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Sciences et Technologies (71)

Le développement des infrastructures de télécommunications, la croissance de la démocratisation d’internet ainsi que la faiblesse des outils de défense font du Sénégal une proie facile pour les cybercriminels.

En 2014 et 2015, des sites gouvernementaux sénégalais avaient été piratés. La dernière attaque mondiale cybercriminelle n’a pas non plus épargné notre pays. C’est en connaissance de ce contexte que des experts de la cybercriminalité ont adopté une prudence de Sioux pour aborder la question lors des dernières Security days de Dakar (26 et 27 avril). Même s’il est difficile de trouver la subtilité qui veut qu’on tire la sonnette d’alarme sans pour autant effrayer tout le monde, ils s’en sont employés avec généralement justesse en utilisant les adages bateau comme « mieux vaut prévenir que guérir ». Sauf que l’histoire est trop souvent ironique.

71ème des pays les plus attaqués
Une quinzaine de jours après la tenue de la troisième grande messe sur la cybercriminalité, une attaque cybercriminelle d’une envergure mondiale a eu lieu. Plusieurs privés, des grandes entreprises et des Etats en ont été victimes, dont le Sénégal, malgré les refus ostentatoires de certains officiels de reconnaître la vérité. La cybercriminalité est une réalité dans notre pays. Le Sénégal serait, en effet, à la 71ème position des pays les plus attaqués dans le monde selon une étude de Kaspersky, citée par Ismaël Camara, président du Rejotic, dans une tribune. L’augmentation et le développement des infrastructures de télécommunications, ainsi qu’une plus grande démocratisation d’internet participent à accroitre l’attractivité du Sénégal pour les cybercriminels. La dernière attaque cybercriminelle a mis en exergue le virus Wannacry. Quèsaco ? Pour faire simple, Wannacry est une attaque qui crypte les données d’une entreprise ou d’une institution. Pour les libérer, les malveillants réclament de l’argent en rançon. D’après l’expert Baïdy Sy, au micro de notre confrère Basile Niane, le Sénégal a été touché « près de 3 heures après l’apparition du virus ». Ce qui montre que notre pays n’est toujours pas totalement prêt à lutter contre ce genre d’attaque.

Des outils nationaux
Si le Plan Sénégal numérique 2025 prend en compte certains aspects de cette lutte, il est lucide de reconnaître qu’il reste des choses à faire dans ce domaine. Telle qu’une agence de cybercriminalité, que Chérif Diallo, le directeur des Tic au ministère des Télécommunications, appelle également de ses vœux en dépit de l’annonce imminente de sa création. « La cybersécurité est une vision qui part d’abord d’une stratégie. Donc, une politique de sécurité des systèmes d’informations. Puis, place à la mise en place d’organes composés de ressources qui gèrent la cybersécurité de l’entreprise, mais qui seront aussi composés de procédures, de processus et de reporting jusqu’à la formation et la sensibilisation des utilisateurs du systèmes d’information », décrypte-t-il. L’urgence concerne également la mise en place d’un Centre national d’alerte et de réaction aux attaques informatiques (Cert). En l’état actuel, le Sénégal ne dispose pas encore de tout l’arsenal qu’il faut pour bien lutter contre ce mal aux apparences virtuelles mais bien réel. Le pays axe sa stratégie sur une coopération internationale.

Si elle peut dépanner, elle pose d’autres questions. L’efficacité de la cybersécurité implique nécessairement la souveraineté nationale. Le Sénégal travaille en étroite collaboration avec l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations de la France), les Pays-Bas et la Corée du Sud. Ce sont des partenariats qui pourraient notamment questionner dans le degré d’implication des parties étrangères dans la gestion des données personnelles des Sénégalais. Donc, plus que jamais, l’urgence est à la gestion de nos propres outils pour lutter contre la cybercriminalité.

Chérif Diallo, directeur des Tic : « Une cellule pour les interventions d’urgence verra bientôt le jour »
Pour le directeur des Tic au ministère des Télécommunications, le Sénégal avance à grands pas vers son autonomie dans la cybersécurité.

« La mise en place d’une cellule pour les interventions d’urgence en cas d’attaque informatique va être fait rapidement », annonce Chérif Diallo. Il poursuit : « Nous travaillons sur différents volets de mise en place des Cert, notamment avec nos bras techniques comme l’Adie et l’Artp. Il faut dire qu’il y a différents types de Cert (équipes d’interventions d’urgence) face aux attaques informatiques. Il peut y avoir un Cert gouvernemental, un national, des Cert privé et universitaire ».

M. Diallo soutient que le Cert universitaire sera lancé bientôt. « Nous sommes en concertation avec différentes universités sénégalaises. Nous nous sommes mis d’accord pour démarrer avec de petits moyens ». C’est un projet qui sera appuyé par le gouvernement du Sénégal, l’enseignement supérieur, le ministère des Postes et Télécommunications pour pouvoir répondre à des problématiques dans ce domaine.

« Nous travaillons aussi dans un deuxième type de Cert avec l’Adie : gouvernemental et national. Celui-là nécessite plus de temps compte tenu des enjeux beaucoup plus importants et d’une technicité plus forte. Il pendra une année. C’est notre objectif. Nous y travaillons depuis l’année dernière avec nos partenaires coréens et néerlandais », informe-til.

Partenaire international 
Dans le domaine de la cybersécurité, « la coopération internationale est très importante, car la plupart des attaques proviennent de l’étranger », consent Chérif Diallo. La France avait collaboré, il y a quelques années, avec le Sénégal dans la mise en place d’une brigade de lutte contre la cybercriminalité qui est désormais opérationnelle. Notre pays collabore également avec les Etats-Unis. « Aujourd’hui, il y a d’autres pays comme les Pays-Bas, la Corée du Sud. Il ne faut pas oublier la coopération Sud-Sud avec le Maroc, l’Afrique du Sud. Ce qui veut dire que le Sénégal a compris que la coopération internationale était primordiale avec des échanges techniques renforcés pour enrayer ce problème », explique-t-il.

Moussa DIOP

CYBERCRIMINALITÉ : Entre lâcheté et ingéniosité
Tapis dans l’ombre, les cybercriminels n’en demeurent pas moins actifs. Avec des méthodes sophistiquées, ils continuent de faire des victimes dans toutes les franges de la société. Particulier comme entreprise, personne n’est épargnée.

A quarante six ans, Amadou Sow est chef comptable dans une grande entreprise florissante à Dakar. Pourtant cette stabilité apparente a été ébranlée, il y a quelques mois, par un « désobligeant phénomène » appelé la « fraude au président ». Elle est de plus en plus répandue et consiste en une prise de contact avec des personnels clés d’une entreprise en se faisant passer pour son dirigeant dans le but de se voir transférer une importante somme d’argent. « J’ai eu des sueurs froides. Tous nos comptes se sont retrouvés exposés du jour au lendemain », confie-t-il.

Des comportements criminels se renouvellent par le biais des technologies et notamment d’internet. De l’escroquerie à l’abus de confiance, en passant par l’extorsion, les criminels remettent au goût du jour des infractions dont la réalisation se trouve considérablement facilitée grâce à l’outil informatique, surtout face à un public non averti. Fatou Diène est âgée de trente ans. Elle est commerciale dans une entreprise de presse. Son compte Facebook a été piraté. Son « bourreau » est parvenu à soutirer de l’argent à plusieurs de ses amis sur le réseau social. « Son modus opérandi consistait à réclamer de l’argent à mes amis en leur demandant de faire le transfert à partir des structures dédiées. Il prenait également le soin de commencer la conversation en leur disant que j’avais changé de numéro », souligne-t-elle. Le délinquant virtuel est parvenu à ses fins avec une dizaine de personnes. Il a été démasqué à la onzième tentative. « Plus de peur que de mal. A chacun, il avait soutiré la somme de 10.000 FCfa », révèle-t-elle.

Certains cybercriminels ont commencé par voler dans le monde réel et se sont, par la suite, recyclés dans le virtuel. « D’autres deviennent délinquants par accident ou tout simplement par facilité », signale Ibrahima Bâ, informaticien. Les cybercriminels ne s’attaquent pas seulement aux néophytes. Grâce aux techniques comme « le fishing, ils ciblent le vol de données, personnelles ou industrielles », ajoute Ibrahima. Quant au skimming, c’est une pratique consistant à pirater, puis à reproduire une carte bancaire. Outre la difficulté que peuvent avoir les particuliers et professionnels à détecter ces risques, l’appareil répressif de l’Etat est confronté à des délinquants qui s’organisent au sein de réseaux.

Personne n’est à l’abri
La cybercriminalité ne renvoie pas nécessairement à l’action d’individus malveillants isolés, des bandes organisées au fonctionnement structuré et disposant de compétences solides le font aussi. « La plupart du temps, ces délinquants du net sont en avance par rapport aux structures chargées de les traquer », souligne un policier qui préfère garder l’anonymat. « Dans une société de plus en plus connectée, la cybercriminalité est logiquement un phénomène en constante accroissement », affirme Ibrahima, l’informaticien. Qu’on pense aux objets connectés ou aux systèmes de paiement par informatique, l’impact d’une action criminelle est toujours dévastateur pour les victimes. Au regard de ces menaces et des enjeux qu’elle soulève, des solutions doivent être envisagées contre la cybercriminalité. Fréquemment, les victimes d’une attaque virtuelle se contentent de constater l’étendue des dégâts et de repenser leur défense, en vue d’une nouvelle tentative criminelle. « Or, si ces questions sont majeures, les individus et structures ne doivent en aucun cas se laisser dissuader de se défendre en justice au motif que le comportement coupable se serait produit en ligne. Le droit évolue avec la technique et il convient de ne pas l’oublier », fait savoir Amadou Niane, juriste.

