banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil
Sciences et Technologies

Sciences et Technologies (156)

Il y a des périodes comme celle que nous connaissons actuellement où l’on est particulièrement fière d’être africain. Non pas parce qu’en d’autres temps on l’est moins, mais tout simplement, depuis quelques années, l’Afrique emprunte les voies qui la mènent au développement avec audace et innovation ! Cette innovation, elle en est l’acteur principal, guidée par la volonté farouche d’une jeunesse (Diaspora et locaux confondus) de participer à la construction du monde de demain. Pas une journée ne passe sans que l’on vous dise que le continent africain est celui de l’avenir, tous les grands événements locaux, nationaux et internationaux font la part belle à l’Afrique. De la littérature à la Tech en passant par la mode, l’Afrique est de rigueur avec un grand changement : on parle d’Afrique, de son avenir mais maintenant on le fait avec les Africains eux-mêmes, qui prennent la parole et démontrent au monde ce que l’Afrique est aussi ! Sans aucun doute, un continent avec ses réalités et ses difficultés mais surtout une source d’espoir et de talents. Le numérique est venu comme un accélérateur amplifier cette révolution en marche sur le continent.

J’aimerai donc partager avec vous deux événements qui m’ont marqué ce mois-ci. D’abord, le Global Startup Week-end Women que nous avons porté à Paris pour encourager l’entrepreneuriat féminin. 54h pour mettre sur pieds un projet de start-up et le « pitcher » sous le regard bienveillant d’un jury, avec en ligne de mire la grande finale qui se tiendra à Paris en mars. Quelle fût ma fierté de voir s’aligner les noms de villes africaines qui organisaient en simultané le GSWW ! Alger, Antananarivo, Bamako, Dakar, Douala, Durban, Oran et Tunis. Les start-upeuses africaines aussi prennent le pouvoir ! Enfin, ma rencontre avec Momar Diop, serial entrepreneur franco-sénégalais, à la tête de la start-up Africa Digital Native (ADN) incubée à la Station F, temple de l’innovation à Paris. Momar et son équipe créent et commercialisent des solutions soft engineering adaptées aux problématiques et aux marchés africains, donc à économie africaine. Ces outils destinés notamment aux banques et aux assurances font la promesse de réinventer la relation avec le client. Ces deux temps forts démontrent que l’Afrique est dans le Game aux côtés des pilotes internationaux de l’innovation. Nous suivrons donc avec intérêt les acteurs africains les prochains rendez-vous de l’innovation.

Madi SEYDI, Head of digital basée à Paris

A l’occasion du Mobile World Congress, Mastercard a annoncé qu’elle utiliserait Facebook Messenger pour offrir aux petites entreprises d’Afrique et d’Asie la technologie dont elles ont besoin pour accepter les paiements électroniques et mobiles.

L’accès aux paiements numériques aidera ces entreprises à se positionner sur de nouveaux marchés et à débloquer des services et produits financiers qui leur permettront d’accroître leurs revenus. C’est au Nigeria que Mastercard lancera le programme Messenger en pilotant un nouveau Masterpass QR bot pour aider les dirigeants d’entreprises à passer des transactions en espèces aux paiements par code QR. Ecobank et Zenith Bank soutiendront ce programme inaugural. Le projet pilote au Nigeria n’est que la première phase d’un plan plus vaste de ces deux entreprises visant à intégrer davantage d’entreprises dans l’économie numérique. D’après une étude réalisée par The Fletcher School et Mastercard Center for Inclusive Growth, 98% des 301 milliards de dollars de mouvements de fonds provenant des consommateurs vers les entreprises au Nigeria sont encore effectués en espèces.

Les Adicomdays, une rencontre pour mettre en lumière la créativité digitale de la jeunesse africaine, dont 86% a accès à Internet, ont récompensé, le 2 mars à Abidjan, sept lauréats lors de la remise des prix « Adicom Awards ». 

Les lauréats viennent de la Côte d’Ivoire (5), du Nigéria (1) et du Cameroun (1) et ont été primés dans le domaine de la culture, du food, de l’impact social, de la mode et de la beauté, des influenceurs tech, du voyage, des jeunes talents. Il y a eu également un prix spécial AdicomAwards (Côte d’Ivoire).

Présentée par TV5Monde et co-organisée par Veilleur des Médias, expert du suivi et de l’analyse de la presse et du web, ainsi que par Totem Expérience, en présence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Poste, Monsieur Bruno Koné, la soirée a récompensé les « influenceurs » dans différentes catégories (entre autres culture, gastronomie, voyage et technologies) au Cinéma Majestic du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Rappelons qu’en Afrique plus de 840 millions de jeunes de moins de 25 ans vivent une transformation digitale sans précédent.

81% de la population possède un téléphone mobile – soit 995 millions d’individus. Cette transformation digitale peut contribuer de façon décisive au développement du continent. Les « influenceurs » récompensés participent activement à la créativité digitale du continent africain. À travers cette initiative, les lauréats sont mis en relation avec les marques pour d’éventuelles collaborations.

Le projet Jokkokids, impulsé par le programme Jokkolabs, un espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, a accompagné près de 800 enfants. Le but, stimuler leur créativité avec le numérique.

