que s’inscrit la création d’un Comité national de médiation et de conciliation qui a été installé hier par le ministre de la Justice, garde des Sceaux.
« Le rôle du juge a évolué. Sa mission n’est plus seulement de dire le droit, mais de contribuer à la paix sociale. Il peut la remplir en mettant les parties sur l’orbite d’une solution négociée et consensuelle, garante de cette paix », a déclaré hier le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Sidiki Kaba. Il présidait  la cérémonie d’installation du Comité national de médiation et de conciliation, une étape importante dans le processus de modernisation de la Justice, un des axes prioritaires du Plan Sénégal émergent (Pse). L’objectif recherché, ajoute-t-il, est d’inciter désormais les juridictions à envisager des modes alternatifs de règlement des différends, et particulièrement la médiation et la conciliation, comme complément approprié de la mission de justice. « Le processus de planification du projet de médiation et de conciliation nous a permis de constater que ce sont tous les acteurs (magistrats, greffiers, avocats, notaires, experts comptables agrées et médiateurs) qui veulent participer ensemble à l’élaboration d’une justice humaine, sereine et constructive », a soutenu le ministre de la Justice.
Pour Me Sidiki Kaba, dans nos traditions et coutumes, la médiation et la conciliation sont les modes courants de règlement des différends. Les succès retentissants des maisons de justice confirment l’ancrage de la médiation dans notre culture comme moyen naturel de règlement des litiges.
Selon Me Sidiki Kaba, la justice ne peut que favoriser cette voie où les parties ne se considéreront plus comme des adversaires engagés dans un combat judiciaire, mais des partenaires à la recherche d’une solution commune satisfaisant l’intérêt de chacun. « C’est seulement dans cette démarche d’apaisement, mais aussi de responsabilité, que les parties en conflit pourront préserver leurs relations pour l’avenir. Ce qui est particulièrement important dans le monde des affaires », a souligné le garde des Sceaux. Il reconnaît, en outre, qu’il n’est pas aisé, dans les professions judiciaires, de rompre avec la pesanteur des habitudes et des représentations.

Gain de temps et d’efficacité
Car, précise Sidiki Kaba, le changement de culture et d’état d’esprit qu’implique la médiation ou la conciliation prendra du temps. Mais en conjuguant tous les efforts, on pourra bâtir une justice beaucoup plus harmonieuse, plus efficiente et plus protectrice des investissements. L’administration de la justice, ajoute le ministre en charge de la Promotion des investissements, du Partenariat et du Développement des télé-services, doit garantir la sécurité des investissements. « Ce mode alternatif va permettre un gain de temps, d’efficience et d’efficacité », a estimé le ministre Mme Khoudia Mbaye. Elle a magnifié la solidarité et l’engagement du gouvernement dans ce projet de règlement par médiation et par conciliation. Ce volet, partie intégrante du Programme sectoriel justice (Psj), est réalisé dans le cadre du Projet de gouvernance économique (Pge). Il vise à augmenter l’efficacité du règlement des contentieux économiques et financiers, notamment l’exécution des contrats et la protection des investisseurs par la réduction des délais de traitement des procédures. Dans la dynamique pour l’atteinte de ces objectifs, des pas importants ont été franchis avec l’adoption du décret N°2013-1071 du 06 août 2013 portant modification du Code de procédure civile.

Ndiol Maka SECK

Affectation du magistrat Yaya Amadou Dia : Ce n’est pas une sanction, selon Me Sidiki Kaba
En marge de la cérémonie d’installation du Comité national de médiation et de conciliation, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, s’est prononcé sur l’affectation du magistrat Yaya Amadou Dia, ancien assesseur à la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), à la Cour d’appel de Ziguinchor.
Pour Me Sidiki Kaba, cette affection n’est pas une sanction et la Cour d’appel de Ziguinchor n’est pas une juridiction « fantôme » comme disent certains.  « Ziguinchor fait partie du Sénégal. Il faut que l’on dépasse cet état d’esprit consistant à parler de sanction si on affecte un fonctionnaire par exemple à Tambacounda, Sédhiou ou Ziguinchor. Il faut comprendre que le territoire national doit recevoir tous les  agents de l’administration et fonctionnaires du Sénégal », a soutenu Me Kaba. « La Cour d’appel de Ziguinchor existe. Les travaux de finition sont en cours. En fin juin tout se terminera et le travail commencera dans cette juridiction au mois de juillet », a promis le vice-président du Conseil supérieur de la magistrature.
Pour rappel, le juge Yaya Amadou Dia, ancien assesseur à la Crei et ancien président de la Cour d’appel de Tambacounda, avait boudé la Cour en pleine audience lors du procès Karim Wade à la suite d’un malentendu avec le président de la Crei, Henri Grégoire Diop.

