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Sciences et Technologies (138)

Le Sénégal accueille le Sommet africain de l’Internet (du 29 avril au 11 mai) avec comme enjeu la migration vers l’Ipv6.

En accueillant le Sommet africain de l’Internet (Ais’18), prévu du 29 avril au 11 mai, Dakar sera, pendant une semaine, la capitale de l’Internet africain. En prélude à cet événement, le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a tenu une conférence de presse, hier, avec le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour décliner la feuille de route. Les 650 délégués venant de 54 pays africains qui prendront part à cette rencontre vont échanger sur plusieurs thèmes allant de la gouvernance d’Internet, la cryptologie ou l’Internet des objets. Justement, parmi les points saillants qui seront discutés, figure en bonne place l’utilisation du protocole Ipv6 (Internet protocole version 6), essentiel pour l’Internet des objets. En termes simples, l’Ipv6 utilise un protocole de réseau sans passer par la couche 3 du modèle Osi (Open system interconnexion) qui définit les 7 couches du modèle sur lequel est inspiré les couches du protocole Tcp/Ip, c’est-à-dire l’ensemble des protocoles utilisés pour le transfert des données sur Internet. Le fait de sauter la couche 3 donne plus de rapidité à la connexion parce que c’est à ce niveau que s’effectuent les connexions.

L’enjeu est crucial. « Nous allons vers l’Internet des objets, avec la 5G, et une connectivité de masse, et pour cela, l’Ipv6 est le protocole le plus adapté », explique le Dg de l’Artp, Abdou Karim Sall, invitant les opérateurs à accompagner cette innovation. L’Artp, qui annoncera à cette occasion son adhésion pour la mise en place de ce protocole au Sénégal, attend de ce rendez-vous « des éclairages nécessaires » pour des prises de décision qui vont avoir un impact dans le développement des Tic au Sénégal. En dépit d’appels pressants à accélérer la migration vers l’Ipv6 adressés aux fournisseurs d’accès à Internet et aux fournisseurs de contenu de la part d’Icann (sorte de gouvernement mondial de l’Internet), le déploiement de cette technologie reste très limité au niveau mondial.

Le Sommet africain de l’Internet, qui se tient depuis 2013 en Afrique, regroupe, chaque année, les organisations s’occupant de la gouvernance et de la coordination de l’Internet africain et se veut une plateforme internationale de promotion des produits et services des Tic en Afrique. En plus des opérateurs et des autorités gouvernementales, plusieurs acteurs (Icann, le régulateur mondial de l’Internet, les acteurs mondiaux des noms de domaines et de la gestion des adresses Ip), prendront part à cette rencontre. Il est prévu, lors de la première semaine, une formation (payante) pour un renforcement de capacités de la communauté africaine de l’Internet sur des thèmes relatifs aux enjeux actuels comme la cybercriminalité, la conception et l’exploitation des réseaux, la gestion des réseaux et des points d’échange Internet, etc. mais l’Artp a décidé de rendre gratuite cette formation pour 70 agents de l’administration et jeunes entrepreneurs. Pour Abdoulaye « Bibi » Baldé, la tenue à Dakar du Sommet africain de l’Internet confirme le leadership régional du Sénégal dans le domaine des Tic. En effet, d’après un rapport de l’Institut de recherche McKinsey Global Institute, le poids de l’Internet dans le Pib du Sénégal (3,3% en 2013) est le plus élevé en Afrique. « Le Sénégal a toujours soutenu le développement de l’Internet – mise en place d’un point d’échange, l’attribution de trois nouvelles licences de fournisseur d’accès internet – et adopté une gouvernance de l’Internet basée sur un modèle consensuel et multipartite avec l’implication de l’ensemble des parties prenantes », souligne le ministre.

Seydou KA

La formation des ressources humaines sur la cybersécurité est l’arme contre la fréquence des cyberattaques en pleine explosion à cause des enjeux économiques, géostratégiques. C’est tout l’enjeu d’un atelier sur les technologies émergentes et la cybersécurité, organisé récemment par Cisco en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Les nouvelles technologies offrent à l’Afrique des opportunités pour rattraper son retard. Mais le continent noir, comme le reste du monde, sont tenus de se préparer à relever le défis posés par les hackers. Les cyberattaques sont dans l’ère du temps et ont comme toile de fond des enjeux économiques, politiques, géostratégiques, etc. Ce sont pour ces raisons que l’académie Cisco et l’Université Cheikh Anta Diop ont initié la formation des jeunes sur ces nouvelles problématiques. « Nous sommes en train de former des instructeurs, des formateurs Cisco de l’Afrique de l’Ouest et du Centre afin qu’ils puissent avoir des aptitudes techniques et théoriques leur permettant d’accompagner d’autres jeunes qui se lanceront sur les technologies émergentes », justifie Modou Fall, coordonnateur des ressources technologiques et pédagogiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le bouillonnement de l’écosystème des innovations technologiques appelle à l’adaptation aux exigences sécuritaires. La réalisation de cet objectif n’est possible qu’en outillant les informaticiens du contient et surtout en les positionnant sur les nouveaux domaines de compétence comme la  virtualisation, « le cloud computing », l’Internet des objets, entre autres. « L’entreprenariat numérique occupe de nos jours une place très importante. En tant qu’instructeurs, nous voulons faire en sorte que ces jeunes comprennent les nouvelles technologies, notamment l’Internet des objets », recommande Modou Fall.

Auparavant, le responsable du programme à Cisco Académie, Omar Rhoulami, a insisté sur la formation des ressources humaines pour accompagner l’engouement et l’espoir suscités par les nouvelles technologies. L’Afrique, dit-il, a intérêt à se préparer à avoir des acteurs dans des disciplines ou spécialités comme l’intelligence artificielle. « Les années 97 ont été un tournant technologique de l’Internet. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’ère de l’intelligence artificielle ou de l’Internet prédictible.

Cette nouvelle ère demande une nouvelle compétence. Nous devons avoir des compétences sur la cybersécurité, les technologies émergentes, la « programmabilité » des réseaux. Nous avons formé des instructeurs sur les technologies émergentes », défend le responsable de programmes à Cisco Académie, Omar Rhoulami, qui a révélé que leur académie a formé plus de 12.000 étudiants sur les technologies intelligentes.

Idrissa SANE

De nos jours, nous sommes tous devenus des voyageurs virtuels grâce à tous ces partages sur les réseaux sociaux, les blogs…

Nous visitons la Grande Muraille de Chine, les Pyramides d’Egypte, New York, Zanzibar…grâce à nos amis, parents, collègues qui choisissent de partager ces moments uniques de leurs voyages à travers le monde. Conscients de la force des réseaux sociaux dans la promotion d’une destination touristique, les membres du Réseau des blogueurs du Sénégal ont organisé un #NdadjeTweetup (rencontre mensuelle) sur “L’apport du blogging dans le tourisme au Sénégal”.

Ce rendez-vous des blogueurs a eu lieu à Dakar et a vu la participation de plus de 80 acteurs du digital, du tourisme sénégalais, de photographes, d’étudiants, de cinéastes, tous engagés dans la promotion du tourisme au Sénégal.

Vaste thème – longues discussions
Les différents intervenants invités ont campé le débat et orienté les échanges autour des principaux leviers nécessaires pour booster le tourisme au Sénégal. Après un large tour d’horizon sur l’importance du blogging, l’assistance a fait une session de networking animée par Pape Gahn Bâ.

Promotion du Made In Sénégal
Rokhaya Solange Ndir Mbengue a ouvert les discussions en faisant une présentation de sa plateforme “Je consomme Made In Senegal” qui fait la promotion du consommer local. Ambassadrice de la destination Sénégal, Madame Mbengue, s’engage via sa plateforme à donner vie aux belles créations des artisans. Elle a beaucoup insisté sur l’importance des outils numériques dans la promotion du « Made In Sénégal » et dans la sauvegarde de notre patrimoine. Quoi de mieux que l’art, la mode, le stylisme…pour vendre une destination touristique ?

En parlant de mode, Ibrahima Cissé, initiateur du Festival de la Mode, a fait une présentation autour de l’importance de l’apport des créateurs dans le tourisme. Avec le concours organisé à l’occasion de la FIMODAK, Ibrahima fait découvrir au Sénégalais les belles créations de nos stylistes mais aussi nous fait découvrir les blogueurs lifestyle et autres acteurs de la mode spécialisés dans la promotion de la mode Made In Sénégal via internet. Ses chaussures et sa tenue créées par le grand styliste Lahad Guéye ont fait sensation durant le NdadjeTweetup.

L’image est un point important dans la promotion touristique et nos photographes de l’association Sunu Nataal, Mamadou Le Mind Diop, Pamphile et Amath Niane le confirment lors de leurs brillantes interventions. Savoir prendre les bonnes photos, aux bonnes heures et positions, créer une histoire derrière ces prises, ressortir toute la chaleur des sourires, des rires sont autant de détails précieux développés par ces photographes reconnus pour leur talent et leur engagement dans la promotion de la destination Sénégal. En plus de donner des astuces efficaces pour bien utiliser les photos en ligne, ces photographes ont régalé l’assistance avec des prises de vue à couper le souffle. Le digital est un allié de taille pour ces photographes 2.0. Parler efficacement du tourisme est tout un art mais il faut aussi maitriser certaines techniques et outils importants pour toute personne qui s’engage dans la promotion d’une destination via le blogging. Natty Seydi Ndiaye, nous a parlé de contenu web pour la promotion de la destination Sénégal. Avec un exposé concis sur le contenu, la qualité, le référencement, les astuces.

Les participants ont reçu un cours magistral de la part de ce spécialiste du digital. Un exemple concret d’outils de promotion a été présentée par Kadia Sow avec l’application VUE D’AFRIQUE qui permet de découvrir les différents sites classés Patrimoine Historique de l’UNESCO.

Après tous ces exposés sur le contenu, les techniques, il est important de penser business model et durabilité, Pape Ba Gahn, qui accompagne beaucoup d’entrepreneurs a intervenu sur ce plan en donnant des éléments clés aux participants en ce qui concerne le business model des blogs pour avoir une longue durabilité. “Chaque citoyen peut activement participer à la promotion de la destination Sénégal même avec juste un smartphone; nous ne devons rien minimiser car nous avons un beau pays, stable et attrayant qui mérite sa place parmi les plus belles destinations d’Afrique et du monde”

Moussoukoro DIOP
DigitalLover
#DigitalMousso
www.moussoukorodiop.com
Twitter : @mamouchkadiop

Suite à des articles parus dans les medias,  « France 24 » et « Jeune Afrique »,  prêtant à Samuel Eto’o des intentions présidentielles, le concerné a apporté un démenti. Dans un communiqué faisant office de droit de réponse, l’ancien international camerounais  nie catégoriquement, nourrir  l’ambition de se présenter à la prochaine élection présidentielle de son pays.  «J’estime que les propos tenus à mon encontre portent atteinte à mon honneur et véhiculent de nombreuses allusions malsaines », fait-il savoir. « Profitant d’une tradition séculaire liée au 1er avril, certains « journalistes » ont publié dans leurs éditions en ligne, une interview fictive sur une supposée volonté de ma part de me présenter au scrutin présidentiel camerounais de 2018, a-t-il poursuivi. Au regard de ce qui a été écrit, il apparaît que ces derniers ont voulu surfer sur deux éléments pour générer un effet malsain de buzz ».  Eto’o semble comprendre cette approche, qui, dit-il, intervient suite à  «la récente élection de Georges Weah à la présidence de la République du Liberia».

Oumar Bâ

Le combat de lutte, qui s’est soldé par la victoire de Balla Gaye 2 sur Gris Bordeaux, a beaucoup fait parler de par la décision arbitrale mais aussi par le modèle de diffusion. « Le combat n’était pas accessible sur les chaines de télévision mais par mobile », assure Aly, grand amateur de lutte. Ce passionné du sport national sénégalais décrit par le menu le système mis en place pour avoir accès en direct aux images du combat. « Il fallait acheter un « pass » de 1 500 FCfa qui permettait à travers un code d’être connecté sur la plateforme de diffusion du combat ». C’est un système appelé « Pay-per-view ». Si le procédé est une nouveauté au Sénégal pour une rencontre sportive, il a cours dans plusieurs pays. Le dernier en date est le très médiatique combat entre Floyd Mayweather, champion de boxe et Conor Mc Gregor, champion de MMA.

Une révolution technologie au Sénégal, donc, car c’est la rencontre entre deux secteurs très porteurs. En effet, si le football local (hors équipe nationale) ne draine pas les foules, la lutte continue à surfer sur un succès redouté (à cause de la violence) mais assuré. De l’autre, les innovations technologies dans un pays où il y a plus de téléphones portables (plus de 15 millions, selon l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) que d’habitants.

Dans ce contexte, il est difficile de reprocher au promoteur l’audace de cette innovation au Sénégal. En revanche, dans le contrat tacite qui le lie aux consommateurs, il y beaucoup à dire. Plusieurs témoignages sur les réseaux sociaux ont fait état de dysfonctionnements dans la diffusion du combat. « Je n’ai pas pu voir la fin du combat car l’image n’apparaissait plus sur mon téléphone », affirme Aly, le fan de lutte. D’autres ont eu recours à des subterfuges pour détourner le dispositif payant pour regarder le combat à moindre frais. Mountaga Cissé, consultant, formateur en nouveaux médias, résume la situation dans un billet sur son blog : « Pour la première fois au Sénégal, une retransmission en direct sur Internet a dépassé les cent mille (100 000) vues simultanées, c’est-à-dire cent mille personnes qui regardent en même temps un même flux. Ce qui est important à noter est que ces cent mille vues simultanées ne provenaient pas de la diffusion Pay-per-view du promoteur via son site ballagris.com mais plutôt de Youtube. Oui, ils ont été nombreux ceux qui ont contourné la plateforme ballagris.com en passant par Youtube et Facebook.

Une faille du système qui constitue un gros manque à gagner pour Luc Nicolaï & Co.

Moussa DIOP

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a ouvert à l’économie sénégalaise et à notre vie sociale deux champs différents. L’un est le versant positif avec des opportunités prometteuses en termes d’efficience, de compétitivité et d’inclusivité. Le second versant en appelle à des questionnements.

