A LA UNE

De passage à Paris : Macky Sall rend visite à Abdou Diouf au siège de la Francophonie

Le président de la République, Macky Sall, de retour du Sommet du G20 en Australie et d’une visite officielle en Italie, était hier, à Paris, l’hôte du Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (Oif), Abdou Diouf.
Le président de la République, Macky Sall, de retour du Sommet du G20 en Australie et d’une visite officielle en Italie, était hier, à Paris, l’hôte du Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), Abdou Diouf.
Arrivé dans la capitale française jeudi, le président Macky Sall s’est rendu, hier tôt, au siège de la Francophonie sur l’avenue Bosquet, dans le 7ème arrondissement de Paris, la capitale française. C’était la première visite du chef de l’Etat au nouveau siège mise à la disposition de la Francophonie par l’Etat français. Le chef de l’Etat a été accueilli, à l’entrée du siège, par le président Abdou Diouf, entouré de ses proches collaborateurs dont le conseiller spécial, l’ancien ministre sénégalais de la Jeunesse et des Sports, Ousmane Paye, l’administrateur de l’Oif, Clément Duhaime, le directeur de cabinet et les conseillers.
Ensuite, le président Macky Sall s’est entretenu, en tête-à-tête, avec le Secrétaire général qui, à son tour, lui a présenté ses principaux collaborateurs et les directeurs de département. Le chef de l’Etat a fait le tour du majestueux bâtiment en visitant la salle Léopold Sédar Senghor, au rez-de-chaussée, un des pères fondateurs de la Francophonie et premier président du Sénégal. Avant de prendre congé de son hôte, le président Macky Sall a signé le livre d’or et a répondu aux questions de nos confrères présents sur les lieux. Il faut signaler que dans la délégation sénégalaise, on a noté la présence du ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur, Mankeur Ndiaye, du secrétaire général de la présidence, Maxime Ndiaye, le conseiller diplomatique, Demba Oumar Ba, l'ambassadeur du Sénégal à Paris, Paul Badji, Pr Penda Mbow, ambassadeur et représentant permanent du chef de l'Etat à la Francophonie.

EL A. THIAM

XVE SOMMET DE LA FRANCOPHONIE : La France apporte son expertise sécuritaire au Sénégal
Le directeur général de la Police nationale française, M. Jean-Pierre Falcone, et le directeur de la Coopération internationale du ministère de l’Intérieur français, M. Emile Perez, ont remis au directeur général de la police sénégalaise, Mme Anna Sémou Faye, des matériels opérationnels destinés à appuyer la police sénégalaise dans la préparation du Sommet de la Francophonie.
Cette cérémonie s’est déroulée au ministère de l’Intérieur, en prélude à la réunion bilatérale sur la coopération de sécurité franco-sénégalaise qui s’est tenue à la Direction générale de la police nationale. En effet, le directeur général de la police nationale, le Major général de la gendarmerie nationale et le directeur de la coopération internationale du ministère de l’Intérieur français, ont été les hôtes de notre pays. Le but de ce déplacement a été de faire le point sur l’assistance apportée, par la France, à l’organisation du volet «Sécurité» du XVe Sommet de la Francophonie. La France est partenaire du Sénégal pour l’organisation et la mise en œuvre de ce volet. Pour rappel, du mois de mars à fin octobre, 15 actions de coopération ont été mise en œuvre par la France dans le but de renforcer les capacités opérationnelles des services sénégalais de sécurité intérieure. A cet effet, 554 policiers, gendarmes, sapeurs- pompiers, militaires, ont été formés par des experts français du ministère de l’Intérieur, dans un Plan d’appui à la sécurité du Sommet, le programme «PASS», dont le fil conducteur est le renforcement des capacités des services sénégalais de sécurité en protection et acheminement des hautes personnalités.

Babacar DIENG

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Me Oumar Youm, porte-parole du gouvernement : « L’absence de Me Wade ne peut pas compromettre la réussite du sommet de la Francophonie »

El Hadj Omar Youm, ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l'Aménagement du territoire, Porte-parole du gouvernement estime que le refus de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade de répondre positivement à l’invitation du président Sall qui lui demande de participer à l’ouverture du sommet de l’Oif ne peut pas « atténuer l’élan et l’espérance que le Sénégal a pour la réussite » de cette rencontre. Me Youm qui qualifie de gesticulation politique le meeting du Pds souligne que le 15ème sommet de la Francophonie sera une réussite.