Oumar BA

Pour le directeur des Tic au ministère des Télécommunications, le Sénégal avance à grands pas vers son autonomie dans la cybersécurité.

« La mise en place d’une cellule pour les interventions d’urgence en cas d’attaque informatique va être fait rapidement », annonce Chérif Diallo. Il poursuit : « Nous travaillons sur différents volets de mise en place des Cert, notamment avec nos bras techniques comme l’Adie et l’Artp. Il faut dire qu’il y a différents types de Cert (équipes d’interventions d’urgence) face aux attaques informatiques. Il peut y avoir un Cert gouvernemental, un national, des Cert privé et universitaire ».

M. Diallo soutient que le Cert universitaire sera lancé bientôt. « Nous sommes en concertation avec différentes universités sénégalaises. Nous nous sommes mis d’accord pour démarrer avec de petits moyens ». C’est un projet qui sera appuyé par le gouvernement du Sénégal, l’enseignement supérieur, le ministère des Postes et Télécommunications pour pouvoir répondre à des problématiques dans ce domaine.

« Nous travaillons aussi dans un deuxième type de Cert avec l’Adie : gouvernemental et national. Celui-là nécessite plus de temps compte tenu des enjeux beaucoup plus importants et d’une technicité plus forte. Il pendra une année. C’est notre objectif. Nous y travaillons depuis l’année dernière avec nos partenaires coréens et néerlandais », informe-til.

Partenaire international
Dans le domaine de la cybersécurité, « la coopération internationale est très importante, car la plupart des attaques proviennent de l’étranger », consent Chérif Diallo. La France avait collaboré, il y a quelques années, avec le Sénégal dans la mise en place d’une brigade de lutte contre la cybercriminalité qui est désormais opérationnelle. Notre pays collabore également avec les Etats-Unis. « Aujourd’hui, il y a d’autres pays comme les Pays-Bas, la Corée du Sud. Il ne faut pas oublier la coopération Sud-Sud avec le Maroc, l’Afrique du Sud. Ce qui veut dire que le Sénégal a compris que la coopération internationale était primordiale avec des échanges techniques renforcés pour enrayer ce problème », explique-t-il.

Moussa DIOP

Entreprise de dématérialisation de procédures douanières à l’origine, Gaindé 2000 s’illustre également dans la lutte contre la cybercriminalité.

« Nos priorité est la sécurisation des identités numériques en proposant des produits de confiance numérique avec des certificats électroniques », confie Cheikh Abdel Khadre Mbengue, cadre chez Gaindé 2000 présent aux Security days de fin avril. « Il s’agit de la signature électronique, le chiffrement et l’authentification des identités sur le cyberespace », dit-il. Ce sont des produits qui répondent aux menaces mais aussi dans la logique de dématérialisation des procédures que Gaindé 2000 effectue. « C’est une suite logique que la signature se fasse également électroniquement. D’où l’intérêt de mettre en place une infrastructure de gestion des clés publiques pour délivrer les certificats électroniques avec lesquels les usagers qui utilisent les guichets uniques de Gaindé puissent signer les documents électroniquement », avance M. Mbengue. En effet, Gaindé 2000 se diversifie en proposant désormais des guichets uniques pour faciliter le commerce extérieur. « Au Sénégal, les serveurs sont vulnérables. Ainsi, les entreprises deviennent vulnérables à leur tour. De plus en plus de jeunes se forment en cybersécurité et ils sont capables de faire tomber une entreprise en une journée. Il faut que les entreprises prennent les mesures de sécurité pour faire face », alerte-t-il.

Moussa DIOP

C’est connu de tous : Emmanuel Macron, le nouveau président français, ne se sépare pas de ses deux iPhone. « Quand on avait rendez-vous avec le candidat Macron, ils étaient toujours posés en évidence devant lui », rapporte le journal français le Parisien. Le jeune président français (39 ans depuis le 21 décembre) ne quitte pas non plus son ordinateur MacBook, sur lequel il prend des notes et retouche ses discours. Bref, Macron (presque 393.000 abonnés sur Twitter, mais seulement 110.000 sur Facebook au moment de la campagne) est un « geek » et ne s’en cache pas. Le lien avec la communauté Tech est établi depuis longtemps. Il s’est rendu deux ans de suite au salon des nouvelles technologies de Las Vegas quand il était ministre à Bercy où il a beaucoup fait pour les start-up. Mais, c’est surtout sa stratégie numérique pour la conquête de l’Elysée qui témoigne de sa connaissance du secteur. Son équipe s’est inspirée des campagnes de Barack Obama en 2008, de Bernie Sanders, Podemos et Ciudadanos en Espagne ainsi que d’exemples canadiens. Pour son grand porte-à-porte, lancé en avril, il s’est appuyé, comme Hollande en 2012, sur le logiciel 50+1 (pour 50 % des voix plus une) de la société Liegey Muller Pons. Cet outil lui a permis de croiser quartiers, résultats électoraux et taux de chômage, et notamment pour aller à la rencontre des abstentionnistes qu’il voulait reconquérir. Pour créer les comités locaux de son mouvement « En marche ! », son équipe a même conçu de toute pièce un logiciel qui permet à n’importe quel citoyen de fonder son comité ou de le quitter en un seul clic. Le résultat a été au rendez-vous.

O.BA

Le but de Colisdays, une plateforme communautaire gratuite lancée depuis mars 2017 par des Sénégalais établis en France, est de mettre en relation des particuliers avec des voyageurs profitant d’un déplacement déjà prévu pour transporter des colis.

C’est en ressentant à plusieurs reprises le besoin d’envoyer en urgence des biens en Afrique mais aussi en se confrontant aux coûts élevés des services postaux que les membres fondateurs de la plateforme, Sénégalais d’origine vivant en France, ont pensé à trouver une alternative. « Nous étions constamment confrontés aux limites des services postaux classiques. D’abord, les prix pratiqués pour des envois en Afrique étaient excessivement chers, ensuite les délais de livraison ne sont pas toujours raisonnables », explique Mactar Sylla, cofondateur et directeur général de la plateforme. « Ces deux raisons, note-t-il, ont contribué au développement de plusieurs alternatives aux services postaux » et autres systèmes D comme les fameux « Gp », nom issu des initiales de « gratuité partielle ».

Fonctionnement
Colisdays.com permet à chaque particulier, en fonction de son budget et de son besoin, de trouver expressément un voyageur susceptible de lui transporter son colis d’un point A vers un point B. « Il s’agit, pour les voyageurs, de monétiser un espace inoccupé (coffre de voiture, kilos de bagages en avion…) et de le mettre à profit auprès d’utilisateurs souhaitant envoyer un colis ou documents à moindre coût et sur un délai de temps raisonnable », explique le directeur général de Colisdays. Ainsi, les membres inscrits sur la plateforme peuvent créer gratuitement des annonces en spécifiant toutes les informations utiles sur leur trajet et recevoir des propositions de personnes souhaitant expédier des colis. La plateforme compte actuellement « 3000 utilisateurs provenant de différents pays : France 56 %, Sénégal 22 %, Etats-Unis 9%, Canada 3 %, Italie 2 % ».

Vulgariser le concept de l’économie de partage
Pour développer le site et étendre ses fonctionnalités, Mactar Sylla, également champion du monde de scrabble, est entouré par deux associés : Adama Lèye, directeur technique en charge du développement du site, et Saliou Nguirane, directeur du business development. Le trio compte ainsi vulgariser le concept de l’économie de partage en Afrique. « Les spécialistes de l’économie de partage prétendent qu’après le transport et le logement, la logistique sera le prochain secteur touché par « l’Ubérisation », c’est-à-dire un service rendu par un particulier pour un particulier, un modèle basé sur l’échange et la facilité par les moyens de la technologie et de l’information », argue le Dg de Colisdays qui compte tirer profit plus tard du nombre croissant de touristes internationaux vers l’Afrique, malgré le développement rapide de la concurrence avec des startups dans le même domaine d’activité. Afin de renforcer au maximum la croissance de la communauté Colisdays et d’acquérir un volume important d’utilisateurs (avec un objectif de 10.000 membres d’ici à la fin de l’année 2017), la plateforme opte pour le moment de ne pas prélever de commission sur les transactions effectuées.

10.000 utilisateurs d’ici fin 2017
« Aujourd’hui, nous agissons en tant qu’intermédiaire et ne prenons aucune commission sur les transactions entre les parties. Colisdays ne participe aucunement à la convention entre l’expéditeur et le voyageur, les deux parties doivent s’entendre sur la totalité des modalités de leurs conventions », précise-t-il. Cependant, en 2018,les fondateurs espèrent proposer aux utilisateurs un service de paiement intégré à la plateforme. Pour l’heure, ils s’attachent à renforcer la sûreté de la plateforme et accroître la confiance des visiteurs. Pour cela, Colisdays veille à vérifier les profils des membres inscrits et s’assure qu’ils soient en phase avec leurs conditions générales d’utilisation, gage de la fiabilité du site. Ainsi, tout utilisateur a la possibilité de dénoncer, à travers la fonctionnalité « signalement de profil », les membres suspects. Pour l’heure, la plateforme récolte de bons retours d’expérience des utilisateurs, notamment sur sa page Facebook suivie par près de 15.000 internautes. Les 2/3 du trafic proviennent de la France, du Sénégal et des Etats-Unis. Nonobstant, les fondateurs comptent promouvoir prochainement leurs activités dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Sous peu, les visiteurs découvriront une nouvelle interface graphique plus ergonomique avec de nouvelles fonctionnalités leur permettant de trouver des voyageurs fiables et reconnus par la communauté. « Chaque utilisateur pourra donner son avis et une note à un voyageur avec qui il a été en relation à la fin de la transaction. Ces avis serviront de références pour la communauté d’utilisateurs et vont ainsi assurer la crédibilité de Colisdays », conclut-il.