« Toute cette activité administrative, économique et sociale, rendue performante par l’usage des TIC, est en même temps très exposée aux menaces inhérentes au cyberespace et qui ont pour noms : terrorisme, espionnage, piratage, négligence humaine », prévient Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information. Ce sont les effets de ce versant qui ont conduit au scandale appelé Cambridge Analytica avec les 87 millions de données piratées depuis le réseau social Facebook.

Dès 2008, le Sénégal a adopté un ensemble de lois portant sur le cyberespace, ainsi que leurs décrets d’application (la loi n° 2008-08 relative aux transactions électroniques ; la loi n° 2008-10 relative à la loi d’orientation  sur la société de l’information (LOSI) ; la loi n° 2008-11 relative sur la cybercriminalité ; la loi n° 2008-12 relative à la protection des données personnelles ; la loi n° 2008-41 relative à la Cryptologie).

« La Commission de protection des données (CDP), une autorité indépendante, a été créée par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel.

Elle est chargée de vérifier la légalité des fichiers et de toutes collectes, utilisations et transmissions de renseignements concernant des individus identifiables et doit assurer dans ce contexte le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, notamment de leur vie privée », rappelle Dr Diallo.

La CDP, conformément à ses prérogatives de protection des consommateurs et citoyens sénégalais « ne cesse de faire des efforts, pour assurer la protection de leurs informations personnelles ; pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue les avis et mises en demeure en ce sens ».

Pour autant, le champ d’application de la législation sénégalaise « va au-delà des activités des simples opérateurs économiques (pour qui leur business model trouve son siège dans les données), mais s’étend également à celles de l’État, ses démembrements et des collectivités locales », pour Cherif Diallo. Sur l’international, notamment en Europe, on évoque le critère de niveau de protection adéquat pour justifier la libre circulation des données vers des pays tiers. « En termes plus clairs, l’adéquation de la protection des données dans un pays tiers signifie que les principes majeurs de la protection des données soient effectivement mis en œuvre dans le droit interne de ce pays », explique le directeur des TIC. Ce niveau de protection adéquat permet aux entreprises de l’État tiers d’échanger des données personnelles avec celles des États membres sans qu’aucune garantie supplémentaire ne soit nécessaire. Dans ce cadre, le Sénégal a adhéré à la convention  n° 108 du 28 janvier 1981 pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et aussi ratifié à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité.

M. DIOP

LA POLITIQUE, C’EST AUSSI LA VIE PRIVÉE ?
Les pudeurs de gazelle vont de paire avec le petit oiseau. Comprenez : « je préfère Twitter à Facebook pour protéger ma vie privée ». C’est un propos redondant entendu maintes fois au détour d’une discussion qui n’a rien à envier aux brèves de comptoirs. Défendre l’idée que sur Facebook, c’est risqué de mettre en scène sa vie privée, est une chose. Le faire et répandre sur le même réseau social ses opinions politiques ou religieuses, en est une autre. C’est même avoir une curieuse manière d’aborder la sacro-sainte vie privée. Avec l’affaire Cambridge Analytica, il apparaît clair que Facebook en sait un peu trop sur tout le monde. Et mieux, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg détient potentiellement des éléments qui peuvent faire pencher d’un bord une élection présidentielle américaine. Donc donner son opinion politique sur les réseaux sociaux est une intrusion sur la vie privée qui peut rivaliser avec un live Facebook du baptême du petit dernier de la famille. Ce n’est pas pour rien qu’au moment de faire un choix, il est demandé à l’électeur de passer par l’isoloir.

Par Moussa Diop

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : COMMENT LE SÉNÉGAL GÈRE LES DONNÉES NUMÉRIQUES DE SES CITOYENS
Donnees NumeriquesLe développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a ouvert à l’économie sénégalaise et à notre vie sociale deux champs différents. L’un est le versant positif avec des opportunités prometteuses en termes d’efficience, de compétitivité et d’inclusivité. Le second versant en appelle à des questionnements.

« Toute cette activité administrative, économique et sociale, rendue performante par l’usage des TIC, est en même temps très exposée aux menaces inhérentes au cyberespace et qui ont pour noms : terrorisme, espionnage, piratage, négligence humaine », prévient Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information. Ce sont les effets de ce versant qui ont conduit au scandale appelé Cambridge Analytica avec les 87 millions de données piratées depuis le réseau social Facebook.

Dès 2008, le Sénégal a adopté un ensemble de lois portant sur le cyberespace, ainsi que leurs décrets d’application (la loi n° 2008-08 relative aux transactions électroniques ; la loi n° 2008-10 relative à la loi d’orientation  sur la société de l’information (LOSI) ; la loi n° 2008-11 relative sur la cybercriminalité ; la loi n° 2008-12 relative à la protection des données personnelles ; la loi n° 2008-41 relative à la Cryptologie).

« La Commission de protection des données (CDP), une autorité indépendante, a été créée par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel. Elle est chargée de vérifier la légalité des fichiers et de toutes collectes, utilisations et transmissions de renseignements concernant des individus identifiables et doit assurer dans ce contexte le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, notamment de leur vie privée », rappelle Dr Diallo.

La CDP, conformément à ses prérogatives de protection des consommateurs et citoyens sénégalais « ne cesse de faire des efforts, pour assurer la protection de leurs informations personnelles ; pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue les avis et mises en demeure en ce sens ».

Pour autant, le champ d’application de la législation sénégalaise « va au-delà des activités des simples opérateurs économiques (pour qui leur business model trouve son siège dans les données), mais s’étend également à celles de l’État, ses démembrements et des collectivités locales », pour Cherif Diallo. Sur l’international, notamment en Europe, on évoque le critère de niveau de protection adéquat pour justifier la libre circulation des données vers des pays tiers. « En termes plus clairs, l’adéquation de la protection des données dans un pays tiers signifie que les principes majeurs de la protection des données soient effectivement mis en œuvre dans le droit interne de ce pays », explique le directeur des TIC. Ce niveau de protection adéquat permet aux entreprises de l’État tiers d’échanger des données personnelles avec celles des États membres sans qu’aucune garantie supplémentaire ne soit nécessaire. Dans ce cadre, le Sénégal a adhéré à la convention  n° 108 du 28 janvier 1981 pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et aussi ratifié à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité.

M. DIOP

ZUCKERBERG CONVOQUÉ LE 11 AVRIL
Zuckerberg« Au total, nous estimons que les informations Facebook d'au moins 87 millions d'utilisateurs – la plupart aux États-Unis – ont pu être partagées de façon indue avec Cambridge Analytica », a écrit le groupe, mercredi 5 avril. L’annonce est en quelque sorte un préambule des explications de Mark Zuckerberg prévues le mercredi 11 avril.

En effet, le PDG de Facebook devra s’expliquer sur le scandale Cambridge Analytica mais aussi sur les accusations de manipulations politiques imputées à la Russie lors de la présidentielle de 2016. Sur cette dernière affaire, Mark Zuckeberg a annoncé, le 5 avril, la suppression de 270 pages et comptes Facebook et Instagram gérés par la société russe Internet Research Agency (IRA), qui se trouvait déjà, selon le renseignement américain, derrière l'opération de désinformation lancée pour déstabiliser la campagne présidentielle américaine de 2016.


Faire face aux manipulations politiques
En 2017, Facebook avait déjà supprimé des centaines de faux comptes de l'IRA destinés à influencer les débats politiques aux États-Unis, ainsi que 30 000 ciblant les élections en France et d'autres encore en Allemagne.

Facebook supprime cette fois des comptes ciblant des personnes en Russie ou dans des pays où le russe est parlé tels l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan et l'Ukraine.

Moussa DIOP


CHERIF DIALLO, DTIC : « LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE PEUT ÊTRE COMPROMISE AVEC LE CLOUD »
Cherif Diallo CticDirecteur des Technologies de l’information et de la communication (DTIC) au ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Chérif Diallo met la protection des données personnelles au cœur de ses missions.

Peut-on parler de souveraineté numérique au Sénégal quand les données des Sénégalais sont stockées à l’étranger avec les applications comme Facebook, WhatsApp, Twitter et autres ?
La souveraineté numérique ne se définit pas seulement par rapport à la territorialisation physique des données des citoyens. Les Etats demeurent souverains et indépendants.

Cela dit, il est vrai que la souveraineté numérique pourrait être un peu compromise lorsque certaines données sont stockées dans le Cloud. Mais n’empêche que grâce à un cadre juridique et règlementaire solide, des dispositifs de cybersécurité efficaces, une excellente coopération régionale et internationale, le pays pourra préserver sa souveraineté.

Le Sénégal accueille le Sommet africain d’Internet du 29 avril au 11 mai et, dans ce cadre, plusieurs discussions et séances de travail sont prévues pour aborder cette problématique qui est vraiment devenue une priorité pour les instances de gouvernance de l’Internet.

Le scandale Cambridge Analytica (ou son équivalent) peut-il toucher le Sénégal ? 
A ce jour, le Sénégal n’est pas encore touché vu les statistiques publiées par Facebook. Cette menace pourrait bien toucher n’importe quel pays, d’autant plus que si aujourd’hui il s’est avéré que 87 millions de comptes Facebook qui seraient presque tous des comptes américains, un des pays les plus développés au monde, et leurs données seraient utilisées pour orienter la campagne présidentielle du président américain. De ce fait, nul n’est à l’abri de ce type de scandale. Il est donc important de faire des efforts considérables dans la sensibilisation. Avec la validation de notre Stratégie nationale de cybersécurité, et de notre plan d’actions de protection des enfants en ligne, nous avons déjà engagé des mesures pour faire face à ce genre de menace.

Quelles sont les solutions que vous préconisez pour éviter un tel scandale au Sénégal ?
Il est important de renforcer notre cadre juridique et règlementaire pour tenir compte des nouvelles mutations technologiques. Il faudrait également mettre en place un système d’alerte et de veille : nous allons mettre en place un CERT national dans le cadre de la mise en œuvre de notre stratégie nationale de cybersécurité. La sensibilisation des pouvoirs publics et des utilisateurs n’est pas à négliger. En définitive, il s’agit d’imposer un certain nombres de mesures de sécurité à respecter par les GAFAM sous peine de sanctions, en s’inspirant du Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui rentrera en vigueur dans l’espace Union européenne en mai 2018.

Propos recueillis par M. DIOP

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : FACEBOOK AU CŒUR D’UN SCANDALE DE MANIPULATION POLITIQUE
Donnees FacebookDepuis la deuxième quinzaine de mars, Facebook, le réseau social préféré des Sénégalais, est au cœur d’un scandale sur la gestion des données personnelles de ses abonnées aux Etats-Unis et dans le monde. Il s’agit de l’affaire dite Cambridge Analytica. De quoi s’agit-il exactement ? Explications

Qu’est-ce que Cambridge Analytica ?
Créée en 2013, Cambridge Analytica est une entreprise spécialisée dans la collecte et l'analyse de données en ligne, dans le cadre de campagnes électorales. «Il s'agit d'une filiale du groupe britannique SCL, qui conseille ses clients en stratégie de communication et en marketing ciblé renseigne Le Figaro. D’ailleurs, Cambridge Analytica s'est surtout fait connaître pour avoir été utilisée par l'équipe de Donald Trump. Steve Bannon, ancien directeur de campagne du candidat républicain, était lui-même investisseur et vice-président de Cambridge Analytica ».

Le cœur de l’affaire
Tout démarre le 17 mars. Deux journaux (New York Times et London’s Observer) mettent en cause Cambridge Analytica pour le motif d’obtention illégale de données sur plus de 50 millions d'utilisateurs de Facebook (deux semaines plus tard, le chiffre sera revu à la hausse, on parle désormais de 87 millions). Pour ce faire, l'entreprise aurait eu recours aux services d'un sous-traitant, Global Science Research (GSR), et d'Aleksandr Kogan, professeur à la prestigieuse université de Cambridge. Ce dernier a développé une application de tests de personnalité, censée être utilisée dans le cadre de recherches universitaires. Les utilisateurs étaient rémunérés s'ils répondaient à des questions, ainsi qu'en accordant un accès à leurs données sur Facebook. Ces informations et celles des amis des personnes ayant participé à cette étude ont ensuite été transmises à Cambridge Analytica par Aleksandr Kogan. Les 87 millions de profils d’utilisateurs de Facebook auraient été utilisés dans le cadre de la campagne électorale de Donald Trump, afin de comprendre et d'influencer l'opinion des électeurs américains, au travers de publicités en ligne, de l'organisation d'événements et d'opérations de communication ciblée.

Quel est rôle de Facebook ?
La firme Cambridge Analytica, ayant plus tard travaillé pour l'équipe de campagne de Donald Trump, a récupéré, via un questionnaire psychologique téléchargé par plus de 300 000 personnes dans le monde, une précieuse base de données. À l'époque, les applications autorisées par une personne avaient accès aux données de ses amis. Cette option a été supprimée en 2014, mais Mark Zuckerberg a reconnu que le réseau social devait mieux contrôler lui-même l'usage des données par les applications. Le réseau social dirigé par Mark Zuckerber. Celui-ci promet alors de faire la lumière sur cette affaire en prenant les services d’enquêteurs. Facebook a déjà expliqué qu’Aleksandr Kogan avait pu récolter légalement les données des utilisateurs, mais avait «violé les règles de la plateforme» en les transmettant à Cambridge Analytica. C’est ainsi que Facebook a suspendu tout accès à ses données aux entreprises et personnes incriminées dont Cambridge Analytica. Mark Zuckerberg a reconnu, le 21 mars, que la responsabilité de son organisation « est de protéger les données (des abonnés) », et que si Facebook échoue à remplir sa mission, le réseau social ne mérite pas de servir les internautes. De son côté, Cambridge Analytica affirme qu'elle ignorait que le professeur de Cambridge avait eu accès illégalement à ses données.

La société dit également avoir supprimé ces données en 2015, après que Facebook a lui-même supprimé l'application d'Aleksandr Kogan de son service. Le New York Times et le London's Observer disent, eux, que ces informations ont bien été conservées par Cambrige Analytica.

