A LA UNE

Accès à l’eau potable à Ziguinchor : La Sones lance un programme de 4,5 milliards de FCfa

Chateau deauUn nouveau château d’eau, une usine de traitement et des bassins sortent de terre au quartier Château de Ziguinchor. Ces nouveaux ouvrages vont couvrir les besoins en eau de cette ville jusqu’à l’horizon 2020. Le directeur de la Sones, Charles Fall, accompagné d’une forte délégation, a effectué une visite pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux.

Derrière les nouveaux bassins en finition, un bloc de béton culmine à plus d’une vingtaine de mètres. L’ouvrage hydraulique s’impose par sa stature et par sa hauteur. Elle porte tout un symbolisme dans l’option des autorités d’assurer la disponibilité de la ressource vitale pour les habitants de Ziguinchor. Elle a une capacité de 3.200 mètres cubes. Ce nouveau  château  et l’ancien forment des tours jumelles dans le quartier Château de Ziguinchor. Les travaux sont entrepris par la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones) qui a réalisé trois forages avec un débit prévisionnel de 50 mètres cubes par heure, deux autres d’un débit prévisionnel de 120 mètres cubes par heure. Ces nouveaux forages ont une production additionnelle de 7.000 mètres cubes par jour. Au bout du compte, cinq forages assureront la couverture des besoins en eau de Ziguinchor jusqu’à l’horizon 2020.

La demande de pointe de cette ville était estimée à 11.000 m3/j  en 2015 et le déficit de 4.800 m3/j. « Nous avons réalisé cinq forages qui sont venus améliorer voire doubler la capacité de production de Ziguinchor. Cette capacité passe de 6.000 à 14.000 m3/jour. Nous avons ajouté quasiment 7 à 8.000 m3 dans la production de Ziguinchor pour couvrir le déficit en eau en période de pointe, qui est de l’ordre de 4.500 m3. Nous avons plus que résorbé le déficit en période de pointe », a souligné le directeur général de la Sones, Charles Fall.

Télégestion des ouvrages
A l’ombre de l’ancien château, un bâtiment ocre et aux bandes peintes en marron relègue la première unité de traitement de même couleur. L’ouvrage surmonté de garde-fous semble dégager la forme d’un bateau. A l’intérieur, de grandes conduites jettent le pont entre les différentes étapes de traitement. La capacité de la nouvelle usine est portée de 100 à 600 mètres cubes par heure. Déjà des témoignages concordent sur la nouvelle composition physico-chimique de la ressource vitale distribuée aux populations de Ziguinchor. La nouvelle approche exploite à fond les nouvelles technologies. A partir d’un local situé près de l’ancienne usine de traitement, et à travers un écran, un technicien peut avoir une vue panoramique du fonctionnement des forages, du remplissage des réservoirs, ou encore des différentes étapes de traitement  de l’eau. « Nous devons aller vers la généralisation de la télégestion des ouvrages pour simplifier les choses et aussi anticiper sur des problèmes », recommande Saliou Sané de la Sde.

Moussa SADIO

Des investissements de plus de 4,5 milliards de FCfa
De belles perspectives s’ouvrent alors pour Ziguinchor aussi bien sur le plan qualitatif que sur celui quantitatif dans l’accès à la ressource vitale. Dans le cadre du Programme d’eau potable et d’assainissement du millénaire (Pepam), la Sones a entrepris un vaste et ambitieux programme d’investissement de plus de 4 milliards cinq cent millions de FCfa dans la région de Ziguinchor dans l’optique de densifier le système d’approvisionnement en eau potable de la ville jusqu’à l’horizon 2020. La réalisation de ces ouvrages est cofinancée par  l’Afd, Bei, Eu, Boad et une contrepartie de la Sones à hauteur de 9%. « L’accès à l’eau potable des populations du Sénégal est au cœur de nos préoccupations.

Le secteur de l’eau et de l’assainissement est un secteur de concentration de la coopération de l’Ue avec le Sénégal depuis de nombreuses années », a noté le chargé de programmes et infrastructures à la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, Laurent Frémolle.

