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Christine LAGARDE à l’Assemblée Nationale : « Les objectifs du Pse sont ambitieux et réalistes »

Hôte de l’Assemblée nationale, hier, la directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi), Mme Christine Lagarde, a prononcé un discours mettant l’accent sur le réalisme des ambitions du Plan Sénégal émergent (Pse). Elle a aussi insisté sur la prudence dans la gestion budgétaire.

Devant les députés, la directrice général du Fonds monétaire international (Fmi), Christine Lagarde, leur a salué en wolof « Asalamu Alekum! ». Mme Lagarde qui était très attendue par les parlementaires du « pays de la Teranga », a cité Senghor et Sembène et a tiré une citation de notre hymne national. Elle s’est aussi essayée en wolof, à travers le proverbe : « Ku la jëkk ci néeg bi moo lay wax ni ngay toogué ». Et sa tradition est la suivante : « C’est à celui qui te précède dans une pièce de te dire  comment t’asseoir ». Le ton est donné. Depuis longtemps, le Sénégal n’a pas reçu un patron du Fmi. Christine Lagarde est la première à fouler le sol sénégalais, ces 15 dernières années. Cette femme au parcours exceptionnel a effectué sa visite au pas de charge. Après la présidence, la Primature, la Bceao, elle s’est adressée à l’Assemblée nationale. De 17h07 à 17h37, la dame aux cheveux argentés s’est entretenue avec les députés pour leur dire ce qu’elle pense de l’économie sénégalaise.
« Le Sénégal peut s’enorgueillir de grands succès. Votre démocratie est un modèle pour l’Afrique, comme en témoigne la diversité de ce Parlement. Vous êtes reconnus pour la qualité de votre système éducatif, le dynamisme de votre société civile et la qualité de votre administration publique », a-t-elle lancé à l’endroit des députés. « Le Sénégal ne peut pas, pour autant, se reposer sur ses lauriers. Il se trouve aujourd’hui à un tournant décisif ». La raison, estime-t-elle, c’est que les fondations de la croissance ont certes été posées, mais celle-ci n’est ni vigoureuse ni suffisamment bien partagée pour libérer le potentiel du pays, réduire sensiblement la pauvreté et assurer un avenir meilleur aux jeunes Sénégalais », a-t-elle affirmé. Heureusement, rappelle l’hôte des députés, il existe une feuille de route. « La nouvelle stratégie de développement du gouvernement, le Plan Sénégal émergent (Pse), propose une trajectoire ambitieuse mais réaliste au terme de laquelle le Sénégal deviendrait un pays émergent. Cette trajectoire repose sur la nécessité d’accélérer et d’approfondir les réformes requises par ce plan », a-t-elle poursuivi.

Redynamiser l’économie
Ces derniers temps, souligne-t-elle, l’avenir de l’Afrique a été au cœur de l’agenda du Fmi. Evoquant une conférence tenue à Maputo, l’année dernière, sur le thème «L’essor africain», Mme Lagarde rappelle l’importance de l’apprentissage entre pairs pour atteindre l’émergence. Elle s’est voulue didactique en s’appuyant sur ce dicton populaire wolof susmentionné et  les connaissances du Fmi pour exprimer sa vision du Sénégal émergeant qui est structurée autour de trois points.
D’abord, elle s’est intéressée à la voie à suivre pour «l’essor africain» et les implications pour le Sénégal. Il importe, a-t-elle affirmé, d’accélérer la transformation structurelle, de mettre en place des infrastructures qui font cruellement défaut, et de mieux partager les bienfaits de la croissance. « Pour devenir un pays à revenu intermédiaire comme il y aspire, le Sénégal devra s’employer à dynamiser son économie, à offrir plus d’opportunités aux petites et moyennes entreprises et à attirer l’investissement étranger. Cet objectif demandera plus d’efforts dans un environnement mondial incertain », dit-elle. Pour cela, pense-t-elle, il faut mettre fin à ces résultats décevants de l’économie sénégalaise au cours des 30 dernières années, avec une croissance moyenne d’environ 3,5 %.

Gestion budgétaire prudente et stabilité macroéconomique
Mme Lagarde a soutenu qu’il faut  « s’appuyer sur le succès des pairs  et tirer des enseignements pour le Sénégal ». D’après elle, le Sénégal peut tirer les enseignements de l’expérience d’autres pays qui ont traduit leurs intentions en actions concrètes avec succès. Toutefois, il y a trois enseignements essentiels à prendre en considération. Il faut d’abord mettre l’accent sur une gestion budgétaire prudente et la stabilité macroéconomique, ensuite accroître les exportations en s’ouvrant à l’investissement direct étranger et enfin renforcer les institutions et développer le capital humain.

Réaliser une croissance partagée
« Les objectifs du gouvernement sont ambitieux mais réalistes. Les risques sont considérables, mais gérables, et les opportunités sont vastes. Le moment est venu d’aller plus loin, d’œuvrer ensemble pour réaliser une croissance partagée, riche en emplois et durable. C’est le bon moment pour  renforcer l’émancipation économique des jeunes, des femmes et des plus démunis », a dit Mme Lagarde. A son avis, le Sénégal se trouve effectivement à un tournant. Elle trouve porteuses d’optimisme et d’espoir les rencontres qu’elle a eues dans notre pays. Elle a aussi assuré aux parlementaires que le Fmi sera aux côtés du Sénégal. « Le but que nous devons nous assigner ne peut être que le développement par la croissance économique. Je dis le développement. J'entends par-là la valorisation de chaque Africain et de tous les Africains ensemble. Il s'agit de l’homme », dit-elle pour reprendre Senghor.

Les ingrédients réunis pour le succès
La directrice générale du Fmi s’est appesanti sur le sous-thème « Sénégal : bâtir l’avenir : Une masse critique de réformes ». Sur ce point, elle estime que « tous les ingrédients essentiels au succès sont en place. Le gouvernement dispose d’un solide programme de développement, il existe un consensus parmi les parties prenantes  sur la nécessité d’opérer des réformes (…) La communauté internationale partage la vision des autorités et a déjà promis un financement de plus de sept milliards de dollars ». D’après Mme Lagarde, le temps est compté et il est urgent de répondre aux aspirations de la population en lui assurant des emplois gratifiants, un niveau de vie amélioré et de meilleurs débouchés. Sur la base de l’expérience internationale, elle voit trois dimensions essentielles pour la masse critique de réformes qui permettront de dynamiser l’économie sénégalaise. Premièrement, elle estime qu’il faut renforcer la gestion des finances publiques et combler le déficit en infrastructures. Deuxièmement, poursuit-elle, il faut améliorer le climat des affaires de manière à accélérer la transformation structurelle. Troisièmement, elle pense qu’il vaut mieux partager les bienfaits de la croissance.

Moustapha NIASSE, Président de l’Assemblée Nationale : « Concevoir le développement à hauteur d’homme »

Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, estime nécessaire de tirer, de toutes les expériences vécues, les enseignements nécessaires, en vue de donner au concept de développement ses dimensions multiples. Le Sénégal, avec le Plan Sénégal émergent (Pse.), ajoute-t-il, s’est volontairement inscrit dans cette dynamique, en mettant en avant les ambitions d’une transformation progressive et maîtrisée des urgences ressenties par les populations, et en mobilisant, à cet effet, les ressources humaines, financières et sociales dont bénéficie notre pays. Dans le contexte de l’apparition de nouveaux périls comme le terrorisme qui menace la sécurité du monde, le visage multiplié de la pauvreté devrait nous amener à concevoir le développement «à hauteur d’homme», c'est-à-dire, à la mesure du temps des hommes qui s’engagent résolument à faire face à des situations inédites, celles-ci ayant des incidences directes sur la paix, la sécurité et le développement. Le président de l’Assemblée nationale a fait savoir à Mme Lagarde que sa « visite au Sénégal se situe bien dans cette volonté commune de relever les défis, par une coopération féconde, méthodique, planifiée et efficace, accompagnée par l’effort continu, un savoir-faire partagé et une bonne gouvernance politique, institutionnelle, économique et sociale ».
« Le Sénégal a, depuis longtemps, acquis la conscience de ce que le développement se construit, étape par étape, sur la base de programmes cohérents, complémentaires les uns par rapport aux autres, qui portent la marque d’une volonté continue d’aller vers le plus et le mieux », a dit Moustapha Niasse. Selon lui, c’est la voie ardue mais exaltante d’une mobilisation organisée et maîtrisée des idées, des projets, des mécanismes de gestion et de la mesure, à périodes régulières, des progrès accomplis, des réformes à adopter et à mettre en œuvre. Ces réformes devant être structurantes et productrices de nouvelles performances, a-t-il ajouté.
Auparavant, dans son discours de bienvenue à Mme Lagarde, M. Niasse avait lancé à son endroit : « L’Institution que vous dirigez, le Fonds monétaire international, a une dimension universelle. C’est l’une des institutions de Bretton Woods, qui, au fil du temps et dans l’économie du monde, se situe au carrefour des préoccupations liées à l’évolution des programmes et des systèmes de développement de la planète, c’est-à-dire à l’état du monde, dans ses exigences, dans ses réalités, dans ses rêves ».