Monsieur le ministre, quel commentaire le gouvernement fait-il du refus de l’ancien président Wade de participer à l’ouverture du sommet de l’Oif ?
Le seul commentaire est d’abord de prendre acte du refus délibéré de l’ancien chef de l’Etat, Abdoulaye Wade de ne pas honorer par sa présence le sommet des chefs d’Etat de la Francophonie l’invitation qui lui a été faite par le président de la République. Ce qui est quand même déplorable pour la simple et bonne raison que monsieur Abdoulaye Wade a un statut d’ancien chef d’Etat qui doit honorer l’appel qui lui a été fait et qui est un appel au devoir. Il ne devait pas, sur la base de considérations invoquées qui sont des considérations pour le moins puériles, ne pas répondre à l’invitation qui lui a été faite, étant entendu que par son statut d’ancien chef d’Etat, il a des obligations et des droits. Il doit, en tout moment, en tout lieu, lorsque l’Etat du Sénégal a besoin pour célébrer la fête de la Francophonie, répondre présent. Il a l’obligation morale, si sa santé le lui permet, d’honorer cette invitation.
 
Il invoque l’emprisonnement de son fils et d’autres dignitaires de son régime…
C’est ça qui ajoute au désarroi. En réalité, ce sont des situations qui n’ont rien à voir. La justice qui est une institution indépendante a engagé des procédures contre monsieur Karim Wade et d’autres responsables non pas parce qu’ils sont des militants du Pds, mais qu’ils ont eu à gérer des deniers de l’Etat. C’est sur la base d’une responsabilité et compte tenu du principe de redevabilité que des poursuites ont été engagées. Faire un lien entre les poursuites qui ont été engagées par une institution judiciaire indépendante et sa présence en tant qu’ancien chef d’Etat au sommet de la francophonie est se méconnaître sur les principes. Pour nous, c’est une sorte d’esquive qui ne peut pas être justifiée par le procès de karim Wade.

Pourquoi l’inviter dans un contexte de tension entre les deux camps ?
Ce sont tous les chefs d’Etat qui ont été invités. Je pense même que si le président Senghor était encore en vie, il serait au premier rang des invités d’honneur. Le président Abdou Diouf a été ancien président de la République du Sénégal. Vous avez vu également sur les images et posters de communication de la Francophonie, l’image de l’ancien président est bien en place. Ça veut dire que c’est le Sénégal dans son ensemble avec ses filles et ses fils qui s’est engagé à fêter la Francophonie, célébrer la démocratie, les droits de l’homme et accueillir dans la tradition qu’on lui reconnait les 77 chefs de délégation et chefs de gouvernement. C’est une fête de l’espace francophone. C’est une fête du Sénégal. Le Sénégal entend célébrer,  dans l’union et la cohésion sociale, son fils Abdou Diouf qui a eu à accomplir, de manière très honorable, sa mission à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. C’est un Sénégal mobilisé, animé, uni dans la concorde nationale qui devrait ensemble célébrer la francophonie.

Ce refus ne risque-t-il d’impacter négativement le sommet ?
Je ne le pense pas. Le sommet est déjà très bien parti. Nous avons déjà eu des confirmations de haut niveau, des chefs d’Etat et de gouvernement. Je pense que ce n’est pas ce refus injustifié qui peut atténuer l’élan et l’espérance que nous avons dans la réussite du sommet.
 
L’opposition a choisi d’organiser un meeting pour dénoncer la gestion du régime. Vos commentaires ?
Pour moi, c’est de la gesticulation politique. L’opposition commence à comprendre que le régime du président, Macky Sall, est dans sa phase de démarrage actif et d’intensification des réalisations. C’est une évidence. Après un an de gestion, nous avons pu procéder au redressement du Sénégal sur le plan économique, à un réajustement de notre budget, à plus de sincérité et d’engagement dans l’optimisation des dépenses publiques. Cette démarche a été saluée par les organisations financières internationales. Aujourd’hui, dans la deuxième année de gestion, le Sénégal a mis en place le Plan Sénégal émergent. Ce plan a été salué par la communauté internationale. Les débuts d’exécution de projets commencent à se faire sentir. Nous avons senti un chef de l’Etat concentré sur l’essentiel, un gouvernement orienté vers l’action. Je pense que c’est ça qui énerve et qui fait peur. Tout cela est le témoignage d’un certain énervement. Une sorte de désorientation pour l’opposition, parce qu’à la limite, il n’y a plus de critiques sur la gestion, la manière de gérer le Sénégal. Il y a plus de jalousie, d’énervement et de désorientation. Les responsables de l’opposition sont dans leurs états. Ce qu’il faut comprendre est que le Sénégal est un grand pays de démocratie. On peut manifester ses sentiments, les extérioriser. On peut s’inscrire dans une logique de contestation, mais en restant dans les règles. Nous n’avons pas d’intérêt à ce que ce pays qui est une exception de stabilité politique qui est notre valeur ajoutée dans le monde soit un pays qui est mis à rude épreuve sur la base de considérations de politique politicienne.