Il est prévu de réaliser 1.695 branchements sociaux dans les villes de Ziguinchor, Oussouye et Bignona,  où plus de 16.000 personnes supplémentaires auront accès aux services de l’eau.

M. SADIO


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Energie solaire : Le Sénégal bénéficiera d’une production de 50 à 200 Mw

Energie solaireSelon un communiqué de la Société financière internationale (Sfi), membre de la banque mondiale, le Sénégal devient le deuxième pays africain à intégrer l’initiative « Scaling Solar », pour une production rapide d’énergies propres d’une capacité estimée entre 50 à 200 mégawatts.

La Société financière internationale a conclu un accord avec le gouvernement sénégalais visant la production de 50 à 200 mégawatts d'énergie solaire dans le cadre de l’initiative du groupe de la Banque mondiale dénommée « Scaling Solar ». Cette initiative vise à aider les pays africains à se produire de l’électricité à partir des énergies renouvelables et à moindre coût. Le projet photovoltaïque solaire d’envergure utilitaire témoigne de l'engagement du gouvernement à intégrer les ressources renouvelables dans le mix énergétique de ce pays d’Afrique de l’Ouest, indique le communiqué.

En 2015, un accord similaire a été signé avec la Zambie. « Ce partenariat innovant avec le Sénégal est essentiel à la création d'un nouveau marché pour l'investissement en énergie solaire dans la région », a déclaré Vera Songwe, Directeur de la Sfi pour l'Afrique de l’Ouest et Centrale. Selon elle, Scaling Solar est un exemple « patent » de la mise à disposition de l’expertise du Groupe de la Banque mondiale au profit des gouvernements dans la résolution de leurs problèmes les plus cruciaux. » « Scaling Solar » est un service composé de conseils, de documents de projets, de produits de gestion des risques, de financement et de produits d’assurance servant à doter même les plus petits pays d’un pouvoir d'achat décent aux plus grands marchés et contribuant à attirer les plus grands investisseurs privés vers de nouveaux pays.

Pour l’exécution du projet, la Sfi assistera le gouvernement sénégalais dans la procédure de passation de marché. En effet, la Banque mondiale et l'Agence multilatérale de garantie des investissements se tiennent prêtes également à accompagner la phase d'appel d'offres.

Louise Cord, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal soutient que l’accès à l'électricité est une condition essentielle au développement économique du Sénégal. Elle estime que l’initiative « Scaling Solar » permettra au gouvernement de disposer d’abondantes ressources énergétiques renouvelables pour une fourniture rapide et efficace, contribuant ainsi à l’atteinte des objectifs du plan Sénégal émergent.

L’accord conclut en août 2015 avec la Zambie a déjà permis des avancées majeures vers la première usine solaire de grande envergure dans ce pays d'Afrique australe. La société zambienne de développement industriel a annoncé la candidature de 48 entreprises à la présélection pour les deux premiers projets de 50 mégawatts chacun, dans le cadre de cette initiative. Selon les données de la Banque mondiale citées par le communiqué, à peine, plus de la moitié de la population du Sénégal dispose de l’accès à l'électricité. La part du Produit national brut (Pnb) du Sénégal provenant de l’énergie est estimée à seulement 2,5% annuellement.

Abdou DIAW


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Mariama Dramé, directrice générale : « L’Ancar veut révolutionner les filières agricoles »

Mariama Drame AncarL’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar) compte multiplier les actions pour accompagner l’Etat et les partenaires au développement dans le développement de l’approche chaines de valeur en milieu rural. Dans cet entretien, la directrice générale de l’Ancar, Mariama Dramé, invite, toutefois, les acteurs à développer des synergies en tenant compte du rôle incontournable du conseil agricole et rural dans les actions en cours dans le monde rural.