Mamadou Alpha SANÉ

La jeune sénégalaise est étudiante en Marketing et Management international à Dakar. S.G souhaite rester anonyme, car elle ne supporte pas être exposée publiquement. Fidèle à cette idée, elle s’est retirée de Facebook il y a quelques années et en explique les raisons.

L’étudiante de 21 ans affirme qu’elle a déjà les numéros de téléphone de la plupart de ses amis qui sont sur Facebook. La raison principale de son départ du réseau social est que « sur Facebook, il y a beaucoup d’inconnus qui t’envoient des messages désagréables. Au Sénégal, les gens ont tendance à utiliser Facebook comme un outil pour draguer les filles ».

Elle poursuit son explication : « J’avais tout le temps des messages indésirables. J’ai pensé que supprimer mon compte Facebook était devenu une nécessité. Les gens qui veulent me parler viendront directement m’envoyer des textos ou des messages par WhatsApp. C’est beaucoup plus privé, je trouve ».

L’autre argument qu’elle avance est celui de protéger sa vie privée. « Je n’aime pas du tout exposer ma vie personnelle. Beaucoup de personnes utilisent Facebook pour annoncer un décès, un mariage ou un baptême. Ils mettent ça vite fait sur Facebook. C’est exposer sa vie à des gens qui ne sont pas tous des proches ».

Les avantages de Facebook
Cependant, la jeune femme avoue qu’elle trouvait des avantages à être sur Facebook. « Avoir des nouvelles des autres, retrouver des personnes perdues de vue, et puis, c’est très facile d’utilisation », avoue-t-elle. S. G. reconnaît également que Facebook peut offrir des opportunités de travail même si elle ne fut jamais personnellement concernée. Elle ajoute ensuite que « certains, paraît-il, ont fait des rencontres inoubliables grâce à Facebook. Bon, pourquoi pas ». Fou rire.

S.G. raconte sa découverte de Facebook : « J’avais 13 ans quand je me suis inscrite. J’avais 1.300 «amis» sur mon compte. J’entendais tous mes amis parler de Facebook, et je voulais juste faire pareil ». Mais, elle a trouvé qu’elle était un peu trop accro à Facebook. « J’étais curieuse et je me préoccupais de ce que pensaient les autres. Qui a liker ma photo, qui l’a commentée. C’était bien pour suivre les commérages : celle-là a fait ça, etc. Marrant certes, mais au bout d’un moment, je me suis dit que ce n’était pas ça la vraie vie. Et puis, j’y passais trop de temps », confie-t-elle. A cette époque, elle partageait avec sa sœur un ordinateur portable : « On se chamaillait juste pour se connecter sur Facebook et pour parler avec nos amis », dit-elle. En conclusion, elle affirme : « Non, je ne me remettrai pas sur Facebook. Ça ne me manque pas du tout ».

Les alternatives à Facebook
Pour la jeune étudiante S.G, ce n’est vraiment pas « une obligation pour (sa) génération d’avoir Facebook », car il y a des alternatives avec les applications comme WhatsApp, Shapchat, Twitter, Instagram. Elle est d’avis que ces applications préservent plus la vie privée.

Twitter, WhatsApp, Instagram, Shapchat
La jeune femme a quitté le réseau social de Mark Zuckerberg pour d’autres applications : « Twitter, c’est moins personnel que Facebook. J’y suis des personnalités, des amis, des pages de cuisine, de politique, d’actualité. Je regarde et j’y trouve plus d’informations rapidement ». S.G. s’intéresse également à l’évolution des réseaux sociaux : « J’ai remarqué qu’avec la nouvelle mise à jour, WhatsApp se rapproche de Shapchat. Tu peux faire de courtes vidéos. Je pense qu’il y a une certaine concurrence et ressemblance ».

Mais, de tous les réseaux sociaux, S.G. préfère Instagram. C’est celui qu’elle utilise le plus. « Je prends des photos que je poste. J’aime Instragam. j’y regarde des pages de cuisine et des vidéos de conseils en beauté ». La jeune femme trouve l’accès sur Instagram plus facile et plus ciblé : « Une fois connecté, on voit directement les pages en fil d’actualité. Quand tu appuies sur l’application, tout vient. Tu n’as qu’à dérouler. Pas besoin d’aller rechercher la page ». Toujours soucieuse du respect de sa vie privée, S. G. ajoute : « En plus, si tu as un compte privé, on ne peux pas te voir ou t’envoyer de messages ».

Cora Portais NDIAYE

 

Sur une vidéo, on voit une petite fille proférer des insultes devant un parterre hilare. On devine et on entend une assistance composée d’adultes qui, si elle ne l’incite pas, ne la décourage pas dans la profération d’insanités. La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux au Sénégal, mais pose problème.

Grimée en adulte avec une perruque, la fillette de cinq ans fait rire les vrais adultes. Un rire gras qui manque de classe, de hauteur, mais surtout de responsabilité. La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux au Sénégal à tel point qu’elle est devenue Trending Topic. Mais, son visionnage déclenche un tollé général ou presque. Les internautes sénégalais dénoncent cette vidéo qui dérange vu les propos tenus par l’enfant. Elle est devenue, en quelques jours, presque une affaire nationale, la vidéo, affichée dans les fils Facebook et Twitter, ayant connu des milliers de partage. Devant une telle réaction, la famille de la petite fille a réagi. En effet, il y a deux jours, c’est le deuxième épisode avec les excuses de l’oncle maternel de l’enfant, toujours en vidéo. Elle est le contraire de la première, parce que tellement touchante. On ne pouvait pas faire mieux en communication. Tous les codes y sont. Fini la perruque, l’enfant apparaît avec une bouille adorable.

Fini les insultes et les roulements des yeux, place à une timidité qui sied à son âge. Elle ne regarde même plus la caméra, mais se confond en pleurs, en toile de fond de la repentance publique de l’oncle. Il a une voix posée, un bon choix des mots : « mbok talibé ». Les gestes parlent également : les mains de l’enfant sont dans ses mains, pour dire que l’enfant est entre de bonnes… mains. « C’est juste une enfant de cinq ans. Sa mère est malade et hospitalisée. Ne pleure pas (dit-il à l’enfant) ». Une présentation d’excuses sommaire, moins d’une minute, mais efficace. Il le fallait, car les parents risquent gros ainsi que ceux qui ont mis la vidéo sur les réseaux sociaux. L’acte est puni par la loi puisque la publication d’une telle vidéo entraine des poursuites judiciaires avec l’article 284 du code de la famille qui suit les outrages aux bonnes mœurs. Concevoir une vidéo où on profère des insultes devenues publiques, selon plusieurs spécialistes du droit de la famille sénégalaise, est une infraction.

Sa diffusion sur les réseaux sociaux, considérés comme des moyens de diffusion publique par le droit sénégalais, en fait un outrage aux bonnes mœurs. La responsabilité civile des parents est également engagée. Ces derniers ont l’obligation et la responsabilité de la surveillance de leur progéniture. Certains professionnels du droit de la famille sénégalaise pensent qu’un parent est responsable civilement des actes posés par son enfant. Donc, si l’enfant insulte une personne, c’est la responsabilité des parents qui est engagée.

Moussa DIOP

Le troisième site d’information sénégalais revoit son business-plan. En lançant son Prenium, SeneNews compte faire croître sensiblement son chiffres d’affaires et révolutionner le secteur des médias en ligne.

En lançant une version Prenium, Senenews.com, une plateforme multimédia sur l’actualité du Sénégal, de l’Afrique et de sa diaspora espère continuer à grandir. « Aujourd’hui, nous avons un chiffre d’affaires pouvant « varier de 20 à 50 millions » de FCfa. Avec le Premium, nous pouvons espérer au moins une croissance de 30 ou 35% de notre Ca », projette Massamba Kane, le fondateur de SeneNews.

Mode d’emploi
Concrètement, l’utilisateur a le choix de prendre un abonnement mensuel, semestriel ou annuel, avec le mode de paiement manuel (Orange Money, Wari, Espèce, ...) ou par paypal. « D’autres moyens de paiements seront ajoutés par la suite. Les tarifs varient de 5 euros (environ 3.000 FCfa) mensuel à 45 euros (29.000 FCfa) annuel. Ce qui lui donnera accès à tous nos articles premium. On fait le choix de ne pas proposer des articles à l’unité pour une fidélisation et une implication des abonnés dans la vie du projet. En l’espace de 3 jours, nous avons eu un peu plus de 30 abonnés. Ce qui a largement dépassé nos espérances pour le lancement. Nous avons comme objectif d’en obtenir 300 d’ici la fin de l’année ». Créé en Novembre 2010, « SeneNews est un média numérique indépendant, alimenté par une équipe de journalistes rédacteurs, de chroniqueurs et de techniciens du web. Notre objectif est d’optimiser la lecture et la compréhension de l’actualité sénégalaise et africaine grâce à des contenus systématiquement mis en lien avec le contexte d’une société sénégalaise fière de ses valeurs de respect de la dignité de la personne et de son aspiration au progrès économique, politique et social », développe Massamba Kane. Depuis sa mise en ligne, SeneNews, comme la quasi totalité des sites web d’information sénégalais, vivait principalement de la publicité en ligne.