Nd. M. SECK

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Match amical Sénégal-Le Havre : Deuxième test pour Aliou Cissé

Après leur prometteur succès (2-1) sur le Ghana, les Lions affrontent ce soir le club français du Havre dans son enceinte, Océane, pour tenter de confirmer les soupçons de renouveau né du baptême du feu d’Aliou Cissé.
  L’adversaire n’est pas du même calibre que les Black Stars mais il demande la même considération. Surtout qu’une équipe de club, fût-elle de L2 française, a souvent plus d’automatismes qu’une sélection nationale. Alors, attention au piège ! D’autant que quelques sceptiques peuplent l’autre versant de la montagne et attend Aliou Cissé, le nouveau coach des Lions au pied des résultats.
Autant les calmer tout de suite. Et une simple victoire, ce soir, devant le Havre Ac qui ne sera qu’un signe d’apaisement comme l’a été le calmant succès devant le Ghana samedi dans ce même stade Océane. Mais, c’est surtout le comportement de l’équipe, la capacité de l’entraîneur à répéter les bons choix et les décisions victorieuses qui transformera en réalité les soupçons d’une positive métamorphose soutenus par l’entrée gagnante de Moussa Konaté et les débuts rassurants d’Abdoulaye Diallo dans les buts.  
Samedi, les Lions ont montré qu’ils savaient aussi se faire respecter. Mais surtout qu’ils pouvaient être cohérents dans leur jeu et capables de passer du mauvais au moins mauvais. Après une première mi-temps chaotique, Sadio Mané et ses coéquipiers se sont montré plus tranchants, la défense moins fébrile et tâtillonne, le milieu plus solide et l’attaque plus réaliste, le tout dans un ensemble plus équilibré. Le premier coup de maître d’Aliou Cissé qui a su apporter une touche technique qui a largement contribué au succès des siens. On préfère ne retenir que la seconde période, la première n’étant sans doute qu’une simple balle pour sonder un système dans lequel les joueurs ont eu beaucoup de mal à s’adapter. Un 4-4-2 avec Sadio Mané, Mame Birame Diouf, Moussa Sow et Demba Bâ, trop brouillons et tactiquement embrouillés, qui ont eu beaucoup de mal à trouver les repères d’un quatuor foudroyant et capable de faciliter la tâche aux pourvoyeurs de ballons. Une anomalie que l’entrée en jeu de Pape Kouli Diop a rectifiée, le milieu de terrain de Levante ayant donné au milieu des Lions plus de clairvoyance et de l’équilibre au bloc, mais surtout plus de liberté au trident Sadio Mané-Moussa Konaté-Mame Biram Diouf. On n’attend pas moins des Lions ce soir. Ce match face au Havre devrait permettre à Aliou Cissé de comprendre mieux son sujet, passé cette phase de prise de contact. On attend le même élan de solidarité, la même discipline tactique et le même répondant en dépit du calibre de l’adversaire. Si le match contre les Black Stars du Ghana a permis de rêver d’un lendemain meilleur pour Aliou Cissé et son équipe, celui de ce soir devrait donner la certitude que ce n’était pas seulement un coup de grâce passager. Cette confrontation a, en réalité, plus d’intérêt qu’on ne le croit, c’est souvent face aux « faibles » qu’on apprend à affronter les forts. Donc, voir les coéquipiers de Cheikhou Kouyaté faire moins que leur deuxième mi-temps face au Ghana ne fera que raviver la flamme du doute qui brûle les espoirs des Sénégalais de voir l’équipe se remettre de ses déboires récents. Il ne faudrait surtout pas regarder cette équipe du Havre comme une simple équipe du milieu de table de la Ligue 2 française, mais comme un adversaire capable d’offrir ce que le coach cherche : de la matière pour bâtir une équipe solide et compétitive, comme il est inscrit sur son contrat.