Il est admis que le conseil rural et agricole joue un rôle majeur dans le développement rural. Dans le contexte marqué par la mise en œuvre du Programme d’accélération du rythme de l’agriculture (Pracas) décliné dans le Plan Sénégal émergent (Pse), comment se porte le conseil rural agricole ?
L’Agence nationale de conseil rural et agricole (Ancar) est un outil stratégique dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent et plus spécifiquement du Pracas à travers les différentes orientations fixées par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Aujourd’hui, l’Ancar est bien impliquée dans la diffusion à grande échelle des nouvelles technologies introduites pour améliorer la productivité agricole et les filières à travers l’approche chaînes de valeur agricoles au Sénégal.

Dans le Pracas, l’Ancar a réussi à développer différents partenariats stratégiques et opérationnels visant à améliorer le développement des filières. C’est le cas, par exemple, des céréales comme le mil, le maïs, le sorgho où l’Ancar a assuré la diffusion à grande échelle des variétés à haut potentiel de rendement comme le souna 3, thialack 2. L’Ancar a beaucoup travaillé aussi à la dissémination des nouvelles variétés de riz, d’arachide entre autres spéculations. A cette diffusion à grande échelle des nouvelles technologies introduites dans le monde rural, est combinée également un vaste programme sur les paquets technologiques afin d’élargir la base productive et les itinéraires techniques recommandées par la recherche et adaptées aux différentes zones agro-écologiques du Sénégal. A côté de ses efforts soutenus notamment dans la mise en œuvre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao/Waapp) financé par la Banque mondiale et l’Etat du Sénégal, l’Ancar a entrepris plusieurs actions destinées à révolutionner le volet transformation par des mesures d’accompagnement en équipements post-récolte dans le milieu rural.

Des décortiqueuses à mil et maïs et des batteuses ont été distribuées aux producteurs et productrices dans une perspective de mise au marché de la production. Cela a permis d’appuyer le développement des filières à travers une approche chaînes de valeur agricoles déclinée par la tutelle. Outre l’Etat et la Banque mondiale, des partenaires comme le Pam, la Jica et le Kafasi (coopération sud-coréenne) ont accompagné l’Ancar dans cette mission.

L’objectif, aujourd’hui, est d’élargir la base productive dans le monde rural, introduire de nouvelles variétés à haut rendement et faciliter la transformation et la mise en marché de la production grâce à un renforcement des capacités opérationnelles et organisationnelles des producteurs. Ce qui a conduit à l’augmentation significative des rendements. Aujourd’hui, pour le mil, on note des rendements de plus d’une tonne à l’hectare contre environ 500 kilogrammes dans un passé récent. Avec le maïs, les rendements tournent autour de 3 à 4 tonnes à l’hectare.

D’une manière générale, on est dans une dynamique de révolutionner les filières et de capitaliser l’ensemble des efforts fournis par l’Ancar. Dans le développement de la filière riz, la contribution de l’Ancar a été considérable dans la relance de la riziculture pluviale dans des zones comme la Casamance.

Concrètement, qu’est-ce que l’agence a fait ?
L’Ancar a joué un rôle majeur dans la vulgarisation du système de riziculture intensif (Sri) dont le but est d’intensifier la production avec moins d’intrants. L’exemple des champs écoles dans l’introduction des nouvelles variétés de riz a été aussi une des actions à retenir. L’Agence, à travers différents projets et programmes, a pu développer des synergies qui ont permis d’engranger les résultats significatifs notés durant cette campagne. Grâce aux techniciens de l’Ancar, on a noté une adoption significative des technologies en milieu rural et une maîtrise des itinéraires techniques par les producteurs. En Casamance, par exemple, les sensibilisations menées par l’Ancar auprès des populations ont permis, aujourd’hui, le remembrement des parcelles pour respecter les itinéraires techniques recommandés par la recherche. Un aspect important qui a permis de booster la production. Pour accompagner tout cela, l’Etat et la Banque mondiale promettent de mettre à la disposition des producteurs, des motoculteurs multifonctionnels pour améliorer la production de riz pluvial en Casamance.