M. DIOP

CHEIKH BAKHOUM, DG ADIE ET PCA DE SENIX : « LE POINT D’ÉCHANGE INTERNET, GAGE DE SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE »
Bakhoum AdieAvec la multiplication des lignes internet estimées à près de 9 millions en 2017, la qualité de la connexion se dégradait sérieusement. C’est pourquoi l’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) a jugé opportun de mettre en place une solution pour accroitre la qualité de la connexion Internet. C’est tout le sens des différents projets entrepris et/ou réalisés par l’Adie.

«L'Adiea engagé depuis longtemps, un ambitieux programme pour mener notre pays vers une relative souveraineté numérique, avec la mise en place des premiers Datacenter au Sénégal dédiés aux données de l'Administration sénégalaise. Aujourd'hui les opérateurs ont presque tous leur Datacenter, nous avons ensuite mis en place les premiers réseaux de fibre optique nationaux au Sénégal, qui permettent à nos communications de rester dans le périmètre local et avec un très haut débit. Aussi, avec le Point d'échange internet national nous pouvons désormais interconnecter tous les opérateurs présents sur le territoire sénégalais entre eux, ce qui éviterait ainsi l’utilisation des fibres optiques avec les câbles sous-marins internationaux pour nos communications locales. Désormais, les échanges Internet entre sénégalais n’auront plus besoin de transiter par des routeurs à l’étranger. Nous ne serons plus à la merci du trafic international, car nous avons, désormais notre internet local. C’est un gage de souveraineté numérique », assure-t-il.

Oumar FEDIOR

DATACENTER, POINT D’ECHANGE INTERNET… : LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE PREND FORME
Jusqu’à un passé récent, les données des entreprises et autres structures étaient stockées dans des serveurs installés dans des pays comme la France, les Etats-Unis… En plus d’engendrer des coûts exorbitants, cette situation exposait les données parfois sensibles à toutes sortes de menace. L’ayant compris, des acteurs de diverses catégories se sont ruées vers la mise en place de Datacenter. De la Sonatel à Tigo, en passant par l’Adie et Gaïndé 2000, ils disposent d’une infrastructure de stockage de données où sont regroupés des équipements constituants du système d’information d’une entreprise. Une avancée majeure dans un monde où même les plus gros systèmes ne sont pas épargnés par la cybercriminalité.

«Le mobile et le cloud tiennent une place prépondérante dans le monde d’aujourd’hui. C’est pourquoi la protection des données est un problème complexe pour les entreprises, puisque les données ne résident plus uniquement dans le périmètre de leur réseau », indique Serge Ntamack, directeur régional Affaires publiques de Microsoft Afrique.

En effet, régulièrement confrontées à des soucis avec les serveurs, les entreprises ont besoin d’entrer en contact avec l’hébergeur en cas de pépin. Ce qui n’est pas évident quand il se trouve à mille lieues de sa zone. «En plus de la puissance, l’hébergé a besoin d’un répondant 24h/24. C’est ce qui fait la différence avec les grands hébergeurs. Par exemple, quelqu’un qui se fait héberger a besoin d’avoir un interlocuteur en temps réel en cas de pépin. C’est pourquoi en se faisant héberger chez soi, on est plus rassuré. Parce qu’à l’international, dès que c’est coupé, on a de sérieux problèmes. C’est une fois arrivé à Wari, et il en a souffert », explique le directeur de la plateforme In Touch, Omar Cissé. Pour Ousmane Dia, directeur des entreprises de Sonatel, avec son Datacenter d’une capacité de 70 baies actives, deux (02) locaux opérateur/fédérateur (OP/FED) d’une surface technique utile de 32m² pouvant accueillir chacun 10 baies IT de 800×800 mm organisées, même les grands projets de l’Etat peuvent y être hébergés. «Ce sont des besoins qui ne peuvent pas être délocalisés à l’étranger. Ainsi, le développement des contenus locaux avec le rapatriement des portails hébergés à l’extérieur ainsi que la mise en œuvre d’un écosystème pour les développeurs, sont autant de facteurs qui vont participer à la croissance de l’économie et de la souveraineté numérique. »

O. FEDIOR

UNE AUBAINE POUR LES PME ?
Principale composante du paysage économique sénégalais, les Petites et moyennes entreprises (PME) étaient traitées de la même manière que les grandes entreprises. Une incongruité que les Datacenter corrigent. «L’entreprise hébergée, qu’elle soit petite ou grande, ne paie qu’en fonction de ses besoins. Il y a une flexibilité qui varie selon les besoins. Les grandes entreprises peuvent en profiter, au même titre que les Pme qui ont plus besoin de faire des économies sur les charges », souligne Ousmane Dia.

O. FEDIOR

En libéralisant l’accès aux codes Ussd, jusque-là une chasse gardée des opérateurs de téléphonie, l’Artp veut impulser une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants et favoriser l’inclusion financière. Au grand bonheur des acteurs de l’écosystème du numérique. Hormis, peut-être, les opérateurs de téléphonie.

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) vient d’accéder à une forte demande des acteurs du secteur numérique, mais aussi des banques et de toutes les structures proposant des services financiers digitaux ou de monnaie électronique. Son directeur général, Abdou Karim Sall, a annoncé, hier, lors d’un point de presse, une « libéralisation » de l’accès aux codes Ussd. De l’anglais Unstructured supplementary services data (données de services supplémentaires non structurés), l’Ussd permet d’accéder à des services à valeur ajoutée tels que le paiement électronique ou le mobile money à partir du téléphone portable. Jusqu’à présent, ces codes étaient étaient exclusivement détenus et exploités par les opérateurs de téléphonie mobile qui « pour des raisons évidentes pouvaient limiter ou bloquer leur accès aux autres acteurs », alors qu’ils (ces codes) constituent un canal fondamental permettant d’offrir des services financiers et autres services innovants. C’est cette situation de monopole décriée par les autres acteurs et qui est « fortement préjudiciable à la concurrence et à l’innovation » que l’Artp veut casser, avec la mise en place de ce nouveau cadre juridique. L’objectif est de permettre aux acteurs de tout l’écosystème d’impulser « une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants ». « A travers cette décision, nous avons l’ambition de créer les conditions d’accès équitable à ce que nous considérons comme une facilité essentielle », justifie Abdou Karim Sall.

Pionnier en Afrique francophone
Naturellement, cette décision ne plaît pas forcément aux opérateurs de téléphonie qui voulaient continuer à « garder leur périmètre », même si l’Artp assure avoir opté pour une démarche concertée, incluant l’ensemble des parties prenantes : opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs à valeur ajoutée, etc. En effet, cette décision aura plusieurs implications sur l’écosystème du numérique. A commencer par une diminution des frais d’accès qui vont passer de 1 million à 350 000 FCfa (les trois opérateurs de téléphonie ont accepté de s’aligner sur ce tarif). Mais l’enjeu est ailleurs. D’abord, les opérateurs ne peuvent plus octroyer des codes Ussd qui seront sous le contrôle « exclusif » de l’Artp. Désormais, tout fournisseur de services à valeur ajoutée devra s’adresser à l’Artp pour avoir un code Ussd. Il y a aussi l’interopérabilité des différents codes, indépendamment de l’opérateur auquel on est abonné. L’Artp entend ainsi renforcer, avec cette décision, la concurrence dans le secteur des télécommunications, en particulier sur le segment de la téléphonie mobile, et promouvoir l’innovation, la baisse des prix des services, tout en s’alignant sur les meilleurs standards internationaux. « Il s’agit, pour nous, de donner la possibilité aux acteurs locaux, Pme, start-ups, acteurs de l’industrie numérique locale et d’autres secteurs de disposer facilement d’outils leur permettant de proposer à la population des services innovations au meilleur prix », plaide le Dg de l’Artp. L’Union internationale des télécommunications (Uit) demande aux autorités de régulation de favoriser l’accès des acteurs non opérateurs de téléphonie mobile aux codes Ussd afin d’encourager l’inclusion financière des populations en Afrique, mais, à ce jour, très peu de pays ont suivi cette recommandation. Le Sénégal fait ainsi œuvre de pionnier en Afrique francophone. Jusque-là, seuls l’Afrique du Sud, l’Ouganda, le Kenya et le Ghana avaient libéralisé l’accès aux codes Ussd. En Côte d’Ivoire, le processus est enclenché, mais les opérateurs de téléphonie continuent de faire de la résistance. L’Artp promet d’appliquer cette décision de « manière rigoureuse ». Et ceux qui seront tentés de bloquer la procédure se verront appliquer les sanctions prévues par le code des télécommunications.

Seydou KA

Dans le cadre de sa politique de Responsabilité sociétale d’entreprise et de son soutien au développement de l’écosystème numérique au Sénégal, Sonatel a lancé, le 29 mars dernier, la première édition de « Let’s meet up ! » Il s’agit d’une plateforme d’échanges et de partage avec les acteurs de l’écosystème numérique, notamment les start-up. Selon un communiqué, à travers « Let’s meet up ! » Sonatel souhaite créer un cadre d’échanges privilégié entre l’écosystème numérique et Sonatel qui offre son expertise aux start-up afin de les aider à améliorer leur performances. « Ce soutien passe par la mise à leur disposition de plateformes d’échanges, l’accès à ses réseaux et services, la création de mécanismes d’accélération ou d’incubation spécifiques ainsi que des supports pour le financement et la gestion », informe le document. Il ajoute que Sonatel compte recueillir les besoins et les attentes des acteurs de l’écosystème numérique avec ses partenaires du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, des start-up accompagnées par Sonatel, des incubateurs, des grandes entreprises partenaires, de Orange digital venture (Odv), de Téranga Capital, de l’ambassade de France et de la présidence de la République. Le lancement de cette première édition de « Let’s meet up ! » a été aussi l’occasion de remettre les Prix du Linguère digital challenge dont la troisième édition s’est tenue, du 31 octobre au 31 décembre 2017, avec 103 start-up candidates. Awalebiz, plateforme de e-commerce, gagne le premier Prix de 7.500.000 FCfa et un accompagnement technique d’une valeur de 2.500.000 FCfa. Le deuxième Prix, d’un montant de 2.500.000 FCfa en nature et un accompagnement d’une valeur de 2.500.000 FCfa est revenu aux « Gourmets, plateforme agro-alimentaire en ligne ». Enfin, le troisième, composé d’un montant de 1.500.000 FCfa et un accompagnement technique de 2.500.000 FCfa, a été remporté par « Dakar lives, une plateforme créative et un hub culturel ».

Ibrahima BA

Les amazones 2.0 du genre

13 Mar 2018
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Il faut sortir d’un cercle pour en voir le tracé. C’est une vision qui peut être appliquée à la présence digitale des femmes au Sénégal. Avec 9 millions d’abonnés à l’internet mobile, le Sénégal est dans la locomotive du train numérique africain fort de ses 170 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux (d’après une étude de we are social parue en février 2017). Dans le détail, il y a 35 millions d’utilisateurs de Facebook et 6 millions d’Instagram en Afrique de l’Ouest. « Où (en) sont les femmes », chantait l’indémodable Patrick Juvet. Elles brillent par leur présence dans le digital même s’il n’existe pas encore d’étude spécifique couvrant tout le secteur. A travers une galerie de portraits et une rencontre digitale, nous avons effectué un choix subjectif de femmes dont l’activité professionnelle et économique est symbolique de l’avancée du genre dans le digital au Sénégal.

Par Moussa DIOP

BITILOKHO NDIAYE, L’AMBASSADRICE DU GENRE
Bitilokho NdiayePlus jeune, Bitilokho Ndiaye rêvait d’être ambassadrice ou journaliste afin de « se battre pour créer un monde juste et équitable ». Elle a trouvé le digital comme catalyseur de ses principaux rêves.

« Un engagement personnel au renforcement de la participation des femmes dans le domaine du numérique en tant que consommatrices mais aussi créatrices et innovatrices ». En résumé, c’est ce qui fait courir Bitilokho Ndiaye, la passionnée du digital aux nombreuses activités. Elle occupe le poste de conseillère technique chargée des questions de genre au Ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. Pour ne pas travailler dans la vie, il faut, paraît-il, faire de sa passion son labeur. La présidente de Festic (l’Association des femmes sénégalaise dans les Tic) l’a bien comprise et mis en application en réunissant ces deux passions : effacer les inégalités de genre et le développement du digital au Sénégal. « Le ministère a pris les questions du genre comme priorités dans les politiques du secteur du numérique avec l’objectif du renforcement de l’accès et des capacités des femmes dans ce domaine », plaide celle qui est également chargée de projet en genre et numérique.

Champs à investir
Dans le monde, il y a moins de 30% de femmes travaillant dans le domaine des technologies (selon les chiffres de l’Union internationale des télécoms). « Au Sénégal, l’intégration du genre dans le domaine des technologies montre qu’elles sont plus nombreuses que les hommes dans un métier comme informaticienne (+80%), se réjouit Bitilokho Ndiaye. En revanche, les femmes sont moins présentes dans le développement d’applications, la gestion des données. Il y a nécessité de renforcer les compétences ». La conseillère au ministère des Télécoms investit dans l’organisation de la journée internationale des filles dans les Tic pour « développer des vocations » chez les plus jeunes. « C’est pareil quand nous invitons les filles lors de journées portes ouvertes dans des entreprises du numérique, poursuit Bitilokho Ndiaye. L’organisation du concours « Djiguèn Ci Tic » avec la présentation de projets innovants pour régler des questions socioéconomiques. Les meilleurs projets sont sélectionnés, accompagnés et financés ».

Hyper connectée
Le combat de Bitilokho Ndiaye est d’amener l’Etat sénégalais ainsi que les pouvoirs publics et privés à intégrer le genre dans toutes les politiques du domaine du numérique. C’est important car le Sénégal fait partie des leaders en Afrique dans « la participation du numérique au Pib avec 3,5% ». « Hyper connectée », Bitilokho Ndiaye publie, commente et gère « quatre pages dans le domaine du genre et des Tic, une plateforme de femmes dans le domaine du digital sur WhatsApp ». Convaincue que le Digital offre beaucoup d’opportunités, « c’est devenu incontournable car 95% des emplois y sont liés ».