Wahany Johnson SAMBOU

La méthode et les chantiers d’Aliou Cissé
Le Havre (France) - « La victoire donne un sens à notre travail ». Toute la philosophie d’Aliou Cissé est ainsi résumée. Comme un bon entrepreneur, le nouveau sélectionneur national a en tête son business-plan pour faire gagner son équipe. Il a identifié les chantiers essentiels comme le poste de latéral droit, le sens collectif, la solidarité, la détermination et la détestation de la défaite. Après une semaine de travail, des joueurs font un premier bilan d’étape de la méthode Cissé.
Lors des premières heures du regroupement en France, Aliou Cissé a pris la parole pour annoncer à ses joueurs sa manière de travailler. « Il nous a dit qu’il était dans un nouveau projet », révèle Demba Bâ. Coach Cissé a promis aux joueurs sénégalais de leur faire profiter de « son expérience et son vécu », poursuit Demba Bâ. L’ancien joueur du Fc Chelsea rappelle qu’Aliou Cissé a eu « une très belle carrière en équipe nationale.
Il essaie de mettre en place ses idées et à nous d’y adhérer ». Au vu de la première sortie victorieuse des Lions samedi contre le Ghana (2 à 1), les joueurs tirent dans le même sens que leur sélectionneur. Sur le récurrent débat de son positionnement à gauche ou dans l’axe de l’attaque, Sadio Mané tranche « c’est le coach qui décide. Je suis un soldat et je me mets là on me demande de jouer ».
Passeur décisif sur le deuxième but de Moussa Konaté, Sadio Mané refuse de faire la comparaison entre Cissé et Giresse, cependant il concède faire siennes les qualités connues de Aliou Cissé : « Être solidaire. Penser à l’équipe. Il nous a dit que la seule star c’est l’équipe. Ainsi, nous serons récompensés ensemble ».
Culte de la victoire - Les valeurs de solidarité, de combat et de rigueur sont des principes de base chez les Lions version Cissé. « Le coach nous pousse à en faire plus et à aller jusqu’à 110% de nos possibilités, estime Moussa Sow. Il n’arrête pas de nous rabâcher ces vertus pour qu’elles entrent dans nos petites têtes et ainsi on pourra avancer ». L’ancien meilleur buteur du championnat de France de Ligue 1 avec Lille (25 buts lors de la saison 2010-2011) pense que l’équipe dirigée par Aliou Cissé est plus « homogène » dans sa composition autant dans la vie de groupe que sur le terrain. L’accueil et la bonne intégration du gardien Abdoulaye Diallo, même s’il n’est pas totalement un novice en équipe nationale, sont brandis comme preuve. Idem pour Moussa Konaté qui retrouvait son « ami », Sadio Mané. « Nous avons une complicité et une affinité de quelques années maintenant, rappelle Mané. Moussa (Konaté) nous a fait gagner ce premier match contre le Ghana. C’est tant mieux pour lui. Il a prouvé que c’est un joueur important pour le groupe ». Tout au long de la première semaine de préparation en France, les Lions se sont attelés à répéter les phases offensives et défensives de jeu. « Nous avons réussi à les mettre en pratique sur le terrain en condition de match », se réjouit Moussa Sow. Et quand il y a des difficultés comme lors de la première période contre les vifs et techniques ghanéens, « le coach a rectifié et cela nous a permis de remporter la victoire », poursuit-il. Il est important de gagner et de se mettre dans une spirale positive, Aliou Cissé le sait très bien. « Nous sommes ensemble depuis 5 jours, en essayant de donner une identité et un style à cette équipe mais aussi une autre mentalité » : détester la défaite. Pour cela, il doit faire un diagnostic des maux de l’équipe.

  Le flanc droit en chantier - Le sélectionneur sénégalais a fait un constat sur les chantiers de son équipe. Après les questions sur le gardien de but (la belle prestation de Diallo a en partie rassuré), le principal chantier reste le poste de latéral droit. « Il faut toujours essayer d’équilibrer l’équipe et faire en sorte que ce poste soit meilleur », note Aliou Cissé. Le sélectionneur national ne cache pas qu’il envisage de « démarcher » d’autres joueurs susceptibles d’occuper le flanc droit de la défense sénégalaise même s’il fait dans le politiquement correct en félicitant Zarko Touré et Lamine Gassama « qui s’en sont bien sortis contre le Ghana ».
Le joueur de Lorient est conscient que « c’est un poste sur lequel on peut se poser des questions ». Mais pour lui, le problème est ailleurs. La formule demande plutôt plus de stabilité : « Nous sommes actuellement trois postulants. Il va falloir du temps pour que ce poste soit performant. Nous sommes un groupe relativement jeune, on peut travailler et s’améliorer avec les automatismes, ce sera bénéfique ».
Lamine Gassama argumente son point de vue en comparant sa situation en club où il est souvent très performant. « A Lorient, j’ai la chance de jouer régulièrement. Les automatismes s’installent. J’espère faire pareil en équipe nationale avec du temps de jeu ». Sa belle entrée contre le Ghana va dans ce sens mais son passif en équipe nationale ne milite forcément pas en sa faveur.

Moussa DIOP (Correspondant permanent)

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