Nous sommes à quelques jours du sommet. Le gouvernement est-il prêt ?
 Le gouvernement est prêt. Tout est fait pour accueillir, de manière très honorable, comme le fait de manière habituelle, le Sénégal dans ses grands moments. La machine va se dérouler. Le 15ème sommet de la Francophonie sera à tout point de vue sera une réussite. Déjà, tous les actes préparatoires, les conférences ont été d’intenses moments d’échanges scientifiques suivis de succès. Ce sont des faits annonciateurs de la réussite du sommet.

Qu’est-ce que l’Etat attend des populations ?
Un rôle de mobilisation. Un rôle de participation et d’accompagnement des activités, mais aussi un rôle d’appropriation du thème du sommet qui est important : « femmes et jeunes, vecteurs de paix et acteurs de développement ». Je pense que ce thème devrait être médité par les populations du Sénégal pour voir éventuellement dans quelle mesure au sortir de ce sommet, les Sénégalais vont s’inscrire dans une logique de consolidation de la paix qui est un acte important dans le Plan Sénégal émergent. Le développement, c’est l’effort de tout un chacun orienté vers l’essentiel qui est la construction du Sénégal.

Les jeunes et les femmes seront au cœur du sommet. Qu’est-ce que le Sénégal a à montrer en termes de réaliser pour ces deux couches ?
Déjà, tout ce qui a été fait de positif pour la parité sur l’émancipation de la femme, l’entreprenariat féminin, le microcrédit au profit des femmes sont des exemples que le Sénégal pourrait partager avec les autres pays. La politique de jeunesse qui est engagée avec le Programme des domaines agricoles communautaires(Prodac) peut être un atout que le Sénégal pourrait partager. Ces projets peuvent permettre de mettre en exergue ces deux couches, de pouvoir lutter contre le sous emploi et le chômage des jeunes. Des échanges pertinents pourraient être engagés pour permettre aux autres pays francophones d’échanger avec le Sénégal sur ces projets phares.
D’aucuns pensent que les opérations de désencombrement ne sont pas pour encourager l’adhésion de la population…
Le Sénégal ne pouvait pas ne pas s’inscrire dans une dynamique de réorganisation de son cadre de vie, d’opération de salubrité et de déguerpissement. Pour accueillir des délégations de ce niveau, il faudrait bien préparer cela. Les opérations de désencombrement en font partie. Il faut nettoyer les artères, les rendre beaucoup plus accessibles. Ce sont des principes sur lesquels nous pouvons nous entendre. Dans un pays, il y a un minimum d’ordre. Les collectivités locales, sur instruction du chef de l’Etat, sont en train de faire le travail qu’il faut. Quand on parle de désencombrement, ça veut dire qu’il y a une anormalité qui est là. Au de-là du sommet, la réflexion devrait se poursuivre entre Sénégalais pour comprendre que dans notre travail, il y a des normes à respecter. Les marchands ambulants devraient essayer de trouver des solutions apaisées. Ce n’est pas dans la contestation et la furie que les solutions les plus pertinentes vont être trouvées. Le Sénégal nous appartient à tous.
Nous devons avoir un visage de notre capitale qui correspond au visage de toutes les capitales du monde. Chaque Sénégalais devrait le comprendre. Nous devons faire les efforts qu’il faut, nous inscrire dans une logique d’exercer nos activités économiques dans le respect de l’environnement et du cadre de vie.

