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Le digital au cœur de la Présidentielle de 2019

20 Fév 2018
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A près d’un an du premier tour de la présidentielle sénégalaise (24 février 2019), l’état des lieux montre comment la future part centrale du digital dans cette joute électorale est soumise à des impératifs d’innovations.

Dans cette arène virtuelle aux réels enjeux qu’est la communication digitale, les adversaires politiques n’ont pas toujours les mêmes artifices ni les mêmes degrés de préparation, tout en reconnaissant, en revanche, l’importance des pas à franchir. Mamadou Ndiaye, spécialiste de la communication digitale et professeur au Cesti, en apporte un éclairage. « Vu le développement fulgurant de l'Internet mobile en termes d'utilisateurs (plus de 9 millions d'abonnés) et compte tenu de la grande accessibilité des terminaux mobiles et intelligents (Smartphones, tablettes et postes de télévision), nous pouvons parier que la communication digitale occupera une place importante dans l'élection présidentielle de février 2019 ».

Obama, le pionnier
C’est une position souscrite par Charles Sanches tout en nuançant son propos en mettant la balle dans le camp des formations politiques. « La com' digitale prendra la place que les états-majors des candidats voudront bien lui donner », fait-il remarquer. Les exemples du candidat Macron (France) ou même Trump (Etats-Unis), plus récents, montrent le basculement de leurs élections respectives en mobilisant notamment les abstentionnistes. L’utilisation de la plateforme américaine NationBuilder, une énorme base de contacts, permettait de toucher un maximum d’électeurs. Mais, le pionner dans ce secteur est sans conteste Obama. « En 2008, sa stratégie digitale audacieuse ne se limitait pas juste à être présent sur certaines plateformes communautaires ; son équipe avait défini comment chaque plateforme devait être exploitée et comment l'information y serait agencée », ajoute M. Sanches.

Un terreau fertile
Au Sénégal, les moyens peuvent ne pas être les mêmes pour les potentiels candidats à la location de l’avenue Léopold S. Senghor. Il en est de même pour la sociologie des électeurs. Mais, il y a un terreau fertile à la chasse à l’électeur digital. Effectivement, Internet et les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans un plan de communication de masse. « Les audiences sont bonnes, la mise en œuvre d'actes de communication et/ou de propagande est plus rapide », note Mamadou Ndiaye. « Avec les supports digitaux et en ligne, faire ou répondre à une manipulation politique devient un jeu d'enfant », assure-t-il. Un jeu aux apparences plus complexe qu’il n’y paraît et qui pourrait profiter à d’autres forces en dehors du huis clos politique traditionnel. « Si nos hommes politiques manquent d'innovations en la matière, il y a un risque qu'ils laissent l'initiative à la société civile qui, elle, les bousculera. Ils ont donc intérêt à bousculer leurs habitudes et à sortir de leur zone de confort habituel, sinon ils vont déchanter », martèle l’universitaire. Tout un programme.

Par Moussa Diop

COMMUNICATION DIGITALE EN POLITIQUE ENTRE PONCIFS ET ORIGINALITÉ
Etre populaire sur les réseaux sociaux numériques, c’est comme être riche au jeu du Monopoly. C’est un poncif aux allures d’assertion péremptoire. Cependant, il n’a pas le défaut du manque de corrosivité, même si elle ne fait pas toujours rire les politiques en mal d’audience, d’égo, mais surtout à la communication incertaine pour les futures échéances électorales. Ceux qui rassemblent toutes ces « tares » se ruent sur la communication digitale comme on se jette, à genoux, dans l’eau inespérée d’une oasis, lors d’une traversée du désert, sans se soucier si elle est potentiellement dangereuse. En effet, l’horizontalité du digital permet de vérifier la tarte à la crème sous forme de poncif historique qui veut qu’il soit « plus facile de détruire que de construire ».
 
Elle est encore plus avérée quand il s’agit de réputation digitale. En politique, communiquer est synonyme de chercher à fixer une prise de position en se basant sur l’argumentation et la légitimité. Chaque intervention doit être minutieusement choisie, car avec le digital, chaque information peut être partagée, commentée et aussi circuler sans limite, notamment avec les réseaux sociaux. Des prises de position de politiques ou de leurs partis sur Twitter ou Facebook génèrent presque immédiatement de vives oppositions du camp d’en face. Le contraire est une originalité.

