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A près d’un an du premier tour de la présidentielle sénégalaise (24 février 2019), l’état des lieux montre comment la future part centrale du digital dans cette joute électorale est soumise à des impératifs d’innovations.

Dans cette arène virtuelle aux réels enjeux qu’est la communication digitale, les adversaires politiques n’ont pas toujours les mêmes artifices ni les mêmes degrés de préparation, tout en reconnaissant, en revanche, l’importance des pas à franchir. Mamadou Ndiaye, spécialiste de la communication digitale et professeur au Cesti, en apporte un éclairage. « Vu le développement fulgurant de l'Internet mobile en termes d'utilisateurs (plus de 9 millions d'abonnés) et compte tenu de la grande accessibilité des terminaux mobiles et intelligents (Smartphones, tablettes et postes de télévision), nous pouvons parier que la communication digitale occupera une place importante dans l'élection présidentielle de février 2019 ».

Obama, le pionnier
C’est une position souscrite par Charles Sanches tout en nuançant son propos en mettant la balle dans le camp des formations politiques. « La com' digitale prendra la place que les états-majors des candidats voudront bien lui donner », fait-il remarquer. Les exemples du candidat Macron (France) ou même Trump (Etats-Unis), plus récents, montrent le basculement de leurs élections respectives en mobilisant notamment les abstentionnistes. L’utilisation de la plateforme américaine NationBuilder, une énorme base de contacts, permettait de toucher un maximum d’électeurs. Mais, le pionner dans ce secteur est sans conteste Obama. « En 2008, sa stratégie digitale audacieuse ne se limitait pas juste à être présent sur certaines plateformes communautaires ; son équipe avait défini comment chaque plateforme devait être exploitée et comment l'information y serait agencée », ajoute M. Sanches.

Un terreau fertile
Au Sénégal, les moyens peuvent ne pas être les mêmes pour les potentiels candidats à la location de l’avenue Léopold S. Senghor. Il en est de même pour la sociologie des électeurs. Mais, il y a un terreau fertile à la chasse à l’électeur digital. Effectivement, Internet et les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans un plan de communication de masse. « Les audiences sont bonnes, la mise en œuvre d'actes de communication et/ou de propagande est plus rapide », note Mamadou Ndiaye. « Avec les supports digitaux et en ligne, faire ou répondre à une manipulation politique devient un jeu d'enfant », assure-t-il. Un jeu aux apparences plus complexe qu’il n’y paraît et qui pourrait profiter à d’autres forces en dehors du huis clos politique traditionnel. « Si nos hommes politiques manquent d'innovations en la matière, il y a un risque qu'ils laissent l'initiative à la société civile qui, elle, les bousculera. Ils ont donc intérêt à bousculer leurs habitudes et à sortir de leur zone de confort habituel, sinon ils vont déchanter », martèle l’universitaire. Tout un programme.

Par Moussa Diop

COMMUNICATION DIGITALE EN POLITIQUE ENTRE PONCIFS ET ORIGINALITÉ
Etre populaire sur les réseaux sociaux numériques, c’est comme être riche au jeu du Monopoly. C’est un poncif aux allures d’assertion péremptoire. Cependant, il n’a pas le défaut du manque de corrosivité, même si elle ne fait pas toujours rire les politiques en mal d’audience, d’égo, mais surtout à la communication incertaine pour les futures échéances électorales. Ceux qui rassemblent toutes ces « tares » se ruent sur la communication digitale comme on se jette, à genoux, dans l’eau inespérée d’une oasis, lors d’une traversée du désert, sans se soucier si elle est potentiellement dangereuse. En effet, l’horizontalité du digital permet de vérifier la tarte à la crème sous forme de poncif historique qui veut qu’il soit « plus facile de détruire que de construire ».
 
Elle est encore plus avérée quand il s’agit de réputation digitale. En politique, communiquer est synonyme de chercher à fixer une prise de position en se basant sur l’argumentation et la légitimité. Chaque intervention doit être minutieusement choisie, car avec le digital, chaque information peut être partagée, commentée et aussi circuler sans limite, notamment avec les réseaux sociaux. Des prises de position de politiques ou de leurs partis sur Twitter ou Facebook génèrent presque immédiatement de vives oppositions du camp d’en face. Le contraire est une originalité.