Le développement du numérique s’est amorcé et annonce de nouveaux défis. Au Sénégal, 21,7 % de la population ont accès à Internet. Ce sont des enjeux importants pour la diffusion du numérique autour de la problématique : comment prétendre à l’égalité des usages et la maîtrise des outils ?

Pour l’espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, Jokkolabs, les nouvelles technologies ouvrent de nouvelles voies et les enseignants constituent ainsi la pierre angulaire d’une éducation renouvelée et adaptée. Jokkokids propose d’y associer la qualité des animations périscolaires en fédérant des animateurs, clés de voûte du continuum à opérer entre l’école et « dehors », et entre les outils numériques et les apprentissages, pour accompagner les enfants d’aujourd’hui à devenir des adultes accomplis.

Après deux années de fonctionnement, le projet Jokkokids, sous l’impulsion du programme Jokkolabs, a accompagné près de 800 enfants. Initié en 2016, avec le soutien de la Fondation Osiwa, Jokkokids est un projet pluridisciplinaire open-source et un réseau d’innovateurs, animateurs et organisations qui développent des opportunités éducatives afin de stimuler la créativité des enfants par l’usage des technologies, en lien avec l’expression de soi, au sein d’une démarche inclusive. Après cette phase expérimentale, l’idée de ce programme, a expliqué Fatoumata Niang Niox, directrice exécutive de Jokkolabs Sénégal, c’est de préparer les compétences des enfants pour le futur. Pour cela, elle a fait savoir, au cours d’une conférence de presse, samedi : « Nous sommes allés sur trois champs d’action : le numérique qui est une valeur sûre de nos jours, le développement de l’expression de soi et les potentiels en termes de fabrication ». Ces trois champs, par leur transversalité, ont été mis ensemble pour faire Jokkokids. Une fois le programme en marche, « nous avons mis en place des Kidslabs qui sont des espaces pour accueillir des enfants de 6 à 12 ans pour les préparer aux métiers du numérique », a détaillé M. Niox, relevant que beaucoup de séances de programmation simple pour les enfants ont été faites. S’y ajoutent des sessions sur la fabrication avec du matériel recyclé à utiliser pour en faire un micro, une voiture ou un petit hélicoptère. Autre volet du projet, le développement de l’expression de soi qui passe par la danse, l’écriture. « On s’est beaucoup focalisé sur l’écriture parce que les ateliers créatifs sont importants, car stimulant toute la créativité de l’enfant », a souligné Fatou Niang Niox. En règle générale, ces Kidslabs reçoivent les enfants pendant les week-ends ou les vacances scolaires. Un aspect du projet sur lequel la directrice exécutive a insisté, c’est celui du volet social qu’elle a jugé « très important avec l’implication des enfants vulnérables ».

Au-delà du Kidslabs, le projet a développé beaucoup d’activités nomades, notamment au Samu social, à l’Institut français de Dakar où des enfants de la rue ont été invités grâce au partenariat avec l’association « Help the street children ».

Le projet Jokkokids, c’est aussi des interventions dans les régions comme Kaolack et Ziguinchor.

Après deux années d’expérimentation, Jokkolabs Sénégal entend pérenniser Jokkokids en l’intégrant dans le système éducatif national.

E. Massiga FAYE

La compétition « mYouth 2.0 » Sénégal vient d’être lancée. La structure Mobile4Senegal encourage ainsi les développeurs et entrepreneurs évoluant dans le mobile au Sénégal à soumettre leurs projets à la compétition internatinale mYouth 2.0.

Le projet « mYouth 2.0 – mobile, young, opportunity, unity, technology, help » est un projet qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des jeunes dans le domaine du mobile », renseigne un communiqué. Le projet est cofinancé par le programme Erasmus de la Communauté européenne et conduit par mladiInfo international. Il implique des organisations et des jeunes de douze pays : Autriche, Ghana, Hong Kong, Kenya, Macédoine, Philippines, Pologne, Sénégal, Roumanie, Singapour, Tanzanie et Vietnam. Avec mYouth 2.0, informe le document, les participants vont utiliser leurs compétences en développement mobile et en acquérir de nouvelles dans un contexte international. Des informations complémentaires sur mYouth 2.0 sont disponibles sur : http://myouth.eu.

Dans sa démarche, mYouth 2.0 fournit un espace privilégié où les participants vont prendre part à des compétitions mobiles locales et représenter leur pays au niveau international. Les partenaires de chaque pays vont mettre en place ces compétitions. La compétition mYouth 2.0 du Sénégal est organisée par Mobile4Senegal (http://mobilesenegal.org, https://facebook.com/mobilesenegal).

Les meilleures équipes seront sélectionnées pour représenter le Sénégal, d’abord au Ghana pour un hackathon, puis en Macédoine pour une formation en business development et, enfin, en Autriche lors des European Youth Awards http://www.eu-youthaward.org (Catégorie mYouth 2.0). Ils bénéficieront d’un encadrement par des experts en technologie et en business development.

Selon le document de présentation, la compétition est ouverte jusqu’au 4 mars 2018 et les soumissions se font en ligne : http://bit.ly/myouth2sen. Des informations complémentaires sur la compétition sont disponibles sur : http://bit.ly/mythou2sensite.