Crise de la publicité
« Cette publicité se déclinant sur deux axes. Le principal se faisant naturellement en partenariat avec des régies publicitaires telles que Google Adsense et Critéo... L’autre étant orienté sur le démarchage local des entreprises du secteur privé et public qui ont une politique digitale et qui souhaitent vendre ou entretenir cette image de marque en ligne. Cette dernière, que nous appelons dans notre jargon « publicité du porte-à-porte », peut se décliner sous forme de publi-reportage, de campagne display ou vidéo sur notre site web, sur nos applications et nos différentes pages dans les réseaux sociaux. Pour Massamba Kane, « avec le business-model basé à 100% sur la publicité, la recherche du buzz, la fréquence et le nombre de publications d’articles est au détriment du travail » de qualité. D’autant plus que ce modèle est décrié car l’unique dépendance à la publicité « fait partie des maux qui gangrènent la presse en ligne au Sénégal ». Le jeune entrepreneur pense que son équipe (journalistes et marketeurs) dépensait beaucoup de temps et d’énergie sur l’exploration des pistes qui pourraient amener à décrocher des campagnes publicitaires. « Ce qui en fin de compte prend le pas sur le travail journalistique. Et il faut l’avouer aussi, cela commençait à prendre une part importante sur les axes de traitements de l’actualité. Face à cette demande de nos lecteurs de donner des informations en profondeur, des informations abouties et vérifiées, il fallait trouver ce moyen de financer cette activité de journalisme d’enquête et d’investigation ».

Troisième site d’actu
Avec SeneNews Premium, le journalisme d’investigation devient un crédo pour prendre une autre dimension. « Le lecteur sera la seule personne à satisfaire. Ce dernier paie pour que nos journalistes aillent dans le fond des choses ». Ainsi, l’entreprise sénégalaise prend un nouveau virage alors que ses feux sont au vert. « L’engouement envers SeneNews et sa santé financière n’ont jamais été autant meilleure qu’en ce début d’année 2017. D’ailleurs, un classement des statistiques établi par des experts du web indépendants et qui a été publié il y a quelques semaines montre la percée de SeneNews (1.400.000 visiteurs uniques le mois) qui nous classe à la 3ème place des sites d’information les plus visités au Sénégal ». C’est cette impulsion qui a réconforté l’équipe de SeneNews, « et à la demande d’un certain nombre de nos lecteurs et de membres de la rédaction » de se lancer dans le Prenium.

Par Moussa DIOP

Expert informaticien aux « compétences avérées dans le domaine des technologies de l’information et de la communication », Lamine Traoré jouit d’une expérience de 13 années dans la mise en œuvre de projets, l’intégration de systèmes hétérogènes et distribués. Co-fondateur de Sensoft, il revient sur les enjeux de sa participation au Waq 2017.

Pouvez-vous présenter votre Sensoft ?
Sensoft est une société de droit sénégalais spécialisée dans l’édition de logiciels et d’intégration de services technologiques à fortes valeurs ajoutées. Nous capitalisons plus de 10 années d’expérience dans les plateformes de services financiers, de la monétique, de l’éducation, de la dématérialisation, de l’innovation technologique, de l’identification et de la sécurité. Nous intervenons dans une dizaine de pays en Afrique de l’ouest, centrale et dans l’océan indien avec des clients de renoms qui évoluent dans plusieurs domaines d’activités notamment les banques et finances, le secteur pétrolier, les services télécoms, l’éducation.

Comment avez-vous été sélectionné pour participer à la semaine numérique à Québec ?
Nous collaborons avec le Ctic (Centre d’incubation et de croissance Tic) et je profite pour les remercier et les féliciter de leurs fortes contributions dans la croissance Tic ainsi que la promotion de l’entreprenariat au Sénégal. C’est donc dans ce cadre et vu le profil de Sensoft qu’il nous a proposé au Bureau du Québec à Dakar pour participer au Waq17 (Web A Québec 2017).

Pouvez-vous revenir sur votre participation ?
Le Web A Québec est un événement qui se tient chaque année et pour l’édition 2017, l’organisation a souhaité la participation de pays de l’Afrique francophone. Nous faisions donc partie d’une délégation de 200 entrepreneurs pilotée par l’Ofqj (l’Office franco-québécois pour la jeunesse). L’objectif était d’échanger avec des entreprises françaises et québécoises qui évoluent dans le même domaine, de mieux comprendre l’environnement numérique à Québec, de nouer des partenariats et aussi de vendre la destination Afrique dans le domaine du numérique afin de permettre aux entreprises québécoises qui s’intéressent à l’Afrique de comprendre, en retour, les besoins et les réalités du marché africain et aussi d’attirer de potentiels investisseurs. Sensoft et Byfilling ont donc animé chacune une conférence dans le domaine où elles évoluent afin de montrer leur savoir-faire ainsi que les solutions numériques adaptées qu’elles délivrent aux entreprises africaines.

Quel bilan en tirez-vous ?
Pour ma part, la participation à cet événement a été très enrichissante. Cela m’a permis de mieux comprendre l’environnement du numérique à Québec et surtout de noter des différences fondamentales dans la façon de faire des affaires du système américain. J’ai aussi pu nouer de nouvelles relations d’affaires et entamé des discussions de partenariats.

La participation à l’événement m’a également permis de mieux apprécier le niveau technologique des entreprises de l’écosystème numérique du Sénégal et de me rendre compte qu’elles ont beaucoup d’expertise et de savoir-faire à prévaloir. En effet, l’Afrique est aujourd’hui le continent où il y a encore beaucoup de choses à faire sur le plan numérique, ce qui attise les convoitises des opérateurs, équipementiers, industriels, télécoms et numériques du monde. Les entreprises de l’écosystème numérique du Sénégal pourront valablement être des points relais ou nouer des partenariats solides avec des entreprises canadiennes qui souhaitent s’investir dans le marché africain car elles ont toutes les compétences nécessaires qui leur permettront d’adapter les solutions et offres en provenance du Canada aux réalités ainsi qu’aux contraintes économiques et environnementales africaines. Pour ce faire et pour un meilleur échange, il est important que des événements ou sessions d’échange puissent être organisés entre le Canada et le Sénégal afin de permettre aux entreprises numériques sénégalaises de montrer leur savoir-faire, leur apport et l’intérêt des entreprises canadiennes à collaborer avec elles pour mieux s’investir dans le marché africain en général et sénégalais en particulier..

Quelle est la nécessité pour une startup sénégalaise de participer aux événements internationaux de cette nature ?
De façon générale, il est important, lorsqu’on évolue dans un domaine, de savoir ce qui se fait ailleurs afin de se situer et de s’améliorer par rapport à la qualité, aux normes et aux bonnes pratiques. Il est donc important pour une startup de participer à ce genre d’événement dans lequel se déroulent des ateliers et panels très intéressants et qui sont animés par des experts de haut niveau sur des thèmes d’actualités du numérique. C’est un retour d’expérience très enrichissant et cela peut permettre à une startup d’accélérer sa croissance à travers des partenariats qui lui permettront de gagner plus vite en expérience et de bénéficier de raccourci à plusieurs niveaux. Cela lui évite d’essayer des voies et méthodes qui ne marchent pas trop et qu’il va falloir réajuster avec des pertes de temps, d’argent et d’efficacité.

Propos recueillis par Moussa DIOP

Lancée en 2009, WhatsApp est une application mobile et multiplateforme de messagerie. L’application a récemment rejoint un club envié en franchissant le milliard d’utilisateurs actifs par mois « en seulement huit ans ». Pour la petite histoire, le service de messagerie instantanée a été racheté par Facebook en 2014 pour un montant record de 19 milliards de dollars. L’information avait été amplement relayée dans le monde entier. Elle suscitait de la part de certains une incrédulité dont aurait fait part le géant américain. Certains n’ont pas mis de gants pour annoncer ce qui est partie pour être « le fiasco de l’année ». Bien que fédérant près d’un demi-milliard d’utilisateurs, WhatsApp ne dégageait pas à l’époque, des bénéfices énormes : il s’agissait juste d’une petite structure de 55 salariés. Cette application Smartphone permet aujourd’hui à ses utilisateurs de créer des conversations groupées. Il permet aussi de s’envoyer autant de messages et de photos qu’on le souhaite. A force d’innovations et de persévérance, WhatsApp fait aujourd’hui partie de la vie quotidienne de millions de personnes à travers le monde.

Oumar BA

Pour la première fois, un lien direct est établi entre les messageries chiffrées (Telegram et WhatsApp) et la préparation des attentats de Paris. Le débat sur la pertinence du chiffrement de bout en bout reprend dès lors de plus bel. En effet, selon la chaîne américaine Cnn, certains des terroristes impliqués dans les attaques du 13 novembre ont utilisés des applications de messagerie chiffrée pour préparer des attentats. La chaîne américaine, qui cite des sources officielles, explique notamment que Telegram et WhatsApp, service aujourd’hui dans le giron de Facebook, auraient été malencontreusement employés à cette fin.

Tous deux fournissent un chiffrement de bout en bout difficile à percer par les services de sécurité. Selon ces mêmes sources, ces applications, présentes sur certains des smartphones retrouvées sur les scènes de crime, auraient été employées pour des communications entre terroristes, avant les attaques. « Le contenu de ces échanges étant chiffré, il n’est pas sûr que les enquêteurs y aient un jour accès », précise la même source. Bien qu’imprécises, ces affirmations constituent le premier lien officiellement établi entre les messageries chiffrées et la préparation des attaques de Paris.