Aly DIOUF

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Manque de tolérance, de communication, impatience, infidélité : Quand le divorce devient un banal phénomène de société

Loin de cette époque où le mariage rimait avec union pour la vie, aujourd’hui force est de constater une récurrence des divorces. Manque de tolérance ou de communication, impatience, infidélité sont souvent à l’origine de la séparation de certains couples. Le divorce est devenu un acte fréquent surtout chez certains jeunes couples. Ces derniers pensent qu’il faut souvent savoir tourner la page lorsque le couple se nourrit de bagarres et de querelles. Des témoignages permettent de lever un coin du voile sur cette série de divorces, devenue phénomène de société.

Rencontrée à l’Avenue Pompidou (ex-Ponty) de Dakar, A. S., divorcée et mariée pour la deuxième fois, raconte sa première idylle qui a duré moins d’une année. « J’étais mariée pour  une première fois en 2009 ; et cette union n’a pris fin qu’au bout de huit mois par manque de communication et de complicité », confie A. S. A l’époque,  se rappelle-t-elle, j’étais occupée par mes cours, on ne trouvait jamais le temps de discuter, d’échanger, mon mari et moi. Il partait au boulot et  ne rentrait que le soir.
« En plus de ce manque de communication, ma situation s’est empirée avec une tutrice (belle-sœur par alliance) avec qui on partageait l’appartement. Elle était une confidente pour moi. Mais  à chaque fois que je lui racontais mes déboires de couple, sans trop comprendre, elle n’hésitait pas à mettre le tort sur moi tout en me taxant de fille mal éduquée », raconte-elle.
Après être restés un mois sans communication son mari et elle, un soir une petite dispute a tout fait foirer. « La gifle que m’avait donnée mon mari a été la goutte de trop  qui a fait  déborder le vase. C’était la veille de mon examen de baccalauréat. J’ai aussitôt fait appel à ma famille pour mettre fin à ce mariage », se rappelle amèrement A. S.
Aujourd’hui remariée et mère d’un petit garçon, A. S. dit ne rien regretter depuis son divorce. « Dans la vie, il faut savoir  souvent tourner la page d’une histoire. Je pense que lorsqu’un couple ne s’entend pas, mieux vaut chercher à vous séparer. Le couple ne se nourrit jamais de querelles et de bagarres », soutient-elle.
 Aussi dit-elle que son premier mariage lui  a servi d’expérience pour mieux gérer sa seconde union. Cette  décision des jeunes couples de se séparer aussi facilement  n’est guère partagée par certains sages de la société. Ils demandent aux conjoints d’être plus tolérants, compréhensifs l’un vers l’autre, pour éviter la multiplicité des divorces.
Assise devant son étal de produits alimentaires au marché Sandaga, une dame, la cinquantaine, indique qu’à l’époque, elles se mariaient par amour. «On attendait rien en retour. En rejoignant le foyer conjugal, nos parents avaient même l’habitude de nous dire que le mariage ne durait pas un jour mais toute une vie. D’où l’intérêt d’être tolérant et patient envers l’autre », confie-t-elle.
Une autre dame embouche la même trompette : « Dans le mariage, il faut savoir tolérer  les humeurs,  les contraintes voire les disputes. Afin de pouvoir cueillir les fruits de cette dure récolte (réussite des enfants). Deux personnes qui décident de s’unir doivent le faire pour le meilleur et pour le pire et surtout être tolérant ».
« Comme le disait la cantatrice Kiné Lam, le mariage peut être assimilable à une guerre et dès qu’un enfant naît de cette union, c’est comme si on venait de te tirer une balle. Mais faudrait-il toujours se battre pour survivre à cette blessure et ne jamais lâcher du lest », fait-elle savoir.
Venue acheter des tissus dans une boutique,  Mariam Samb dit être dépassée par cette récurrence des divorces. Pour elle, cette situation lamentable s’explique par le fait que les jeunes couples ont tendance, après le mariage, à s’isoler de leurs beaux-parents. « En louant  des appartements, ils n’ont personne à leurs côtés pour les guider et les conseiller. Ils sont facilement désorientés. Et pour un rien, c’est des mésententes qui finissent par le divorce », dit-elle.
Ainsi, elle appelle les mères et pères de famille à contribuer à ce que le mariage de leurs enfants dure et réussisse. « Il faut qu’on n’y mette du sien. Une belle-mère doit considérer sa bru  comme sa propre fille et vice versa », argue-t-elle.
Marchand  à la sauvette, le jeune  Pathé Fall  indique que lorsqu’une femme n’est mue que par son seul intérêt de soutirer de l’argent à son mari (femme matérialiste), celle-ci finit toujours par divorcer lorsque le budget du mari n’atteint plus ses désirs.
« De même, lorsque la femme travaille et qu’elle est en mesure de faire  ce que son mari peut faire et subvient facilement à ses besoins, ce genre de femme aussi  peut facilement désobéir à son mari, lui manquer de respect ou lui tenir tête. Cette situation conduit  aujourd’hui à certains divorces », informe Pathé Fall.
Commerçante au marché Sandaga, une dame qui a la cinquantaine trouve aussi  désolant que les jeunes se marient maintenant juste pour le meilleur. « Dès que le pire arrive, autrement dit les déboires, les problèmes et autres rengaines, ils ne se supportent ni ne patientent plus et préfèrent mettre fin à l’union », dit-elle. Pourtant comme dit l’adage, quand on n’a pas ce que l’on veut on se contente de ce que l’on a. Prenant exemple sur elle, elle fait savoir qu’elle communique bien avec son mari. Quand souvent tu as mal, il faut le dire ouvertement sans chercher aussi la petite bête noire. « Pour qu’un couple survive, il faut souvent communiquer  sinon tôt ou tard l’union peut se disloquer », soutient-elle. Toutefois, la commerçante de tissus reconnaît qu’en couple tout ne se dit pas. «Actuellement les mères ou pères de famille s’immiscent facilement dans la vie de couple de leurs enfants, alors que les petits problèmes peuvent se régler en couple », renchérit-elle.
«La tolérance y est aussi pour grand-chose. Aujourd’hui, pour un rien, le mari ou la femme se fâche et commence à dire des mots regrettables. Alors qu’à notre époque, nous avions tendance à tout tolérer même les bagarres. Mais tout redevient normal», dit-elle
Aussi appelle-t-elle les maris  à être plus responsables pour éviter des mésententes qui peuvent conduire au divorce. « Quoique l’on puisse dire, l’homme est le socle de la famille. Le père de famille doit  pouvoir prendre en charge sa famille et subvenir à ses besoins », précise-t-elle.
Pour  Adama Thiaw, habitante de la Cité millionnaire, l’infidélité est également la cause de beaucoup de divorces.  A l’en croire, l’homme tout comme la femme ne montre jamais son vrai visage et c’est après le mariage que les défauts de chacun refont surface. « A Dakar, il  y a des femmes qui ne voient leur mari qu’au-delà de minuit sous prétextant d’être au travail », se désole-t-elle. « Mon papa travaillait mais faisait tout pour partager le repas de midi avec nous ; idem pour le diner du soir. Cette présence du mari est importante dans une vie de couple. Elle renforce les relations et  contribue pour beaucoup à l’éducation des enfants », informe-t-elle.

Chiffres sur le divorce à Pikine et Médina : L’Ajs recense 851 cas pour l’année 2014
Ouvertes en 2008 par l’Association des juristes du Sénégal (Ajs) en partenariat avec  la coopération italienne, Osiwa,  Onu/femmes et le ministère  de la Femme, les deux boutiques de Droit de la Médina et de Pikine ont  recensé 851 cas de divorce pour l’année 2014.
Selon Ndèye Yandé Ndiaye, coordinatrice de  la boutique de  Droit de la Médina, 702 cas ont été recensés en plus de 16 cas de séparation de corps. Ces chiffres ont été obtenus grâce à des consultations physiques de femmes au nombre de 597 et d’hommes au nombre  de 105.
Hormis ces consultations physiques, les juristes de la boutique de la Médina  ont été également saisis par consultations en ligne pour 997 cas de divorces et 20 séparations de corps. Quant  à la boutique  de Pikine, la coordinatrice Amy Sakho, par ailleurs chargée de communication de l’Ajs, informe de l’existence de 149 cas de divorce et d’un cas de séparation de corps. Ces statistiques résultent de consultations physiques dont 137 femmes et 12 hommes.  Pour rappel, ces deux boutiques ont été installées par l’Ajs pour  permettre aux femmes de venir y chercher des conseils et une assistance juridique gratuite.

Fatou Bintou DIAL, chercheur à l’IFAN : « Le constat est qu’aujourd’hui, on divorce plus facilement »
Doctorante en Sociologie et chercheur à l’Institut Fondamental d'Afrique Noire (Ifan) de l’Université Cheikh Anta Diop, Fatou Bintou Dial a mené en 2006 une étude sur « le parcours matrimoniale des femmes à Dakar : subir le mariage, s’approprier la divorce ». Se livrant à nos questions, Fatou Bintou Dial nous fait savoir que la récurrence des divorces n’est pas une nouveauté au Sénégal. Mais le constat est qu’aujourd’hui l’on divorce plus facilement. Selon elle, cette situation s’explique par cette  facilité qu’ont les jeunes à rompre une union.