Pourtant, elle était loin de l’univers des technologies dans son cursus universitaire. D’une formation de sociologue, elle s’est très tôt intéressée aux questions d’équité sociale. « Enfant, je ne m’expliquais pas certaines inégalités liées à la place de la femme dans la société sénégalaise. Je ne voyais pas beaucoup de femmes dans nos institutions politiques. C’est ce qui m’a amenait à la sociologie », explique celle qui est née dans une famille thièssoise où l’engagement citoyen est « la chose la plus partagée avec un papa qui avait créé une association dénommée «Ndibeul djabot» pour les jeunes en rupture scolaire». Un engagement qui l’a amenée «naturellement» vers les nouvelles technologies.

Moussa DIOP

MOUSSOUKORO DIOP, LA « DIGITAL ADDICTED »
Moussoukoro Diop 2Tumblr, Instagram, Twitter, Facebook, Youtube… Moussoukoro Diop ne vit que pour les réseaux sociaux. Entrée dans l’univers du digital depuis 2012, la jeune bloggeuse fait partie aujourd’hui de ceux qui font bouger l’écosystème des Tic au Sénégal.

Elle est du lot de ces personnalités phares de l’univers des réseaux sociaux au Sénégal. Moussoukoro Diop incarne une figure de proue du digital. Depuis quelques années, la jeune femme a eu l’idée de marquer son empreinte dans le monde des Tic. Sur les plateformes Twiter et Instagram, elle est l’un des Sénégalais les plus suivis. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis d’être placée, en décembre 2016, d’après « Jeune Afrique », dans le Top 9 des personnes les plus influentes sur Twitter dans notre pays. Moussoukoro Diop a très tôt eu conscience de l’influence des réseaux sociaux. Lesquels ont fini par constituer un cheval de Troie dans sa lutte pour la « scolarisation des jeunes filles » ainsi que les maltraitances subies par les femmes. « Mon activisme au féminin m'a poussée à créer, pour le réseau des blogueurs du Sénégal, la plateforme « Jigeenu Sénégal » pour rendre hommage à toutes ces femmes anonymes. Ayant été toujours sensible à la solidarité féminine, j'ai lancé Digital Mousso pour regrouper toutes ces femmes qui s'activent dans différents domaines du digital afin de s'entraider et de révolutionner encore  plus ce milieu », soutient-elle.

Moussoukoro se sert aussi des pouvoirs du numérique pour vendre la destination Sénégal. Ses pages sont peuplées de belles images vantant les merveilles du « Pays de la Téranga ». « Je suis très attachée à mon pays, à ma culture et je le véhicule dans mes messages et mes actes, car nous sommes tous des ambassadeurs de nos terres », explique celle qui se définit comme une digital « addicted ».

L’Ingénieur en informatique vit et consomme sans modération les Tic. « Je ne me lasse pas d'aller apprendre pour en savoir encore plus. J'aime toutes ces belles connexions et interactions qu'offre ce domaine », souffle-t-elle. L’histoire d’amour entre cette jeune femme et le monde virtuel du Net a débuté en 2012 lorsque quelqu’un lui propose de travailler comme « community » manager. « Entre nous, j'ai entendu « Manager », je me croyais déjà directrice (rires). Je ne connaissais rien du milieu mais lui me disait que j'avais tous les atouts pour gérer ce gros client. J'ai stressé des jours et je ne dormais plus car il fallait que je prouve qu'il a eu raison de me choisir », raconte-t-elle. En qualité de « community manager », elle fait l’animation de communauté sur son compte Facebook en filmant et en photographiant tout ce qui se passait, surtout pendant les manifestations postélectorales. Avec une équipe de jeunes, Moussoukoro Diop va démarrer la communication digitale pour le n°2 de la téléphonie mobile au Sénégal et bousculer les réseaux sociaux grâce aux mécanismes remplis de fun qui seront mis en place.

Ibrahima BA

ROKHAYA SOLANGE NDIR, LA COMMUNITY MANAGER DU « MADE IN SÉNÉGAL »
Rokhaya NdirVice-présidente de l’Association des femmes sénégalaises dans les Tic (Festic), Rokhaya Solange Ndir a une activité digitale (professionnelle, citoyenne et personnelle) très remarquée.

Mariée et mère de 4 enfants, originaire de Saint-Louis, Rokhaya Solange Ndir évolue dans le domaine des télécoms depuis 2002. Pendant 10 ans, elle a occupé différents postes au sein de la Direction Marketing de Sonatel avant de rejoindre les équipes en charge de la Responsabilité sociale d’entreprise. Elle pilote actuellement les relations avec les écosystèmes numériques. « La transformation digitale représente de nouvelles opportunités de développement économique et sociale, de transformation des métiers et d’offres d’emplois », pense-t-elle.

Un monde masculin
« Moteur d'un changement radical », le numérique a le « potentiel d'autonomiser des millions de personnes tout en fournissant aux entreprises des potentialités inégalées de création et de capture de plus de valeur ». Cette vision du numérique permet à Rsn d’avoir la conviction que « les femmes en tant que partie prenante de la société » ont pleinement leur rôle à jouer dans cette transformation digitale. Cependant, rien ne leur est servi sur un plateau d’argent car « le monde du numérique reste encore très masculin, même si les quelques femmes qui évoluent dans le secteur sont bien accueillies ». C’est un domaine qui a la particularité d’être « un outil au quotidien » et de création d’entreprises « communément appelées start-up ».

Ouverte sur le monde
Une caractéristique qui fait dire à la native de Ndar qu’il « est important que les femmes s’organisent au travers d’associations, de Networking, de monitoring afin que les plus aguerries puissent faire un transfert de compétences vers les autres ». Celle qui pilote les relations avec les écosystèmes numériques à la Sonatel est de nature à s’ouvrir aux autres. « J’aime beaucoup le contact avec les personnes », résume-t-elle. A travers le digital, Rokhaya Ndir échange « à grande échelle » avec le monde à travers le web 2.0. C’est le cas pour « sa passion du "Made In Sénégal" à travers l’animation d’une page Facebook et d’un compte instagram ». Ainsi, elle touche un « public national et international et surtout reçoit un feedback très positif et fait connaître la destination Sénégal ». Une femme digitale qui n’a rien à envier aux « millennials ».

M. DIOP

ROSE DIATTA, LA GEEK
Elle adore les « Story telling ». Cela tombe bien, sa vie en est une marquée par un « happy end ». Malgré les obstacles, la jeune bricoleuse, adepte de technologie et de technique, souhaite devenir ingénieur des télécoms.

Diplômée en Informatique industrielle et réseau en 2015, Rose Diatta (28 ans) a un parcours académique « naturellement » orienté vers « le métier d’ingénierie » dans les télécoms. « La série S2 me prédestinait vers une telle orientation. D’autant que plus jeune, j’aimais bricoler et avec une sœur ainée informaticienne, j’ai dû choper les ondes hertziennes en l’assistant quand elle travaillait à la maison », sourit-elle.

Commerciale
La suite fut moins joyeuse. « A cause de l’absence de proposition de travail après ma licence, j’ai dû, pendant 3 années, me reconvertir en commerciale dans diverses structures (des imprimeries et un call center). Tous les hommes de ma promotion (12) étaient déjà en poste. Seules les filles (2) étaient toujours à la recherche d’un emploi en adéquation avec notre formation commune ». Elle vante les mérites et l’esprit de son employeur qui a su lui donner sa chance. C’est pour cela qu’elle se définit en « WAW Girl » en référence à « WAW Telecom, un fournisseur d’accès internet 100% africain made in Sénégal ». Rose Diatta veut saisir la chance qui lui est offerte (« c’est un stage qui doit déboucher sur une promesse d’embauche », fait-elle savoir) d’exercer une activité professionnelle dans son domaine de prédilection. «  Comme tous les hommes à ce poste, je passe des heures devant un écran à « monitorer » le réseau », ajoute-t-elle.

La jeune femme n’hésite pas à parler de ségrégation qui serait due à « une incompréhension » sur ce poste technique. « Nous sommes aussi capables et gérons aussi bien voire mieux le stress des dépannages rapides », revendique-t-elle.

plutôt Geek que Digital
Elle est plutôt Geek que Digital car elle met la main dans le cambouis technologique. « Je ne suis pas une blogeuse et ne suis pas réellement à l’aise dans le rédactionnel, mon rôle va au-delà du terme digital. Je supervise le réseau, dépanne et assiste les éventuelles défaillances des signaux ». C’est une manière de montrer sa compétence dans ce secteur qui compte « 44% de femmes parmi les ingénieurs télécoms sortant » chaque année. Rose Diatta est consciente des efforts à faire pour combler la « fracture du genre » au Sénégal qui « dépasse de loin le seul secteur du numérique ». Ainsi, elle projette d’allier travail et étude pour faire les deux ans de formation qui lui sont nécessaires afin de devenir ingénieur en télécommunication.

Moussa DIOP

NDEYE FATOU NDIAYE BLONDIN DIOP : REINE DE LA MONÉTIQUE
Ndeye Fatou BlondinSur Facebook, dans une de ses publications où elle apparaît majestueuse avec une belle tenue traditionnelle, comme souvent, Ndèye Fatou Ndiaye Blondin Diop, parlant d’elle, dit ceci : « Une femme sénégalaise en mode "drianké" au son des chants Ngoyane ». Chanter les vertus et la conscience du « terroir » sur un support numérique, ce n’est pas une divergence. Cela montre, au-delà des mots, une facette de la personnalité de celle que les honneurs, sous d’autres cieux, et l’enviable trajectoire professionnelle pouvaient griser. Quand elle recevait une formation d’ingénieur en télécommunication, il n’y avait pas beaucoup de femmes qui s’aventuraient dans cet univers de brillants esprits.

L’ancienne ministre des Technologies de l’information et de la Communication sous le président Abdoulaye Wade marche dans une allée de grâce qui lui vaut le respect des siens et de l’« ailleurs ». Cette spécialiste des politiques numériques a été ingénieur en recherche et développement au sein du groupe Orange France. Son expertise a aussi été utile en Afrique centrale où elle a été consultante de politique numérique. Elle continue d’apporter sa contribution dans ce secteur du présent et de l’avenir d’une Afrique que sa créativité et de celle qui se meuvent dans ce « cosmos » pourrait faire sauter des étapes intermédiaires.

Mme Diop Blondin est, aujourd’hui, consultante en E-santé pour l’Union internationale des Télécommunications, coordinatrice du projet BeHealthyBemobile. L’ancienne présidente du Collège de l’Autorité de régulation des Télécommunications et des Postes est la directrice générale de l’innovant groupe « Monétis », société opérant dans la monétique. Membre de la plateforme « Avenir Sénégal Bii nu Bëgg », elle est aussi d’une grande noblesse d’âme. Son action utile et discrète en faveur des programmes de développement des femmes à Mbour en est une parfaite illustration. Son inspirante œuvre en cours abat les cloisons construites sur le genre et celles-là entre l’action citoyenne (partant de ses performances dans son champ de prédilection) et l’engagement politique.

Alassane Aliou MBAYE

NAFISSATOU NDIAYE DIOUF, SPECIALISTE DES RELATIONS PUBLIQUES ET COMMUNICATION : « LE NUMÉRIQUE MET TOUT LE MONDE SUR UN PIED D’ÉGALITÉ »
Elle a travaillé presque sur tout le continent africain, comme reporter ou directrice de Communication et des Relations publiques. Nafissatou Ndiaye Diouf, ancienne reporter de AP, est désormais consultante pour de nombreux projets en Afrique, avec son agence qu’elle a fondée.

Qui est Nafissatou Ndiaye Diouf ?
Nafi NdiayeVaste question ! Je ne sais pas si je saurai y répondre moi-même ! Je crois qu’on pourrait dire pour commencer que j’aime être là ou l’action se déroule, j’ai peut-être gardé cette « déformation professionnelle » de mon expérience de reporter à l’Agence de Presse Américaine (AP). J’ai toujours aimé bouger, voyager pour aller explorer de nouveaux horizons. Cela a commencé avec mon départ pour l’Angleterre où je suis partie étudier les langues étrangères appliquées, (notamment l’Anglais et le Russe). À l’université, j’évoluais dans un environnement très cosmopolite et ça m’a ouvert les yeux et l’esprit sur un monde de possibilités.

Puis j’ai souhaité revenir au Sénégal. Pas seulement parce que c’était chez moi, mais parce que beaucoup de choses s’y passent et que je sentais que  je pouvais avoir un rôle et une modeste contribution à apporter. Au gré des missions, comme reporter ou directrice de Communication et des Relations publiques, j’ai travaillé plus ou moins sur tout le continent africain, puis peu à peu je me suis concentrée sur l’Afrique francophone et l’Afrique de l’Ouest en particulier. J’ai eu l’opportunité d’effectuer des missions de relations publiques et de communication, surtout à un niveau institutionnel pour de grandes initiatives de développement, mais aussi pour des multinationales comme GSK, La Fondation MasterCard, Standard Bank, Samsung, Visa, la Rockefeller Foundation qui s’implantaient sur le Continent ou voulaient renforcer leur visibilité par des opérations de relations publiques de haut niveau.

 Je suis ravie d’avoir pu « faire mes armes » sur des projets très importants et d’avoir eu à relever des défis auprès de publics aussi variés. C’est comme ainsi que, chemin faisant, j’ai découvert que j’avais des aptitudes pour piloter des projets et injecter mon esprit d’initiative dans un travail d’ouverture et de construction d’images. C’est d’ailleurs cela qui m’a donné envie de créer ma propre agence.
  