Certes, après les attentats, Telegram, un service fondé par deux frères russes, défenseurs de la liberté d’expression, avait été mis en cause pour sa passivité à l’égard de l’État islamique. Mais cette accusation ciblait les canaux de diffusion proposés par Telegram et exploités par le groupe terroriste pour propager ses messages. A la suite des attentats du 13 novembre, 78 canaux de diffusion du groupe terroriste, diffusant en 12 langues différentes, ont été fermés. De leur côté, les experts en sécurité expliquent qu’introduire des portes dérobées dans les outils de sécurisation des échanges ne ferait que réduire la sécurité globale d’Internet. Dans un récent rapport du Mit, une quinzaine de chercheurs expliquaient : « La complexité d’Internet aujourd’hui, avec des millions d’Apps et de services connectés globalement, signifie que les exigences des forces de l’ordre vont probablement introduire de nouvelles failles de sécurité, non anticipées et difficiles à détecter. »

Oumar BA

Le réseau social américain Facebook a mis sur pied, en France, un centre de R&D spécialisé sur l’intelligence artificielle. A terme, vingt cinq chercheurs permanents vont y travailler. Six chercheurs de haut niveau sont déjà installés dans les locaux parisiens de Facebook, ils pourraient être une douzaine d’ici peu. Ces « fées » (on les appelle fairies chez Facebook, fée en anglais, du nom du programme Fair, Facebook artificial intelligence research) travailleront sur des sujets comme le traitement automatique du langage, l’apprentissage des machines ou la reconnaissance d’images. Le centre parisien va établir un partenariat avec l’Inria : des projets communs seront ainsi menés avec des chercheurs de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique. Facebook devrait accueillir des doctorants. 

D’autres collaborations pourraient être engagées par la suite, avec des écoles ou d’autres établissements, rapporte le monde. L’intelligence artificielle est l’un des trois piliers de la stratégie R&D de Facebook, avec la connectivité (comment connecter plus de personnes à Internet) et le travail sur les interfaces. Les travaux en la matière ont déjà été utilisés dans plusieurs produits de la société américaine. Fair a ainsi développé un système d’étiquetage d’images permettant de trier les photos mises en ligne sur la plate-forme selon leur contenu. Facebook peut ainsi s’en servir pour filtrer des images violentes, ou tout simplement identifier des thèmes. Un travail a également été mené pour réduire le spam sur Facebook.

O. BA

En Guyane, le mouvement social qui vient de s’achever s’est longtemps appuyé sur deux piliers fondamentaux : «WhatsApp», «Facebook live». Ils racontent les rassemblements, les coulisses du conflit et galvanisent au passage. Ils expliquent où trouver du gaz, alors que la pénurie guette, où faire son plein d’essence. Certains appellent pour proposer du covoiturage à travers les réseaux sociaux. Alors que le mouvement social était basé sur des revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives, la mobilisation était très réussie. La mobilisation passe aussi par « Facebook live », une technologie couramment utilisée et qui connaît un succès fracassant. Téléphone portable à la main, les journalistes racontaient en temps réel les images qu’ils filmaient. Et les internautes postent en même temps des commentaires. En termes d’audiences, c’était également une vraie réussite. Alors que le département compte 250.000 habitants, plus de 6 millions de personnes, sur une semaine, ont regardé les « live » de Guyane. Certains instantanés ont été vus simultanément par 18 à 20.000 personnes, rapporte l’Afp. Les « live » sont aussi présents sur la page Facebook des radios. Près de 155.000 personnes ont ainsi visionné tout ou une partie des deux heures de retransmission d’un rassemblement. « Le mouvement social, c’est enfin les informations échangées sur Facebook : les activités, concerts, débats organisés sont postés sur le réseau social », analyse l’anthropologue Isabelle Hidaire-Krivsky, qui souligne le caractère « participatif » des réseaux sociaux.

O. BA

Des startups sénégalaises ont participé, pour la première fois, du 1er au 9 avril, à la semaine numérique à Québec, plus connue sous l’appellation Web à Québec (Waq). Il s’agit de Sensoft et de Byfilling.

Le Waq est la semaine numérique à Québec. C’est un des principaux événements dans le domaine des Tic en Amérique du Nord. Elle regroupe 1.500 participants pour 100 conférences et ateliers. Le Waq est l’occasion de réseautage entre entrepreneurs, startups, des géants de l’industrie, des conférenciers de très haut niveau venant du monde entier. « L’appui du gouvernement du Québec à la mission des entreprises sénégalais au Waq est une contribution directe du Québec à la concrétisation de la stratégie de la Francophonie numérique, souligne Siasia Morel, premier conseiller au Bureau du Québec à Dakar (Bqd) ». Sur cinq entreprises sélectionnées, deux ont finalement représenté le Sénégal. Il s’agit de Sensoft et Byfilling. C’est un choix qui a fait l’objet de plusieurs collaborations. « Nous nous sommes, tout d’abord, tournés vers le Ctic, l’un des principaux incubateurs en Afrique de l’Ouest puis vers Québec numérique, précise Mathieu Tremblay du Bqd. Le Ctic a fait un choix basé sur la maturité des entreprises, son caractère international, l’intérêt suscité auprès de l’écosystème numérique ». Du côté québecois, on précise que c’est un soutien qui illustre un engagement à accompagner « les pays émergents à l’intégration de l’économie numérique, notamment en favorisant la mobilité internationale des jeunes entrepreneurs du numérique », explique Siasia Morel.

Recherche d’opportunités
Installé dans la capitale sénégalaise depuis près d’un an, le Bureau du Québec à Dakar compte sur le développement du numérique parmi ses priorités. « Les Tic représentent 5% du Bip québécois et 1.600 Pme. C’est un secteur qui compte 130.000 emplois, détaille Mathieu Tremblay. C’est une économie qui croît deux fois plus que l’ensemble du reste de notre économie. Il y a tout un écosystème de startups et d’incubateurs numériques ». Dans ce secteur, les besoins au Sénégal et en Afrique de l’Ouest représentent des opportunités pour les entreprises québécoises. « Il y a aussi le besoin d’avoir des partenariats avec des Sénégalais et des Africains pour contribuer aux entreprises québécoises du secteur du numérique. Elles manquent, parfois, de ressources car celles du bassin du Québec ne sont pas suffisantes pour le marché de l’emploi. On veut aussi attirer des jeunes professionnels qualifiés sinon des partenariats entre entreprises ».

AMINATA NDIAYE, RESPONSABLE COMMERCIAL BYFILLING : « Les entreprises québécoises travaillent dans les mêmes conditions que nous »
Aminata Ndiaye ByfillingAminata Ndiaye est responsable commerciale au sein de l’Agence Byfilling, un cabinet de kleenbown et de marketing digital. Dans cette interview, elle revient sur la semaine numérique organisée à Québec. Une rencontre qui a permis, entre autres, à sa structure de nouer quelques partenariats, qui peuvent s’avérer fructueux pour la suite.

Présentez-nous votre structure ?
Nous aidons les clients sur Internet. A cet effet, nous mettons en œuvre des stratégies digitalisées qui passent par des concepts de sites web et des applications mobiles. Cela peut se traduire par des campagnes de digital, à travers la production de contenus, comme des vidéos, des articles etc.… Je suis chargée, dans cette mission, de mettre sur pied des projets qui s’adressent à différents clients. Ensuite, je supervise avec l’équipe en interne chargée de la mise en œuvre. L’entreprise a été créée en 2010, mais les activités ont commencé en 2012. C’est en 2013 que nous nous sommes au Ctic pour une durée de trois ans. Nous sommes sortis de l’incubation en août dernier. Depuis, nous essayons de voler de nos propres ailes. Quand nous étions au Ctic, nous avons connu un boom extraordinaire par rapport à nos activités. Beaucoup d’opportunités de business se sont ouverts à nous. Notre chiffre d’affaires s’est accru durant cette période, à hauteur de 90%. Ensuite, le boom s’est poursuivi. Cette donne s’est, par la suite, un peu stabilisée. Maintenant, l’activité est beaucoup plus permanente, ce qui nous a même ouvert des opportunités à l’extérieur. Des clients nous viennent maintenant de pays étrangers bien que la majeure partie de nos clients sont établis au Sénégal. Nous essayons de sensibiliser les entreprises dans le but de démocratiser l’accès à l’Internet et de pouvoir surtout y faire du business. Dans ce cadre, nous mettons en place des stratégies qui sont adaptées à la cible que le client souhaite toucher. Nous sommes une équipe composée de onze collaborateurs. Nous développons nos activités en France, au Niger et en Côte d’Ivoire.

Comment avez-vous été contactée pour le Waq?
Au début, nous avons été contactés par le Ctic, pour participer à la semaine numérique (Waq 2017). Ensuite, nous avons reçu d’autres invitations pour nous rendre au Québec. Les organisateurs voulaient surtout se rendre compte du sérieux des organisations qui voulaient se rendre à Québec. La rencontre s’est bien déroulée. Nous en avons profité pour assister à des conférences, des visites publiques ont également eu lieu. Nous nous sommes beaucoup intéressés aux opportunités d’investissement qui pouvaient s’ouvrir à nous. Nous nous sommes surtout intéressés aux structures françaises ou canadiennes qui pouvaient faciliter les investissements pour l’installation au Canada. Nous avons pu y découvrir pas mal de modèles, qui, s’ils sont bien appliqués au Sénégal, vont forcément déboucher sur quelque chose de très important. Nous avons également pu visiter des entreprises québécoises qui faisaient la même chose que nous. Je me suis rendue compte qu’elles étaient confrontées aux mêmes difficultés que nous. J’ai pu également constater qu’ils travaillent dans les mêmes conditions que nous. Cette donne nous a permis de comprendre que nous étions effectivement dans les standards internationaux.

Cette rencontre a-t-elle été le lieu pour vous de nouer de nouveaux contacts ?
Nous avons pu rencontrer pas mal d’entrepreneurs et nous avons pu échanger. Des pistes à exploiter se sont véritablement ouvertes. Nous avons fait une présentation sur les défis de l’ingénierie informatique en Afrique. Dans cette présentation, il a été question des opportunités de business en Afrique. Une autre présentation a porté sur Byfilling et les opportunités. On s’est surtout basé sur la pédagogie, en mettant en avant comment on apporte du contenu aux personnes afin qu’elles s’intéressent et s’approchent de l’entreprise. Nous essayons surtout de trouver des solutions à même de pousser les personnes à venir vers nous. Nous essayons d’identifier les visiteurs et veillons à les transformer en prospects. Il s’agit de commencer une démarche commerciale avec ces visiteurs pour pouvoir les convertir en clients et ensuite les fidéliser.