Une mini-rizerie sera installée aussi à Sédhiou à l’image de ce qui a été fait à Pont Gendarme, pour faciliter la transformation du riz local en Casamance. Ces efforts visent aussi à susciter l’entreprenariat en milieu rural notamment celui des femmes pour mieux développer le volet transformation et mise en marché de la production. Concernant la filière arachide, la diversification à travers l’approche mise en marché et la transformation à permis d’augmenter les revenus des producteurs.

Aujourd’hui, c’est une véritable révolution qui s’opère dans cette filière. Les producteurs ont fini d’y trouver leur compte en évitant le bradage de leurs récoltes. Pour accompagner cette dynamique,  l’Ancar a développé un grand programme d’appui des producteurs dans la lutte contre l’aflatoxine pour disposer d’huile d’arachide de bonne qualité. Dans le bassin arachidier, l’introduction de la table de traitement à permis de lutter contre l’aflatoxine et d’introduire les bonnes pratiques en milieu rural. L’engouement que cela a suscité auprès des femmes à créer des emplois et d’améliorer les revenus des producteurs. Grâce à ces mesures, on ne parle plus de bradage de la graine d’arachide dans le bassin arachidier.

A  vous entendre parler, on a l’impression que l’Ancar est en train de changer de paradigme pour verser totalement dans l’approche chaînes de valeur. Qu’est-ce qui justifie cette option ?
C’est cela qui a été même à la base de la création de l’Ancar. Il s’agit, aujourd’hui, de développer les actions dans une approche qui tient compte de toutes les dimensions de la chaîne de valeur agricole. Et l’Ancar, à travers les différents partenariats noués sous la houlette du ministère, a réussi à mettre à l’échelle des interventions qui ont permis le développement d’un service de conseil dans tous les maillons de la chaîne de valeur. L’agence, aujourd’hui, par sa mission, a contribué, de façon significative, au développement des chaînes de valeur agricoles au Sénégal. Il s’agit de développer davantage des synergies dans le conseil agricole et rural pour faciliter le développement des filières.  L’Ancar, compte tenu de son ancrage territorial a un rôle majeur à jouer dans ce sens.

Si nous prenons le cas de l’introduction de matériels post-récolte en milieu rural, l’Ancar a un rôle important à jouer car le but viser est de permettre l’allégement des travaux des femmes et d’améliorer les revenus des ruraux à travers une diversification des activités. C’est bien d’introduire ces technologies en milieu rural mais il faut faire en sorte qu’elles soient adoptées par les populations. Et l’Ancar, à travers son conseil agricole et rural, peut permettre de réussir une telle mission. Nous invitons les partenaires au développement à tenir compte de cet aspect.

Ne pensez-vous pas à développer davantage des synergies avec l’ensemble des projets et programmes initiés par l’Etat et qui ne sont pas logés au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural pour parvenir à un développement rural beaucoup plus intégré ?
Je crois que l’Ancar a suffisamment capitalisé de l’expérience pour cette approche. Et cela ne pose pas de problème au ministère. Les synergies développées dans la mise en œuvre de projets comme le Pafa, le Papil entre autres prouvent à suffisance la nécessité de développer des synergies. L’Ancar, aujourd’hui, est incontournable en conseil agricole et rural. Et je pense que des programmes comme le Pudc ou encore le Ppdc en Casamance doivent prendre en compte cet aspect et profité du maillage territorial de l’Ancar et de son modèle d’action sur le terrain. Nous comptons œuvrer dans cette dynamique et encourager les contacts pour le développement des synergies avec tous les projets et programmes intervenant en milieu rural.

L’introduction de matériels agricoles en milieu rural doit être accompagnée d’un service approprié de conseil agricole et rural pour assurer la durabilité. L’Ancar ne demande qu’à être accompagnée. Au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, le problème de la mise à échelle a été définitivement réglé grâce aux orientations du Pracas.