Pourquoi avez-vous choisi le digital comme support de travail ?
 Au départ, c’était parce que c’était le seul média qui permettait d’être en contact tout le temps, partout, avec tout le monde. On pouvait avoir accès aux quatre coins du monde avec un écran. C’était assez séduisant comme concept. Et puis rapidement, tout allait plus vite, plus loin, plus fort. Quel extraordinaire vecteur Internet représente quand on a pour métier de communiquer et d’adresser des messages !  Et puis naturellement, c’est le monde entier, les médias, les industries, la technologie qui sont entrés dans l’ère digitale. La révolution numérique s’est opérée très vite. Et tous les jours, elle continue d’ouvrir de nouvelles portes et de créer de nouvelles possibilités. C’est à la fois fascinant et très excitant. Regardez toutes les start-up qui se sont créées autour des applis, les projets qui ont été financés sur le Net, les frontières qui sont tombées grâce au numérique. On ne cherche plus du travail en se rendant en costume à un salon de l’emploi, on se connecte !

C’est le monde qui a changé, je crois. Internet est devenu la langue commune à tous les peuples du monde, c’est une langue que tout le monde parle. La preuve en est que dans les pays qui censurent, la première chose qui est mise sous séquestre c’est Internet. Non, je dirais que je suis une professionnelle de mon temps, j’ai appris à porter ma voix avec de nouvelles technologies, c’est tout.
 
Avez-vous été confrontée à des difficultés dans ce secteur parce que vous êtes une femme ? 
Je n’ai jamais vu le fait d’être une femme comme un frein ou une difficulté. Au contraire, je suis une femme de défis, j’aime être là où on ne m’attend pas. Vous savez, que ce soit reporter en zones de crises ou consultante dans des réseaux institutionnels, les univers dans lesquels je me suis formée étaient plutôt des univers d’hommes ! Alors être une femme dans ces univers-là m’a poussé à m’affirmer davantage et à sortir de mon cocon et j’en suis bien heureuse. Quant au secteur numérique, il a cette particularité qu’il met tout le monde sur un pied d’égalité : hommes, femmes, diplômés, autodidactes… Vous avez vu le nombre d’adolescents devenus millionnaires avec Internet ! Non, je crois qu’à la condition que vous sachiez de quoi vous parler, que vous connaissiez la technologie et que vous sachiez où vous voulez aller, le numérique est plutôt confortable.

Quelles sont les solutions que préconise « Missions Ponctuelles », que vous venez de lancer, pour l’intégration africaine par le travail ?
Missionsponctuelles.com, c’est la toute première plateforme de collaboration professionnelle qui met en relation des travailleurs indépendants, jeunes diplômés en Afrique de l’Ouest francophone avec des entreprises à la recherche de talents. J’ai lancé ce projet avec comme objectif de créer la plus grande base de données de talents de la sous-région ouest-africaine afin de permettre aux jeunes diplômés, mais aussi aux consultants plus expérimentés, de proposer leurs expertises sur le marché africain et au-delà. En Afrique francophone, il y a un « boom » technologique qui est en train de se passer. Les entreprises qui s’implantent, startups, les PME ont un potentiel énorme et des besoins en ressources humaines de qualité. Ce qu’ils cherchent ce sont des experts qualifiés, indépendants, volontaires, prêts à prouver leurs talents ; Missions Ponctuelles est l’outil par excellence qui leur permettra de briller. Ce ne sont pas forcément des postes à temps plein ou durée indéterminée, mais des missions, des projets ponctuels, qui seront un tremplin pour lancer leur carrière.

Cette nouvelle génération, souvent polyvalente, ne demande qu’à prouver sa valeur sur des missions… ponctuelles ! C’est ce qui s’appelle mettre le pied à l’étrier. Il ne faut pas oublier tous les séniors qui, par choix, souhaitent faire valoir leurs compétences en utilisant le digital.

Propos recueillis par M. DIOP

La transparence trahie

13 Mar 2018
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La vie privée n’est pas une parenthèse dans l’histoire de l’humanité qui s’achève avec la révolution numérique marquée par des entorses à ce sacro-saint droit sur les réseaux sociaux. Les dérives numériques détournent la transparence – « un instrument contre le despotisme opaque des pouvoirs » (selon Denis Olivennes qui traite, avec Mathias Chichportich, du sujet dans le livre « Mortelle transparence », Ed. Albin Michel, 2018) – pour en faire l’outil d’une chasse à l’homme. Au Sénégal, avoir un jardin secret n’est pas toujours synonyme de liberté mais d’une « suspicion d’atteinte à la morale ». C’est en contradiction avec nos sociétés ancestrales où le « Mbagne gathie » est un élément essentiel parmi les structures de l’habitat traditionnel. Dans le vade-mecum des dangers du digital, le désir de transparence est en bonne place. Désormais, tout savoir sur tout et tout le monde ne choque plus.

L’exigence de transparence est une vertu en politique. Ailleurs en société, elle peut être ce « despotisme sournois » dont parlait Tocqueville. Dans nos entreprises, au bureau, dans les usines, les écoles, les familles, on s’épie entre collègues pour nuire. Dans ces stratagèmes malsains, les Tic sont détournées pour être de bons chevaux de Troie. On n’est plus dans un désir de transparence mais celui de trahir.

Par Moussa Diop

Il y a des périodes comme celle que nous connaissons actuellement où l’on est particulièrement fière d’être africain. Non pas parce qu’en d’autres temps on l’est moins, mais tout simplement, depuis quelques années, l’Afrique emprunte les voies qui la mènent au développement avec audace et innovation ! Cette innovation, elle en est l’acteur principal, guidée par la volonté farouche d’une jeunesse (Diaspora et locaux confondus) de participer à la construction du monde de demain. Pas une journée ne passe sans que l’on vous dise que le continent africain est celui de l’avenir, tous les grands événements locaux, nationaux et internationaux font la part belle à l’Afrique. De la littérature à la Tech en passant par la mode, l’Afrique est de rigueur avec un grand changement : on parle d’Afrique, de son avenir mais maintenant on le fait avec les Africains eux-mêmes, qui prennent la parole et démontrent au monde ce que l’Afrique est aussi ! Sans aucun doute, un continent avec ses réalités et ses difficultés mais surtout une source d’espoir et de talents. Le numérique est venu comme un accélérateur amplifier cette révolution en marche sur le continent.

J’aimerai donc partager avec vous deux événements qui m’ont marqué ce mois-ci. D’abord, le Global Startup Week-end Women que nous avons porté à Paris pour encourager l’entrepreneuriat féminin. 54h pour mettre sur pieds un projet de start-up et le « pitcher » sous le regard bienveillant d’un jury, avec en ligne de mire la grande finale qui se tiendra à Paris en mars. Quelle fût ma fierté de voir s’aligner les noms de villes africaines qui organisaient en simultané le GSWW ! Alger, Antananarivo, Bamako, Dakar, Douala, Durban, Oran et Tunis. Les start-upeuses africaines aussi prennent le pouvoir ! Enfin, ma rencontre avec Momar Diop, serial entrepreneur franco-sénégalais, à la tête de la start-up Africa Digital Native (ADN) incubée à la Station F, temple de l’innovation à Paris. Momar et son équipe créent et commercialisent des solutions soft engineering adaptées aux problématiques et aux marchés africains, donc à économie africaine. Ces outils destinés notamment aux banques et aux assurances font la promesse de réinventer la relation avec le client. Ces deux temps forts démontrent que l’Afrique est dans le Game aux côtés des pilotes internationaux de l’innovation. Nous suivrons donc avec intérêt les acteurs africains les prochains rendez-vous de l’innovation.

Madi SEYDI, Head of digital basée à Paris

A l’occasion du Mobile World Congress, Mastercard a annoncé qu’elle utiliserait Facebook Messenger pour offrir aux petites entreprises d’Afrique et d’Asie la technologie dont elles ont besoin pour accepter les paiements électroniques et mobiles.

L’accès aux paiements numériques aidera ces entreprises à se positionner sur de nouveaux marchés et à débloquer des services et produits financiers qui leur permettront d’accroître leurs revenus. C’est au Nigeria que Mastercard lancera le programme Messenger en pilotant un nouveau Masterpass QR bot pour aider les dirigeants d’entreprises à passer des transactions en espèces aux paiements par code QR. Ecobank et Zenith Bank soutiendront ce programme inaugural. Le projet pilote au Nigeria n’est que la première phase d’un plan plus vaste de ces deux entreprises visant à intégrer davantage d’entreprises dans l’économie numérique. D’après une étude réalisée par The Fletcher School et Mastercard Center for Inclusive Growth, 98% des 301 milliards de dollars de mouvements de fonds provenant des consommateurs vers les entreprises au Nigeria sont encore effectués en espèces.

Les Adicomdays, une rencontre pour mettre en lumière la créativité digitale de la jeunesse africaine, dont 86% a accès à Internet, ont récompensé, le 2 mars à Abidjan, sept lauréats lors de la remise des prix « Adicom Awards ». 

Les lauréats viennent de la Côte d’Ivoire (5), du Nigéria (1) et du Cameroun (1) et ont été primés dans le domaine de la culture, du food, de l’impact social, de la mode et de la beauté, des influenceurs tech, du voyage, des jeunes talents. Il y a eu également un prix spécial AdicomAwards (Côte d’Ivoire).

Présentée par TV5Monde et co-organisée par Veilleur des Médias, expert du suivi et de l’analyse de la presse et du web, ainsi que par Totem Expérience, en présence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Poste, Monsieur Bruno Koné, la soirée a récompensé les « influenceurs » dans différentes catégories (entre autres culture, gastronomie, voyage et technologies) au Cinéma Majestic du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Rappelons qu’en Afrique plus de 840 millions de jeunes de moins de 25 ans vivent une transformation digitale sans précédent.

81% de la population possède un téléphone mobile – soit 995 millions d’individus. Cette transformation digitale peut contribuer de façon décisive au développement du continent. Les « influenceurs » récompensés participent activement à la créativité digitale du continent africain. À travers cette initiative, les lauréats sont mis en relation avec les marques pour d’éventuelles collaborations.

Le projet Jokkokids, impulsé par le programme Jokkolabs, un espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, a accompagné près de 800 enfants. Le but, stimuler leur créativité avec le numérique.

Le développement du numérique s’est amorcé et annonce de nouveaux défis. Au Sénégal, 21,7 % de la population ont accès à Internet. Ce sont des enjeux importants pour la diffusion du numérique autour de la problématique : comment prétendre à l’égalité des usages et la maîtrise des outils ?

Pour l’espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, Jokkolabs, les nouvelles technologies ouvrent de nouvelles voies et les enseignants constituent ainsi la pierre angulaire d’une éducation renouvelée et adaptée. Jokkokids propose d’y associer la qualité des animations périscolaires en fédérant des animateurs, clés de voûte du continuum à opérer entre l’école et « dehors », et entre les outils numériques et les apprentissages, pour accompagner les enfants d’aujourd’hui à devenir des adultes accomplis.

Après deux années de fonctionnement, le projet Jokkokids, sous l’impulsion du programme Jokkolabs, a accompagné près de 800 enfants. Initié en 2016, avec le soutien de la Fondation Osiwa, Jokkokids est un projet pluridisciplinaire open-source et un réseau d’innovateurs, animateurs et organisations qui développent des opportunités éducatives afin de stimuler la créativité des enfants par l’usage des technologies, en lien avec l’expression de soi, au sein d’une démarche inclusive. Après cette phase expérimentale, l’idée de ce programme, a expliqué Fatoumata Niang Niox, directrice exécutive de Jokkolabs Sénégal, c’est de préparer les compétences des enfants pour le futur. Pour cela, elle a fait savoir, au cours d’une conférence de presse, samedi : « Nous sommes allés sur trois champs d’action : le numérique qui est une valeur sûre de nos jours, le développement de l’expression de soi et les potentiels en termes de fabrication ». Ces trois champs, par leur transversalité, ont été mis ensemble pour faire Jokkokids. Une fois le programme en marche, « nous avons mis en place des Kidslabs qui sont des espaces pour accueillir des enfants de 6 à 12 ans pour les préparer aux métiers du numérique », a détaillé M. Niox, relevant que beaucoup de séances de programmation simple pour les enfants ont été faites. S’y ajoutent des sessions sur la fabrication avec du matériel recyclé à utiliser pour en faire un micro, une voiture ou un petit hélicoptère. Autre volet du projet, le développement de l’expression de soi qui passe par la danse, l’écriture. « On s’est beaucoup focalisé sur l’écriture parce que les ateliers créatifs sont importants, car stimulant toute la créativité de l’enfant », a souligné Fatou Niang Niox. En règle générale, ces Kidslabs reçoivent les enfants pendant les week-ends ou les vacances scolaires. Un aspect du projet sur lequel la directrice exécutive a insisté, c’est celui du volet social qu’elle a jugé « très important avec l’implication des enfants vulnérables ».

Au-delà du Kidslabs, le projet a développé beaucoup d’activités nomades, notamment au Samu social, à l’Institut français de Dakar où des enfants de la rue ont été invités grâce au partenariat avec l’association « Help the street children ».

Le projet Jokkokids, c’est aussi des interventions dans les régions comme Kaolack et Ziguinchor.

Après deux années d’expérimentation, Jokkolabs Sénégal entend pérenniser Jokkokids en l’intégrant dans le système éducatif national.

E. Massiga FAYE

La compétition « mYouth 2.0 » Sénégal vient d’être lancée. La structure Mobile4Senegal encourage ainsi les développeurs et entrepreneurs évoluant dans le mobile au Sénégal à soumettre leurs projets à la compétition internatinale mYouth 2.0.

Le projet « mYouth 2.0 – mobile, young, opportunity, unity, technology, help » est un projet qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des jeunes dans le domaine du mobile », renseigne un communiqué. Le projet est cofinancé par le programme Erasmus de la Communauté européenne et conduit par mladiInfo international. Il implique des organisations et des jeunes de douze pays : Autriche, Ghana, Hong Kong, Kenya, Macédoine, Philippines, Pologne, Sénégal, Roumanie, Singapour, Tanzanie et Vietnam. Avec mYouth 2.0, informe le document, les participants vont utiliser leurs compétences en développement mobile et en acquérir de nouvelles dans un contexte international. Des informations complémentaires sur mYouth 2.0 sont disponibles sur : http://myouth.eu.

Dans sa démarche, mYouth 2.0 fournit un espace privilégié où les participants vont prendre part à des compétitions mobiles locales et représenter leur pays au niveau international. Les partenaires de chaque pays vont mettre en place ces compétitions. La compétition mYouth 2.0 du Sénégal est organisée par Mobile4Senegal (http://mobilesenegal.org, https://facebook.com/mobilesenegal).