Le Sénégal va, au cours de ce sommet, rendre un hommage à Abdou Diouf. Pourquoi ce choix ?
C’est un hommage mérité. Il faut reconnaître à Abdou Diouf ses qualités d’homme d’Etat. Il a été chef de l’Etat, président de la République du Sénégal pendant une vingtaine d’années. Il a su faire preuve d’une rigueur que tout le monde lui reconnait, rigueur dans la gestion administrative du pays. Sa stature d’homme d’Etat n’a jamais fait défaut. A la suite de son mandat à la tête du pays, il a été élu à l’unanimité au niveau de l’Organisation internationale de la Francophonie. Il a également eu à abattre un travail extraordinaire salué par tous les Etats membres, membres associés, observateurs de cette très grande organisation. C’est une fierté pour le Sénégal de célébrer  son excellence monsieur Abdou Diouf et de lui témoigner la reconnaissance du peuple et de l’Etat du Sénégal parmi lequel le président Macky Sall qui a déjà des accointances très fortes avec le président Diouf. Ils ont, sur le plan humain, des valeurs qu’ils partagent, le respect de la parole, l’amour de la patrie. Ce sont des valeurs qu’il partage très fortement avec le président, Abdou Diouf.
 
Est-ce que le gouvernement n’est pas gêné par la publication de ses mémoires à deux semaines du sommet ?
Ce n’est pas une affaire du gouvernement. On parle des droits humains, des droits à la marche, mais le droit à la liberté d’expression est un droit incompressible. Il a fait un livre mémoire dans lequel il ne faut pas voir les sujets à polémique. Il faut voir les sujets qui permettent aux autres générations de s’inspirer du modèle Abdou Diouf et de pouvoir réorienter leurs actions pour le futur. Il faut positiver. Le reste ce sont des faits personnels qui n’ont rien à voir avec l’objectif de ce livre mémoire qui est de partager de grands moments de gestion du Sénégal, de grands moments d’histoire du Sénégal. C’est ce qu’il faut retenir.
 
Et le tollé créé chez certains hommes politiques…
 C’est normal. Chaque fois qu’il y a des sujets qui touchent à la vie des personnes, à leur image éventuellement à leur dignité, il y a souvent des réactions de cette nature. Mais connaissant le président Abdou Diouf au vu de son parcours, je pense qu’il ne l’a pas fait pour blesser. Il l’a fait pour rappeler l’histoire et permettre aux générations futures de s’inspirer de cela pour avoir demain les comportements et les attitudes qu’il faut. Il faut très rapidement tourner la page. Le livre, dans son contenu global est un livre qui est très bien fait. Il permet d’avoir une mine de renseignements pour les historiens, les politologues, les politiques et éventuellement pour la jeune génération.

Propos recueillis par Babacar DIONE

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Meeting de l’opposition : Sévère réquisitoire de Me Wade contre le régime

Le Secrétaire général national du Pds, Abdoulaye Wade a demandé hier, lors du meeting du Front patriotique pour la défense de la République (Pds),  l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, au plus tard en décembre 2015. Selon lui, le Sénégal a connu beaucoup de régressions depuis son départ et l’arrivée de Macky Sall à la magistrature suprême.
Me Abdoulaye Wade n’a pas perdu ses vieux réflexes d’opposant politique radical. Lors du meeting du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) organisé, hier, à la Place de l’Obélisque, il a invité le chef de l’Etat Macky Sall à rendre le tablier, vu « la situation affreuse » que traverse le pays. « Nous ne ferons pas de coup d’Etat contre Macky Sall. Nous voulons le persuader qu’ayant échoué et étant incapable de redresser la situation, il doit partir », explique l’ancien président de la République, sous les vivats d’une foule acquise à sa cause. Le leader du Pds suggère une période de transition avec, à la tête, une commission qui aura pour mission d’organiser des élections générales le 29 juin 2015 ou le 6 décembre de la même année.