Quelles sont les perspectives de l’Agence dans l’accélération de la cadence de l’agriculture au Sénégal ?
Nous comptons développer des partenariats stratégiques pour accompagner les grands programmes agricoles de l’Etat. Un plan stratégique est en cours d’élaboration dans ce sens. L’Agence a un rôle important à jouer dans l’adoption, la diffusion et le transfert durable des technologies. Cela bien entendu, ne pourra se faire sans développer des synergies.  L’Ancar a un rôle important d’animation à jouer dans la mise en œuvre des programmes en milieu rural et on doit profiter de son ancrage territorial dans leur exécution.

Propos recueillis par
Seydou Prosper SADIO


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Le Procureur général requiert la perpétuité contre Hissein Habré

Habre procesMbacké Fall ne veut plus voir Hissene Habré circuler librement le reste de sa vie. Dans son réquisitoire, il a demandé au président des Chambres africaines extraordinaires (Cae) et à ses assesseurs de prononcer la perpétuité contre l’ex-président tchadien. La défense plaide la cause de Habré aujourd’hui.

L’ancien président Tchadien risque la prison à vie. Le procureur général près les Chambres africaines extraordinaires (Cae), Mbacké Fall, a requis hier la peine de prison à perpétuité contre Hissene Habré. Il a souligné dans son réquisitoire que « Hissene Habré a désarticulé le Tchad pour son pouvoirisme exorbitant ». A l’en croire, les moyens utilisés par la Dds, mise en place par l’accusé, ont été illégaux. « La responsabilité de Habré doit être retenue pour les chefs d’accusation de tortures, crimes autonomes, crimes contre l’humanité et crimes de guerre », a laissé entendre le parquetier.

Pour lui, le ridicule ne tue pas. Sinon Habré qui crie aujourd’hui au complot en indexant l’Occident n’allait pas agir ainsi, lui qui a toujours eu le soutien de l’Occident. En outre, Mbacké Fall a relevé que « le silence de l’accusé traduit une gêne, une lâcheté, mais aussi une stratégie de défense ». « Qu’est-ce qu’il a dans le cœur?, s’est interrogé l’avocat général qui a dit avoir du mal à croire que Hissene Habré s’adonne à la lecture du Coran comme l’a montré l’enquête de moralité.

Le procureur général a rappelé à l’ancien homme fort de Ndjamena le Verset 61 de la Sourate la Vache. Il a également déploré le comportement de Hissene Habré devant les Chambres africaines, ce qui, a-t-il précisé, peut lui valoir des circonstances aggravantes. Avant d'énoncer les chefs d'accusation, Mbacké Fall avait replacé l'affaire dans son contexte historique et géopolitique global, mais aussi avait retracé le parcours de l'accusé. On se remémore ainsi que Habré a fait ses premiers pas dans l'administration coloniale française en 1958 et qu'il est diplômé de Science Po.

Habre M Fall dessinLa prison, un mouroir
Le procureur s'était ensuite mis à démontrer la culpabilité de l’accusé. Tout d'abord en évoquant la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds), les services de renseignements et acteurs des faits de torture sous le régime. « Ce n'est pas un crime de créer une centrale de renseignements. Le crime c'est d'utiliser cette centrale pour commettre des abus », a souligné M. Fall. Il a d'ailleurs rappelé que le président de l'époque n'ignorait pas le système judiciaire tchadien, qu'une procédure pénale devait s'appliquer aux prisonniers pour que justice soit faite.

« Pourquoi il ne s'est pas tourné vers la procédure judiciaire ? s'est interrogé le procureur. La réponse me paraît simple. En saisissant les juridictions, il allait violer la confidentialité qui s'attache aux activités de la Dds. Et l'une des activités clandestines de cette machine se trouvait être la détention des suspects. Or, personne ne devait savoir ce qui s’y passait », note le procureur. Mais il ajoute que les prisons construites par Hissene Habré ne pouvaient être considérées comme des centres de détention d'État. “C'était les prisons personnelles de Habré.”