Les applications mobiles seront évaluées selon les critères suivants : admissibilité, motivation de l'équipe, qualité de l'application mobile, innovation, impact social, potentiel commercial et durabilité.

E. Massiga FAYE

Des Sénégalais qui ne savent ni lire ni écrire en français ou même dans les leurs langues nationales peuvent avoir des renseignements sur les procédures administratives comme l’obtention des extraits d’état civil, les casiers judicaires ou encore sur la fiscalité. L’ingénieur Mamadou Diagne a développé une application qui facilite l’accès aux informations en mode hors connexion pour les usagers détenteurs de téléphone portable et de tablette sous Android.

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) a décerné le Prix de l’Emergence au projet I-Citoyen à l’issue du concours « eGovlab Challenge ». Le projet, porté par Mamadou Diagne, permet à l’écrasante majorité des Sénégalais qui n’ont pas fréquenté l’école des Blancs d’avoir accès aux informations administratives. Cette innovation lutte contre l’inclusion. Près de 54,6% de la population sénégalaise n’accédant pas aux informations administratives, l’ingénieur Mamadou Diagne a développé une interface avec des images emblématiques des services comme la justice, la finance, les actions sociales, le système sanitaire. L’objectif est de permettre à ceux qui ne parlent pas français et qui ne savent pas lire de se renseigner.

Tout citoyen détenteur d’un téléphone Smartphone ou d’une tablette sous Android est guidé par des messages vocaux dans sa recherche d’informations. D’emblée, l’utilisateur est invité à choisir la langue de sa convenance par les messages vocaux en wolof, sérère, pulaar. La grande innovation réside dans le fait que cette application fonctionne en mode hors connexion. « I-Citoyen aide les personnes à s’informer sur les procédures administratives en wolof, sérère, pulaar, mandingue, soninké, diola, hassaniya, balante mancagne, noon, manjack, bédik, saafi-saafi.

Tout est disponible en mode hors connexion », informe le porteur du projet.

L’ingénieur pense que le téléphone est l’un des moyens de communication qui aide  l’usager à mieux s’informer. C’est pour cela qu’il a choisi de le mettre au service de la démocratisation de l’accès aux informations administratives. « Avec un taux de pénétration qui est estimé à 116,71% et un parc de téléphonie mobile de 15.765.524 lignes en 2016, le téléphone mobile reste le meilleur vecteur pour l’accessibilité à l’information administrative », croit Mamadou Diagne. La pertinence de cette application n’est plus à discuter. La demande est forte au regard du nombre de Sénégalais qui cherchent des renseignements à distance sur le portail des procédures administratives. « Le portail des procédures administratives est l’un des services les plus innovants de l’État du Sénégal avec un nombre record de visites, dans une société de l’information où l’accès à l’information administrative est un droit. I-Citoyen veut être le futur partenaire de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) pour réduire les inégalités liées à l’accès à l’information », souhaite M. Diagne. L’utilité, l’état d’avancement du projet, entre autres, ont convaincu les membres du jury à attribuer le Prix de l’Emergence à Mamadou Diagne pour la catégorie de « la Ville intelligente ».

Cette innovation est rangée dans la catégorie des outils et des approches qui améliorent la qualité de vie des citoyens dans des villes où ce n’est pas facile de se déplacer. Le concepteur et les autres membres de l’équipe (Marima Dos Santos, Sanou Coumba Faye) ont remercié le ministre en charge des Télé-services de l’Etat et l’Adie qui a initié ce concours considéré comme une vitrine des projets digitaux portés par de jeunes entrepreneurs sénégalais et de la diaspora. « C'est avec une grande joie que notre projet I-Citoyen a reçu le Prix de l'Emergence. Cette récompense prestigieuse est une vitrine pour nous, jeunes entrepreneurs sénégalais. Elle valorise notre travail, nous rend plus crédibles auprès des banques et des investisseurs. En effet, il est très difficile de rivaliser avec les grandes multinationales qui nous écrasent très souvent », confie Mamadou Diagne.

L’équipe réfléchit à élargir l’offre de services. Elle souhaite être l’interface entre les Sénégalais de la diaspora et l’administration sénégalaise. L’ingénieur a constaté que des Sénégalais de l’étranger ont tous les problèmes pour avoir des papiers administratifs. Mamadou Diagne et ses camarades comptent donc lever cette contrainte. Mais, pour cela, il faudra nouer un partenariat avec des services de l’Etat comme l’Adie et le ministère de l’Intérieur.

Idrissa SANE

Le recteur de l’Ugb, Pr Baydallaye Kâne, a lancé le projet «Saint-Louis Numérique 2025» dans les locaux du Conseil départemental de la vieille ville. Ce projet évalué à plus de 17 milliards de FCfa va doper l’économie de la région de Saint-Louis.