Comment peut-on expliquer la récurrence des divorces dans notre société ?
Statistiquement parlant, je ne pense pas que l’on puisse parler de récurrence comme les médias le font. Quand j’ai conduit mon étude sur les ruptures conjugales à Dakar et sa banlieue en 2006, les taux de divorces étaient les mêmes qu’il y a de cela 40 ans. Il y a un chercheur qui s’appelle Ducoré qui avait également  fait  une étude sur le mariage et le divorce à Pikine Dagoudane et j’étais exactement au même taux que lui. Mes études ont aussi révélé qu’une union sur trois se terminait par  une rupture conjugale dans  les cinq premières années. Donc, cette récurrence n’est pas une nouveauté. Nous avons l’impression qu’il y a plus de ruptures, alors qu’il faut le mettre en rapport avec l’augmentation de la population. Toutefois le constat réel est qu’aujourd’hui l’on divorce plus facilement. Jadis, il y avait la famille autour du couple et qu’il était plus difficile pour les gens de divorcer. Mes travaux m’ont montré que la famille essaie actuellement de s’immiscer le moins possible dans la vie d’un couple, donc il y a plus de facilité pour les jeunes de rompre une union. Il y a une certaine individualisation qui s’est mise en place surtout dans les zones urbaines. Le problème du divorce au Sénégal n’est pas une fin en soi. Les gens divorcent pour former une nouvelle union. Le fait que le mariage soit une règle sociale très forte dans notre société, que cela soit un rite de passage ou un statut valorisant et valorisé autant pour la femme que pour l’homme, fait que la fréquence du divorce est occultée.

Quelles en sont les principales causes ?
Notre étude a montré que le défaut d’entretien est la première cause. Quand il a étudié la  famille wolof, le Professeur Abdoulaye Bara Diop avait souligné le défaut d’entretien comme cause de rupture conjugale. Il faut comprendre par là le défaut d’entretien de la femme par le mari. Ce défaut d’entretien apparaît comme première cause de divorce du fait de la définition du mariage dans notre société. Nous sommes en réalité une société où la majorité des gens sont des musulmans et l’Islam définit le mari comme étant le pourvoyeur des ressources du ménage. Il lui revient de loger sa femme, de la nourrir et de l’entretenir. Si on fait cette lecture et qu’il y a un problème dans le couple, c’est plus facile de dire que mon mari ne m’entretient pas. Par contre, au-delà des problèmes pécuniaires, il y a des problèmes avec la belle famille. Parce que la belle-mère est souveraine et la cohabitation avec elle n’est pas toujours aisée, de même qu’avec les belles-sœurs. Ensuite on rencontre la polygamie qui peut être également une cause de rupture conjugale. Aussi, nous avons les problèmes de maraboutage, d’accusation d’anthropophagie. J’ai rencontré une femme qui avait été divorcée parce que le mari avait soi-disant entendu  qu’elle était anthropophage. Je n’ai pas recensé, par exemple, dans mes études des  problèmes sexuels et cela m’a beaucoup surpris, mais peut-être c’est par pudeur que les femmes ne les ont pas évoqués.
 
Le système de vie à l’occidentale peut-il être incriminé ?
La vie au Sénégal ne correspond pas à la vie à l’occidentale. Les Occidentaux, quand ils nous voient vivre, ils ne s’identifient pas à notre mode de vie.  A mon avis, les couples ont de plus en plus une autonomie résidentielle. C'est-à-dire qu’on essaie  de séparer le couple avec le noyau familial originel du mari ou de la femme. Et vu que la belle-famille peut s’immiscer de manière excessive dans la vie d’un couple, je trouve que l’isolement pourrait être une réponse à la survie du couple. Si par exemple la cohabitation avec la belle-famille est difficile et que le couple arrive à s’extraire. Pour  moi, c’est une solution et non une source de rupture conjugale.

Est-ce que le matérialisme peut expliquer la fréquence des  divorces ?
C’est vrai qu’il y a une monétarisation croissante des  relations sociales. Pour coller à l’époux modèle, les hommes essaient d’avoir un statut qu’ils n’ont pas réellement. Nous avons constaté que les femmes calculent beaucoup, mais les hommes calculent plus. Ce calcul de part et d’autre fausse la relation. Finalement on ne se marie pas souvent pour l’amour mais pour le statut, afin d’avoir une promotion sociale à travers le mariage. Mais il faut reconnaître qu’il y a des femmes qui se font avoir. Pensant qu’avec le mariage elles peuvent arriver à résoudre tous les problèmes, certaines se trouvent, avec le coût de vie élevé, dans l’obligation de participer dans les dépenses du foyer pour pouvoir l’entretenir.
 
Sur quels mécanismes faut-il se baser pour prévenir les divorces ?
Je suis chercheur, mon rôle c’était d’essayer d’analyser, de comprendre le mécanisme. Je pense que la solution ne peut venir que de la famille, des individus. On ne peut pas mettre de garde-fous pour éviter la dislocation d’une union. J’ai toujours pensé qu’il y a des rencontres tristes et des ruptures joyeuses. Je ne prône pas le divorce, mais je pense que le divorce est une solution pour beaucoup de femmes et d’hommes ; et surtout pour la femme. Car ce que la polygamie permet aux hommes, c’est le divorce  qui le permet aux femmes. L’homme se renouvelle en épousant une autre épouse. La femme, elle, n’a pas cette possibilité. Alors que s’il n’y avait pas la possibilité de rompre une union, certaines femmes seraient vraiment malheureuses. La situation de la femme dans notre société, ses rôles d’épouse et de mère qui pèsent sur elles font que le divorce peut être une source d’émancipation. Car, il faut le reconnaître dans ce lot de femmes mariées, il y a des femmes qui ont été mariées par amour, par intérêt et par force. Ces dernières ayant subi le mariage, seul le divorce pourrait les libérer. Toutefois, il faut dire que le mariage a de beaux jours à Dakar malgré la fréquence des ruptures. Comme on peut le constater, on n’est pas encore arrivé à un stade où les gens tournent le dos au mariage. Il y a l’effet de l’Islam et de la tradition. Malgré tous les problèmes que les gens rencontrent dans la vie de couple, on est encore attaché à l’institution du mariage.

Le « oui, mais » de la religion
Devenu phénomène de société, le divorce est déploré aussi bien par la religion musulmane que catholique. Selon le prêcheur Oustaz Ibrahima Badiane dit Iran Ndao, même si Dieu a permis le divorce dans certaines circonstances, il le déplore tout autant.
Selon Oustaz Ibrahima Badiane dit Iran Ndao, par ailleurs animateur d’émissions religieuses à la Sen/Tv, l’union entre l’homme et la femme est  une des prescriptions de Dieu. « Mais  Dieu dit que  dans cette union l’amour doit être la base de tout », dit-il. Non sans préciser qu’aujourd’hui, force est de constater que   les gens se marient  sans pour autant s’aimer.
A l’en croire, les conjoints ne sont souvent mus que par leurs propres intérêts. « Soit la femme ne s’intéresse qu’aux biens matériels de l’homme, soit l’homme ne voit en  la femme que sa beauté ou sa forme corporelle. Alors que  ces biens matériels finissent tôt ou tard, de même que la beauté de la femme est éphémère », indique Imam Iran Ndaw.
De son avis, dès qu’il n’y a plus  ces biens matériels qui hantaient tant  la femme, l’union se disloque. « Malheureusement c’est le constat actuel. Alors que s’il y avait l’amour entre  les deux conjoints, ils allaient se tolérer mutuellement », regrette-t-il. Et de poursuivre : « Certes les gens ont tendance à dire que le mariage est permis par Dieu tout  comme le divorce ; mais il faut toujours préciser que même si Dieu a permis le divorce dans certaines circonstances, il le déplore  tout autant ». « Le divorce dans notre religion est synonyme de  déception. Imaginez que vous épousez une femme et que vous décidiez de vivre ensemble avec tout ce que vous avez comme projets  à partager. Et qu’un jour tout ce rêve s’écroule, c’est une déception aussi bien pour l’homme que pour la femme», argue Imam Iran Ndaw.
Il ne manquera pas d’appeler la jeune génération à plus de patience et de tolérance dans leur vie de couple. «Il faut aussi que les gens, surtout cette jeune génération, sachent que dans tout couple, Dieu a prévu de mettre sur leur chemin des épreuves pour tester leur degré de croyance. Et il faut savoir surmonter ces épreuves pour sauver le couple et aller de l’avant », renseigne-il. Oustaz Iran Ndao souligne que rares sont les conjoints qui arrivent à surmonter les épreuves de la vie. En réalité, aujourd’hui dès que les problèmes surgissent dans la vie de couple, l’homme  tout comme la femme préfèrent se séparer plutôt que d’affronter ensemble  ces déboires », confie le prêcheur. Pour  éviter les multiples divorces, Oustaz Iran Ndao préconise de faire la voyance «istihar», comme le prévoit notre religion, avant de s’engager dans le mariage. «D’aucuns disent que c’est une tradition, mais « al istihar » permet au moins  de voir si  les deux conjoints vont pouvoir s’entendre  et s’ils sont issus d’une bonne lignée familiale », renchérit-il.
Pour Imam Iran, il est très important de savoir l’appartenance familiale du conjoint ou de la conjointe. «Nous avons tendance à le banaliser, mais c’est primordial avant de sceller une union entre deux personnes », informe-t-il.