Selon Abdoulaye Wade, le Sénégal a beaucoup rétrogradé depuis son départ et l’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême. « Le chômage est en hausse, l’enseignement supérieur est détruit, les élèves trainent dans les rues, l’agriculture va de mal en pis, les chefs religieux ne sont plus respectés ; de même que les chefs de village », soutient-il. Il ajoute que la situation est catastrophique sur le plan économique puisqu’« il n’y a plus d’argent ». « Les commerçants ne peuvent plus vendre et les acheteurs ne peuvent plus acheter », a poursuivi, très en verve, l’ancien chef de l’Etat.
Dans son sévère réquisitoire contre le régime en place, Abdoulaye Wade a dénoncé la violation des libertés publiques, de l’état de droit et des principes démocratiques. « 27 Sénégalais ne peuvent pas sortir du territoire national. Pourquoi ? Personne ne sait », a-t-il fustigé.  Il a, dans la même lancée, exigé  de son successeur, la  libération immédiate « des otages politiques » qui, à son avis, sont enfermés sans aucune preuve.  « Je savais que quand je quitterais le pouvoir, on allait se lancer à mes trousses pour voir si j’ai de l’argent quelque part. Je n’ai rien. Même mes fonds politiques, je les ai distribués aux Sénégalais parce que je suis fondamentalement un Sénégalais. Le jour de la passation de service, je suis sorti du palais avec 700.000Fcfa », a encore révélé le pape du Sopi. D’après lui, le régime de Macky Sall a mené une trentaine de missions rogatoires en Europe et aux Etats-Unis. « Avec la police française et américaine, ils ont cherché partout mais, il n’y a rien ; nada (rien). Je n’ai ni immeubles ni argent, encore moins Karim », a-t-il poursuivi.
A son avis, il y a « une justice sous influence » sous l’ère Macky Sall, avec une tentative de mettre les magistrats aux ordres. Fort heureusement, s’est-il réjoui, il y a des juges courageux qui refusent d’être sous la coupole du pouvoir.

Affaire Arcelor Mittal
Sous un autre angle, le Secrétaire général national du Pds est revenu sur l’affaire Arcelor Mittal et la licence d’exploitation-exploration offerte à Aliou Sall, le petit frère du président de la République.  Sur le premier point, Abdoulaye Wade a affirmé que l’expert Gustawson Colorado désigné par le Tribunal arbitral de Paris a estimé une partie du préjudice du Sénégal à 1,9 milliard de dollars. « Mais, regrette-t-il encore, Macky Sall fit irruption et déclara accepter 150 millions de dollars ». Autre curiosité, selon lui, c’est le ministre des Mines et de l’Industrie Aly Ngouye Ndiaye et son homologue des Finances qui ont signé l’accord-arrangement avec Arcelor Mittal ; alors que « seul l’Agent judicaire de l’Etat est habilité à ester en justice, en action et en défense ». « L’Accord est nul et de nullité absolue pour défaut de qualité de la personne qui a prétendu engager l’Etat, donc de nullité pour incompétence », a-t-il conclu. Il a d’ailleurs révélé que le Front patriotique de la défense de la République va porter plainte contre l’Etat du Sénégal dans les juridictions nationales et le tribunal de Paris.
Le Secrétaire général national du Pds a aussi demandé la publication du procès-verbal du Conseil d’administration de la société Mittal « qui aurait dégagé 250 millions USD au lieu de 150 million USD ou 75 milliards Francs FCFA. Concernant la licence d’exploitation accordée à Aliou Sall, Abdoulaye Wade a soutenu que « c’est un cas de vol de ressources publiques ».
« Macky Sall s’est arrangé pour donner à son frère Aliou Sall 30% d’une société de recherche et d’exploitation du pétrole dans deux sites, Saint-Louis et Cayar où le pétrole a été mis en évidence…Le volume découvert vaut 200 milliards. Macky Sall a donc donné à son frère 30% de 200 milliards, c’est-à-dire 60 milliards », a ajouté l’ancien chef de l’Etat.  Il demande que « les 30% détenus indûment par Aliou Sall soient transférés à l’Etat qui aura ainsi 40% au lieu de 10% » ; de même que des poursuites pénales contre Aliou Sall.
Abdoulaye Wade a donné rendez-vous à ses militants après le Sommet de la Francophonie pour voir la suite à donner aux interpellations qu’il a faites à l’endroit de son successeur.

Diégane SARR

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Me Robert Dossou, union africaine : « La création des Chambres africaines extraordinaires est bien régulière »

Selon le représentant spécial de la présidente de la Commission de l’Ua,  Robert Dossou, l’accord entre l’Etat du Sénégal et l’Ua, qui consacre la création des Chambres africaines extraordinaires (Cae), est bel et bien régulier. Me Dossou est en mission au Sénégal dans cadre de la gestion du dossier de l’ancien président tchadien Hissène Habré.
Me Robert Dossou, représentant spécial de la Présidente de la Commission de l’Union africaine, est, depuis lundi, à la tête d’une délégation de l’Ua en mission au Sénégal. Ils ont tenu deux séances de travail avec le ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba. La délégation a  également effectué une visite auprès des Chambres africaines extraordinaires (Cae), avant de tenir une réunion d’information avec les membres du Comité de pilotage, chargé du financement de ces Chambres.