Qu’est-ce que ce modèle vous a concrètement apporté depuis que vous l’avez expérimenté au Sénégal ?
Nous sommes persuadés que c’est une méthode qui a de beaux jours devant elle. Il s’agit juste d’adapter le contenu aux personnes ciblées. Récemment, nous avons fait une étude sur les marchands ambulants, les vendeurs de fruits et de cartes de téléphones. On s’est rendu compte qu’ils utilisaient Internet au même titre que les autres couches de la population. Ils ne sont pas forcément alphabétisés, par contre, ils consomment beaucoup de visuels et de vidéos. Cela constitue une opportunité pour les entreprises de penser même à changer le type de contenus, afin d’en proposer d’autres qui soient beaucoup plus adaptés. Au-delà de l’outil internet, nous nous focalisons beaucoup sur le contenu. Chaque consommateur à ses propres comportements et réagit à un certain nombre de contenus. Vous allez utiliser un même mobile pour toucher le plus de personnes possible. Toutefois, le contenu tend à changer selon l’interlocuteur et la personne concernée. C’est pour cela que les entreprises doivent se concentrer sur ce type de contenus. Il est bien d’essayer de savoir ce qui accroche véritablement.

Que retenez-vous du Waq ?
Je trouve que le Canada est un pays très dynamique. Les gens y sont particulièrement ouverts par rapport au business. L’environnement et le cadre y sont expansifs. Seulement, il suffit de s’armer de volonté pour pouvoir y relever les nombreux défis. Quand on y va, il faut juste se fixer un objectif bien déterminé. Nous avons pu rencontrer des entrepreneurs français qui étaient dans les dispositions de développer des activités avec nous.

Quel est l’obstacle majeur qui freine le développement de votre activité ?
Toutes les entreprises sont d’avis que le digital est important. Mais d’autre part, peu d’entre elles sont dans les dispositions de financer leur volet digital. Également la majeure partie des entreprises ne prennent pas le soin de s’assurer du retour de ce que leurs clients pensent véritablement des services qui leur sont proposés. Les entreprises doivent d’abord apprendre à davantage connaître leurs clients pour pouvoir mieux leur proposer des produits adaptés à leur demande.

Propos recueillis par M. DIOP et Oumar BA

L’arnaque est de plus en plus connue mais elle marche encore. Elle se sert de manière illégale de la notoriété de deux grandes entreprises au Sénégal : Wari et la Sonatel. Le personnel du Soleil fait partie des victimes de cette arnaque qui utilise internet et le téléphone mobile.

« Plus c’est gros, plus ça passe ». La formule rendue célèbre par le président français Jacques Chirac s’est encore vérifiée. En ce jeudi 23 mars, l’après-midi au quotidien Le Soleil est marquée par des appels presque simultanés sur les téléphones du bureau du rédacteur en chef central, un de ceux de la salle 1 de rédacteurs et sur un autre de la salle 2 des rédacteurs. « C’est la Sonatel, se présente, les interlocuteurs qui sont au bout du fil. Votre connexion n’est pas de bonne qualité ». Disons le tout bas mais c’est malheureusement une réalité. La rédaction du Soleil n’est pas pourvue d’une bonne connexion internet. Cette première information « vérifiée » est le cheval de Troie de l’arnaque. Étant en confiance, les différents agents du Soleil fournissent, sur demande de leurs interlocuteurs qui se sont présentés comme des employés de la Sonatel, leurs numéros de téléphone portable personnel. Ils reçoivent, de manière immédiate, un message écrit. « Vous venez de gagner 200.000 FCfa » suivi d’un code de retrait Wari, s’affiche sur le téléphone. Le rapport de confiance entamé par le « diagnostic de la qualité du débit » d’internet se poursuit. « Pour récupérer cet argent, il faut simplement acheter une carte de crédit « orange » de 10.000 FCfa », renseigne la personne au bout du fil. Des trois journalistes du Soleil sollicités, deux ont acheté une carte de recharge de 10.000 FCfa parmi eux un a été victime de l’arnaque en transmettant le code à son interlocuteur. « Je ne sais pas comment j’ai pu être aussi naïf », s’est-il interrogé par la suite. Par pure compassion, cette tribune ne va pas citer son nom.

Moussa Diop

Face à la crise de développement dans certains pays africains comme le Sénégal, le géant américain sort une version allégée compatible avec une connexion lente ou faible.

Lancé jeudi 6 avril, Twitter Lite est une nouvelle expérience web et mobile qui cible les utilisateurs dans les pays dits émergents en minimisant l’utilisation des données. La nouvelle version charge rapidement sur des connexions plus lentes et se montre résistant sur des réseaux mobiles peu fiables en occupant moins de 1 Mo sur les mobiles. « Nous l’avons également optimisé pour qu’il soit plus rapide, avec un temps de lancement jusqu’à 30% plus rapide qu’un navigateur sur Twitter », fait savoir le réseau dont l’emblème  est l’oiseau bleu. Avec les mêmes fonctionnalités que la version d’origine, Twitter Lite permet d’économiser davantage les données mobiles utilisées. Il limite également la visibilité des images et vidéos à un aperçu. Ainsi, Twitter Lite ne charge que les contenus que l’utilisateur veut réellement consulter. L’objectif de la mise sur le marché de cette nouvelle version est d’attirer de nouveaux utilisateurs notamment dans les pays émergents mais aussi de contourner les obstacles des réseaux téléphoniques lents ou couteux. Dans plusieurs pays africains dont le Sénégal, « 45% des connexions mobiles se font encore via un réseau 2 G » contrairement à des pays comme le Japon où il devance largement Facebook en nombre d’utilisateurs, Twitter souffre d’une crise de développement en partie à cause de la faiblesse des connexions. Du côté du réseau social américain, on avoue vouloir rendre « Twitter plus accessible » à des millions de personnes. Cette version est disponible sur un navigateur sans qu’il soit nécessaire de télécharger l’application. Cette démarche intervient alors que Twitter fait face à des difficultés pour augmenter le nombre de ses utilisateurs pour dégager suffisamment de revenus et devenir rentable.

M. Diop

Que ce soit pour sensibiliser le public sur un événement ou pour clairement prendre partie, les réseaux sociaux s’avèrent  utiles. Ils ont ce pouvoir de capter l'attention sur des enjeux importants. Ils sont tout simplement devenus des outils efficaces de propagation  d’informations. L’affaire Khalifa Ababacar  Sall en est une illustration. Elle a été autant relayée par les médias traditionnels que les  réseaux sociaux. Ce qui  a donné lieu, ces derniers jours,  à un véritable élan d’intérêts.  L'actuel maire de Dakar est inculpé et écroué dans une affaire de détournement présumé de fonds publics. Une arrestation qui met la toile en émoi alors qu'on lui prête des ambitions présidentielles pour 2019. A travers les réseaux sociaux,  les commentaires vont bon train.  Si certains internautes font le lien de son arrestation avec ses ambitions politiques, d’autres sont d’avis qu’il doit tout simplement prouver son innocence. Les claviers ont parlé ! 

Oumar Bâ

Derrière les réseaux sociaux se cachent de nombreux mouvements humains. Désormais, qu’il s’agisse de donner suite à  des activités professionnelles ou de loisirs,  les réseaux sociaux sont parfaitement intégrés dans notre environnement quotidien. Apparus il y a une dizaine d’années, ils sont pourtant devenus des outils standards, utilisés par des millions de personnes. Les réseaux sociaux internes permettent désormais de communiquer entre collaborateurs d’une même société, d’un même groupe, depuis des sites géographiquement distants, de manière asynchrone et sur une grande variété de sujets. Prenez les transports en commun aux heures de pointe et regardez autour de vous. Vous constaterez aisément le nombre de personnes, tous âges confondus, qui tapotent sur leur smartphone. Approchez-vous un peu plus, et vous  verrez  les jeunots en train de communiquer avec leurs amis, leurs contacts sur Facebook, Twitter ou une autre communauté non professionnelle. 

Peu gourmands en débit, les réseaux sociaux sont devenus les principaux supports de consommation de l’internet mobile. Ces nouveaux usages se  sont introduits dans nos activités de tous les jours. Il est désormais devenu difficile, pour certains, d’imaginer  vivre sans ces outils. Vous avez dit révolution ? 

O. Bâ

Hommage numérique à Al Maktoum

11 Avr 2017
1942 times

Le rappel à Dieu de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy Al Maktoum,  Khalif général des Tidianes,  n’a pas laissé indifférente la communauté des internautes. Les hommages proviennent de partout. Les Sénégalais ont, comme un seul homme, salué un «immense connaisseur versé des savoirs coraniques mais également ouvert à l’actualité de son époque». En signe d’hommage, ils étaient nombreux les internautes à avoir changé leur photo de profil,  pour la remplacer avec celle du vénéré Khalif rappelé à Dieu. Un hommage presqu’unanime qui s’est fortement ressenti sur la toile. Côté vidéo, les conférences captivantes mêlées de connaissances, d’ouverture, d’humour et de rappels qu’il avait le don d’animer sont passées en boucle autant dans les medias classiques que dans les réseaux sociaux. Les hommages, à travers des messages de personnalités et des tweets, n’étaient également pas en reste. L’ère numérique ne laissent décidément personne indifférent. 