Saint-Louis dispose désormais d’un projet numérique. Il a été lancé par le recteur de l’Université Gaston Berger (Ugb), le Pr Baydallaye Kâne, en présence du président du Conseil départemental, Me Moustapha Mbaye, des représentants des ministères de l’Enseignement supérieur, des Télécommunications, du directeur de l’Agence régionale de développement (Ard) Ousmane Sow, de l’adjoint au maire de Saint-Louis, Balla Guèye et de plusieurs élus locaux. Le coordonnateur de ce projet, Pr Ousmane Thiaré de l’Ugb, a rappelé que Saint-Louis Numérique 2025 est un projet de développement territorial. Il est  axé sur l’économie numérique avec des résultats qui vont impacter le développement économique et social des collectivités locales du Nord du Sénégal. L’objectif principal du projet est de doper la croissance économique et d’améliorer le bien-être des populations. Le numérique, a-t-il précisé, est un véritable outil de transformation économique et sociale. « C’est un accélérateur de croissance économique à travers la diffusion et la transformation », a expliqué M. Thiaré. L’Université Gaston Berger de Saint-Louis, à travers le Centre d’excellence africain en mathématiques informatiques et technologies de l’information et de la communication (Cea-Mitic), a initié la réflexion en mai 2016 lors d’un atelier d’élaboration du plan stratégique « Saint-Louis Numérique 2025 (Sln/2025) ». La rencontre avait réuni les représentants des collectivités locales concernées par le projet que sont les départements de Dagana, de Podor et de Saint-Louis ainsi que les 38 communes de ces trois départements.

Potentiel scientifique et technique
Au sortir de cet atelier, un certain nombre de projets avaient été proposés pour constituer le socle du plan stratégique Sln/2025. De l'avis du Pr Ousmane Thiaré, il convient à présent de démarrer cet ambitieux programme. Pr Baydallaye Kâne a, à son tour, laissé entendre que l’initiative du Cea/Mitic de l’Ugb de faire bénéficier la région nord de son immense potentiel scientifique et technique est naturelle. « C’est aussi un devoir », a-t-il souligné. Le recteur a lancé un appel à tous les partenaires, à la tête desquels les collectivités locales, pour une mobilisation autour de ce projet qui va transformer qualitativement les conditions de travail et de vie des populations de la région de Saint-Louis. Il a rappelé que le projet vise le développement de la région de Saint-Louis à travers l’économie numérique à l’horizon 2025. « L’enjeu est de s’appuyer sur les Tic pour éclore et optimiser le potentiel des terroirs concernés, dans les secteurs tels que le tourisme, l’agriculture, l’élevage et la pêche », a-t-il signifié. Rappelant les possibilités que ce projet peut offrir, le recteur de l’Ugb a cité la création d’incubateurs, de pépinières d’entreprises et d’espaces de coworking pour l’emploi des jeunes en milieux urbains et ruraux. Il a aussi fait allusion à la possibilité de promouvoir un large accès au réseau Internet avec un très haut débit, l’aménagement d’espaces numériques et de faire de l’île de Saint-Louis un free wifi zone, de moderniser des collectivités locales par la dématérialisation des procédures administratives.

La réhabilitation, la restauration, la gestion du patrimoine, la gestion de l’information sur la pêche, la disponibilité de ressources pédagogiques, la mise en place d’une plateforme de tutorat en ligne, d’une plateforme de gestion de l’information médicale en local figurent en bonne place dans les perspectives de ce projet.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les « Mardis du numérique », qui sont à leur 7ème édition, ont permis aux acteurs de la santé et aux responsables d’African performance institute (Api) de démontrer l’importance du numérique dans la facilitation de l’accès aux soins de qualité par le biais de la télésanté et de la m-santé. Les nouvelles technologies sont aussi un puissant outil de sensibilisation et prévention des maladies.

« La santé à l’ère du digital : quel enjeu pour le Sénégal ? » Tel est le thème de la 7ème édition de la conférence des « Mardis du numérique ». Cette rencontre, initiée par African performance institute (Api), a pour but de servir de plateforme d’examen des différentes problématiques liées à la construction et la transformation numérique. Elle a été présidée, le 20 février, par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. Ce dernier a informé les organisateurs que son département a lancé le processus d’adoption de la « Stratégie nationale de santé digital 2018-2022 ». Selon le ministre, c’est pour impulser et promouvoir l’accès aux soins de qualité par le biais de la télésanté et de la m-santé. L’objectif recherché également est la prévention et la prise en charge du risque maladie à travers une plus large diffusion d’informations sur la santé et une digitalisation de la Couverture maladie universelle. En outre, le renforcement des performances du personnel de la santé par l’utilisation des Tic et l’amélioration de la gouvernance sanitaire grâce à la disponibilité de l’information sécurisée font partie de cette stratégie. « Le thème est parfaitement aligné sur notre Stratégie nationale dont la mise en œuvre va démarrer, courant 2018, sous la coordination de la Direction générale de la santé à travers la cellule de la carte sanitaire, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé », a noté Abdoulaye Diouf Sarr. Selon lui, « la santé numérique nous invite à revisiter nos pratiques à l’aune des opportunités et des risques que présentent les technologies de l’information ».

Le ministre de la Santé a reconnu que, grâce aux Smartphones, chaque personne a la possibilité de contrôler son indice de masse corporelle, sa tension et son taux de glycémie. « Il est donc possible d’anticiper sur la maladie grâce à une bonne information sur la santé et à la promotion en ligne d’une bonne hygiène de vie », a commenté M. Sarr. Et à son avis, à l’ère du digital, la santé doit être gérée autrement, c’est-à-dire en prenant en compte des besoins des populations. Ces nouvelles technologies, a-t-il estimé, ne doivent pas être perçues uniquement comme des services, mais comme des solutions.