C'est le premier acte criminel de l'accusé, a soutien Mbacké Fall, souhaitant que ces lieux informels soient moins qualifiés de prisons que de « centres de concentration ». Le terme est justement choisi puisque, dans une description scrupuleusement détaillée, le représentant du parquet a évoqué le « mouroir » de la Piscine. Composé de 10 cellules d'environ 2 ou 3 m² chacune, le centre recevait près d'une centaine de prisonniers quand le maximum décent aurait été de 15. « Ces conditions inhumaines suffisent à rendre coupable l'accusé de crimes de guerre par omission fautive des accords de Genève », a précisé le magistrat.

Après être revenu sur les nombreux points développés par les parties civiles concernant les persécutions des populations et des rebelles au gouvernement, le parquet a estimé que le nombre de victimes et le caractère systématique des attaques démontraient que ces actions étaient organisées et coordonnées par Habré, sans aucun doute. Un témoin « essentiel » a été retenu par le parquet pour confirmer l'implication personnelle du « Lion de l'Unir » dans les actes de torture.

La crédibilité de Khadidja Hassan Zidan, la femme qui avait subi à l'époque les pires sévices de la main de Habré (il l'a violée à quatre reprises et mutilée), ne fait aucun doute pour le procureur. Selon le parquet, ce seul témoignage suffit pour démontrer la culpabilité de Habré pour crimes contre l'humanité et crimes de tortures.

Ndiol Maka SECK et
Nicolas  CERTES (stagiaire)


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Lutte : Abdou Badji, le Dtn passe à la loupe la situation des ténors

Abdou badji Dtn LutteConnu pour son franc-parler et son amour pour la lutte, le Directeur technique national (Dtn) du CNG Abdou Badji a récemment assisté à Mbour, au séminaire du CRG de Thiès. L’occasion pour le technicien, de revenir avec nous, en marge de ces assises, sur la situation que traversent les ténors Bombardier, Balla Gaye et Yakhya Diop Yékini. Un avis d’expert qui vaut son pesant d’or.

BOMBARDIER, ROI DES ARENES : « IL DOIT CHOISIR SES ADVERSAIRES, EN FONCTION DE SES INTÉRÊTS FINANCIERS, ET SPORTIFS »
« Si un lutteur fait une année blanche, c’est qu’il l’a voulu ! Je peux concevoir qu’il soit malade, ou qu’un promoteur ne le sollicite pas. Tant que le lutteur a des propositions, je pense qu’il ne doit pas accepter pour ne pas rester une année sans compétition. Vous savez le titre de « roi des arènes » a suscité beaucoup de polémiques du genre « qui est roi et qui ne l’est pas ? » Bref, considérons qu’il y a un roi. Dans une activité sportive, si le titre est codifié, en principe il doit être remis en jeu chaque année.

Donc si un lutteur est désigné « roi des arènes », en principe il doit défendre son titre l’année suivante pour qu’un autre puisse prétendre le lui ravir. Il faut rappeler que Bombardier a pris un engagement avec un promoteur et un contrat le lie avec Mansour Aw. Tant que ce contrat est valable, il ne peut pas signer ailleurs. C’est ça les textes. Maintenant est-ce que son contrat avec Mansour Aw est vidé ? Si oui, il peut prendre un combat. Bombardier ne manque pas d’adversaires. Les promoteurs  souhaiteraient organiser son combat. Car derrière cette affiche se cache le titre.  Ce ne serait pas souhaitable qu’il passe une année blanche. Dans la lutte, il y a beaucoup d’enjeux. Et quand il y a des enjeux, tout le monde devient calculateur. Tapha Tine a battu Bombardier, mais aujourd’hui ce dernier est le « roi ». Donc le géant du Baol devient le challenger. Qu’il le veuille ou non, c’est un challenger. Et c’est devenu complexe, parce qu’Ama Baldé qui n’a pas encore affronté Bombardier vient de battre Tapha Tine. L’actuel « roi des arènes » peut dire à Tapha Tine de retourner régler ses comptes avec Ama Baldé.