« Le digital, c’est technique. Il requiert qu’on le confie à quelqu’un qui s’y connaît », avertit Charles Sanches, activiste et ancien membre de la com’ digitale de la Croix-Rouge à Dakar. Il poursuit : « Il ne suffit pas juste d’avoir du succès sur les réseaux sociaux ou d’avoir de la répartie pour savoir l’utiliser, parce que la stratégie devient conjoncturelle. Ainsi, à la première crise, tout s’écroule alors que pour avoir des résultats sur le long terme, la communication digitale doit être structurelle ». L’hybridité de la communication digitale en politique au Sénégal est ainsi justifiée. Elle est souvent mi-professionnelle mi artisanale. « Dans un pays avec un nombre d’internautes assez réduit (4 119 527 selon internetwordstats), l’utilisation des médias traditionnels offre une meilleure visibilité aux acteurs politiques », conseille Mamadou Ndiaye, professeur au Cesti. Et le serpent se mord finalement la queue. Autre poncif à l’originalité floue comme la com’ digitale en politique au Sénégal.

CHARLES SANCHES, BLOGGEUR : « AU SÉNÉGAL, C’EST UNE COM’ PLUS ARTISANALE QUE PROFESSIONNELLE »
Enseignant, consultant, mais surtout coordinateur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (Pplaaf), Charles Sanches a un regard critique sur la communication digitale des politiques au Sénégal.

Il a suffi d’une scène pour étaler au grand jour les difficultés de la communication digitale en politique. Lors de sa récente visite au Sénégal, Macron s’adresse à une élève du collège de Hann : « Ça fait combien de temps que vous êtes 28 ? » La réponse de la jeune collégienne (« Ça fait trois jours ») a déclenché l’emballement des réseaux sociaux numériques où on débattait de la probabilité ou non d’une volonté de « cacher » les réels effectifs de classe du collège estimés à 60.

« Réinventer la communication politique »
« Je crois que cela montre toute la volatilité des réseaux sociaux où les acteurs d’une scène ont eux-mêmes toutes les difficultés du monde à la maîtriser », analyse Charles Sanches. Pour étayer son point de vue, cet ancien de la cellule de communication du Comité international de la Croix-Rouge à Dakar et également bloggeur fait une mise en perspective : « Un spectateur hors du champ va récupérer un élément hors contexte, et c’est cet élément qui l’emportera sur tout le reste. Il y a eu tellement d’interprétations sur cette histoire des « 28 élèves », mais les gens préfèrent garder ce qui les intéresse. Il y a un décalage entre une communication institutionnelle qui se veut sérieuse et les utilisateurs des réseaux sociaux qui sont dans l’instantané, l’emballement et l’effet boule de neige ».

Charles Sanches attire l’attention sur la différence entre la communication politique et la communication digitale appliquée à la politique. Convaincu qu’une présence sur les réseaux sociaux n’est pas forcément synonyme de stratégie digitale, l’activiste pense que la communication digitale en politique au Sénégal est « plus artisanale que professionnelle ».

Développer une stratégie digitale
Deux raisons principales l’expliquent. Premièrement, les politiques ainsi que les structures politiques « n’ont pas compris que Internet et surtout le web 2.0 ont induit des nouveaux comportements des citoyens, potentiels électeurs et électeurs. Les individus sont, aujourd’hui, plus puissants que les institutions ». Deuxièmement, pour parler de communication digitale, cela suppose, au préalable, « le développement d’une stratégie digitale, avoir des cibles, maîtriser les codes des réseaux sociaux et développer une stratégie de contenus ». Le bloggeur n’est pas sûr « que les partis politiques aient intégré les métiers du digital dans leurs structures, (car ils continuent) de voir le digital comme quelque chose d’à-côté, de marginal (alors qu’il est) central ».

M. DIOP

EL HADJI KASSÉ SUR LA COMMUNICATION DIGITALE DE MACKY SALL : « C’EST UNE VOLONTÉ DE TRANSPARENCE ET DE PROXIMITÉ »
Ministre chargé de la Communication de la présidence, El Hadji Kassé est à la tête d’un dispositif dans lequel les outils numériques ont une activité « centrale ». Un dynamisme qui a donné à Macky Sall une identité numérique de premier plan en Afrique.

« Rester connecté et ne laisser personne pour compte avec la volonté de transparence et de restitution de l'action présidentielle ». C’est la vision du président Macky Sall décrite par El Hadji Kassé, responsable de la Communication de la présidence. Avec lui, le Sénégal envisage de se poser comme un pionnier en termes d'innovation communicationnelle. « Le président de la République fait partie des chefs d'Etat les plus connectés du continent. Son compte Twitter est, aujourd'hui, classée 6ème dans le Top 20 des chefs d'Etat les plus connectés sur ce réseau social (1er en Afrique francophone et 2ème en Afrique de l'Ouest derrière le Nigéria) », se félicite-t-il.