Le principe du mariage indissoluble
Tout comme la religion musulmane, la religion catholique désapprouve aussi le divorce. De son retour au synode extraordinaire sur la famille à Rome, Mgr Benjamin Ndiaye s’exprimait dans nos colonnes précisant que Jésus, dans Mathieu 19, a même rappelé le principe du mariage indissoluble. «Jésus, lui-même, est très clair dans Mathieu 19 en disant que si Moïse vous a permis autrefois de divorcer c’est à cause de la dureté de votre cœur. Mais, aux origines, quand Dieu a créé l’homme et la femme, il a voulu qu’ils s’engagent dans un mariage indissoluble », a-t-il rappelé. Selon Mgr Benjamin Ndiaye, les divorces sont devenus très fréquents parce que les gens croient qu’ils peuvent se lier et se délier comme ils veulent. « Alors que le mariage est pour nous une institution divine. Donc, il y a tout un approfondissement à faire, notamment une préparation au mariage qui est indispensable pour que les gens apprennent à se préparer à ce sacrement qui est grand », a-t-il indiqué dans l’interview.

Réalisé par Maguette Guèye DIEDHIOU

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Eradication de la poliomyelite : Le Sénégal introduit un vaccin injectable dans le Pev

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale a procédé, hier, au lancement officiel de l’introduction du vaccin injectable contre la poliomyélite dans le Programme élargi de vaccination (Pev). Cette action vise, à terme, à éradiquer cette maladie au Sénégal.

Depuis l’assaut lancé par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour mettre fin à la poliomyélite, le Sénégal s’était engagé à introduire le vaccin polio injectable dans le Programme élargi de vaccination (Pev). Cet engagement vient de se concrétiser avec le lancement officiel dudit vaccin par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, le Pr Awa Marie Coll Seck, hier, au centre de santé Gaspard Kamara.
Ce nouveau vaccin, donné en même temps que les autres antigènes, permettra au Sénégal de renforcer les acquis dans la lutte contre la poliomyélite et de conserver son statut de pays libéré de la circulation du virus de cette maladie. A cette occasion, le ministre de la Santé a rappelé que, depuis 2012, le Sénégal est à l’avant-garde de la lutte pour la santé et la survie des enfants en apportant notamment des antigènes supplémentaires au Pev. « Nous avons pu introduire le vaccin contre les infections respiratoires, le vaccin contre les diarrhées, le vaccin contre la rougeole et la rubéole, le vaccin Hpv administré aux jeunes filles pour la prévention du cancer du col de l’utérus. Aujourd’hui, en introduisant le vaccin anti-poliomyélite injectable à la place du vaccin oral, nous voulons éradiquer la poliomyélite. Nous ne voulons plus voir des enfants handicapés alors qu’un vaccin existe », a affirmé avec force Awa Marie Coll Seck.

De bons résultats ont été enregistrés, ces dernières années, dans la lutte contre la poliomyélite. Aujourd’hui, la maladie n’est endémique que dans trois pays. Pourtant, a-t-elle fait remarquer, lorsque l’Oms avait lancé son programme mondial de lutte contre la polio, il y a une quinzaine d’années, le virus sévissait dans 125 Etats. Et notre pays fait partie des bons élèves en matière de lutte contre cette maladie. « Le Sénégal fait partie des pays qui ont lutté, de façon très efficace, contre la polio. Nous avons pu y éliminer la maladie, mais il reste à l’éradiquer. Car c’est seulement quand il n’y aura plus de cas qu’on pourra dire que nous avons vaincu cette maladie », a insisté le ministre de la Santé. Avec l’utilisation de ce nouveau vaccin injectable, le Pr Seck reste optimisme et pense que notre pays peut y arriver. « Nous allons dans ce sens. Le Sénégal se bat au jour le jour pour la survie des enfants. En tant que ministre de la Santé, j’en suis très fière », a-t-elle ajouté.

Au cours de cette cérémonie, le maire de Fann-Point E-Amitié, où se trouve le centre Gaspard Kamara, a réaffirmé son engagement à accompagner le gouvernement dans sa politique de santé. Palla Samb a ainsi révélé la mise en place, cette année, d’un programme de prise en charge gratuite des femmes enceintes de la commune et de celle des enfants jusqu’à l’âge de 6 ans. Il a aussi annoncé la réhabilitation du poste de santé Georges Layousse. Autant d’actions que le ministre de la Santé n’a pas manqué de saluer.

Elhadji Ibrahima THIAM

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La DG du FMI chez le chef du gouvernement : Le Sénégal invité à accélérer les réformes

La patronne du Fmi, Mme Christine Lagarde, a invité le gouvernement à « accélérer les réformes afin de créer les bases d’une croissance durable et solidaire ». Elle a, en outre, indiqué que le Pse reste un plan ambitieux et réaliste.
« Le Sénégal doit, avant tout, opérer une masse critique de réformes pour rompre résolument avec le passé et accélérer la croissance », a soutenu Christine Lagarde à l’issue d’une rencontre à huis clos tenue avec le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne entouré de certains ministres du gouvernement, hier, à la Primature. D’abord, elle a rappelé que le Plan Sénégal émergent (Pse) permettra, sur la base de projets et réformes, d’accélérer la croissance et de créer les conditions d’une économie durable et solidaire.
Outre cette dimension économique évoquée à propos du Pse, la directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi) a aussi pointé du doigt les réformes qu’englobe, sous un autre angle, cette initiative du président Macky Sall pour un Sénégal émergent à l’horizon 2035. Il s’agit, selon elle, d’accélérer les réformes en respectant le calendrier établi à cet effet par le gouvernement. « C’est ce qui traduira surtout le réalisme du Pse en ce sens qu’il prévoit un socle de réformes et de projets », a soutenu Mme Lagarde.
 « D’autres pays se sont engagés dans des réformes similaires avec les mêmes types d’ambitions et ont pu réaliser ce saut qualitatif de croissance permettant la réalisation de l’émergence économique », a-t-elle indiqué. Le Fmi, a dit Christine Lagarde, sera aux côtés du Sénégal pour suivre le Pse. Elle a annoncé, à cet effet, l’adoption prochaine d’un nouvel Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) avec le Sénégal. Une œuvre qui sera effectuée de concert avec les équipes du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan et le Bureau Afrique du Fmi, a précisé Christine Lagarde.

AMADOU BA : « L’Etat travaille sur la politique des subventions »
Le Sénégal est en train de définir son propre mémorandum et a déjà identifié les forces et les faiblesses de sa politique économique afin de mettre en œuvre les réformes nécessaires, a déclaré, hier, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ. « L’Etat, par exemple, travaille sur la politique des subventions pour consolider le budget national à travers de fortes mesures dont l’objectif est d’arriver à une bonne redistribution des revenus », a dit Amadou Bâ. Il s’exprimait à l’issue de la rencontre entre la directrice du Fonds monétaire international (Fmi), Mme Christine Lagarde, le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, et des membres du gouvernement, à la Primature. A

Seydou Prosper SADIO

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Equipe nationale de football : L’éternel recommencement

Excepté la belle aventure de 2002 au Mali, les participations des « Lions » en Can se suivent et se ressemblent. Des échecs cuisants. En particulier, celles de Tamalé au Ghana en 2008 et de Bata en Guinée équatoriale, il y a trois ans. Et c’est encore dans ce pays, considéré comme maudit pour le Sénégal, que les « Lions » ont à nouveau vécu le cauchemar lors de cette 30e édition de la Coupe d’Afrique des nations. Malédiction, le mot n’est pas fort pour les Sénégalais qui n’oublieront pas de sitôt ce petit pays d’Afrique centrale.

Après une excellente phase de qualification, les « Lions » ont sombré comme en 2012. Même si, cette fois, ils ont légèrement fait mieux avec 4 points, contrairement à leurs aînés qui sont rentrés au pays plus tôt que prévu, avec un zéro pointé après avoir suscité tant d’espoir, au regard de leur belle prestation en éliminatoires. Avec une victoire historique d’entrée devant leur bête noire (Ghana), les « Lions » d’Alain Giresse et les Sénégalais pensaient avoir décroché la lune.

Mais, pour la suite, les « fauves » sénégalais ont déjoué, au point de se faire une pression fatale devant une équipe d’Algérie dos au mur après une défaite sur le fil concédée devant le Ghana, revenu de loin. L’autre fait marquant dans cette équipe du Sénégal, ce sont les défaillances notées sur le plan mental. Ayant fait preuve d’une maturité sur le plan psychologique durant les éliminatoires de cette Can, l’équipe a renoué avec ses péchés. Trois fois menés au score en match de poule, les « Lions » ont certes puisé dans leurs ressources mentales pour revenir puis coiffer au poteau le Ghana, mais ils n’ont pas pu rééditer leur exploit lors des deux autres matches du groupe.