Les meilleures équipes seront sélectionnées pour représenter le Sénégal, d’abord au Ghana pour un hackathon, puis en Macédoine pour une formation en business development et, enfin, en Autriche lors des European Youth Awards http://www.eu-youthaward.org (Catégorie mYouth 2.0). Ils bénéficieront d’un encadrement par des experts en technologie et en business development.

Selon le document de présentation, la compétition est ouverte jusqu’au 4 mars 2018 et les soumissions se font en ligne : http://bit.ly/myouth2sen. Des informations complémentaires sur la compétition sont disponibles sur : http://bit.ly/mythou2sensite.

Les applications mobiles seront évaluées selon les critères suivants : admissibilité, motivation de l'équipe, qualité de l'application mobile, innovation, impact social, potentiel commercial et durabilité.

E. Massiga FAYE

Des Sénégalais qui ne savent ni lire ni écrire en français ou même dans les leurs langues nationales peuvent avoir des renseignements sur les procédures administratives comme l’obtention des extraits d’état civil, les casiers judicaires ou encore sur la fiscalité. L’ingénieur Mamadou Diagne a développé une application qui facilite l’accès aux informations en mode hors connexion pour les usagers détenteurs de téléphone portable et de tablette sous Android.

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) a décerné le Prix de l’Emergence au projet I-Citoyen à l’issue du concours « eGovlab Challenge ». Le projet, porté par Mamadou Diagne, permet à l’écrasante majorité des Sénégalais qui n’ont pas fréquenté l’école des Blancs d’avoir accès aux informations administratives. Cette innovation lutte contre l’inclusion. Près de 54,6% de la population sénégalaise n’accédant pas aux informations administratives, l’ingénieur Mamadou Diagne a développé une interface avec des images emblématiques des services comme la justice, la finance, les actions sociales, le système sanitaire. L’objectif est de permettre à ceux qui ne parlent pas français et qui ne savent pas lire de se renseigner.

Tout citoyen détenteur d’un téléphone Smartphone ou d’une tablette sous Android est guidé par des messages vocaux dans sa recherche d’informations. D’emblée, l’utilisateur est invité à choisir la langue de sa convenance par les messages vocaux en wolof, sérère, pulaar. La grande innovation réside dans le fait que cette application fonctionne en mode hors connexion. « I-Citoyen aide les personnes à s’informer sur les procédures administratives en wolof, sérère, pulaar, mandingue, soninké, diola, hassaniya, balante mancagne, noon, manjack, bédik, saafi-saafi.

Tout est disponible en mode hors connexion », informe le porteur du projet.

L’ingénieur pense que le téléphone est l’un des moyens de communication qui aide  l’usager à mieux s’informer. C’est pour cela qu’il a choisi de le mettre au service de la démocratisation de l’accès aux informations administratives. « Avec un taux de pénétration qui est estimé à 116,71% et un parc de téléphonie mobile de 15.765.524 lignes en 2016, le téléphone mobile reste le meilleur vecteur pour l’accessibilité à l’information administrative », croit Mamadou Diagne. La pertinence de cette application n’est plus à discuter. La demande est forte au regard du nombre de Sénégalais qui cherchent des renseignements à distance sur le portail des procédures administratives. « Le portail des procédures administratives est l’un des services les plus innovants de l’État du Sénégal avec un nombre record de visites, dans une société de l’information où l’accès à l’information administrative est un droit. I-Citoyen veut être le futur partenaire de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) pour réduire les inégalités liées à l’accès à l’information », souhaite M. Diagne. L’utilité, l’état d’avancement du projet, entre autres, ont convaincu les membres du jury à attribuer le Prix de l’Emergence à Mamadou Diagne pour la catégorie de « la Ville intelligente ».

Cette innovation est rangée dans la catégorie des outils et des approches qui améliorent la qualité de vie des citoyens dans des villes où ce n’est pas facile de se déplacer. Le concepteur et les autres membres de l’équipe (Marima Dos Santos, Sanou Coumba Faye) ont remercié le ministre en charge des Télé-services de l’Etat et l’Adie qui a initié ce concours considéré comme une vitrine des projets digitaux portés par de jeunes entrepreneurs sénégalais et de la diaspora. « C'est avec une grande joie que notre projet I-Citoyen a reçu le Prix de l'Emergence. Cette récompense prestigieuse est une vitrine pour nous, jeunes entrepreneurs sénégalais. Elle valorise notre travail, nous rend plus crédibles auprès des banques et des investisseurs. En effet, il est très difficile de rivaliser avec les grandes multinationales qui nous écrasent très souvent », confie Mamadou Diagne.

L’équipe réfléchit à élargir l’offre de services. Elle souhaite être l’interface entre les Sénégalais de la diaspora et l’administration sénégalaise. L’ingénieur a constaté que des Sénégalais de l’étranger ont tous les problèmes pour avoir des papiers administratifs. Mamadou Diagne et ses camarades comptent donc lever cette contrainte. Mais, pour cela, il faudra nouer un partenariat avec des services de l’Etat comme l’Adie et le ministère de l’Intérieur.

Idrissa SANE

Le recteur de l’Ugb, Pr Baydallaye Kâne, a lancé le projet «Saint-Louis Numérique 2025» dans les locaux du Conseil départemental de la vieille ville. Ce projet évalué à plus de 17 milliards de FCfa va doper l’économie de la région de Saint-Louis.

Saint-Louis dispose désormais d’un projet numérique. Il a été lancé par le recteur de l’Université Gaston Berger (Ugb), le Pr Baydallaye Kâne, en présence du président du Conseil départemental, Me Moustapha Mbaye, des représentants des ministères de l’Enseignement supérieur, des Télécommunications, du directeur de l’Agence régionale de développement (Ard) Ousmane Sow, de l’adjoint au maire de Saint-Louis, Balla Guèye et de plusieurs élus locaux. Le coordonnateur de ce projet, Pr Ousmane Thiaré de l’Ugb, a rappelé que Saint-Louis Numérique 2025 est un projet de développement territorial. Il est  axé sur l’économie numérique avec des résultats qui vont impacter le développement économique et social des collectivités locales du Nord du Sénégal. L’objectif principal du projet est de doper la croissance économique et d’améliorer le bien-être des populations. Le numérique, a-t-il précisé, est un véritable outil de transformation économique et sociale. « C’est un accélérateur de croissance économique à travers la diffusion et la transformation », a expliqué M. Thiaré. L’Université Gaston Berger de Saint-Louis, à travers le Centre d’excellence africain en mathématiques informatiques et technologies de l’information et de la communication (Cea-Mitic), a initié la réflexion en mai 2016 lors d’un atelier d’élaboration du plan stratégique « Saint-Louis Numérique 2025 (Sln/2025) ». La rencontre avait réuni les représentants des collectivités locales concernées par le projet que sont les départements de Dagana, de Podor et de Saint-Louis ainsi que les 38 communes de ces trois départements.

Potentiel scientifique et technique
Au sortir de cet atelier, un certain nombre de projets avaient été proposés pour constituer le socle du plan stratégique Sln/2025. De l'avis du Pr Ousmane Thiaré, il convient à présent de démarrer cet ambitieux programme. Pr Baydallaye Kâne a, à son tour, laissé entendre que l’initiative du Cea/Mitic de l’Ugb de faire bénéficier la région nord de son immense potentiel scientifique et technique est naturelle. « C’est aussi un devoir », a-t-il souligné. Le recteur a lancé un appel à tous les partenaires, à la tête desquels les collectivités locales, pour une mobilisation autour de ce projet qui va transformer qualitativement les conditions de travail et de vie des populations de la région de Saint-Louis. Il a rappelé que le projet vise le développement de la région de Saint-Louis à travers l’économie numérique à l’horizon 2025. « L’enjeu est de s’appuyer sur les Tic pour éclore et optimiser le potentiel des terroirs concernés, dans les secteurs tels que le tourisme, l’agriculture, l’élevage et la pêche », a-t-il signifié. Rappelant les possibilités que ce projet peut offrir, le recteur de l’Ugb a cité la création d’incubateurs, de pépinières d’entreprises et d’espaces de coworking pour l’emploi des jeunes en milieux urbains et ruraux. Il a aussi fait allusion à la possibilité de promouvoir un large accès au réseau Internet avec un très haut débit, l’aménagement d’espaces numériques et de faire de l’île de Saint-Louis un free wifi zone, de moderniser des collectivités locales par la dématérialisation des procédures administratives.

La réhabilitation, la restauration, la gestion du patrimoine, la gestion de l’information sur la pêche, la disponibilité de ressources pédagogiques, la mise en place d’une plateforme de tutorat en ligne, d’une plateforme de gestion de l’information médicale en local figurent en bonne place dans les perspectives de ce projet.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les « Mardis du numérique », qui sont à leur 7ème édition, ont permis aux acteurs de la santé et aux responsables d’African performance institute (Api) de démontrer l’importance du numérique dans la facilitation de l’accès aux soins de qualité par le biais de la télésanté et de la m-santé. Les nouvelles technologies sont aussi un puissant outil de sensibilisation et prévention des maladies.

« La santé à l’ère du digital : quel enjeu pour le Sénégal ? » Tel est le thème de la 7ème édition de la conférence des « Mardis du numérique ». Cette rencontre, initiée par African performance institute (Api), a pour but de servir de plateforme d’examen des différentes problématiques liées à la construction et la transformation numérique. Elle a été présidée, le 20 février, par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. Ce dernier a informé les organisateurs que son département a lancé le processus d’adoption de la « Stratégie nationale de santé digital 2018-2022 ». Selon le ministre, c’est pour impulser et promouvoir l’accès aux soins de qualité par le biais de la télésanté et de la m-santé. L’objectif recherché également est la prévention et la prise en charge du risque maladie à travers une plus large diffusion d’informations sur la santé et une digitalisation de la Couverture maladie universelle. En outre, le renforcement des performances du personnel de la santé par l’utilisation des Tic et l’amélioration de la gouvernance sanitaire grâce à la disponibilité de l’information sécurisée font partie de cette stratégie. « Le thème est parfaitement aligné sur notre Stratégie nationale dont la mise en œuvre va démarrer, courant 2018, sous la coordination de la Direction générale de la santé à travers la cellule de la carte sanitaire, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé », a noté Abdoulaye Diouf Sarr. Selon lui, « la santé numérique nous invite à revisiter nos pratiques à l’aune des opportunités et des risques que présentent les technologies de l’information ».

Le ministre de la Santé a reconnu que, grâce aux Smartphones, chaque personne a la possibilité de contrôler son indice de masse corporelle, sa tension et son taux de glycémie. « Il est donc possible d’anticiper sur la maladie grâce à une bonne information sur la santé et à la promotion en ligne d’une bonne hygiène de vie », a commenté M. Sarr. Et à son avis, à l’ère du digital, la santé doit être gérée autrement, c’est-à-dire en prenant en compte des besoins des populations. Ces nouvelles technologies, a-t-il estimé, ne doivent pas être perçues uniquement comme des services, mais comme des solutions.

Le président d’African performance institute, Ibrahima Nour Eddine Diagne, en décortiquant le thème, a souligné que le numérique donne l’opportunité de faire la connexion entre toutes innovations connues dans le domaine du digital et de la santé en tant que pratique multisectorielle qui, dans son évolution, n’est jusqu’à présent pas encore bouleversée par les métiers du numérique. « Nous avons voulu, à travers notre rendez-vous des « Mardis du numérique », poser le débat devant le ministre et ses collaborateurs », a-t-il renseigné. M. Diagne a, par ailleurs, affirmé que le médecin d’aujourd’hui doit être à l’heure de l’actualité du numérique. « Il doit aussi être capable de pouvoir faire ses consultations, ses analyses et des diagnostics en utilisant les nouvelles technologies de la communication », a-t-il conseillé, d’autant plus que, dans l’avenir, le médecin fera face à un concurrent qui s’appellera l’intelligence artificielle.

Eugène KALY

A près d’un an du premier tour de la présidentielle sénégalaise (24 février 2019), l’état des lieux montre comment la future part centrale du digital dans cette joute électorale est soumise à des impératifs d’innovations.

Dans cette arène virtuelle aux réels enjeux qu’est la communication digitale, les adversaires politiques n’ont pas toujours les mêmes artifices ni les mêmes degrés de préparation, tout en reconnaissant, en revanche, l’importance des pas à franchir. Mamadou Ndiaye, spécialiste de la communication digitale et professeur au Cesti, en apporte un éclairage. « Vu le développement fulgurant de l'Internet mobile en termes d'utilisateurs (plus de 9 millions d'abonnés) et compte tenu de la grande accessibilité des terminaux mobiles et intelligents (Smartphones, tablettes et postes de télévision), nous pouvons parier que la communication digitale occupera une place importante dans l'élection présidentielle de février 2019 ».

Obama, le pionnier
C’est une position souscrite par Charles Sanches tout en nuançant son propos en mettant la balle dans le camp des formations politiques. « La com' digitale prendra la place que les états-majors des candidats voudront bien lui donner », fait-il remarquer. Les exemples du candidat Macron (France) ou même Trump (Etats-Unis), plus récents, montrent le basculement de leurs élections respectives en mobilisant notamment les abstentionnistes. L’utilisation de la plateforme américaine NationBuilder, une énorme base de contacts, permettait de toucher un maximum d’électeurs. Mais, le pionner dans ce secteur est sans conteste Obama. « En 2008, sa stratégie digitale audacieuse ne se limitait pas juste à être présent sur certaines plateformes communautaires ; son équipe avait défini comment chaque plateforme devait être exploitée et comment l'information y serait agencée », ajoute M. Sanches.