« Le digital, c’est technique. Il requiert qu’on le confie à quelqu’un qui s’y connaît », avertit Charles Sanches, activiste et ancien membre de la com’ digitale de la Croix-Rouge à Dakar. Il poursuit : « Il ne suffit pas juste d’avoir du succès sur les réseaux sociaux ou d’avoir de la répartie pour savoir l’utiliser, parce que la stratégie devient conjoncturelle. Ainsi, à la première crise, tout s’écroule alors que pour avoir des résultats sur le long terme, la communication digitale doit être structurelle ». L’hybridité de la communication digitale en politique au Sénégal est ainsi justifiée. Elle est souvent mi-professionnelle mi artisanale. « Dans un pays avec un nombre d’internautes assez réduit (4 119 527 selon internetwordstats), l’utilisation des médias traditionnels offre une meilleure visibilité aux acteurs politiques », conseille Mamadou Ndiaye, professeur au Cesti. Et le serpent se mord finalement la queue. Autre poncif à l’originalité floue comme la com’ digitale en politique au Sénégal.

CHARLES SANCHES, BLOGGEUR : « AU SÉNÉGAL, C’EST UNE COM’ PLUS ARTISANALE QUE PROFESSIONNELLE »
Charles SanchezEnseignant, consultant, mais surtout coordinateur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (Pplaaf), Charles Sanches a un regard critique sur la communication digitale des politiques au Sénégal.

Il a suffi d’une scène pour étaler au grand jour les difficultés de la communication digitale en politique. Lors de sa récente visite au Sénégal, Macron s’adresse à une élève du collège de Hann : « Ça fait combien de temps que vous êtes 28 ? » La réponse de la jeune collégienne (« Ça fait trois jours ») a déclenché l’emballement des réseaux sociaux numériques où on débattait de la probabilité ou non d’une volonté de « cacher » les réels effectifs de classe du collège estimés à 60.

« Réinventer la communication politique »
« Je crois que cela montre toute la volatilité des réseaux sociaux où les acteurs d’une scène ont eux-mêmes toutes les difficultés du monde à la maîtriser », analyse Charles Sanches. Pour étayer son point de vue, cet ancien de la cellule de communication du Comité international de la Croix-Rouge à Dakar et également bloggeur fait une mise en perspective : « Un spectateur hors du champ va récupérer un élément hors contexte, et c’est cet élément qui l’emportera sur tout le reste. Il y a eu tellement d’interprétations sur cette histoire des « 28 élèves », mais les gens préfèrent garder ce qui les intéresse. Il y a un décalage entre une communication institutionnelle qui se veut sérieuse et les utilisateurs des réseaux sociaux qui sont dans l’instantané, l’emballement et l’effet boule de neige ».

Charles Sanches attire l’attention sur la différence entre la communication politique et la communication digitale appliquée à la politique. Convaincu qu’une présence sur les réseaux sociaux n’est pas forcément synonyme de stratégie digitale, l’activiste pense que la communication digitale en politique au Sénégal est « plus artisanale que professionnelle ».

Développer une stratégie digitale
Deux raisons principales l’expliquent. Premièrement, les politiques ainsi que les structures politiques « n’ont pas compris que Internet et surtout le web 2.0 ont induit des nouveaux comportements des citoyens, potentiels électeurs et électeurs. Les individus sont, aujourd’hui, plus puissants que les institutions ». Deuxièmement, pour parler de communication digitale, cela suppose, au préalable, « le développement d’une stratégie digitale, avoir des cibles, maîtriser les codes des réseaux sociaux et développer une stratégie de contenus ». Le bloggeur n’est pas sûr « que les partis politiques aient intégré les métiers du digital dans leurs structures, (car ils continuent) de voir le digital comme quelque chose d’à-côté, de marginal (alors qu’il est) central ».