Notamment le dernier, devenu du coup décisif, devant des Algériens condamnés à gagner pour passer au deuxième tour. Encore un échec dur à digérer pour les Sénégalais. Mais, faut-il tout chambouler pour repartir à zéro ? C’est le sentiment le plus partagé par le Sénégalais Lambda. Ce que ne partagent pas certains qui préfèrent la stabilité pour construire. C’est l’avis du technicien Alassane Dia, qui reste convaincu que c’est dans la stabilité qu’on peut espérer mettre fin à cette série d’échecs.

Phase de poule

Bilan à mi-parcours de la Can 2015

Un premier tour de toutes les incertitudes

Bilan après le 1er tour Sénégal : En allant decrescendo…

Malabo : Cette Can 2015 devait être celle de la rédemption pour le Sénégal qui avait touché le fond trois ans plus tôt sur ces mêmes terres équato-guinéennes avec un historique zéro pointé au bout de trois matches. Encore une fois, l’aventure s’est arrêtée au bout des rencontres de groupe. Mais contrairement à 2012, cette année, les « Lions » ont pu décrocher 4 points et étaient 1ers de leur Groupe C au moment de disputer la dernière journée. 90 minutes plus tard, ils ont échoué « au pied de l’objectif », d’après l’expression du président de la Fsf, Me Augustin Senghor. Puisqu’en définitive, ils ont fini 3ème et ne disputeront donc pas les quarts de finale qui débutent ce samedi. Comme ils n’y sont plus parvenus d’ailleurs depuis la Can 2006 en Egypte où ils avaient été jusqu’en demi-finale.

« Un échec sportif » forcément, d’après M. Senghor, même si le Sénégal n’était pas favori devant rien que d’anciennes têtes couronnées : le Ghana (4 fois champion), l’Algérie et l’Afrique du Sud (une fois sacrée chacune). Mais, au vu de la prestation de Mame Biram Diouf et ses partenaires en entrée, à Mongomo, contre les « Black Stars », le fol espoir de les voir jouer les premiers rôles avait vite surgi dans toutes les têtes. Et pour cause, l’équipe du Sénégal qui n’avait jusqu’alors jamais battu le Ghana en 3 matches de phases finales de Can, avait su à revenir au score et à s’imposer dans les ultimes minutes du temps additionnel (2 – 1). Une première historique qui autorisait tous les rêves…

Malheureusement, la suite alla decrescendo ! En effet, le coach Alain Giresse avait réussi un formidable coup tactique contre le Ghana en passant d’une défense à 3 axiaux en première mi-temps à une défense plus classique à 4 éléments après la pause. Ce qui perturba André Ayew et ses partenaires en même temps qu’il rééquilibra l’équipe sénégalaise qui s’en sortit merveilleusement bien. Mais, au deuxième match, face à l’Afrique du Sud, le coach poursuivit ses « essais » en alignant 5 nouveaux joueurs dans son équipe de départ (Cheikh Mbengue, Lamine Gassama, Alfred Ndiaye, Sadio Mané et Moussa Sow) sous prétexte de rechercher de la « fraîcheur physique ». Or, non seulement son équipe en manqua singulièrement, mais elle sembla avoir perdu ses repères. Conséquences : un jeu décousu sur le terrain et, dans les têtes, une « cassure psychologique » dont le groupe ne s’est jamais remis ; avec à la clé un nul heureux (1 – 1) tant les « Bafana Bafana » avaient mieux joué mais qui allait coûter cher au décompte final.

Car, le 3ème et dernier match, sur l’île de Malabo, face à l’Algérie, favorite de la compétition, allait être fatal aux « Lions ». Critiqué jusque dans les rangs de l’équipe, le coach Alain Giresse se résolut à revenir à la disposition tactique (3 – 5 – 2) qui lui avait souvent souri par le passé. Et, surtout, au même onze de départ avec lequel il était allé chercher la victoire au Caire, face aux « Pharaons » d’Egypte, lors de l’avant-dernière journée des éliminatoires de cette Can. Sauf qu’entre-temps et depuis le deuxième match de Mongomo contre l’Afrique du Sud, il avait lui-même fragilisé certains joueurs et cassé un ressort dans l’équipe. La preuve par Djilobodji qui, certes n’a pas été au niveau attendu, mais est apparu très friable face aux « Fennecs » pour son retour dans le onze de départ. Pareil pour Kouyaté, moins rayonnant que d’ordinaire, voire Stéphane Badji bon ni offensivement ni défensivement.

Si bien qu’après la victoire d’entrée et le nul qui avait suivi à Mongomo, le Sénégal a poursuivi sa régression en s’inclinant par 2 buts à 0. Ce qui le rétrogradait à la fatale 3ème place du Groupe.

La course s’arrêtait là. Comme en 2012. Avec une même impression de gâchis, même si cette fois, « on nous a placés à tort parmi les favoris », a regretté le président de la Fsf. En vérité, au vu de l’effectif dont il disposait, le Sénégal aurait bien pu aspirer à plus. Mais un coaching hasardeux et même désastreux de Giresse et une friabilité mentale rare des joueurs à ce niveau de la compétition ont eu raison des nombreuses attentes du public sportif sénégalais.

D’un de nos envoyés spéciaux B. Khalifa NDIAYE

Comme déboussolés par la frénésie des changements en tout genre…

Malabo : En alignant 18 joueurs en rien que 3 matches, Alain Giresse est le coach qui a le plus pioché dans son banc lors de la première phase de la 30ème Can de football. Si l’équipe était passée au second tour, on aurait vanté la richesse de son effectif. Or, là, elle est sortie dès la phase de poule. Ce qui signifie clairement que le tout prochain ex-sélectionneur des « Lions » ne savait pas où il allait, tant il est vrai que tout bon technicien qui débarque en phase finale a son groupe de performance de base. Son « treize de base », comme dirait un membre de la Dtn. En fait, un technicien soutenait qu’une compétition du genre de la Can se dispute à 23, mais se gagne à 15. Or, le Sénégal vient de la perdre à 18. Une revue des effectifs jusqu’en phase finale… Et avec un dispositif tactique à géométrie si variable que personne ne s’y est retrouvé. A commencer par celui qui a impulsé le mouvement vers le bas. Passage en revue des prestations des différents joueurs alignés dans cette Can qui se poursuit sans le Sénégal. Ce qui a, peut-être, privé les 5 joueurs non-utilisés d’une chance de fouler les pelouses équato-guinéennes, tant le coach nageait en plein délire.

LES CONSTANTES

Ils sont 5 joueurs à avoir toujours eu la confiance d’Alain Giresse lors des 3 matches disputés par le Sénégal. Une sorte de colonne vertébrale (un gardien, deux défenseurs centraux, un milieu axial et un avant-centre) autour de laquelle ont été articulés, au gré des matches et des circonstances, d’autres membres pour former un corps au comportement d’ensemble plus ou moins cohérent.

Bouna Coundoul : Le portier et capitaine des « Lions » a heureusement fini la compétition sur une belle note qui a compensé ses errements lors des deux premiers matches. Face à l’Algérie, en effet, il a sorti sa meilleure prestation depuis longtemps et évité une défaite encore plus lourde à ses troupes. Jusqu’alors, il avait été approximatif, notamment sur ses sorties aériennes et surtout par son médiocre jeu au pied. Il a eu le bonheur de disputer l’intégralité des 3 matches.

Serigne Modou Kara Mbodji : Le solide défenseur a été la grande révélation sénégalaise en Guinée équatoriale. Titulaire lors de toutes les rencontres, il a, à chaque fois, tiré son épingle du jeu. Solide défensivement, il a également été d’un précieux apport offensivement, notamment sur les balles arrêtées. Comme sur son égalisation face à l’Afrique du Sud. Avec un peu plus de justesse dans son jeu de tête, il aurait même pu signer davantage de buts.

Lamine Sané aussi a survécu aux différentes options défensives du coach et a joué l’intégralité des matches. Mais pas avec le même rayonnement que son compère de la défense centrale. Surtout sur le 3ème match où il s’est rendu coupable de quelques erreurs de débutants.

Idrissa Gana Guèye, milieu défensif et meneur de jeu, il a souvent aidé à remonter le ballon. Mais parfois trop bas, il a eu du mal à porter très vite le danger devant et n’a donc été qu’une ou deux fois en position de déclencher une frappe en direction de la cage adverse. Il a cependant été l’un des meilleurs sénégalais par sa constance, sa combativité, sa présence et sa bonne lecture du jeu. Il a également gardé la boutique derrière, lorsque les grands gabarits de la défense montaient sur les balles arrêtées.

Mame Birame Diouf a bien réussi les deux premiers matches, surtout contre le Ghana lorsqu’il égalisa avant d’offrir le but de la victoire à Moussa Sow. Il a beaucoup pesé sur les défenses, mais n’a pas toujours été lucide au moment de faire le break. Il a été moins en vue contre l’Algérie.