Le président d’African performance institute, Ibrahima Nour Eddine Diagne, en décortiquant le thème, a souligné que le numérique donne l’opportunité de faire la connexion entre toutes innovations connues dans le domaine du digital et de la santé en tant que pratique multisectorielle qui, dans son évolution, n’est jusqu’à présent pas encore bouleversée par les métiers du numérique. « Nous avons voulu, à travers notre rendez-vous des « Mardis du numérique », poser le débat devant le ministre et ses collaborateurs », a-t-il renseigné. M. Diagne a, par ailleurs, affirmé que le médecin d’aujourd’hui doit être à l’heure de l’actualité du numérique. « Il doit aussi être capable de pouvoir faire ses consultations, ses analyses et des diagnostics en utilisant les nouvelles technologies de la communication », a-t-il conseillé, d’autant plus que, dans l’avenir, le médecin fera face à un concurrent qui s’appellera l’intelligence artificielle.

Eugène KALY

A près d’un an du premier tour de la présidentielle sénégalaise (24 février 2019), l’état des lieux montre comment la future part centrale du digital dans cette joute électorale est soumise à des impératifs d’innovations.

Dans cette arène virtuelle aux réels enjeux qu’est la communication digitale, les adversaires politiques n’ont pas toujours les mêmes artifices ni les mêmes degrés de préparation, tout en reconnaissant, en revanche, l’importance des pas à franchir. Mamadou Ndiaye, spécialiste de la communication digitale et professeur au Cesti, en apporte un éclairage. « Vu le développement fulgurant de l'Internet mobile en termes d'utilisateurs (plus de 9 millions d'abonnés) et compte tenu de la grande accessibilité des terminaux mobiles et intelligents (Smartphones, tablettes et postes de télévision), nous pouvons parier que la communication digitale occupera une place importante dans l'élection présidentielle de février 2019 ».

Obama, le pionnier
C’est une position souscrite par Charles Sanches tout en nuançant son propos en mettant la balle dans le camp des formations politiques. « La com' digitale prendra la place que les états-majors des candidats voudront bien lui donner », fait-il remarquer. Les exemples du candidat Macron (France) ou même Trump (Etats-Unis), plus récents, montrent le basculement de leurs élections respectives en mobilisant notamment les abstentionnistes. L’utilisation de la plateforme américaine NationBuilder, une énorme base de contacts, permettait de toucher un maximum d’électeurs. Mais, le pionner dans ce secteur est sans conteste Obama. « En 2008, sa stratégie digitale audacieuse ne se limitait pas juste à être présent sur certaines plateformes communautaires ; son équipe avait défini comment chaque plateforme devait être exploitée et comment l'information y serait agencée », ajoute M. Sanches.

Un terreau fertile
Au Sénégal, les moyens peuvent ne pas être les mêmes pour les potentiels candidats à la location de l’avenue Léopold S. Senghor. Il en est de même pour la sociologie des électeurs. Mais, il y a un terreau fertile à la chasse à l’électeur digital. Effectivement, Internet et les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans un plan de communication de masse. « Les audiences sont bonnes, la mise en œuvre d'actes de communication et/ou de propagande est plus rapide », note Mamadou Ndiaye. « Avec les supports digitaux et en ligne, faire ou répondre à une manipulation politique devient un jeu d'enfant », assure-t-il. Un jeu aux apparences plus complexe qu’il n’y paraît et qui pourrait profiter à d’autres forces en dehors du huis clos politique traditionnel. « Si nos hommes politiques manquent d'innovations en la matière, il y a un risque qu'ils laissent l'initiative à la société civile qui, elle, les bousculera. Ils ont donc intérêt à bousculer leurs habitudes et à sortir de leur zone de confort habituel, sinon ils vont déchanter », martèle l’universitaire. Tout un programme.

Par Moussa Diop

COMMUNICATION DIGITALE EN POLITIQUE ENTRE PONCIFS ET ORIGINALITÉ
Etre populaire sur les réseaux sociaux numériques, c’est comme être riche au jeu du Monopoly. C’est un poncif aux allures d’assertion péremptoire. Cependant, il n’a pas le défaut du manque de corrosivité, même si elle ne fait pas toujours rire les politiques en mal d’audience, d’égo, mais surtout à la communication incertaine pour les futures échéances électorales. Ceux qui rassemblent toutes ces « tares » se ruent sur la communication digitale comme on se jette, à genoux, dans l’eau inespérée d’une oasis, lors d’une traversée du désert, sans se soucier si elle est potentiellement dangereuse. En effet, l’horizontalité du digital permet de vérifier la tarte à la crème sous forme de poncif historique qui veut qu’il soit « plus facile de détruire que de construire ».
 
Elle est encore plus avérée quand il s’agit de réputation digitale. En politique, communiquer est synonyme de chercher à fixer une prise de position en se basant sur l’argumentation et la légitimité. Chaque intervention doit être minutieusement choisie, car avec le digital, chaque information peut être partagée, commentée et aussi circuler sans limite, notamment avec les réseaux sociaux. Des prises de position de politiques ou de leurs partis sur Twitter ou Facebook génèrent presque immédiatement de vives oppositions du camp d’en face. Le contraire est une originalité.