Un terreau fertile
Au Sénégal, les moyens peuvent ne pas être les mêmes pour les potentiels candidats à la location de l’avenue Léopold S. Senghor. Il en est de même pour la sociologie des électeurs. Mais, il y a un terreau fertile à la chasse à l’électeur digital. Effectivement, Internet et les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans un plan de communication de masse. « Les audiences sont bonnes, la mise en œuvre d'actes de communication et/ou de propagande est plus rapide », note Mamadou Ndiaye. « Avec les supports digitaux et en ligne, faire ou répondre à une manipulation politique devient un jeu d'enfant », assure-t-il. Un jeu aux apparences plus complexe qu’il n’y paraît et qui pourrait profiter à d’autres forces en dehors du huis clos politique traditionnel. « Si nos hommes politiques manquent d'innovations en la matière, il y a un risque qu'ils laissent l'initiative à la société civile qui, elle, les bousculera. Ils ont donc intérêt à bousculer leurs habitudes et à sortir de leur zone de confort habituel, sinon ils vont déchanter », martèle l’universitaire. Tout un programme.

Par Moussa Diop

COMMUNICATION DIGITALE EN POLITIQUE ENTRE PONCIFS ET ORIGINALITÉ
Etre populaire sur les réseaux sociaux numériques, c’est comme être riche au jeu du Monopoly. C’est un poncif aux allures d’assertion péremptoire. Cependant, il n’a pas le défaut du manque de corrosivité, même si elle ne fait pas toujours rire les politiques en mal d’audience, d’égo, mais surtout à la communication incertaine pour les futures échéances électorales. Ceux qui rassemblent toutes ces « tares » se ruent sur la communication digitale comme on se jette, à genoux, dans l’eau inespérée d’une oasis, lors d’une traversée du désert, sans se soucier si elle est potentiellement dangereuse. En effet, l’horizontalité du digital permet de vérifier la tarte à la crème sous forme de poncif historique qui veut qu’il soit « plus facile de détruire que de construire ».
 
Elle est encore plus avérée quand il s’agit de réputation digitale. En politique, communiquer est synonyme de chercher à fixer une prise de position en se basant sur l’argumentation et la légitimité. Chaque intervention doit être minutieusement choisie, car avec le digital, chaque information peut être partagée, commentée et aussi circuler sans limite, notamment avec les réseaux sociaux. Des prises de position de politiques ou de leurs partis sur Twitter ou Facebook génèrent presque immédiatement de vives oppositions du camp d’en face. Le contraire est une originalité.

« Le digital, c’est technique. Il requiert qu’on le confie à quelqu’un qui s’y connaît », avertit Charles Sanches, activiste et ancien membre de la com’ digitale de la Croix-Rouge à Dakar. Il poursuit : « Il ne suffit pas juste d’avoir du succès sur les réseaux sociaux ou d’avoir de la répartie pour savoir l’utiliser, parce que la stratégie devient conjoncturelle. Ainsi, à la première crise, tout s’écroule alors que pour avoir des résultats sur le long terme, la communication digitale doit être structurelle ». L’hybridité de la communication digitale en politique au Sénégal est ainsi justifiée. Elle est souvent mi-professionnelle mi artisanale. « Dans un pays avec un nombre d’internautes assez réduit (4 119 527 selon internetwordstats), l’utilisation des médias traditionnels offre une meilleure visibilité aux acteurs politiques », conseille Mamadou Ndiaye, professeur au Cesti. Et le serpent se mord finalement la queue. Autre poncif à l’originalité floue comme la com’ digitale en politique au Sénégal.

CHARLES SANCHES, BLOGGEUR : « AU SÉNÉGAL, C’EST UNE COM’ PLUS ARTISANALE QUE PROFESSIONNELLE »
Enseignant, consultant, mais surtout coordinateur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (Pplaaf), Charles Sanches a un regard critique sur la communication digitale des politiques au Sénégal.

Il a suffi d’une scène pour étaler au grand jour les difficultés de la communication digitale en politique. Lors de sa récente visite au Sénégal, Macron s’adresse à une élève du collège de Hann : « Ça fait combien de temps que vous êtes 28 ? » La réponse de la jeune collégienne (« Ça fait trois jours ») a déclenché l’emballement des réseaux sociaux numériques où on débattait de la probabilité ou non d’une volonté de « cacher » les réels effectifs de classe du collège estimés à 60.

« Réinventer la communication politique »
« Je crois que cela montre toute la volatilité des réseaux sociaux où les acteurs d’une scène ont eux-mêmes toutes les difficultés du monde à la maîtriser », analyse Charles Sanches. Pour étayer son point de vue, cet ancien de la cellule de communication du Comité international de la Croix-Rouge à Dakar et également bloggeur fait une mise en perspective : « Un spectateur hors du champ va récupérer un élément hors contexte, et c’est cet élément qui l’emportera sur tout le reste. Il y a eu tellement d’interprétations sur cette histoire des « 28 élèves », mais les gens préfèrent garder ce qui les intéresse. Il y a un décalage entre une communication institutionnelle qui se veut sérieuse et les utilisateurs des réseaux sociaux qui sont dans l’instantané, l’emballement et l’effet boule de neige ».

Charles Sanches attire l’attention sur la différence entre la communication politique et la communication digitale appliquée à la politique. Convaincu qu’une présence sur les réseaux sociaux n’est pas forcément synonyme de stratégie digitale, l’activiste pense que la communication digitale en politique au Sénégal est « plus artisanale que professionnelle ».

Développer une stratégie digitale
Deux raisons principales l’expliquent. Premièrement, les politiques ainsi que les structures politiques « n’ont pas compris que Internet et surtout le web 2.0 ont induit des nouveaux comportements des citoyens, potentiels électeurs et électeurs. Les individus sont, aujourd’hui, plus puissants que les institutions ». Deuxièmement, pour parler de communication digitale, cela suppose, au préalable, « le développement d’une stratégie digitale, avoir des cibles, maîtriser les codes des réseaux sociaux et développer une stratégie de contenus ». Le bloggeur n’est pas sûr « que les partis politiques aient intégré les métiers du digital dans leurs structures, (car ils continuent) de voir le digital comme quelque chose d’à-côté, de marginal (alors qu’il est) central ».

M. DIOP

EL HADJI KASSÉ SUR LA COMMUNICATION DIGITALE DE MACKY SALL : « C’EST UNE VOLONTÉ DE TRANSPARENCE ET DE PROXIMITÉ »
Ministre chargé de la Communication de la présidence, El Hadji Kassé est à la tête d’un dispositif dans lequel les outils numériques ont une activité « centrale ». Un dynamisme qui a donné à Macky Sall une identité numérique de premier plan en Afrique.

« Rester connecté et ne laisser personne pour compte avec la volonté de transparence et de restitution de l'action présidentielle ». C’est la vision du président Macky Sall décrite par El Hadji Kassé, responsable de la Communication de la présidence. Avec lui, le Sénégal envisage de se poser comme un pionnier en termes d'innovation communicationnelle. « Le président de la République fait partie des chefs d'Etat les plus connectés du continent. Son compte Twitter est, aujourd'hui, classée 6ème dans le Top 20 des chefs d'Etat les plus connectés sur ce réseau social (1er en Afrique francophone et 2ème en Afrique de l'Ouest derrière le Nigéria) », se félicite-t-il.

« Présidence connectée »
La communication digitale de la présidence de la République sénégalaise est « centrale », selon El Hadji Kassé. L’ancien Dg du « Soleil » décrit une « présidence connectée » protéiforme avec plusieurs plateformes comme le « Chatbot » de la présidence de la République permettant d'échanger et d'informer régulièrement ; la plateforme #StopFakeNewsSn pour dénoncer les manipulations de l’opinion à travers le web 2.0 ; la Newsletter bimestrielle pour suivre et rattraper toute l'actualité présidentielle dont l’inscription se fait sur le site de la présidence ; la « Génération Sénégal », une plateforme de la présidence pour la génération qui construit le Sénégal (des formats revisités et adaptés, de la pédagogie et de l'échange) ; l'Enm (Espace numérique mobile) et ses tournées à travers le pays pour toujours rester connecté ; les comptes Instagram/ou encore Snapchat pour les plus jeunes – « une communication à tous les niveaux et pour toutes les catégories » et, enfin, les sessions de questions/réponses mensuels sur des sujets de société, d'actualité nationale et internationale. Ce dispositif fait dire à El Hadji Kassé que Macky Sall « est le premier président à impulser une telle dynamique, symbole (d’une) relève générationnelle ».

Twitter et Facebook
La mise en place de ce dispositif permet à la présidence d’avoir une « communication de proximité, au plus proche des réalités et des Sénégalais ». L’utilisation des outils numériques dans la communication du président Sall s’inscrit dans sa « volonté de transparence et de proximité ». La présidence favorise, de tous les outils numériques à sa disposition, Facebook et Twitter. Pour El Hadji Kassé, les tweets sont plus « utiles et informatifs », alors que Facebook sert davantage aux « échanges, notamment les sessions mensuelles dont « La Présidence vous répond » - session de questions/réponses ».

M. DIOP

MAMADOU NDIAYE, PROFESSEUR AU CESTI : « LES POLITIQUES SÉNÉGALAIS PRÉFÈRENT FACEBOOK À TWITTER »
Professeur de Multimédia et Communication au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), Dr Mamadou Ndiaye fait un diagnostic de la com’ digitale en politique au Sénégal.  

Existe-t-il des stratégies de communication digitale spécifiques en politique au Sénégal ?
Oui, il existe des stratégies de communication digitale dans le domaine de la politique. La stratégie basique et la plus simple est d'avoir un site web adossé à une page Facebook sponsorisée. La page doit être développée par un professionnel parce que ce n'est pas la page de monsieur tout le monde. Normalement, c’est la vitrine d'un leader, d'une personne publique charismatique. Par conséquent, il lui faut de la visibilité et une forte audience. C'est ce qui fait que la page doit nécessairement être sponsorisée, c'est-à-dire une page dont la promotion est prise en charge par Facebook. L'application WhatsApp a été beaucoup utilisée lors des dernières élections législatives (juillet 2017, Ndlr), notamment par la coalition « Mankoo Wattu Senegal » et la coalition « Benno Bokk Yakaar ». Dans le cadre de la propagande et de la manipulation politique, des hommes politiques n'hésitent pas à commander des vidéos mettant à nu les failles, insuffisances ou incohérences de leurs adversaires. Ces productions audiovisuelles sont massivement diffusées sur les réseaux sociaux et sur WhatsApp. Toujours sur ces plateformes web, émergent et s'organisent des cellules de riposte qui répondent instantanément et souvent, de manière virulente, à la moindre attaque ou critique visant leur leader.

Est-ce que la communication digitale fait partie des priorités des partis politiques au Sénégal ?
Oui, vu l'activité qu'ils y mènent. Cependant, il faut signaler qu’elle n'est pas très professionnelle, c'est-à-dire structurée, planifiée et déroulée dans les règles de l'art. En somme, cela reste très artisanal et basé sur l'émotion et l'actualité du moment.

Qu’est-ce qui explique qu’une personnalité politique fasse de son compte personnel ou de sa page personnelle le relais de ses opinions politiques ?
Un homme politique bénéficie souvent d'une forte popularité qui fait que son profil est suivi par des milliers d'utilisateurs des réseaux sociaux. Pour le cas de Facebook, à partir de 5000 « amis », il peut faire évoluer son profil en page (« officielle »), toujours en son nom. C'est ce qui explique souvent que les pages portant l'identité du leader sont plus populaires que les pages des partis politiques eux-mêmes. Par conséquent, si on est en quête d'audience, il est plus simple et efficace d'utiliser son propre compte, sa page personnelle, pour échanger avec les citoyens.

Ailleurs, en Occident, par exemple, les politiques choisissent Twitter pour leur prise de parole. Au Sénégal, le choix est plutôt porté sur Facebook. Qu’est-ce que cela dit de la sociologie digitale des Sénégalais ?
Twitter a pendant longtemps trainé une lacune : l'exigence de s'exprimer en 140 caractères. Ce qui nécessitait une capacité de synthèse et une technique d'écriture que ne possédaient pas forcément nos hommes et femmes politiques. Aussi, nous pouvons évoquer la non maîtrise des applications web comme Twitter et la pratique quotidienne. Si on n’est pas un utilisateur assidu de Twitter, en étant ou en devenant un responsable politique, on n’en sera pas pour autant un twitto confirmé. Même en passant à 280 caractères depuis fin septembre 2017, l'utilisation de Twitter est moins fréquente que celle de Facebook. Aussi, Facebook offre une audience, une architecture d'interaction et une aisance que n'offre pas Twitter.

Quels bénéfices peuvent tirer les politiques d’une bonne com’ digitale politique ?
La rapidité de la mise en œuvre des stratégies, une audience jeune et assez importante à portée de main, des coûts relativement bas et la possibilité de toucher les Sénégalais de la diaspora.

Quels risques encourent-ils en choisissant ce mode de communication ?
Ils risquent de voir leurs propres stratégies détournées contre eux. Internet et les réseaux sociaux étant des plateformes ouvertes, il est difficile de maîtriser sa communication et son impact. Ce qui rend véritablement vulnérables ses utilisateurs. Aussi, il y a le risque de confondre popularité sur les réseaux sociaux et popularité dans les urnes. L'histoire politique du Sénégal nous a enseigné que de nombreux acteurs politiques très influents et populaires sur les réseaux sociaux (Idrissa Seck, Ibrahima Fall, Cheikh Bamba Dièye, Ousmane Sonko, etc.) ont réalisé de maigres scores dans les urnes.

M. DIOP

LES RÉSEAUX SOCIAUX, UN TREMPLIN POUR UNE IDENTITÉ ET UNE LÉGITIMITÉ POLITIQUES
C'est à travers sa page Facebook que l’ancien député Thierno Bocoum a annoncé sa démission « par convenance personnelle » du parti politique Rewmi. Il venait ainsi tout bonnement de mettre fin à des années de compagnonnage avec Idrissa Seck à travers un post sur Facebook. Désormais, c’est l’usage pour les hommes politiques de faire constamment recours aux réseaux sociaux dans leur stratégie de communication. Son combat politique, l’ancien porte-parole de Rewmi semble décidé à le poursuivre autrement.
 