LES VARIANTES

Dans le réservoir de joueurs qui lui restaient, Giresse a puisé à volonté. Parfois en début de partie, d’autres fois en cours (ou en fin) de rencontre si ce n’est au bout tournoi. Des choix aussi pertinents un coup et que totalement incompréhensibles un autre coup.

Stéphane Badji, titularisé d’entrée face au Ghana, il a été du lot des « sacrifiés » du 2ème match contre l’Afrique du Sud. S’il avait tant bien que mal tiré son épingle du jeu contre les « Black Stars », malgré de gros déchets dans son jeu, il est complètement passé à côté pour son retour dans le onze de départ contre l’Algérie. Coupable d’une faute de marquage sur l’ouverture du score, il a également raté en fin de première mi-temps l’occasion en or d’égaliser. N’a jamais été remplacé quand il a été aligné.

Pape Ndiaye Souaré a également joué l’intégralité du premier match avant de ne réapparaître qu’au 3ème, mais seulement à la 28ème mn pour remplacer Cheikh Mbengue blessé qui lui avait été préféré entre-temps. Pourtant, s’il n’avait pas été extraordinaire contre le Ghana, il n’avait pas non plus prêté le flanc. Même si, pour ce match comme pour le dernier, il aurait gagné à dépouiller son jeu. Trop de fantaisies pour un défenseur - milieu excentré…

Cheikh Mbengue qui lui avait chipé sa place contre l’Afrique du Sud, à force de faire la gueule, n’avait pas été spécialement brillant non plus. Excepté un sauvetage in extremis (73ème mn) sur ce qui aurait pu être la balle du 2 – 1 pour les « Bafana Bafana », il n’avait rien montré. Ce qui ne l’avait pas empêché d’être reconduit pour le 3ème match. Mais une blessure à la bouche l’obligea à rentrer aux vestiaires avant la demi-heure de jeu.

Papy Mison Djilobodji, après avoir fait les frais du « choix tactique » de Giresse de passer à une défense à 4, à la mi-temps du premier match, n’est revenu dans l’équipe de départ que face à l’Algérie, à Malabo. Entre-temps, le défenseur central du Fc Nantes a apparemment beaucoup gambergé. La preuve par ses prises de balles hasardeuses et ses relances assez approximatives. Déjà, lors de la mi-temps qu’il avait disputée contre les « Black Stars », il avait abusé du jeu long. Assurément, il vaut bien mieux que ce qu’il a produit dans cette Can.

Lamine Gassama, heureux bénéficiaire du replacement tactique opéré par le coach des « Lions » après une première mi-temps quelconque contre le Ghana, a surfé sur l’opportunité pour conserver sa position sur le flanc droit de la défense au deuxième match face à l’Afrique du Sud. Mais, c’était pour étaler ses limites. Dépassé en vitesse et techniquement, il avait souffert un calvaire. C’est peut-être pourquoi on ne l’a pas vu à Malabo lors de l’ultime sortie des « Lions ».

Pape Kouly Diop, toujours dans l’équipe de départ, jamais dans l’équipe d’arrivée ! C’est dire que ce milieu de terrain a eu un mal fou à finir les rencontres. Spécialiste des balles arrêtées, il les a si souvent tirées sans variations que c’en était devenu prévisible : juste un long ballon vers les grandes tailles ! Heureusement que Kara en ait catapulté un au fond des filets ghanéens… Sinon, dans le jeu, Kouly Diop n’a pas été d’un grand apport.

Cheikhou Kouyaté, l’un des meilleurs sénégalais contre le Ghana, il avait été inexplicablement zappé contre l’Afrique du Sud. Ce qui pourrait expliquer l’emprise que les joueurs de Shakes Mashaba avaient sur l’entrejeu où Kouyaté avait depuis longtemps constitué avec Gana Guèye, une paire complémentaire et … inséparable. Entré en fin de match ce jour-là (85ème mn), il avait retrouvé sa place de titulaire face à l’Algérie, mais avait semblé payer les contrecoups de sa mise à l’écart, tant il avait été moins saignant.

Alfred Ndiaye qui avait été aligné d’entrée au deuxième match contre l’Afrique du Sud, n’avait pas apporté l’impact physique et la fraîcheur espérés. Au contraire, sa puissance l’avait désavantagé face aux mobiles partenaires de Dean Furman.

Et c’est presque logiquement que Kouyaté avait été « rétabli dans ses droits » en fin de match.

Dame Ndoye est globalement passé à côté de son tournoi. En un peu plus de 80 mn contre le Ghana, il s’est rarement mis en exergue, multipliant les gestes d’énervement. Face à l’Afrique du Sud, il s’est surtout signalé, aussitôt après son entrée en jeu (80ème mn) par une belle frappe qui aurait pu faire basculer la rencontre. C’est malheureusement sur ses frappes, sur balles arrêtées ou dans le jeu, que le jeune frère d’Ousmane Ndoye était attendu. Mais, sur les premières, Kouly Diop ne lui en a pas laissé la chance et sur les secondes, il n’a pas eu beaucoup d’opportunités.

Sadio Mané, logiquement absent du premier match parce qu’à court de forme, a débuté le deuxième match contre l’Afrique du Sud. Après plusieurs semaines sans disputer de rencontre et sortant de blessure, il avait voulu impulser le mouvement mais n’en avait pas les moyens et s’était éteint au fil des minutes. Tout le contraire cependant de la dernière sortie contre l’Algérie où il avait été un poison constant pour les « Fennecs » par ses accélérations et ses changements de direction. Il a cependant raté l’égalisation (à 0 – 1) par manque de lucidité. Son éternel point faible. Cependant, en décidant de le rappeler sur le banc (65ème mn) pour lancer Dame Ndoye, le coach s’était volontairement privé de son arme offensive n°1.

Moussa Sow, remplaçant et sauveur du Sénégal pour l’entrée en matière face au Ghana, avait regagné une place de titulaire au deuxième match à force de faire grise mine et de soutenir qu’il n’avait pas d’état d’âme. Mais, contre l’Afrique du Sud, il n’avait pas été forcément à son avantage. S’il avait essayé de percuter sur les ailes, il avait rarement été en position d’inquiéter le portier Mabokgwane, sans qu’il fut totalement responsable de la situation tant le milieu de terrain sénégalais avait été étouffé ; et avait du mal à donner des ballons consommables.

Henri Saivet n’a disputé que 2 bouts de matches (les 7 dernières minutes contre le Ghana et les 2 dernières face à l’Afrique du Sud).

Papiss Demba Cissé, du fait de ses relations tendues avec le coach ou pas, n’a été vu sur le terrain que lors des 32 dernières minutes de la présence sénégalaise sur les pelouses équato-guinéennes. N’empêche, il a manqué de justesse lors de ses rares prises de balles dans la surface de réparation algérienne. Et comme en 2012 déjà, il est rentré au pays sans avoir honoré une seule fois sa réputation de grand buteur.

LES NON-ESSENTIELS

Seuls 5 joueurs n’ont pas bénéficié de ce turn-over sénégalais qui n’en finissait pas : les deux gardiens de but remplaçants Lys Gomis et Pape Demba Camara, le défenseur Zargo Touré, le milieu de terrain Salif Sané et l’attaquant Moussa Konaté. Dommage pour eux que la route se soit arrêtée aux matches de groupe. Car, si le chemin avait été plus long, ils auraient peut-être eu leur chance, tant il est vrai que plus que le résultat, le coach cherchait à ménager les égos. Et ne pas faire de frustrés…

B.K.N

LES CONSTANTES

Ils sont 5 joueurs à avoir toujours eu la confiance d’Alain Giresse lors des 3 matches disputés par le Sénégal. Une sorte de colonne vertébrale (un gardien, deux défenseurs centraux, un milieu axial et un avant-centre) autour de laquelle ont été articulés, au gré des matches et des circonstances, d’autres membres pour former un corps au comportement d’ensemble plus ou moins cohérent.

Bouna Coundoul : Le portier et capitaine des « Lions » a heureusement fini la compétition sur une belle note qui a compensé ses errements lors des deux premiers matches. Face à l’Algérie, en effet, il a sorti sa meilleure prestation depuis longtemps et évité une défaite encore plus lourde à ses troupes. Jusqu’alors, il avait été approximatif, notamment sur ses sorties aériennes et surtout par son médiocre jeu au pied. Il a eu le bonheur de disputer l’intégralité des 3 matches.

Serigne Modou Kara Mbodji : Le solide défenseur a été la grande révélation sénégalaise en Guinée équatoriale. Titulaire lors de toutes les rencontres, il a, à chaque fois, tiré son épingle du jeu. Solide défensivement, il a également été d’un précieux apport offensivement, notamment sur les balles arrêtées. Comme sur son égalisation face à l’Afrique du Sud. Avec un peu plus de justesse dans son jeu de tête, il aurait même pu signer davantage de buts.