« Le digital, c’est technique. Il requiert qu’on le confie à quelqu’un qui s’y connaît », avertit Charles Sanches, activiste et ancien membre de la com’ digitale de la Croix-Rouge à Dakar. Il poursuit : « Il ne suffit pas juste d’avoir du succès sur les réseaux sociaux ou d’avoir de la répartie pour savoir l’utiliser, parce que la stratégie devient conjoncturelle. Ainsi, à la première crise, tout s’écroule alors que pour avoir des résultats sur le long terme, la communication digitale doit être structurelle ». L’hybridité de la communication digitale en politique au Sénégal est ainsi justifiée. Elle est souvent mi-professionnelle mi artisanale. « Dans un pays avec un nombre d’internautes assez réduit (4 119 527 selon internetwordstats), l’utilisation des médias traditionnels offre une meilleure visibilité aux acteurs politiques », conseille Mamadou Ndiaye, professeur au Cesti. Et le serpent se mord finalement la queue. Autre poncif à l’originalité floue comme la com’ digitale en politique au Sénégal.

CHARLES SANCHES, BLOGGEUR : « AU SÉNÉGAL, C’EST UNE COM’ PLUS ARTISANALE QUE PROFESSIONNELLE »
Enseignant, consultant, mais surtout coordinateur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (Pplaaf), Charles Sanches a un regard critique sur la communication digitale des politiques au Sénégal.

Il a suffi d’une scène pour étaler au grand jour les difficultés de la communication digitale en politique. Lors de sa récente visite au Sénégal, Macron s’adresse à une élève du collège de Hann : « Ça fait combien de temps que vous êtes 28 ? » La réponse de la jeune collégienne (« Ça fait trois jours ») a déclenché l’emballement des réseaux sociaux numériques où on débattait de la probabilité ou non d’une volonté de « cacher » les réels effectifs de classe du collège estimés à 60.

« Réinventer la communication politique »
« Je crois que cela montre toute la volatilité des réseaux sociaux où les acteurs d’une scène ont eux-mêmes toutes les difficultés du monde à la maîtriser », analyse Charles Sanches. Pour étayer son point de vue, cet ancien de la cellule de communication du Comité international de la Croix-Rouge à Dakar et également bloggeur fait une mise en perspective : « Un spectateur hors du champ va récupérer un élément hors contexte, et c’est cet élément qui l’emportera sur tout le reste. Il y a eu tellement d’interprétations sur cette histoire des « 28 élèves », mais les gens préfèrent garder ce qui les intéresse. Il y a un décalage entre une communication institutionnelle qui se veut sérieuse et les utilisateurs des réseaux sociaux qui sont dans l’instantané, l’emballement et l’effet boule de neige ».

Charles Sanches attire l’attention sur la différence entre la communication politique et la communication digitale appliquée à la politique. Convaincu qu’une présence sur les réseaux sociaux n’est pas forcément synonyme de stratégie digitale, l’activiste pense que la communication digitale en politique au Sénégal est « plus artisanale que professionnelle ».

Développer une stratégie digitale
Deux raisons principales l’expliquent. Premièrement, les politiques ainsi que les structures politiques « n’ont pas compris que Internet et surtout le web 2.0 ont induit des nouveaux comportements des citoyens, potentiels électeurs et électeurs. Les individus sont, aujourd’hui, plus puissants que les institutions ». Deuxièmement, pour parler de communication digitale, cela suppose, au préalable, « le développement d’une stratégie digitale, avoir des cibles, maîtriser les codes des réseaux sociaux et développer une stratégie de contenus ». Le bloggeur n’est pas sûr « que les partis politiques aient intégré les métiers du digital dans leurs structures, (car ils continuent) de voir le digital comme quelque chose d’à-côté, de marginal (alors qu’il est) central ».

M. DIOP

EL HADJI KASSÉ SUR LA COMMUNICATION DIGITALE DE MACKY SALL : « C’EST UNE VOLONTÉ DE TRANSPARENCE ET DE PROXIMITÉ »
Ministre chargé de la Communication de la présidence, El Hadji Kassé est à la tête d’un dispositif dans lequel les outils numériques ont une activité « centrale ». Un dynamisme qui a donné à Macky Sall une identité numérique de premier plan en Afrique.

« Rester connecté et ne laisser personne pour compte avec la volonté de transparence et de restitution de l'action présidentielle ». C’est la vision du président Macky Sall décrite par El Hadji Kassé, responsable de la Communication de la présidence. Avec lui, le Sénégal envisage de se poser comme un pionnier en termes d'innovation communicationnelle. « Le président de la République fait partie des chefs d'Etat les plus connectés du continent. Son compte Twitter est, aujourd'hui, classée 6ème dans le Top 20 des chefs d'Etat les plus connectés sur ce réseau social (1er en Afrique francophone et 2ème en Afrique de l'Ouest derrière le Nigéria) », se félicite-t-il.