M. DIOP

EL HADJI KASSÉ SUR LA COMMUNICATION DIGITALE DE MACKY SALL : « C’EST UNE VOLONTÉ DE TRANSPARENCE ET DE PROXIMITÉ »
Ministre chargé de la Communication de la présidence, El Hadji Kassé est à la tête d’un dispositif dans lequel les outils numériques ont une activité « centrale ». Un dynamisme qui a donné à Macky Sall une identité numérique de premier plan en Afrique.

« Rester connecté et ne laisser personne pour compte avec la volonté de transparence et de restitution de l'action présidentielle ». C’est la vision du président Macky Sall décrite par El Hadji Kassé, responsable de la Communication de la présidence. Avec lui, le Sénégal envisage de se poser comme un pionnier en termes d'innovation communicationnelle. « Le président de la République fait partie des chefs d'Etat les plus connectés du continent. Son compte Twitter est, aujourd'hui, classée 6ème dans le Top 20 des chefs d'Etat les plus connectés sur ce réseau social (1er en Afrique francophone et 2ème en Afrique de l'Ouest derrière le Nigéria) », se félicite-t-il.

« Présidence connectée »
El H KasseLa communication digitale de la présidence de la République sénégalaise est « centrale », selon El Hadji Kassé. L’ancien Dg du « Soleil » décrit une « présidence connectée » protéiforme avec plusieurs plateformes comme le « Chatbot » de la présidence de la République permettant d'échanger et d'informer régulièrement ; la plateforme #StopFakeNewsSn pour dénoncer les manipulations de l’opinion à travers le web 2.0 ; la Newsletter bimestrielle pour suivre et rattraper toute l'actualité présidentielle dont l’inscription se fait sur le site de la présidence ; la « Génération Sénégal », une plateforme de la présidence pour la génération qui construit le Sénégal (des formats revisités et adaptés, de la pédagogie et de l'échange) ; l'Enm (Espace numérique mobile) et ses tournées à travers le pays pour toujours rester connecté ; les comptes Instagram/ou encore Snapchat pour les plus jeunes – « une communication à tous les niveaux et pour toutes les catégories » et, enfin, les sessions de questions/réponses mensuels sur des sujets de société, d'actualité nationale et internationale. Ce dispositif fait dire à El Hadji Kassé que Macky Sall « est le premier président à impulser une telle dynamique, symbole (d’une) relève générationnelle ».

Twitter et Facebook
La mise en place de ce dispositif permet à la présidence d’avoir une « communication de proximité, au plus proche des réalités et des Sénégalais ». L’utilisation des outils numériques dans la communication du président Sall s’inscrit dans sa « volonté de transparence et de proximité ». La présidence favorise, de tous les outils numériques à sa disposition, Facebook et Twitter. Pour El Hadji Kassé, les tweets sont plus « utiles et informatifs », alors que Facebook sert davantage aux « échanges, notamment les sessions mensuelles dont « La Présidence vous répond » - session de questions/réponses ».

M. DIOP

MAMADOU NDIAYE, PROFESSEUR AU CESTI : « LES POLITIQUES SÉNÉGALAIS PRÉFÈRENT FACEBOOK À TWITTER »
Professeur de Multimédia et Communication au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), Dr Mamadou Ndiaye fait un diagnostic de la com’ digitale en politique au Sénégal.  

Existe-t-il des stratégies de communication digitale spécifiques en politique au Sénégal ?
Oui, il existe des stratégies de communication digitale dans le domaine de la politique. La stratégie basique et la plus simple est d'avoir un site web adossé à une page Facebook sponsorisée. La page doit être développée par un professionnel parce que ce n'est pas la page de monsieur tout le monde. Normalement, c’est la vitrine d'un leader, d'une personne publique charismatique. Par conséquent, il lui faut de la visibilité et une forte audience. C'est ce qui fait que la page doit nécessairement être sponsorisée, c'est-à-dire une page dont la promotion est prise en charge par Facebook. L'application WhatsApp a été beaucoup utilisée lors des dernières élections législatives (juillet 2017, Ndlr), notamment par la coalition « Mankoo Wattu Senegal » et la coalition « Benno Bokk Yakaar ». Dans le cadre de la propagande et de la manipulation politique, des hommes politiques n'hésitent pas à commander des vidéos mettant à nu les failles, insuffisances ou incohérences de leurs adversaires. Ces productions audiovisuelles sont massivement diffusées sur les réseaux sociaux et sur WhatsApp. Toujours sur ces plateformes web, émergent et s'organisent des cellules de riposte qui répondent instantanément et souvent, de manière virulente, à la moindre attaque ou critique visant leur leader.