Lamine Sané aussi a survécu aux différentes options défensives du coach et a joué l’intégralité des matches. Mais pas avec le même rayonnement que son compère de la défense centrale. Surtout sur le 3ème match où il s’est rendu coupable de quelques erreurs de débutants.

Idrissa Gana Guèye, milieu défensif et meneur de jeu, il a souvent aidé à remonter le ballon. Mais parfois trop bas, il a eu du mal à porter très vite le danger devant et n’a donc été qu’une ou deux fois en position de déclencher une frappe en direction de la cage adverse. Il a cependant été l’un des meilleurs sénégalais par sa constance, sa combativité, sa présence et sa bonne lecture du jeu. Il a également gardé la boutique derrière, lorsque les grands gabarits de la défense montaient sur les balles arrêtées.

Mame Birame Diouf a bien réussi les deux premiers matches, surtout contre le Ghana lorsqu’il égalisa avant d’offrir le but de la victoire à Moussa Sow. Il a beaucoup pesé sur les défenses, mais n’a pas toujours été lucide au moment de faire le break. Il a été moins en vue contre l’Algérie.

LES VARIANTES

Dans le réservoir de joueurs qui lui restaient, Giresse a puisé à volonté. Parfois en début de partie, d’autres fois en cours (ou en fin) de rencontre si ce n’est au bout tournoi. Des choix aussi pertinents un coup et que totalement incompréhensibles un autre coup.

Stéphane Badji, titularisé d’entrée face au Ghana, il a été du lot des « sacrifiés » du 2ème match contre l’Afrique du Sud. S’il avait tant bien que mal tiré son épingle du jeu contre les « Black Stars », malgré de gros déchets dans son jeu, il est complètement passé à côté pour son retour dans le onze de départ contre l’Algérie. Coupable d’une faute de marquage sur l’ouverture du score, il a également raté en fin de première mi-temps l’occasion en or d’égaliser. N’a jamais été remplacé quand il a été aligné.

Pape Ndiaye Souaré a également joué l’intégralité du premier match avant de ne réapparaître qu’au 3ème, mais seulement à la 28ème mn pour remplacer Cheikh Mbengue blessé qui lui avait été préféré entre-temps. Pourtant, s’il n’avait pas été extraordinaire contre le Ghana, il n’avait pas non plus prêté le flanc. Même si, pour ce match comme pour le dernier, il aurait gagné à dépouiller son jeu. Trop de fantaisies pour un défenseur - milieu excentré…

Cheikh Mbengue qui lui avait chipé sa place contre l’Afrique du Sud, à force de faire la gueule, n’avait pas été spécialement brillant non plus. Excepté un sauvetage in extremis (73ème mn) sur ce qui aurait pu être la balle du 2 – 1 pour les « Bafana Bafana », il n’avait rien montré. Ce qui ne l’avait pas empêché d’être reconduit pour le 3ème match. Mais une blessure à la bouche l’obligea à rentrer aux vestiaires avant la demi-heure de jeu.

Papy Mison Djilobodji, après avoir fait les frais du « choix tactique » de Giresse de passer à une défense à 4, à la mi-temps du premier match, n’est revenu dans l’équipe de départ que face à l’Algérie, à Malabo. Entre-temps, le défenseur central du Fc Nantes a apparemment beaucoup gambergé. La preuve par ses prises de balles hasardeuses et ses relances assez approximatives. Déjà, lors de la mi-temps qu’il avait disputée contre les « Black Stars », il avait abusé du jeu long. Assurément, il vaut bien mieux que ce qu’il a produit dans cette Can.

Lamine Gassama, heureux bénéficiaire du replacement tactique opéré par le coach des « Lions » après une première mi-temps quelconque contre le Ghana, a surfé sur l’opportunité pour conserver sa position sur le flanc droit de la défense au deuxième match face à l’Afrique du Sud. Mais, c’était pour étaler ses limites. Dépassé en vitesse et techniquement, il avait souffert un calvaire. C’est peut-être pourquoi on ne l’a pas vu à Malabo lors de l’ultime sortie des « Lions ».

Pape Kouly Diop, toujours dans l’équipe de départ, jamais dans l’équipe d’arrivée ! C’est dire que ce milieu de terrain a eu un mal fou à finir les rencontres. Spécialiste des balles arrêtées, il les a si souvent tirées sans variations que c’en était devenu prévisible : juste un long ballon vers les grandes tailles ! Heureusement que Kara en ait catapulté un au fond des filets ghanéens… Sinon, dans le jeu, Kouly Diop n’a pas été d’un grand apport.

Cheikhou Kouyaté, l’un des meilleurs sénégalais contre le Ghana, il avait été inexplicablement zappé contre l’Afrique du Sud. Ce qui pourrait expliquer l’emprise que les joueurs de Shakes Mashaba avaient sur l’entrejeu où Kouyaté avait depuis longtemps constitué avec Gana Guèye, une paire complémentaire et … inséparable. Entré en fin de match ce jour-là (85ème mn), il avait retrouvé sa place de titulaire face à l’Algérie, mais avait semblé payer les contrecoups de sa mise à l’écart, tant il avait été moins saignant.

Alfred Ndiaye qui avait été aligné d’entrée au deuxième match contre l’Afrique du Sud, n’avait pas apporté l’impact physique et la fraîcheur espérés. Au contraire, sa puissance l’avait désavantagé face aux mobiles partenaires de Dean Furman.

Et c’est presque logiquement que Kouyaté avait été « rétabli dans ses droits » en fin de match.

Dame Ndoye est globalement passé à côté de son tournoi. En un peu plus de 80 mn contre le Ghana, il s’est rarement mis en exergue, multipliant les gestes d’énervement. Face à l’Afrique du Sud, il s’est surtout signalé, aussitôt après son entrée en jeu (80ème mn) par une belle frappe qui aurait pu faire basculer la rencontre. C’est malheureusement sur ses frappes, sur balles arrêtées ou dans le jeu, que le jeune frère d’Ousmane Ndoye était attendu. Mais, sur les premières, Kouly Diop ne lui en a pas laissé la chance et sur les secondes, il n’a pas eu beaucoup d’opportunités.

Sadio Mané, logiquement absent du premier match parce qu’à court de forme, a débuté le deuxième match contre l’Afrique du Sud. Après plusieurs semaines sans disputer de rencontre et sortant de blessure, il avait voulu impulser le mouvement mais n’en avait pas les moyens et s’était éteint au fil des minutes. Tout le contraire cependant de la dernière sortie contre l’Algérie où il avait été un poison constant pour les « Fennecs » par ses accélérations et ses changements de direction. Il a cependant raté l’égalisation (à 0 – 1) par manque de lucidité. Son éternel point faible. Cependant, en décidant de le rappeler sur le banc (65ème mn) pour lancer Dame Ndoye, le coach s’était volontairement privé de son arme offensive n°1.

Moussa Sow, remplaçant et sauveur du Sénégal pour l’entrée en matière face au Ghana, avait regagné une place de titulaire au deuxième match à force de faire grise mine et de soutenir qu’il n’avait pas d’état d’âme. Mais, contre l’Afrique du Sud, il n’avait pas été forcément à son avantage. S’il avait essayé de percuter sur les ailes, il avait rarement été en position d’inquiéter le portier Mabokgwane, sans qu’il fut totalement responsable de la situation tant le milieu de terrain sénégalais avait été étouffé ; et avait du mal à donner des ballons consommables.

Henri Saivet n’a disputé que 2 bouts de matches (les 7 dernières minutes contre le Ghana et les 2 dernières face à l’Afrique du Sud).

Papiss Demba Cissé, du fait de ses relations tendues avec le coach ou pas, n’a été vu sur le terrain que lors des 32 dernières minutes de la présence sénégalaise sur les pelouses équato-guinéennes. N’empêche, il a manqué de justesse lors de ses rares prises de balles dans la surface de réparation algérienne. Et comme en 2012 déjà, il est rentré au pays sans avoir honoré une seule fois sa réputation de grand buteur.

LES NON-ESSENTIELS

Seuls 5 joueurs n’ont pas bénéficié de ce turn-over sénégalais qui n’en finissait pas : les deux gardiens de but remplaçants Lys Gomis et Pape Demba Camara, le défenseur Zargo Touré, le milieu de terrain Salif Sané et l’attaquant Moussa Konaté. Dommage pour eux que la route se soit arrêtée aux matches de groupe. Car, si le chemin avait été plus long, ils auraient peut-être eu leur chance, tant il est vrai que plus que le résultat, le coach cherchait à ménager les égos. Et ne pas faire de frustrés…

B.K.N

PHASE DE POULE

Bilan à mi-parcours de la Can 2015 : Un premier tour de toutes les incertitudes

Malabo (Guinée équatoriale) : Christian Gourcuff, l’entraîneur de l’équipe d’Algérie, disait juste après le tirage au sort des poules qu’aucune équipe n’était favorite ; le technicien français des « Fennecs » faisait allusion au groupe C, dénommé par certains comme étant celui de « la mort », tant les équipes se tenaient de près. Mais au fil des matches de cette Can 2015, on s’est rendu compte que cette remarque était valable pour toutes les équipes engagées dans cette compétition. La preuve, dans chacun des quatre groupes, aucune équipe n’était parvenue à se détacher après deux journées. Dans cette épreuve, beaucoup de formations ont fait l’amer constat que marquer en premier était souvent synonyme de nul ou de défaite. N’est-ce pas messieurs du groupe D, ou encore du groupe C et même A ?