« Présidence connectée »
La communication digitale de la présidence de la République sénégalaise est « centrale », selon El Hadji Kassé. L’ancien Dg du « Soleil » décrit une « présidence connectée » protéiforme avec plusieurs plateformes comme le « Chatbot » de la présidence de la République permettant d'échanger et d'informer régulièrement ; la plateforme #StopFakeNewsSn pour dénoncer les manipulations de l’opinion à travers le web 2.0 ; la Newsletter bimestrielle pour suivre et rattraper toute l'actualité présidentielle dont l’inscription se fait sur le site de la présidence ; la « Génération Sénégal », une plateforme de la présidence pour la génération qui construit le Sénégal (des formats revisités et adaptés, de la pédagogie et de l'échange) ; l'Enm (Espace numérique mobile) et ses tournées à travers le pays pour toujours rester connecté ; les comptes Instagram/ou encore Snapchat pour les plus jeunes – « une communication à tous les niveaux et pour toutes les catégories » et, enfin, les sessions de questions/réponses mensuels sur des sujets de société, d'actualité nationale et internationale. Ce dispositif fait dire à El Hadji Kassé que Macky Sall « est le premier président à impulser une telle dynamique, symbole (d’une) relève générationnelle ».

Twitter et Facebook
La mise en place de ce dispositif permet à la présidence d’avoir une « communication de proximité, au plus proche des réalités et des Sénégalais ». L’utilisation des outils numériques dans la communication du président Sall s’inscrit dans sa « volonté de transparence et de proximité ». La présidence favorise, de tous les outils numériques à sa disposition, Facebook et Twitter. Pour El Hadji Kassé, les tweets sont plus « utiles et informatifs », alors que Facebook sert davantage aux « échanges, notamment les sessions mensuelles dont « La Présidence vous répond » - session de questions/réponses ».

M. DIOP

MAMADOU NDIAYE, PROFESSEUR AU CESTI : « LES POLITIQUES SÉNÉGALAIS PRÉFÈRENT FACEBOOK À TWITTER »
Professeur de Multimédia et Communication au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), Dr Mamadou Ndiaye fait un diagnostic de la com’ digitale en politique au Sénégal.  

Existe-t-il des stratégies de communication digitale spécifiques en politique au Sénégal ?
Oui, il existe des stratégies de communication digitale dans le domaine de la politique. La stratégie basique et la plus simple est d'avoir un site web adossé à une page Facebook sponsorisée. La page doit être développée par un professionnel parce que ce n'est pas la page de monsieur tout le monde. Normalement, c’est la vitrine d'un leader, d'une personne publique charismatique. Par conséquent, il lui faut de la visibilité et une forte audience. C'est ce qui fait que la page doit nécessairement être sponsorisée, c'est-à-dire une page dont la promotion est prise en charge par Facebook. L'application WhatsApp a été beaucoup utilisée lors des dernières élections législatives (juillet 2017, Ndlr), notamment par la coalition « Mankoo Wattu Senegal » et la coalition « Benno Bokk Yakaar ». Dans le cadre de la propagande et de la manipulation politique, des hommes politiques n'hésitent pas à commander des vidéos mettant à nu les failles, insuffisances ou incohérences de leurs adversaires. Ces productions audiovisuelles sont massivement diffusées sur les réseaux sociaux et sur WhatsApp. Toujours sur ces plateformes web, émergent et s'organisent des cellules de riposte qui répondent instantanément et souvent, de manière virulente, à la moindre attaque ou critique visant leur leader.

Est-ce que la communication digitale fait partie des priorités des partis politiques au Sénégal ?
Oui, vu l'activité qu'ils y mènent. Cependant, il faut signaler qu’elle n'est pas très professionnelle, c'est-à-dire structurée, planifiée et déroulée dans les règles de l'art. En somme, cela reste très artisanal et basé sur l'émotion et l'actualité du moment.

Qu’est-ce qui explique qu’une personnalité politique fasse de son compte personnel ou de sa page personnelle le relais de ses opinions politiques ?
Un homme politique bénéficie souvent d'une forte popularité qui fait que son profil est suivi par des milliers d'utilisateurs des réseaux sociaux. Pour le cas de Facebook, à partir de 5000 « amis », il peut faire évoluer son profil en page (« officielle »), toujours en son nom. C'est ce qui explique souvent que les pages portant l'identité du leader sont plus populaires que les pages des partis politiques eux-mêmes. Par conséquent, si on est en quête d'audience, il est plus simple et efficace d'utiliser son propre compte, sa page personnelle, pour échanger avec les citoyens.

Ailleurs, en Occident, par exemple, les politiques choisissent Twitter pour leur prise de parole. Au Sénégal, le choix est plutôt porté sur Facebook. Qu’est-ce que cela dit de la sociologie digitale des Sénégalais ?
Twitter a pendant longtemps trainé une lacune : l'exigence de s'exprimer en 140 caractères. Ce qui nécessitait une capacité de synthèse et une technique d'écriture que ne possédaient pas forcément nos hommes et femmes politiques. Aussi, nous pouvons évoquer la non maîtrise des applications web comme Twitter et la pratique quotidienne. Si on n’est pas un utilisateur assidu de Twitter, en étant ou en devenant un responsable politique, on n’en sera pas pour autant un twitto confirmé. Même en passant à 280 caractères depuis fin septembre 2017, l'utilisation de Twitter est moins fréquente que celle de Facebook. Aussi, Facebook offre une audience, une architecture d'interaction et une aisance que n'offre pas Twitter.

Quels bénéfices peuvent tirer les politiques d’une bonne com’ digitale politique ?
La rapidité de la mise en œuvre des stratégies, une audience jeune et assez importante à portée de main, des coûts relativement bas et la possibilité de toucher les Sénégalais de la diaspora.