« Présidence connectée »
La communication digitale de la présidence de la République sénégalaise est « centrale », selon El Hadji Kassé. L’ancien Dg du « Soleil » décrit une « présidence connectée » protéiforme avec plusieurs plateformes comme le « Chatbot » de la présidence de la République permettant d'échanger et d'informer régulièrement ; la plateforme #StopFakeNewsSn pour dénoncer les manipulations de l’opinion à travers le web 2.0 ; la Newsletter bimestrielle pour suivre et rattraper toute l'actualité présidentielle dont l’inscription se fait sur le site de la présidence ; la « Génération Sénégal », une plateforme de la présidence pour la génération qui construit le Sénégal (des formats revisités et adaptés, de la pédagogie et de l'échange) ; l'Enm (Espace numérique mobile) et ses tournées à travers le pays pour toujours rester connecté ; les comptes Instagram/ou encore Snapchat pour les plus jeunes – « une communication à tous les niveaux et pour toutes les catégories » et, enfin, les sessions de questions/réponses mensuels sur des sujets de société, d'actualité nationale et internationale. Ce dispositif fait dire à El Hadji Kassé que Macky Sall « est le premier président à impulser une telle dynamique, symbole (d’une) relève générationnelle ».

Twitter et Facebook
La mise en place de ce dispositif permet à la présidence d’avoir une « communication de proximité, au plus proche des réalités et des Sénégalais ». L’utilisation des outils numériques dans la communication du président Sall s’inscrit dans sa « volonté de transparence et de proximité ». La présidence favorise, de tous les outils numériques à sa disposition, Facebook et Twitter. Pour El Hadji Kassé, les tweets sont plus « utiles et informatifs », alors que Facebook sert davantage aux « échanges, notamment les sessions mensuelles dont « La Présidence vous répond » - session de questions/réponses ».

M. DIOP

MAMADOU NDIAYE, PROFESSEUR AU CESTI : « LES POLITIQUES SÉNÉGALAIS PRÉFÈRENT FACEBOOK À TWITTER »
Professeur de Multimédia et Communication au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), Dr Mamadou Ndiaye fait un diagnostic de la com’ digitale en politique au Sénégal.  

Existe-t-il des stratégies de communication digitale spécifiques en politique au Sénégal ?
Oui, il existe des stratégies de communication digitale dans le domaine de la politique. La stratégie basique et la plus simple est d'avoir un site web adossé à une page Facebook sponsorisée. La page doit être développée par un professionnel parce que ce n'est pas la page de monsieur tout le monde. Normalement, c’est la vitrine d'un leader, d'une personne publique charismatique. Par conséquent, il lui faut de la visibilité et une forte audience. C'est ce qui fait que la page doit nécessairement être sponsorisée, c'est-à-dire une page dont la promotion est prise en charge par Facebook. L'application WhatsApp a été beaucoup utilisée lors des dernières élections législatives (juillet 2017, Ndlr), notamment par la coalition « Mankoo Wattu Senegal » et la coalition « Benno Bokk Yakaar ». Dans le cadre de la propagande et de la manipulation politique, des hommes politiques n'hésitent pas à commander des vidéos mettant à nu les failles, insuffisances ou incohérences de leurs adversaires. Ces productions audiovisuelles sont massivement diffusées sur les réseaux sociaux et sur WhatsApp. Toujours sur ces plateformes web, émergent et s'organisent des cellules de riposte qui répondent instantanément et souvent, de manière virulente, à la moindre attaque ou critique visant leur leader.

Est-ce que la communication digitale fait partie des priorités des partis politiques au Sénégal ?
Oui, vu l'activité qu'ils y mènent. Cependant, il faut signaler qu’elle n'est pas très professionnelle, c'est-à-dire structurée, planifiée et déroulée dans les règles de l'art. En somme, cela reste très artisanal et basé sur l'émotion et l'actualité du moment.

Qu’est-ce qui explique qu’une personnalité politique fasse de son compte personnel ou de sa page personnelle le relais de ses opinions politiques ?
Un homme politique bénéficie souvent d'une forte popularité qui fait que son profil est suivi par des milliers d'utilisateurs des réseaux sociaux. Pour le cas de Facebook, à partir de 5000 « amis », il peut faire évoluer son profil en page (« officielle »), toujours en son nom. C'est ce qui explique souvent que les pages portant l'identité du leader sont plus populaires que les pages des partis politiques eux-mêmes. Par conséquent, si on est en quête d'audience, il est plus simple et efficace d'utiliser son propre compte, sa page personnelle, pour échanger avec les citoyens.