Dorénavant, les réseaux sociaux s'imposent comme un outil de communication incontournable. Facebook, Twitter ou encore Instagram  jouent  un rôle extrêmement important. Une communication bien menée et de grande ampleur sur ces plateformes sociales permet donc de disposer d'une forte visibilité mais aussi de draguer un électorat jeune moins tourné vers les médias traditionnels. Dans cette optique, la «course aux likes» entre les acteurs politiques peut sembler insignifiante. En réalité, plus une personnalité est « likée », plus le contenu publié sur la page sera diffusé et plus cette personne bénéficiera d'une grande visibilité pour diffuser ses idées. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, la frontière entre « influenceurs » et influencés tend à devenir de plus en plus poreuse. Au point de bouleverser les formes classiques de communication. Au Sénégal, Thierno Booum, Babacar Gaye et Ousmane Sonko font partie des hommes politiques  les  plus présents sur les réseaux sociaux. Si c’est moins le cas pour M. Gaye, porte-parole du Pds et ancien membre du gouvernement sous Wade, messieurs Bocoum et Sonko se sont servis de leur profil Facebook pour assoir leur identité et légitimité politique en incarnant, pour le premier, une nouvelle vision de l’opposition sénégalaise alors que le second mettait plus l’accent sur des révélations et des dénonciations fracassantes. Des stratégies de communication différentes destinées à toucher un public large. La sociologie actuelle des réseaux sociaux numériques est transversale, elle englobe jeunes – bien sûr – et de plus en plus de moins jeunes.

Oumar BA

LA BATAILLE DES « RÉSEAUX » AU PS
Il y a eu un glissement sur le terrain digital, notamment les réseaux sociaux numériques, de la bataille réelle que se livrent ex-camarades du Parti socialistes. Quand les pro-Tanor se sont contentés de traiter l'autre camp de « dissidents », ceux de Khalifa évoquaient souvent « une tentative de tuer le Parti socialiste ». Pour mieux en découdre avec cette bataille « des réseaux sociaux », le mouvement « And dolel Khalifa Sall (Adk) » a réussi la mobilisation numérique de ses membres avec des éléments de langage sur l’obligation du Ps de « faire sa mue ».  Elle passe par une cure de jouvence à travers une alternance générationnelle.
 
Dans le camp du secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, on refuse de rester les bras croisés, traitant l'autre camp d' « indisciplinés ». Les pro-Tanor ont ainsi occupé les réseaux sociaux pour défendre leur leader politique et apporter la riposte à leurs désormais ex-amis.  

O. BA

Le Sénégal vient d’accueillir Emmanuel Macron, le président français. C’est un ardent théoricien de l’horizontalité en politique tout en étant lui même profondément jupitérien, donc adepte de la verticalité. Une position qui laisse entrevoir les linéaments d’un paradoxe.

En  culture digitale, l’horizontalité fait partie des principes fondateurs au même titre que la transparence ou la coopération. C’est la possibilité pour toute personne de contribuer, d’exprimer son opinion, de partager et d’influencer les autres internautes. C’est très différent  du modèle de hiérarchie traditionnelle. Du coup, les avis des internautes revêtent une importance capitale. Une critique ou un avis favorable émanant d’un utilisateur du web 2.0 est redouté. Chaque prise de parole peut être de portée égale à  l’expertise, en numismatique, d’un spécialiste de la Drachme grecque de l’Antiquité. Toutes les paroles se valent (ou presque). L’horizontalité digitale n’est-elle pas le summum d’une manière orthodoxe de la démocratie ? Sans être catégorique, elle rappelle la démocratie participative si chère à Thomas Sankara à travers les fameux Comités de défense de la révolution (Cdr). L’horizontalité, une révolution au-delà du digital.

Par Moussa Diop

Les « fake news » circulent de façon virale et font dans la désinformation, que ce soit via les médias traditionnels ou les médias sociaux. Retour sur quelques « fake news » sur les dernières semaines au Sénégal.

Les internautes sont confrontés au déferlement d’intox. Ce mal qui sévit aujourd’hui et agite l’univers des médias ne connait pas de limites et n’épargne personne. En décembre dernier, des informations faisaient état d’une action contentieuse initiée par la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) à l’encontre de Cheikh Amar. Cette information a été très vite démentie par la direction de la Cdc. Une « fake news » avait également fait croire que le gouvernement avait l’intention d’acquérir du matériel roulant ferroviaire en provenance d’Indonésie, mais elle était bien vite battue en brèche par le ministère délégué en charge du Développement du réseau ferroviaire. Dans la même optique, une fausse information avait prêté à l’État du Sénégal l’intention de « déloger tout chef d’État qui tenterait de s’aventurer dans des aventures ambiguës ». Cette information, selon la présidence de la République, était sans fondement. Le constat est qu’il est, aujourd’hui, très difficile d’échapper aux « fake news ».

Samba Oumar FALL

Après Orange et Tigo, Expresso a lancé, le 15 février, à Dakar, son service de transfert d’argent depuis le mobile dénommé E-Money by Expresso. Mais, la véritable nouveauté du service est E-Money Chat.

« Il permet aux clients d’utiliser la plateforme financière digitale E-Money lors de leurs discussions sur les différents réseaux sociaux (WhatsApp – Snapchat – Twitter – Instagram…). Donc, le client, tout en discutant avec un proche, pourra effectuer un transfert d’argent (sans quitter) sa page de discussion », explique Fatou Sow Kane, directrice de projet à Expresso. Par ailleurs, l’utilisation du #144# comme code de service financier mobile (le même que Orange) interpelle. Expresso évoque  un « monde de la portabilité ou le numéro n’est pas l’appartenance d’un quelconque opérateur ». Son souci « majeur » est «de faciliter l’accès aux services financiers mobiles à ses clients et aussi que cette interopérabilité soit un jour une réalité ».                

Job’Tel, la révolution du marché de l’emploi par le numérique

Parti du constat qu’il faut personnaliser la recherche d’emploi au Sénégal, Job’Tel envisage de devenir l’équivalent de Pôle emploi en France.

«Job’Tel est la première plateforme de l’emploi au Sénégal », présente Cheikh Tidiane Diagne, son Pdg. L’équipe, composée d’une douzaine de personnes, a pris un nouveau tournant dans son business plan, en ce début d’année 2018, avec des innovations. En effet, Job’Tel permet désormais aux chercheurs d’emploi de recevoir les offres, de manière automatisée, selon le profil et le domaine de recherche ; d’être accompagné sur toute la procédure de la recherche d’emploi, de participer aux ateliers co-organisés avec d’autres partenaires, de faires des tests d’évaluation de profil. Pour les recruteurs, les offres concernent un tri sélectif de Cv, une large diffusion des offres d’emploi, des réductions sur leurs modules de formation.  

Comment ça marche ? M. Diagne explique qu’« en se rendant chez un distributeur agréé, le chercheur d’emploi procède à l’achat (1000 FCfa) de la carte Job’Tel (numérisée) qui est rechargeable. Le distributeur enregistre les coordonnées du candidat sur un formulaire. Le candidat est désormais abonné ». Après cette étape, le système informatique de Job’Tel prend en charge le candidat avec l’accès aux offres d’emploi de manière personnalisée. Il faudra déboursée 1000 FCfa par semaine pour recharger la carte et continuer à bénéficier des services de Job’Tel.

M. DIOP

 

Les supporters de l’Olympique de Marseille se mobilisent pour permettre au Sénégalais Alioune Diop de faire le déplacement de Dakar à la cité phocéenne pour y assister à la rencontre Om–Ol du 18 mars prochain.

Tout est parti d’un reportage sur Alioune Diop, porte-parole de l'Association des Marseillais au Sénégal. Le fan absolu aux 70 maillots de l’Om y faisait part de son rêve d’assister à un match de son équipe préférée au Vélodrome. Ce qui avait ému le peuple marseillais sur les réseaux sociaux et déclenché une mobilisation avec la création d’une cagnotte sur Leetchi, un site de crowdfunding (financement participatif) pour payer le voyage à Alioune Diop. Sur la page dédiée, on peut y lire : « Tout supporter de l’Olympique de Marseille mérite de pouvoir porter nos couleurs dans le plus bel endroit du monde : Le stade Vélodrome. Et pour le remercier de la passion qu'il véhicule dans son pays, nous prenons l'initiative de l'inviter à Om-Lyon le 18 mars 2018 ».

Cette ambition a un coup : le billet d’avion, le visa, le billet du match et la chambre d’hôtel sont estimés à 800 euros (environ 530 000 FCfa). A 29 jours du match, les supporters de l’Om avaient réuni 383 euros pour la réalisation du rêve d’un Sénégalais fou amoureux de l’Olympique de Marseille.                     

M. DIOP

 

La Direction générale des impôts et des domaines a lancé, hier, la nouvelle version de Etax, une plateforme de télé-déclaration et de télépaiement.

Depuis plusieurs décennies, la modernisation de l’Etat est au centre des réflexions et discussions. Le gouvernement sénégalais a engagé, ces dernières années, des réformes majeures pour améliorer la qualité de son administration en s’appuyant sur la technologie. Le lancement, hier, de l’application Etax, une plateforme de télé-déclaration et de télépaiement qui existe depuis 2013, par la Direction générale des impôts et domaines s’inscrit dans ce souci de fournir des services de qualité aux usagers de l’administration fiscale. Cette plateforme permet aux usagers de déclarer et de payer leurs impôts et taxes en ligne. Selon le directeur général des impôts et domaines Cheikh Ahmed Tidiane Bâ, le déploiement des télé-procédures s’inscrit dans le vaste chantier de modernisation entrepris par la Direction générale des impôts et domaines qui, à travers son plan de développement stratégique de l’administration fiscale, s’est fixé comme objectif premier l’amélioration de la qualité des services aux usagers. L’un des axes retenus pour atteindre cet objectif, concerne la simplification des procédures afin de mieux répondre aux attentes et besoins des usagers. Le directeur général des impôts et des domaines a rappelé que l’utilisation des télé-rocédures est, aujourd’hui, obligatoire pour tous les contribuables relevant de la direction des grandes entreprises. Cheikh Ahmed Tidiane Bâ ajoute qu’en lieu et place d’une obligation, il faut plutôt y voir une révolution positive et des opportunités offertes aux usagers. En plus du gain de temps, il affirme que les télé-procédures assurent une parfaite transparence de toutes les transactions du fait de leur traçabilité. Les risques de perte de documents et d’autres désagréments, poursuit-il, sont annihilés avec cette plateforme. M. Bâ a révélé qu’en janvier dernier, plus de 600 entreprises ont été formées à la déclaration et au paiement des impôts et taxes en ligne. Cette plateforme, explique Aïssatou Ndao, directrice des systèmes d’information de la Dgid, a connu des évolutions depuis 2013. Elle permet de déclarer et de payer les impôts et taxes en ligne ; de consulter les comptes d’impôts ; d’adresser des requêtes à l’administration fiscale en ligne et de recevoir des réponses via le même canal. Baidy Agne, au nom du patronat, a salué le lancement de cette plateforme.

Présidant la rencontre, le ministre délégué en charge du Budget a salué la mise en œuvre de l’application Etax. Birima Mangara affirme que son lancement illustre les actions que l’administration doit mettre en œuvre pour mieux servir les usagers. Selon lui, la dématérialisation des procédures est pour la Direction générale des impôts et domaines qu’il s’agit d’une administration dont les fonctions sont stratégiques voire vitales pour l’accomplissement de tous les autres services publics. M. Mangara a rappelé les bonnes pratiques qui doivent guider les agents de l’Etat. « La légitimité technocratique du fonctionnaire dans un Etat de droit est certes établie, mais nous devons garder à l’esprit qu’il tire sa source de la légitimité exprimée par le peuple souverain. C’est là le fondement de notre obligation d’assurer un service de qualité à l’usager du service public. Elle se décline sous diverses formes telles que le respect du secret professionnel, l’obligation de réserve (…). Je vous engage à garder à l’esprit ces principes fondamentaux de l’exercice de responsabilités administratives », a-t-il dit aux agents de l’administration.

Aliou KANDE

L’Espace numérique mobile de la présidence de la République du Sénégal a été présenté aux jeunes de la ville de Saint-Louis. A travers ce geste, les responsables de la Cellule de communication de la présidence, avec le concept « Génération Sénégal », font un clin d’œil aux jeunes, cette génération qui construit l’avenir du Sénégal. Le conseiller-spécial du chef de l’Etat et coordonnateur de l’équipe digitale, Ousmane Thiongane, est revenu sur les efforts consentis par les autorités pour la mise en place d’un écosystème favorable au développement des Tic et à leur appropriation par les populations. Ainsi, à travers le projet « Sénégal numérique 2025 », plus de 35.000 emplois seront créés, pour un investissement de plus 1.300 milliards de FCfa, faisant de Diamniadio et du Sénégal un hub dans le domaine des Tic. Dans ses propos, il a aussi souligné l’importance de faire un focus sur la cible jeune qui, pour l’essentiel, utilise les réseaux sociaux. De l’avis de M. Thiongane, « des études ont montré que plus de 90 % des jeunes s’informent à travers leur téléphone. Ils n’écoutent plus la radio, ne suivent plus la télé et ne lisent plus les journaux ».

Aujourd’hui, en lançant « Génération Sénégal », a-t-il relevé, « nous voulons, à travers l’expansion du numérique, toucher cette frange de la population et la mettre en interaction avec la première autorité du pays ».

Lors de cette manifestation, les responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont évoqué les UVs et les Eno qui sont une révolution dans le domaine de l’enseignement au Sénégal surtout avec l’apport du numérique. L’adjoint au gouverneur Amadou Diop, en charge des affaires administratives, s’est réjoui de cette rencontre. Pour lui, en délocalisant cette activité dans les régions, les services de la présidence de la République donnent une chance aux jeunes de l’intérieur et « respectent aussi la vision de territorialisation des politiques publiques que prône le gouvernement ». L’espace numérique mobile est un espace digital et interactif qui accompagne le chef de l’Etat dans ses déplacements. Il permet de suivre, en temps réel, l’actualité des réseaux sociaux et de partager avec les Sénégalais l’information sur les réalisations et les projets du président de la République, mais aussi de répondre à chaud aux questions des internautes.

Amadou Maguette NDAW


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