O. Bâ

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) a procédé, le 22 mars, au lancement d’une campagne  dénommée  «Education au Numérique». La cérémonie d'ouverture s’est tenue au lycée Galandou Diouf.  Au cours de cette manifestation, la présidente de la Cdp, Awa Ndiaye, a émis le vœu de  mettre en place des  «Clubs Protection de données personnelles»  au sein des établissements publics et privés de Dakar. Les autres régions du Sénégal sont également concernées. L’objectif est de  veiller à la diffusion de la loi garantissant la protection de données personnelles. Il est essentiel, dans ce sens, d’informer un public spécialement ciblé que constitue la jeunesse. Selon Awa Ndiaye, il s’agit de montrer aux jeunes les voies et les recours légaux à suivre pour faire rétablir la justice. « Nous sommes également en train de voir dans quelle mesure notre structure pourra se constituer partie civile en ce qui concerne les personnes qui se sentent lésées », a-t-elle dit.  Pour l’heure,  la loi ne le permet pas. Mais cette donne sera prise en compte dans les prochaines propositions. L’objectif est de montrer qu’il y’a une structure publique prête à accompagner tout citoyen qui s’est senti nuit à travers la divulgation de ses données personnelles. 

Oumar Bâ

C’est un métier qui s’est imposé aux entreprises depuis la fin des années 2000. Pour devenir Community manager, des universités et des écoles dispensent de formations essentiellement dédiées à la gestion des réseaux sociaux pour le compte d’une entreprise, d’une institution ou d’une personnalité.

Les CM - comme dit-on dans le jargon - manient l’art des différents réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram et autres). Ils permettent à leurs employeurs une présence accrue ou homéopathique, selon la stratégie mise en place, sur les réseaux sociaux afin de soigner leurs réputations. Le champ d’action des CM ne se limite pas seulement aux réseaux sociaux puisqu’ils interviennent également sur internet pour le compte de leurs clients. Au Sénégal, des écoles comme Ism, Bem ou l’Iam dispensent d’une formation équivalente. Des initiatives comme celle de la Start up Volkeno permettent une formation accélérée pour devenir Community manager. Pour embrasser ce métier, il n’y a pas de frontières spécifiques. On peut avoir une connaissance très précise du Web, être issus d’écoles de commerce, de formation des littéraires ou tout simplement être un professionnel en reconversion. Au sein de ce cursus, les étudiants bénéficient d’une solide formation technique et d’un précieux savoir-faire en information et communication. C’est un métier qui demande des qualités de réactivité mais aussi de la retenue et de la sérénité en cas d’attaque sur internet ou sur les réseaux sociaux de son employeur. En résumé, il faut « savoir répondre vite sans s’énerver ». A l’instar du monde numérique où les changements sont permanents, c’est « un métier qui nécessite une veille et une formation permanentes », constate une spécialiste française, cité par Le Monde. Dans les grosses entreprises, le « CM » est désormais entouré du « traffic manager », chargé d’agréger de l’audience, et du social media manager, qui définit la stratégie de communication.  

M. Diop

Toute la journée du 16 mars dernier, une rumeur a circulé sur WhatsApp annonçant de pseudos informations d’une gravité extrême engageant la responsabilité de la Rfm. Remontons le fil de la rumeur.

« Un ami m’a transféré un message WhatsApp inquiétant », s’alarme Alassane Samba Diop, directeur de la radio Rfm. Dans un court texte, les services secrets américains demandent à leurs ressortissants à Dakar et à Abidjan d’éviter certaines villes touristiques à cause de l’imminence d’attaques terroristes. C’est une alerte pour les Américains et les Français qui sont au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Au bas du texte, on pouvait lire « Source Rfm et Bureau Pnud Dakar ». « J’ai failli tomber des nues, s’exclame le responsable de la radio privée. J’ai appelé la rédaction pour vérifier l’information. Ni le rédacteur en chef encore moins notre directeur de la rédaction n’en avait jamais entendu parler ». La rumeur continuait à se répandre comme une trainée de poudre. « Pour éviter que les gens malveillants, sur les réseaux sociaux, ne fassent porter le chapeau d’une telle rumeur à la Rfm, nous avons jugé utile de faire un démenti, explique Alassane Samba Diop. Nous sommes dans un pays où certaines personnes prennent pour argent comptant ce qu’elles voient sur internet et les réseaux sociaux. Nous sommes également dans un pays où la maturité dans la gestion et même la compréhension de l’information n’est pas toujours très développée ». Après avoir coupé court à la rumeur, l’heure est aux interrogations sur son origine et son but. Le présentateur de l’émission « Remue Ménage » a une idée bien arrêtée sur le sujet. « Nous soupçonnons de la malveillance. La concurrence au Sénégal est tellement déloyale que certains concurrents sont capables de véhiculer de fausses informations pour nous nuire car la volonté de nuire est manifeste », soutient M. Diop, selon qui, il y a un besoin de légiférer sur le secteur du numérique qui va au delà de cette rumeur « malveillante ». 

M. Diop

Avec un million de francs Cfa investis, Volkeno a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions de francs Cfa, un an et demi plus tard. La Star up investit dans le secteur éducatif et de l’accompagnement pour les entreprises.

Chez Volkeno, il n’est pas question de Business Plan. Abdou Khadre Diallo, son jeune Pdg préfère  parler de  « Business Model », qui est la version réduite du Business Plan. « Prendre un jeune et le former pendant trois mois dont deux dans une des entreprises avec lesquelles nous sommes en contrat », détaille-t-il. Depuis sa création, août 2015, « Volkeno a accueilli 200 candidats, en a formé 30 développeurs pour une dizaine d’entreprises ». Pour Volkeno, le modèle d’une entreprise prenant un stagiaire pour une allocation allant de 50 000 à 150 000 francs Cfa est révolu. « Le modèle de collaboration, avec des entreprises fonctionne car 33% des jeunes formés par Volkeno trouve un emploi à la suite des deux mois de stage ». Avec une promotion intéressante si le nombre de stagiaire en formation augmente.  Pour un stagiaire, l’entreprise débourse la somme de 300 000 francs Cfa, alors qu’elle doit s’acquitter de 500 000 francs Cfa pour deux stagiaires. Ils peuvent être en entreprise ou au sein de Volkeno. Et ça marche ! Ce jeudi 23 mars, il est 19 heures passées, mais les locaux de Volkeno, jouxtant le Cices, fourmillent de jeunes, les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateur. Ce sont des développeurs et des Community Manager. « Nous sommes actuellement 11 salariés, stagiaires compris », précise Abdou Khadre Diallo. Parti poursuivre ses études supérieures en France, le jeune Pdg de la jeune Start up (4 associés) dont le slogan est « Make it » est rentré au Sénégal en 2015 après un diplôme d’ingénieur informatique. Volkeno projette de former 1200 jeunes par an à l’horizon 2023 et « les accompagner dans la création d’entreprises ». Pour sa croissance, Volkeno prend Wari comme exemple dans le marché de l’économie numérique avec ses 4 milliards de trafics sur son réseau. « C’est un marché assez large pour s’y imposer ».   

Moussa Diop

En cinq années, Ctic (Centre des techniques de l’information et de la communication) Dakar s’est imposé dans l’accompagnement des entrepreneurs dans le domaine des nouvelles technologies. La structure flaire les « bons coups » tout en boostant les projets innovants.

En cette matinée de lundi, la lente reprise du travail, après un long week-end, n’est pas de mise à la rue Berenger Feraud de Dakar. Les va et vient incessants rythment les premières heures de la matinée. Parmi les visiteuses, une jeune étudiante en informatique, aux traits d’ado, malgré ses vingt années dépassées, se ronge les ongles d’impatience. Elle attend son tour pour passer devant le jury du Ctic. Avec deux amis, elle a développé un concept portant sur la distribution de produits pharmaceutiques. La jeune entrepreneuse espère sortir de son rendez-vous avec le sésame qui valide l’accompagnement du Cetic de leur projet. La confiance que lui portent ses amis est source de stress supplémentaire. Des centaines de jeunes sont dans la  même situation que cette jeune fille. Ils sont, en effet, nombreux à soumettre des projets à la structure, dans l’espoir de se faire accompagner.

Et pour cause, Ctic Dakar  a été créé pour accélérer le développement des Tic au Sénégal. Nous sommes en 2001. Différents partenaires issus du  public et du  privé rejoignent l’aventure,  notamment la Banque mondiale.  C’est  d’ailleurs,  l’un des premiers incubateurs francophones soutenu par l’institution internationale. Le Ctic, à but non lucratif, est soucieux de dynamiser le secteur Tic en favorisant la croissance des entreprises les plus innovantes. Placé sous l’égide de la Fondation des incubateurs Tic du Sénégal (Fictis),  le projet a rapidement suscité l’intérêt et de nombreux partenaires.

Faire émerger le Sénégal des Tic
CticCes structures sont accessibles sous conditions d’éligibilité et proposent des services : des locaux spacieux à tarifs avantageux, des services partagés, un accompagnement aux différents stades de la vie de l’entreprise et parfois même un financement. Ce qui représente des avantages non négligeables pour ceux qui viennent de débuter une aventure entrepreneuriale. 

« Il est donc d’un intérêt crucial pour les start-up de passer par cette étape pour démarrer un projet, reconnaît la jeune étudiante. Cependant, le choix de l’incubateur est primordial. Avant de déposer une candidature, nous nous sommes renseignés sur le domaine d’activité de l’incubateur ».  Bien qu’étant une association à but non-lucratif, Ctic Dakar  a pour ambition de bâtir un modèle d’incubateur viable financièrement. L’objectif est de se départir de la dépendance des bailleurs. C’est ainsi que Ctic Dakar est rémunéré sur la base d’un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises qu’elle accompagne dans son programme d’incubation.

« La vision du Ctic est de faire émerger le  Sénégal des entreprises Tic au rayonnement international. Un ensemble de services est également disponible pour les entreprises Tic ne souhaitant pas bénéficier de la palette complète des services d’incubation : business développement,  levée de fonds, gestion comptable, appels d’offres, etc. », informe Carine Vavasseur, qui était responsable de la communication et événementiel de l’incubateur Dakarois lors du reportage. D’autres services commerciaux sont également proposés par Ctic Dakar,  afin d’équilibrer son modèle. Il y a des formations et certifications, l’organisation d’événements Tic et de concours d’entrepreneurs, le conseil en incubation, le lancement d’incubateurs.