Ailleurs, en Occident, par exemple, les politiques choisissent Twitter pour leur prise de parole. Au Sénégal, le choix est plutôt porté sur Facebook. Qu’est-ce que cela dit de la sociologie digitale des Sénégalais ?
Twitter a pendant longtemps trainé une lacune : l'exigence de s'exprimer en 140 caractères. Ce qui nécessitait une capacité de synthèse et une technique d'écriture que ne possédaient pas forcément nos hommes et femmes politiques. Aussi, nous pouvons évoquer la non maîtrise des applications web comme Twitter et la pratique quotidienne. Si on n’est pas un utilisateur assidu de Twitter, en étant ou en devenant un responsable politique, on n’en sera pas pour autant un twitto confirmé. Même en passant à 280 caractères depuis fin septembre 2017, l'utilisation de Twitter est moins fréquente que celle de Facebook. Aussi, Facebook offre une audience, une architecture d'interaction et une aisance que n'offre pas Twitter.

Quels bénéfices peuvent tirer les politiques d’une bonne com’ digitale politique ?
La rapidité de la mise en œuvre des stratégies, une audience jeune et assez importante à portée de main, des coûts relativement bas et la possibilité de toucher les Sénégalais de la diaspora.

Quels risques encourent-ils en choisissant ce mode de communication ?
Ils risquent de voir leurs propres stratégies détournées contre eux. Internet et les réseaux sociaux étant des plateformes ouvertes, il est difficile de maîtriser sa communication et son impact. Ce qui rend véritablement vulnérables ses utilisateurs. Aussi, il y a le risque de confondre popularité sur les réseaux sociaux et popularité dans les urnes. L'histoire politique du Sénégal nous a enseigné que de nombreux acteurs politiques très influents et populaires sur les réseaux sociaux (Idrissa Seck, Ibrahima Fall, Cheikh Bamba Dièye, Ousmane Sonko, etc.) ont réalisé de maigres scores dans les urnes.

M. DIOP

LES RÉSEAUX SOCIAUX, UN TREMPLIN POUR UNE IDENTITÉ ET UNE LÉGITIMITÉ POLITIQUES
C'est à travers sa page Facebook que l’ancien député Thierno Bocoum a annoncé sa démission « par convenance personnelle » du parti politique Rewmi. Il venait ainsi tout bonnement de mettre fin à des années de compagnonnage avec Idrissa Seck à travers un post sur Facebook. Désormais, c’est l’usage pour les hommes politiques de faire constamment recours aux réseaux sociaux dans leur stratégie de communication. Son combat politique, l’ancien porte-parole de Rewmi semble décidé à le poursuivre autrement.
 
Dorénavant, les réseaux sociaux s'imposent comme un outil de communication incontournable. Facebook, Twitter ou encore Instagram  jouent  un rôle extrêmement important. Une communication bien menée et de grande ampleur sur ces plateformes sociales permet donc de disposer d'une forte visibilité mais aussi de draguer un électorat jeune moins tourné vers les médias traditionnels. Dans cette optique, la «course aux likes» entre les acteurs politiques peut sembler insignifiante. En réalité, plus une personnalité est « likée », plus le contenu publié sur la page sera diffusé et plus cette personne bénéficiera d'une grande visibilité pour diffuser ses idées. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, la frontière entre « influenceurs » et influencés tend à devenir de plus en plus poreuse. Au point de bouleverser les formes classiques de communication. Au Sénégal, Thierno Booum, Babacar Gaye et Ousmane Sonko font partie des hommes politiques  les  plus présents sur les réseaux sociaux. Si c’est moins le cas pour M. Gaye, porte-parole du Pds et ancien membre du gouvernement sous Wade, messieurs Bocoum et Sonko se sont servis de leur profil Facebook pour assoir leur identité et légitimité politique en incarnant, pour le premier, une nouvelle vision de l’opposition sénégalaise alors que le second mettait plus l’accent sur des révélations et des dénonciations fracassantes. Des stratégies de communication différentes destinées à toucher un public large. La sociologie actuelle des réseaux sociaux numériques est transversale, elle englobe jeunes – bien sûr – et de plus en plus de moins jeunes.

Oumar BA

LA BATAILLE DES « RÉSEAUX » AU PS
Il y a eu un glissement sur le terrain digital, notamment les réseaux sociaux numériques, de la bataille réelle que se livrent ex-camarades du Parti socialistes. Quand les pro-Tanor se sont contentés de traiter l'autre camp de « dissidents », ceux de Khalifa évoquaient souvent « une tentative de tuer le Parti socialiste ». Pour mieux en découdre avec cette bataille « des réseaux sociaux », le mouvement « And dolel Khalifa Sall (Adk) » a réussi la mobilisation numérique de ses membres avec des éléments de langage sur l’obligation du Ps de « faire sa mue ».  Elle passe par une cure de jouvence à travers une alternance générationnelle.
 
Dans le camp du secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, on refuse de rester les bras croisés, traitant l'autre camp d' « indisciplinés ». Les pro-Tanor ont ainsi occupé les réseaux sociaux pour défendre leur leader politique et apporter la riposte à leurs désormais ex-amis.  

O. BA

Last modified on mardi, 20 février 2018 15:01
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