Pour Bombardier, ce ne sont pas les adversaires qui manquent. Je dis que tous les lutteurs peuvent s’affronter entre eux. Bombardier peut lutter contre Yékini qui peut affronter Eumeu Séne. Lui à son tour peut rencontrer Gris Bordeaux. Ce dernier peut lutter contre Lac De Guiers 2, Balla Gaye  et même Ama Baldé. C’est toutefois à Bombardier (n’oubliez pas qu’il est le roi) de  choisir ses adversaires, en fonction de ses intérêts financiers, et sportifs. Pour les intérêts financiers, il doit voir où il va gagner plus d’argent ; et pour les intérêts sportifs, où il a plus de chance de gagner. S’il a de bons conseillers, il ne prendra pas n’importe qui ».

Ama Balde lutteAMA BALDE, VAINQUEUR DU TOURNOI TNT : « ON SEUL PROBLÈME, C’EST LE RESPECT DE L’ENCADREMENT »
« Ama Baldé fait partie des lutteurs qui ont un immense potentiel physique et technique.

Il est jeune aussi. Maintenant, son problème, c’est le respect de l’encadrement. Aucun lutteur ne peut avancer seul, sans son staff. Il faut respecter son encadrement dans la victoire comme dans la défaite. Pourquoi je le dis cela ? Tapha Tine a versé des larmes après sa victoire contre Zoss, en disant que tout le monde l’avait laissé. Ce qu’il n’a pas dit, c’est que quand il avait perdu son combat contre Balla Gaye 2, il avait viré tout le monde, en commençant par son entraineur, qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Il faut que les lutteurs prennent du recul après une défaite. Ils doivent se poser les bonnes questions et faire une introspection. Ama Baldé a la chance d’être encadré par son grand-frère.

Cependant Il y a eu une polémique entre Ama Baldé et Lac de Guiers 2. Je trouve anormal qu’il ne respecte pas le conseil que lui avait donné son défunt père de ne pas croiser Lac de Guiers. Heureusement qu’il a un grand-frère qui a en mémoire ce que son père avait dit. Jules Baldé a soutenu que même pour des milliards Ama Baldé ne luttera pas contre Lac de Guiers 2. Depuis, le vainqueur du tournoi TNT est d’ailleurs revenu à de meilleurs sentiments et a renoncé à lutter contre Lac 2. Il faut qu’il évite ce genre de quiproquo. C’est au sportif de se faire un plan de carrière sans toujours tenir compte des aspirations de ses supporters.

Ce programme consiste à voir quel chemin emprunter pour accéder au sommet sans brûler les étapes. C’est ce que, en tant que technicien, je conseille aux lutteurs. Je préfère gagner 100.000 francs, puis 200.000 F, ainsi de suite, pour arriver à 100 millions, que de partir de 50 francs pour aller d’un coup à 50 millions de francs. Ama Baldé a un potentiel fou, qu’il choisise ses adversaires en fonction de son encadrement et de son plan de carrière. C’est important. Il ne faut pas que les gens se pressent de le voir rencontrer coûte que coûte ceux qui sont au sommet de l’arène. Car s’il gagne, il peut gravir des échelons, mais s’il perd il repartira de zéro.  Je crois qu’il faut éviter de repartir de zéro.

Balla Gaye 2 LutteBALLA GAYE 2, LE LION DE GUEDIAWAYE : « IL FAUT QU’IL PRENNE LE TEMPS DE FAIRE UNE INTROSPECTION »
« Je l’ai dit tout à l’heure, rien ne sert de battre le champion, si après on part à la déchéance. Il ne faut pas se presser. Balla Gaye 2 est un lutteur qui a un potentiel extraordinaire. Il est courageux, fort et est un grand technicien. Il a un bon encadrement également.  Si un lutteur a tous ces atouts, il faut qu’il fasse doucement, afin que son staff lui montre la bonne voie. Si l’on brûle les étapes, on peut arriver au sommet, mais après la chute sera brutale. Maintenant, il faut prendre le temps d’analyser ce qui vous a fait tomber, sans pour autant renier ce qui vous faisait gagner. Il y a un ancien lutteur qui disait : « j’ai un bon marabout, je suis intelligent mais je n’ai plus la force ». Celui qui prend sa retraite a ses raisons ; car il a vu qu’il n’a plus les ressources physiques pour continuer à lutter.