Et selon les statistiques, près de 80% des équipes qui ont marqué en premier n’ont pas remporté le match (11 matches sur 14). « Les chiffres le disent : sur les 14 équipes qui ont ouvert le score lors des deux premières journées, seules 3 sont reparties avec les 3 points, tandis que 8 ont été rejointes au score, et que 3 se sont mêmes faits renverser et ont perdu. Et encore parmi les trois rares équipes victorieuses, figure le Ghana qui a attendu la 92e minute pour faire tomber l’Algérie (1-0). Encore plus édifiant : on recense autant de victoires (3) acquises par une équipe qui a ouvert le score que de succès enregistrés par une équipe qui a d’abord été menée avant de renverser la vapeur. Assurément, cette Can 2015 est de loin plus excitante et pleine de suspense que ses devancières. Cela évidemment augurait dès lors d’une troisième et dernière journée de feu, où s’est décidée la qualification ; excepté dans le groupe D où le Mali et la Guinée Conakry, même après la dernière journée, n’étaient pas parvenus à se départager. Ce qui obligea la Caf, conformément au règlement de la compétition, à procéder au tirage au sort pour désigner le pays qui accompagnera la Côte d’Ivoire en quarts de finale. C’est dire que cette 30e édition de la Can aura été celle de tous les suspenses, aucune équipe n’étant parvenue à se détacher. Une première dans les annales de la Coupe d’Afrique des nations.

Les surprises

Mais pour cette Can « hors du commun », bien des surprises, agréables ou désagréables, ont été notées. Gabon, Burkina, Zambie, Sénégal, Afrique du Sud, Cameroun, tous dehors dès le premier tour. Congo Brazzaville, Guinée équatoriale, Rd Congo, au banquet des quarts de finale, c’est aussi une surprise. Voilà les surprises de ce premier tour. A commencer par le Gabon qui avait bien démarré (2 – 0) devant le Burkina Faso, vice-champion d’Afrique, mais qui a fini par sombrer successivement face à la révélation, le Congo Brazzaville qui faisait un retour dans cette compétition après … 15 ans d’absence.

Tête de file de l’attaque du Gabon, Pierre-Emerick Aubameyang avait bien donné le ton de la compétition en ouvrant le score face au Burkina. Mais l’attaquant du Borussia Dortmund qui ambitionnait d’être le digne successeur de Samuel Eto’o ou de Didier Drogba devra repasser, car après cette victoire, les « Panthères » du Gabon aligneront 2 défaites surprises qui les éliminaient de la compétition en compagnie des « Etalons » du Burkina fringants finalistes de la dernière édition en Afrique du Sud en 2013 et qui n’ont pas su rééditer leur parcours d’il y a deux ans. Leur fer de lance, Jonathan Pitroipa, est passé à côté de la plaque. Désigné meilleur joueur de la Can 2013 et meilleur buteur lors des éliminatoires de la Can 2015 avec 6 buts en autant matches, Pitroipa, exilé aux Emirats Arabes Unis, à Al Jazira, a été l’ombre de lui-même lors de cette Can en terre équato-guinéenne. Et, c’est par la petite porte que son équipe est sortie avec seulement un point à son actif.

Coup de destin

  Coup de chance ou coup du destin pour le Congo Brazzaville et la Guinée équatoriale ? Voilà deux équipes qui avaient été éliminées pour la première et disqualifiée pour la seconde et qui ont été repêchées par la suite. Et les voici quarts de finale.

Elles n’auraient pas dû se retrouver à cette Can 2015 et avaient même fait une croix sur ce rendez-vous au pays du président Obiang Nguéma. Mais voilà que le sort en a décidé autrement. Battu par le Rwanda lors des éliminatoires, le Congo de Claude Le Roy avait par la suite déposé une réserve sur le cas d’un joueur adverse non qualifié qui possédait une double identité. C’est ainsi que le Congo fut qualifié et le Rwanda disqualifié. Quant à la Guinée équatoriale, elle doit une fière chandelle au retrait de l’organisation de cette 30e Can au Maroc. Prise en faute pour avoir aligné un joueur inéligible contre la Mauritanie, elle avait été disqualifiée par la Caf. Mais un coup du sort sous la forme d’un retrait de l’organisation de la compétition au Maroc, la relançait. Et la Guinée équatoriale se voyait, de facto, qualifiée en tant que pays-hôte. Et voilà que Guinéens et Congolais se sont bien battus sur le terrain jusqu’à obtenir leur qualification au second tour.

Excepté le Cameroun, les autres Mondialistes ont confirmé

  Que dire des quatre mondialistes, le cinquième, le Nigeria, ayant été éliminé avant la phase finale de cette Can 2015 ? Sinon qu’ils ont évolué avec des fortunes diverses, ne décrochant la qualification que lors de la dernière journée des matches de poules. Cas du Ghana et de l’Algérie qui s’étaient retrouvés dans la poule de feu (C), avec une victoire in extrémis des « Black Stars » sur les « Fennecs » lors de la 2e journée d’une part, et du cas de la Côte d’Ivoire et du Cameroun d’autre part. Là également, il a fallu attendre la dernière journée pour voir les « Eléphants » l’emporter sur un score étriqué devant les « Lions indomptables » qui ont éliminé les hommes de Volker Finke. La Tunisie quant à elle a respecté son rang en terminant 1ère de son groupe (B) devant la Rd Congo, alors que la Zambie, autre déception de cette Can et détentrice du titre en 2012 à Bata justement, se voyait éliminer sans gloire avec le Cap-Vert qui était venu avec des ambitions de faire un pas de plus dans cette compétition.

Enfin, dans la poule de feu (C), l’Afrique du Sud qui a montré le meilleur football n’a malheureusement pu se qualifier devant le Ghana qui l’a battue lors de la dernière journée marquée par des rebondissements au score.

D’un de nos envoyés spéciaux : C. F. KEITA

Les « Lions » du Sénégal : Malabo 2015 comme Bata 2012

Malabo : Battu par l’Algérie, le Sénégal a terminé à la 3e place du groupe C et est, une nouvelle fois, éliminé en phase de poules. Une désillusion de plus pour Bouna Coundoul et ses coéquipiers. Les rendez-vous du Sénégal avec la Can de football, c’est comme la sempiternelle répétition de l’histoire qui ne finit jamais. Car depuis la Can 2006 en Egypte où ils ont atteint les demi-finales contre le pays organisateur, les « Lions » ne sont plus parvenus à passer la phase du premier tour. Avec le Sénégal, c’est 9 ans de déception même si l’équipe est souvent annoncée parmi les outsiders du tournoi. Et le constat est encore plus frappant avec les deux dernières participations de l’équipe à la Can, en 2012 et pour cette édition 2015. Les deux fois en Guinée équatoriale, comme un symbole. Une terre qui ne veut décidément pas leur sourire.

 Pays le moins côté du groupe C puisqu’étant le seul à n’avoir pas remporté le titre continental au contraire de l’Algérie, du Ghana et de l’Afrique du Sud, le Sénégal était attendu dans cette compétition qu’il retrouvait trois ans après la déroute de Bata. Pour une 13e participation à la phase finale de la Can de football, les « Lions » du Sénégal avaient terminé les éliminatoires à la 2e place derrière la Tunisie. Avec un bilan flatteur : 4 victoires, 1 nul et 1 défaite pour 8 buts marqués et 1 seul encaissé. Avec des joueurs jouant dans de grands clubs anglais, français, turc et russe, l’équipe des « Lions » du Sénégal n’a pourtant pu passer le premier tour. Une victoire d’entrée face au mondialiste ghanéen, un nul poussif devant l’Afrique du Sud et un match décisif à ne pas perdre contre l’Algérie, l’autre mondialiste. Mais à l’arrivée, Alain Giresse et sa troupe sortaient lamentablement de la compétition à l’issue d’une troisième et dernière journée de matches de poule qui a révélé les tares de cette équipe sénégalaise. Comme en 2012 à Bata, les « Lions » ont connu le même sort, même s’il est moins cruel que celui d’il y a trois ans.

  Mais en venant à cette Can 2015, l’ambition pour Bouna Coundoul et ses camarades était de prendre une belle revanche sur l’histoire. Celle-là même qui les avait vus quitter Bata, la capitale économique équato-guinéenne, la tête basse avec une humiliante déroute. Mais que nenni ! L’histoire s’est presque répétée puisque cette nouvelle génération inexpérimentée qui n’avait que sa fougue de jeunesse ne franchira pas le tour de qualification. Un lamentable score de 2 buts à 0 infligé par l’Algérie était passé par là. Avec en prime le retour à la maison. Et la non-reconduction du contrat de l’entraîneur français Alain Giresse. C’est à croire que la Guinée équatoriale ne sourira jamais aux « Lions » du Sénégal.  

C. F. KEITA

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