Quels risques encourent-ils en choisissant ce mode de communication ?
Ils risquent de voir leurs propres stratégies détournées contre eux. Internet et les réseaux sociaux étant des plateformes ouvertes, il est difficile de maîtriser sa communication et son impact. Ce qui rend véritablement vulnérables ses utilisateurs. Aussi, il y a le risque de confondre popularité sur les réseaux sociaux et popularité dans les urnes. L'histoire politique du Sénégal nous a enseigné que de nombreux acteurs politiques très influents et populaires sur les réseaux sociaux (Idrissa Seck, Ibrahima Fall, Cheikh Bamba Dièye, Ousmane Sonko, etc.) ont réalisé de maigres scores dans les urnes.

M. DIOP

LES RÉSEAUX SOCIAUX, UN TREMPLIN POUR UNE IDENTITÉ ET UNE LÉGITIMITÉ POLITIQUES
C'est à travers sa page Facebook que l’ancien député Thierno Bocoum a annoncé sa démission « par convenance personnelle » du parti politique Rewmi. Il venait ainsi tout bonnement de mettre fin à des années de compagnonnage avec Idrissa Seck à travers un post sur Facebook. Désormais, c’est l’usage pour les hommes politiques de faire constamment recours aux réseaux sociaux dans leur stratégie de communication. Son combat politique, l’ancien porte-parole de Rewmi semble décidé à le poursuivre autrement.
 
Dorénavant, les réseaux sociaux s'imposent comme un outil de communication incontournable. Facebook, Twitter ou encore Instagram  jouent  un rôle extrêmement important. Une communication bien menée et de grande ampleur sur ces plateformes sociales permet donc de disposer d'une forte visibilité mais aussi de draguer un électorat jeune moins tourné vers les médias traditionnels. Dans cette optique, la «course aux likes» entre les acteurs politiques peut sembler insignifiante. En réalité, plus une personnalité est « likée », plus le contenu publié sur la page sera diffusé et plus cette personne bénéficiera d'une grande visibilité pour diffuser ses idées. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, la frontière entre « influenceurs » et influencés tend à devenir de plus en plus poreuse. Au point de bouleverser les formes classiques de communication. Au Sénégal, Thierno Booum, Babacar Gaye et Ousmane Sonko font partie des hommes politiques  les  plus présents sur les réseaux sociaux. Si c’est moins le cas pour M. Gaye, porte-parole du Pds et ancien membre du gouvernement sous Wade, messieurs Bocoum et Sonko se sont servis de leur profil Facebook pour assoir leur identité et légitimité politique en incarnant, pour le premier, une nouvelle vision de l’opposition sénégalaise alors que le second mettait plus l’accent sur des révélations et des dénonciations fracassantes. Des stratégies de communication différentes destinées à toucher un public large. La sociologie actuelle des réseaux sociaux numériques est transversale, elle englobe jeunes – bien sûr – et de plus en plus de moins jeunes.

Oumar BA

LA BATAILLE DES « RÉSEAUX » AU PS
Il y a eu un glissement sur le terrain digital, notamment les réseaux sociaux numériques, de la bataille réelle que se livrent ex-camarades du Parti socialistes. Quand les pro-Tanor se sont contentés de traiter l'autre camp de « dissidents », ceux de Khalifa évoquaient souvent « une tentative de tuer le Parti socialiste ». Pour mieux en découdre avec cette bataille « des réseaux sociaux », le mouvement « And dolel Khalifa Sall (Adk) » a réussi la mobilisation numérique de ses membres avec des éléments de langage sur l’obligation du Ps de « faire sa mue ».  Elle passe par une cure de jouvence à travers une alternance générationnelle.
 
Dans le camp du secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, on refuse de rester les bras croisés, traitant l'autre camp d' « indisciplinés ». Les pro-Tanor ont ainsi occupé les réseaux sociaux pour défendre leur leader politique et apporter la riposte à leurs désormais ex-amis.  

O. BA

Le Sénégal vient d’accueillir Emmanuel Macron, le président français. C’est un ardent théoricien de l’horizontalité en politique tout en étant lui même profondément jupitérien, donc adepte de la verticalité. Une position qui laisse entrevoir les linéaments d’un paradoxe.

En  culture digitale, l’horizontalité fait partie des principes fondateurs au même titre que la transparence ou la coopération. C’est la possibilité pour toute personne de contribuer, d’exprimer son opinion, de partager et d’influencer les autres internautes. C’est très différent  du modèle de hiérarchie traditionnelle. Du coup, les avis des internautes revêtent une importance capitale. Une critique ou un avis favorable émanant d’un utilisateur du web 2.0 est redouté. Chaque prise de parole peut être de portée égale à  l’expertise, en numismatique, d’un spécialiste de la Drachme grecque de l’Antiquité. Toutes les paroles se valent (ou presque). L’horizontalité digitale n’est-elle pas le summum d’une manière orthodoxe de la démocratie ? Sans être catégorique, elle rappelle la démocratie participative si chère à Thomas Sankara à travers les fameux Comités de défense de la révolution (Cdr). L’horizontalité, une révolution au-delà du digital.

Par Moussa Diop


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.