Mais le lutteur qui est toujours en activité doit savoir quel adversaire affronter ou pas ? Et là où il a des chances de gagner ou pas ? Balla Gaye 2 s’est attaqué à des ténors. Il en a battu certains et certains l’ont battu. Il faut alors qu’il prenne le temps de faire son introspection. Cela va durer combien de temps ? C’est à lui seul de voir. Il doit prendre le temps d’analyser les causes profondes de sa défaite et  revenir. On a l’habitude de dire que, seul ceux qui ne luttent pas, ne tombent pas. Il n’y a aucune honte à être vaincu, mais cela doit servir de leçon, il faut savoir en tirer les conséquences. Balla Gaye 2 n’a pas à s’emmurer dans un mutisme profond, parce que tout simplement Bombardier et Eumeu Séne l’ont battu. Eumeu Séne a eu combien de défaites ? Bombardier en a eu combien? Et pourtant ils sont toujours là. Ils font l’actualité. Donc il n’a pas besoin de se cacher ou de faire des années blanches. La compétition dure un laps de temps. On est compétitif sur une courte durée.

Au-delà, on a plus les mêmes ressources. Moi aujourd’hui j’ai plein de techniques mais je ne peux pas battre Balla Gaye 2, parce que je n’ai plus la force. Pourtant je peux lui apprendre mille et une techniques. Mais quand il s’agit de combat, je suis hors course. Il faut que les gens l’acceptent ; l’encadrement est un maillon indispensable. Tout bon sportif doit s’assurer d’un bon encadrement ».

Yekini LutteYAKHYA DIOP YEKINI, ANCIEN ROI DES ARENES « IL PEUT DISPUTER UN OU DEUX COMBATS. QU’ON LE LUI CONCÈDE »
« Le sport est complexe. Car il vous met dans plusieurs perspectives. Par exemple, il y a des gens qui se suffisent largement de ce qu’ils ont. Il y en a d’autres qui veulent toujours aller plus haut. Il y a des lutteurs qui ne veulent pas sortir de l’arène après une défaite. Ils préfèrent partir la tête haute. Mais, quelqu’un comme Yékini, qu’il arrête ou qu’il reste, son nom est déjà inscrit dans l’histoire de l’arène. 15 ans d’invincibilité, champion de lutte sans frappe, champion de lutte avec frappe, champion de lutte olympique, meilleur lutteur  du centenaire entre autres, rien ne peut lui enlever ces titres. Le fait  qu’il soit battu une seule fois dans sa carrière par  Balla Gaye 2 n’entache en rien sa carrière. Mais c’est  un garçon qui a des ambitions. Je pense qu’à l’état actuel, il peut encore disputer un ou deux combats.

Qu’on le lui concède. Maintenant contre qui ? C’est ça la question. Parce que beaucoup de lutteurs souhaitaient rencontrer Yékini mais à y voir de près ils réfléchissent mille fois avant de le prendre. Je rappelle que quand Manga 2 était en pleine activité, il y avait un lutteur qui avait dit : « c’est facile de défier Manga 2 mais une fois dans l’enceinte on regrette de l’avoir défié ». Ca aussi ce sont des paramètres que les lutteurs n’oublient pas. C’est facile de défier Yékini mais où cela va se terminer ? C’est cela la grande question. Je pense honnêtement qu’il n’a rien  à perdre s’il arrête la lutte aujourd’hui.

Mais c’est lui seul qui peut prendre cette décision ! C’est à lui de dire s’il a les capacités physiques et mentales et s’il peut continuer ou pas ».

Propos recueillis par
Absa NDONG


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