Face à la presse, hier, Me Robert Dossou, interpelé par les journalistes, est revenu sur l’accord entre l’Etat du Sénégal et l’Union africaine portant création des Cae au sein des juridictions sénégalais.
Selon lui, cet accord est bel et bien régulier, parce que, dit-il, tous ceux qui l’ont signé, ont compétence à le faire. « En tant qu’avocat, je sais que c’est de bonne guerre de s’attaquer aux fondements de cette juridiction. Les avocats de l’un des inculpés avaient déjà saisi la Cour de justice de la Cedeao pour soutenir l’irrégularité de cet accord, mais ils ont été  déboutés. Un procès se déroule dans un prétoire, mais pas dans la rue, ni dans les journaux », a soutenu l’envoyé de la présidente de la Commission de l’Ua.  Pour lui,  le procès Habré est une question purement africaine, qui consacre le bannissement de l’impunité dans le continent. « Depuis 2006, l’Union africaine a déployé tous les moyens possibles pour la mise en œuvre de la condamnation de l’impunité sur le continent africain. Le dossier dit Hissène Habré dont la procédure a démarré constitue l’occasion », a dit l’avocat béninois. En outre, il a précisé que des étonnements sont  parvenus à Mme la présidente de la Commission de l’Union africaine qui lui a demandé de conduire une délégation au Tchad et au Sénégal.  «  Dans le déroulement de toute action d’importance, il arrive que certains étonnements fusent. Nous avons noté ces étonnements aussi bien du côté du Tchad qu’au Sénégal », a relevé Me Dossou. A l’en croire, le Tchad s’étonne du rejet de sa demande de constitution de partie civile par les Cae et, le Sénégal, de la manière dont les témoins seront entendus s’il y a procès.
Par ailleurs, il s’est dit parfaitement satisfait de la mission au Sénégal comme au  Tchad. Toutefois, l’avocat a attiré l’attention des journalistes sur deux aspects. D’abord, sur le fait que c’est  la première fois, sur le continent africain, que l’organisation panafricaine mette en mouvement des procédures pour punir des autorités qui ont violé les lois internationales.
« C’est un enjeu pour nous et nous n’avons pas le droit d’échouer ». Ensuite, sur le fait que nous sommes en ce moment en procédure. « La règle est que l’instruction est secrète pour l’intérêt des inculpés », a-t-il avancé.

Le Comité pour le jugement équitable de Habré satisfait
Selon  le Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré, les déclarations de Me Robert Dossou,  représentant  spécial de la présidente de la Commission de l’Ua, confirmant la régularité de l’accord portant création des Chambres africaines extraordinaires, signé entre l’Etat du Sénégal et l’Union africaine, « dissipe toute question sur la régularité des Cae ».  Dans un communiqué,  les partisans du jugement équitable de l’ex-président tchadien estiment aussi que M. Dossou a confirmé qu’un éventuel non transfèrement  des co-inculpés de Hissène Habré m’empêcherait pas la tenue du procès.

Ndiol Maka SECK

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Football au Cap-Vert : Les infrastructures et la formation, gage de succès des « Requins bleus »

Avec deux qualifications consécutives à la Coupe d’Afrique des Nations, le football capverdien est en train de faire de grands pas en Afrique. Les « Requins Bleus » surfent sur une vague de succès et récoltent ainsi les fruits d’une bonne politique de formation et de mise en place d’infrastructures dans ce pays-archipel.