Est-ce que la communication digitale fait partie des priorités des partis politiques au Sénégal ?
M NdiayeOui, vu l'activité qu'ils y mènent. Cependant, il faut signaler qu’elle n'est pas très professionnelle, c'est-à-dire structurée, planifiée et déroulée dans les règles de l'art. En somme, cela reste très artisanal et basé sur l'émotion et l'actualité du moment.

Qu’est-ce qui explique qu’une personnalité politique fasse de son compte personnel ou de sa page personnelle le relais de ses opinions politiques ?
Un homme politique bénéficie souvent d'une forte popularité qui fait que son profil est suivi par des milliers d'utilisateurs des réseaux sociaux. Pour le cas de Facebook, à partir de 5000 « amis », il peut faire évoluer son profil en page (« officielle »), toujours en son nom. C'est ce qui explique souvent que les pages portant l'identité du leader sont plus populaires que les pages des partis politiques eux-mêmes. Par conséquent, si on est en quête d'audience, il est plus simple et efficace d'utiliser son propre compte, sa page personnelle, pour échanger avec les citoyens.

Ailleurs, en Occident, par exemple, les politiques choisissent Twitter pour leur prise de parole. Au Sénégal, le choix est plutôt porté sur Facebook. Qu’est-ce que cela dit de la sociologie digitale des Sénégalais ?
Twitter a pendant longtemps trainé une lacune : l'exigence de s'exprimer en 140 caractères. Ce qui nécessitait une capacité de synthèse et une technique d'écriture que ne possédaient pas forcément nos hommes et femmes politiques. Aussi, nous pouvons évoquer la non maîtrise des applications web comme Twitter et la pratique quotidienne. Si on n’est pas un utilisateur assidu de Twitter, en étant ou en devenant un responsable politique, on n’en sera pas pour autant un twitto confirmé. Même en passant à 280 caractères depuis fin septembre 2017, l'utilisation de Twitter est moins fréquente que celle de Facebook. Aussi, Facebook offre une audience, une architecture d'interaction et une aisance que n'offre pas Twitter.

Quels bénéfices peuvent tirer les politiques d’une bonne com’ digitale politique ?
La rapidité de la mise en œuvre des stratégies, une audience jeune et assez importante à portée de main, des coûts relativement bas et la possibilité de toucher les Sénégalais de la diaspora.

Quels risques encourent-ils en choisissant ce mode de communication ?
Ils risquent de voir leurs propres stratégies détournées contre eux. Internet et les réseaux sociaux étant des plateformes ouvertes, il est difficile de maîtriser sa communication et son impact. Ce qui rend véritablement vulnérables ses utilisateurs. Aussi, il y a le risque de confondre popularité sur les réseaux sociaux et popularité dans les urnes. L'histoire politique du Sénégal nous a enseigné que de nombreux acteurs politiques très influents et populaires sur les réseaux sociaux (Idrissa Seck, Ibrahima Fall, Cheikh Bamba Dièye, Ousmane Sonko, etc.) ont réalisé de maigres scores dans les urnes.

M. DIOP

LES RÉSEAUX SOCIAUX, UN TREMPLIN POUR UNE IDENTITÉ ET UNE LÉGITIMITÉ POLITIQUES
C'est à travers sa page Facebook que l’ancien député Thierno Bocoum a annoncé sa démission « par convenance personnelle » du parti politique Rewmi. Il venait ainsi tout bonnement de mettre fin à des années de compagnonnage avec Idrissa Seck à travers un post sur Facebook. Désormais, c’est l’usage pour les hommes politiques de faire constamment recours aux réseaux sociaux dans leur stratégie de communication. Son combat politique, l’ancien porte-parole de Rewmi semble décidé à le poursuivre autrement.
 