L’avantage d’un incubateur
En termes d’incubation en Afrique, ce modèle  demeure  original.  Il ne fait pas de prises de participation dans le capital des boîtes mais ne fonctionne pas non plus dans la gratuité.  « Nous partageons vraiment le succès mais aussi l’échec avec nos jeunes pousses», poursuit-elle. «Pour maintenir notre vision entrepreneuriale et être indépendant des bailleurs, nous bâtissons un modèle économique viable en prenant un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises que l’on accompagne. En gros, on regarde la différence de chiffre d’affaires entre la première année et la deuxième. S’il n’y a pas de croissance, la startup ne nous paie pas, s’il y a de la croissance, le Ctic perçoit un pourcentage sur la croissance », informait Mme Vavasseur. Les incubateurs sont créés afin de faire grandir les Pme Tic d’Afrique et d’intégrer  le continent dans  l’économie numérique globale. Cette approche est réalisée après une sélection stricte d’une communauté par le canal d’un réseau crédible de dimension sous régionale. « La mission des incubateurs est d’identifier et d’accompagner des entrepreneurs  de talent et des Pme Tic à fort potentiel. Il a aussi pour mission de leur faciliter l’accès aux marchés et aux financements. Ce modèle est mieux adapté aux entrepreneurs  souvent réticents à l’idée d’ouvrir leur capital », informe la chargée de communication. Après six  mois d’accompagnement, les startups les plus solides peuvent entrer dans le programme d’incubation. « Nous avons accompagné beaucoup de startups, principalement dans l’internet, les applications mobiles ou les logiciels », poursuit-elle. Par cette approche,  les incubateurs veulent créer des  entreprises viables et faire  grandir  des leaders à travers la promotion de  l’entrepreneuriat Tic.  Au-delà des incubateurs, il existe d’autres structures appelées « accélérateurs » (durée plus courte et souvent prise de participation au capital) et aussi des « couveuses » ou des « pépinières ». 

CARINE VAVASSEUR, responsable de la communication : « 75 Pme Tic et plus de 1.750 porteurs de projets accompagnés par le centre »
Carine Vavasseur CticLe Centre des techniques de l’information et de la communication (Ctic), organisation à but non lucratif, a vu le jour  sous l’impulsion du secteur privé sénégalais (Organisation des professionnels des Tic), soucieux de dynamiser le secteur des nouvelles technologies et de favoriser la croissance des entreprises les plus innovantes. Carine Vavasseur, lors de la réalisation de l’interview, était Responsable communication et événementiel au Ctic Dakar. Elle faisait le bilan des actions et réalisation du Ctic notamment sur l’impacte des incubateurs.

Quel rôle joue Ctic dans la création des emplois  au Sénégal ?
 La création d’emplois au Sénégal est une nécessité et ne peut se faire sans la création d’entreprises et le soutien au développement des Pme. Ctic Dakar accompagne, depuis 5 ans, les pme tic à fort potentiel et les entrepreneurs du numérique. A travers ce soutien que nous apportons aux startups du numérique, nous avons constaté que 85% d’entre elles sont pérennes au-delà de 3 ans d’activités, alors qu’en Afrique subsaharienne, seules 20% des startups survivent au-delà de 2 ans. Quand on sait que les entreprises que nous avons accompagnées jusqu’à maintenant ont créé plus de 200 emplois et que 85% d’entre elles continuent de grandir, on ne peut qu’imaginer l’impact qu’elles auront sur la création d’emplois au Sénégal et au-delà dans 5, 10, 15 ans. Nous avons également coaché plus de 1.750 jeunes en 5 ans. Certains ont décidé de se lancer en créant des startups. Nous avons même eu le plaisir d’en revoir dans nos programmes d’accélération et d’incubation.
  
Quel est l’intérêt de la création des incubateurs ?
Les intérêts de la création d’incubateurs sont variés, je vous en citerais quelques uns. Les incubateurs sont des catalyseurs de croissance. Ils permettent de créer un environnement favorable aux startups et de leur faciliter l’insertion dans leur marché en participant à mettre en place les conditions de leur succès. C’est pour la survie des startups et pour leur permettre d’être rentables et pérennes qu’existent les incubateurs. Au-delà de cet aspect, les incubateurs peuvent servir de véritable laboratoire pour des entrepreneurs souhaitant lancer de nouveaux produits ou services et recueillir les premiers feedbacks qui leur permettront de poursuivre le développement de ces solutions ou de repenser leur idée. Les incubateurs ont aussi un rôle de tiers de confiance et permettent de créer le lien entre les startups et les Pme mais aussi entre les startups et de grandes entreprises. Un peu comme un label, l’incubateur favorise un climat de confiance entre ces différents acteurs. Nous bénéficions d’un positionnement privilégié en étant une interface permettant la rencontre et la collaboration de plusieurs maillons de notre écosystème (écoles, Pme, startups, grands groupes, banques, organisations). Enfin, les incubateurs ont un impact économique et social dans leur environnement. L’impact social est mesurable de façon directe et indirecte, c’est-à-dire en observant l’impact immédiat des incubateurs mais aussi en s’intéressant à l’impact des entreprises accompagnées. Nous accompagnons, à Ctic Dakar, des entreprises qui ont chacune leurs particularités. Certaines comme Niokobok, site d’achat de ravitaillement en ligne (www.niokobok.com), permettent de créer un lien fort entre la diaspora et les sénégalais de l’intérieur. C’est le cas aussi de LAfricaMobile (www.lafricamobile.com) qui offre, entre autres, la possibilité, à travers des solutions Sms, de donner la parole à la diaspora sénégalaise sur des émissions TV et radio sénégalaises. D’autres startups comme Ecoles Au Sénégal ont choisi d’œuvrer pour un accès gratuit à du contenu scolaire local en ligne (www.ecolesausenegal.com). Ce sont des milliers de familles et d’écoliers qui sont concernés par ces solutions. Sans oublier les emplois créés par ces startups. L’impact économique se mesure quant à lui par les résultats que font les entreprises accompagnées.
 
Pourriez-vous nous décrire vos réalisations en chiffre depuis la création de Ctic Dakar ?
En 5 ans, nous avons accompagné 75 Pme Tic et coaché plus de 1750 porteurs de projets par plus de 85 événements organisés mais aussi lors de sessions d’informations et de coaching. Nous accompagnons actuellement 12 entreprises Tic, dont 3 qui ont rejoint le programme récemment, et 17 porteurs de projets en phase pilote à travers notre programme d’accélération qui est à sa 4ème cohorte. Les entreprises que nous accompagnons ont une croissance intéressante entre 2014 et 2015, parvenant, en moyenne, à multiplier leur chiffre d’affaires par 1,5. Des entreprises qui grandissent et deviennent pérennes pour la plupart.  

Nous avons également accompagnées une quinzaine d’entreprises en mission de prospection dans la sous-région. Notre présence en Afrique de l’Ouest ne se limite pas là.
Ces dernières années, nous avons mené les études de faisabilité et participé à la mise en place d’incubateurs Tic au Niger (Cipmen), au Gabon et actuellement en Mauritanie. Nous déroulons également 3 programmes panafricains phares avec des bailleurs internationaux. « Waziup », un programme financé par l’Union européenne et enrôlant 12 partenaires dont Ctic Dakar, entend vulgariser l’usage de l’internet des objets et du big data dans les zones rurales africaines. Avec la Banque mondiale, nous allons initier le programme « Jambar Tech Lab » pour impulser des produits digitaux africains innovants en Afrique et au-delà. Avec l’Agence française de développement, nous sommes bénéficiaires du Programme Afrique Innovation (Pai) qui se traduira par un renforcement de capacités de notre équipe d’encadrement et un appui à l’accompagnement des entreprises en incubation. 

Oumar Bâ

Les trois Prix francophones de l’innovation dans les médias ont été décernés, lundi 3 avril dernier, lors d’une cérémonie au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), rapporte un communiqué. Le document précise que c’était en présence de Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, Mme Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde et M. Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (Rsf).

Le 1er prix, de 10.000 euros, détaille le communiqué, a été décerné à « Agribusiness Tv » (Burkina Faso), une web-télé qui utilise la vidéo comme outil de promotion et de (re)valorisation du secteur agricole aux yeux des jeunes en montrant les parcours réussis de jeunes entrepreneurs agricoles et leurs innovations en Afrique.

Le 2e prix de 6.500 euros a été décerné à « Africa Check » (Sénégal), un site de « vérification des faits » qui examine la véracité des propos des figures publiques et des informations de la presse. Ce site vise à promouvoir l’honnêteté et l’exactitude dans le débat public et dans les médias en Afrique afin de contribuer à améliorer la qualité de l’information mise à la disposition du public sur le continent. Le 3e prix de 3.500 euros a été décerné à « Médor » (Belgique), un trimestriel d’enquêtes et de récits qui propose un processus coopératif pour construire l’information et offrir un journalisme de terrain, « en profondeur », indépendant, exigeant et amusant.

Le Prix francophone de l’innovation dans les médias, rappelle le communiqué, est le fruit d’un partenariat entre l’Oif, Rfi et Rsf. Il s’adresse à tous les médias (radio, télévision, presse écrite et médias numériques) des 58 États et gouvernements membres de la Francophonie ayant développé des offres innovantes prenant en compte les nouveaux modes de consommation et d’accès à l’information. Il récompense les innovations dans les contenus, dans les usages et dans les modèles économiques et d’organisation qui contribuent à renforcer la liberté de la presse et le droit à l’information des populations, valeurs défendues par les trois partenaires.

E. M. FAYE

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