PRAIA : Avant-veille de match au nouveau Estadio nacional de Praia. L’infrastructure flambant neuve et construite par les Chinois trône majestueusement dans cette zone reculée de la capitale capverdienne non loin de l’aéroport international. La quiétude des lieux semble donner des ailes aux « Requins Bleus », surnoms donnés aux joueurs capverdiens. L’endroit est loin de l’agitation du centre-ville et permet à l’entraîneur portugais, Rui Aguas, de réviser ses gammes en attendant la réception du Niger pour l’avant-dernier match de la poule F des éliminatoires de la Can 2015 (finalement remporté par 3 buts à 1). Le football capverdien vient de loin. Inconnus sur la scène de l’Afrique du foot il y a quelques années, les « Requins Bleus » ont parcouru une longue distance pour se mettre à niveau. Une évolution surprenante pour une équipe qui n’arrivait même pas à se faire un nom au tournoi Amilcar Cabral qui regroupait 8 pays ouest-africains (Sénégal, Cap-Vert, Gambie, Mauritanie, Mali, Guinée, Guinée Bissau et Sierra Leone). Aujourd’hui, l’équipe nationale de football du Cap-Vert vit une période faste avec 2 qualifications consécutives à la Coupe d’Afrique des Nations (2013 lorsqu’il avait atteint le second tour et 2015). La dernière acquise même avant la fin des éliminatoires. Benvindo Néves, journaliste sportif à la télévision nationale, parle d’une évolution lors de ces 7 dernières années marquée par l’émergence d’un bon groupe. « L’encadrement technique y a aussi apporté sa touche », analyse-t-il. Sur la pelouse toute neuve et verdoyante, les joueurs lâchés par la pression s’adonnent à des tranches de rigolades ponctuées de quelques tirages de maillot et des courses-poursuites. L’ambiance renseigne sur la bonne entente du groupe. Ce que confirme un cadre de l’équipe, le Lillois Ryan Mendes : « A chaque fois qu’on est ici, cela se passe bien. On est une bande de copains, c’est pourquoi ça rigole de partout quand on est ensemble ». Sur la main courante du Estadio nacional, un petit groupe de journalistes s’impatiente pour faire des interviews d’avant-match. Les questions posées au sélectionneur tournent autour des détails sur le dernier match à domicile de ces phases de poule. L’entraîneur portugais, Rui Aguas, insiste sur « le fait de bien terminer les qualifications », surtout pour ce match à domicile où 15.000 personnes sont attendues sur les travées de l’Estadio nacional de Praia. Avec ces résultats positifs, les « Requins Bleus » drainent ainsi une vague de passion dans toutes les îles de ce pays-archipel.

Tirer le championnat local vers le haut

Benvindo et ses collègues journalistes viennent de terminer leurs entretiens avec le coach et les joueurs. Si le nouveau statut de leur équipe nationale leur donne de la matière à traiter, ce n’est pas encore le cas du championnat local. Benvindo explique ce fait par « les handicaps de l’insularité ». « On est un archipel et des fois, le déplacement des équipes pose vraiment problème pour le championnat », tente-t-il d’expliquer. Considéré comme amateur, le championnat du Cap-Vert se déroule en deux phases. D’abord au niveau régional avec une subdivision de 11 régions sportives réparties entre les 9 îles que compte le pays. Les champions de chaque région sportive se retrouvent avec le champion de la saison précédente dans un genre de Play Off qui se déroule entre mai et juillet.  Trois compétitions qui sont insuffisantes, selon Benvindo, pour bâtir un championnat compétitif. Mais, le président de la fédération, Mario Semedo, espère bien aller un jour vers un championnat professionnel. « Officiellement, nous sommes amateurs, mais la plupart des joueurs gagnent bien leur vie avec le football. Il y en a qui ne font que du football et sont bien payés pour cela ». Semedo parle aussi de nombreux joueurs étrangers venant surtout de l’espace ouest-africain, qui évoluent dans les clubs capverdiens. « On a ici un bon gardien de but sénégalais, Maguette, qui joue au Sporting de Praia ».

Qualité des infrastructures et de la formation
L’immeuble qui abrite le siège de la Fédération capverdienne de football ressemble à celui de la Fsf, mais en plus grand. Normal, l’édifice a été construit par la Fifa comme pour le Sénégal. Président de la fédération capverdienne depuis 14 ans, Mario Semedo, parle d’une « confirmation de l’ascension du football capverdien » avec cette deuxième qualification consécutive à la Can. « C’est très bon pour nous, pour le football capverdien, les joueurs, pour le pays aussi. Le football est un bon véhicule pour diffuser l’image du pays », poursuit-il. Cette deuxième participation à la Can est aussi le fruit d’un travail qui a commencé depuis une décennie avec une politique de formation et la construction d’infrastructures pour soutenir ce développement à la base. « Ce qui a beaucoup contribué à améliorer le football local, ce sont les infrastructures. Nous avons plus de 20 terrains en gazon synthétique. Dans toutes les îles, nous avons des terrains synthétiques en plus de notre nouveau stade national », ajoute Mario Semedo. Le Cap-Vert peut se targuer d’avoir les premiers terrains en gazon synthétique en Afrique subsaharienne. Ce qui a permis d’accompagner une bonne politique de formation. «  Il y a beaucoup de personnes qui sont formées sur le plan technique. C’est historique, mais c’est un travail qui date de plus de 10 ans. Le football capverdien, ce n’est pas seulement la sélection, mais le football de base avec le championnat, la formation des entraîneurs », ajoute Gerson Sena de Melo, directeur des Sports au ministère de l’Education et des Sports. Comme pour beaucoup de sélections africaines, l’équipe du Cap-Vert est essentiellement composée de joueurs expatriés ou qui sont nés à l’étranger. Mais, pour le président de la Fédération capverdienne, il y a un apport du foot local sur la sélection nationale. « C’est vrai que plus de 90 % des joueurs évoluent à l’étranger, mais 80 % d’entre eux aussi sont partis d’ici adultes. Cela veut dire qu’il y a aussi la contribution des clubs locaux pour la formation de l’équipe nationale et de ces joueurs », justifie-t-il. Parmi ces joueurs, beaucoup évoluent aujourd’hui dans des grands championnats et jouent même les compétitions européennes de club.
À l’image du Lillois Ryan Mendes et du défenseur Fernando Varela du club roumain de Steaua Bucarest qui jouent tous cette saison l’Europa League. De même que l’attaquant du Sporting du Portugal, Heldon, qui a fait quelques piges en Champions League européenne. Un groupe de joueurs complété par de nombreux pensionnaires de la Primeira Ligua portugaise ou en Ligue 1 française comme le sociétaire du Stade de Reims Odaïr Fortes. Pour ce dernier, cette évolution de la sélection fait que le regard sur le potentiel du pays a beaucoup changé et les gens viennent y faire des investissements dans la formation des jeunes. « Ce qui n’était pas le cas auparavant », précise-t-il.

RYAN MENDES, ATTAQUANT : « Si l’on avait plus de moyens financiers….. »
Sociétaire de Lille en Ligue 1 française, l’attaquant Ryan Mendes incarne ce nouveau visage du football capverdien. Agé de 24 ans, le joueur qui en est à sa troisième année à Lille, a fait sa formation de petite catégorie au Cap-Vert avant de s’exiler en France.
« Ryan, le football capverdien semble aller de l’avant avec deux qualifications consécutives à la Can. On peut donc dire que vous êtes sur la bonne voie ?
« Franchement, le football cap-verdien est en train d’évoluer. Cela fait des années que la fédération et le staff technique font du bon travail. Il y a aussi de bons joueurs qui sont en train de grandir. On a réussi à se qualifier pour la Can 2015 et j’espère qu’on va continuer dans cette dynamique et progresser. Il y a aussi la qualité des joueurs. On a beaucoup de qualité dans ce pays, même s’il est tout petit. Après, il y a la fédération qui fait des efforts et aussi tous les staffs techniques qui sont passés par là, l’ancien comme l’actuel. Cela nous permet de continuer dans une même dynamique. A chaque fois qu’on est ici, cela se passe bien. On est une bande de copains, c’est pourquoi ça rigole de partout quand on est ensemble. »
 
Personnellement, avez-vous été formé au Cap-Vert ?
 « Je suis parti en France à l’âge de 18 ans. Il y en a qui sont partis plus âgés encore. J’ai terminé ma formation en Europe de même que beaucoup de joueurs de l’équipe. Cela nous a permis de nous perfectionner encore. J’ai fait ma petite catégorie à Mindelo, à l’île de Sao Vicente. C’est après que je suis parti en France à Le Havre quand j’avais 18 ans. Après, mon évolution est venue petit à petit et là je suis à Lille. J’ai joué ici au pays dans toutes les petites catégories, moins de 11 ans, moins de 14 ans, moins de 16 ans et 18 ans. La formation se passe bien ici mais si on avait plus de moyens financiers, le Cap-Vert pourrait être mieux encore. »

Comment ça se passe à Lille avec vos coéquipiers sénégalais Idrissa Gana Gueye et Pape Ndiaye Souaré ?
 « Gana Guèye et Pape Souaré sont des potes. On s’entend très bien ensemble. Là ils sont en sélection dans leur pays. Je leur souhaite bonne chance aussi pour les qualifications et qu’on se retrouve ensemble à la Can. Idrissa s’est vraiment imposé dans le milieu de terrain de l’équipe. Pape Souaré aussi. Il était prêté la saison passée à Reims. Cette année, il s’est imposé au poste d’arrière gauche. Ils sont très bons et sont titulaires dans l’équipe et font leur travail très bien. Ce sont des amis et je leur souhaite bonne chance. »

De notre envoyé spécial à Praia Oumar NDIAYE (textes et photos)

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