Dorénavant, les réseaux sociaux s'imposent comme un outil de communication incontournable. Facebook, Twitter ou encore Instagram  jouent  un rôle extrêmement important. Une communication bien menée et de grande ampleur sur ces plateformes sociales permet donc de disposer d'une forte visibilité mais aussi de draguer un électorat jeune moins tourné vers les médias traditionnels. Dans cette optique, la «course aux likes» entre les acteurs politiques peut sembler insignifiante. En réalité, plus une personnalité est « likée », plus le contenu publié sur la page sera diffusé et plus cette personne bénéficiera d'une grande visibilité pour diffuser ses idées. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, la frontière entre « influenceurs » et influencés tend à devenir de plus en plus poreuse. Au point de bouleverser les formes classiques de communication. Au Sénégal, Thierno Booum, Babacar Gaye et Ousmane Sonko font partie des hommes politiques  les  plus présents sur les réseaux sociaux. Si c’est moins le cas pour M. Gaye, porte-parole du Pds et ancien membre du gouvernement sous Wade, messieurs Bocoum et Sonko se sont servis de leur profil Facebook pour assoir leur identité et légitimité politique en incarnant, pour le premier, une nouvelle vision de l’opposition sénégalaise alors que le second mettait plus l’accent sur des révélations et des dénonciations fracassantes. Des stratégies de communication différentes destinées à toucher un public large. La sociologie actuelle des réseaux sociaux numériques est transversale, elle englobe jeunes – bien sûr – et de plus en plus de moins jeunes.

Oumar BA

LA BATAILLE DES « RÉSEAUX » AU PS
Il y a eu un glissement sur le terrain digital, notamment les réseaux sociaux numériques, de la bataille réelle que se livrent ex-camarades du Parti socialistes. Quand les pro-Tanor se sont contentés de traiter l'autre camp de « dissidents », ceux de Khalifa évoquaient souvent « une tentative de tuer le Parti socialiste ». Pour mieux en découdre avec cette bataille « des réseaux sociaux », le mouvement « And dolel Khalifa Sall (Adk) » a réussi la mobilisation numérique de ses membres avec des éléments de langage sur l’obligation du Ps de « faire sa mue ».  Elle passe par une cure de jouvence à travers une alternance générationnelle.
 
Dans le camp du secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, on refuse de rester les bras croisés, traitant l'autre camp d' « indisciplinés ». Les pro-Tanor ont ainsi occupé les réseaux sociaux pour défendre leur leader politique et apporter la riposte à leurs désormais ex-amis.  

O. BA

Le Sénégal vient d’accueillir Emmanuel Macron, le président français. C’est un ardent théoricien de l’horizontalité en politique tout en étant lui même profondément jupitérien, donc adepte de la verticalité. Une position qui laisse entrevoir les linéaments d’un paradoxe. En  culture digitale, l’horizontalité fait partie des principes fondateurs au même titre que la transparence ou la coopération. C’est la possibilité pour toute personne de contribuer, d’exprimer son opinion, de partager et d’influencer les autres internautes. C’est très différent  du modèle de hiérarchie traditionnelle. Du coup, les avis des internautes revêtent une importance capitale. Une critique ou un avis favorable émanant d’un utilisateur du web 2.0 est redouté. Chaque prise de parole peut être de portée égale à  l’expertise, en numismatique, d’un spécialiste de la Drachme grecque de l’Antiquité. Toutes les paroles se valent (ou presque). L’horizontalité digitale n’est-elle pas le summum d’une manière orthodoxe de la démocratie ? Sans être catégorique, elle rappelle la démocratie participative si chère à Thomas Sankara à travers les fameux Comités de défense de la révolution (Cdr). L’horizontalité, une révolution au-delà du digital.

 

Les supporters de l’Olympique de Marseille se mobilisent pour permettre au Sénégalais Alioune Diop de faire le déplacement de Dakar à la cité phocéenne pour y assister à la rencontre Om–Ol du 18 mars prochain.

Tout est parti d’un reportage sur Alioune Diop, porte-parole de l'Association des Marseillais au Sénégal. Le fan absolu aux 70 maillots de l’Om y faisait part de son rêve d’assister à un match de son équipe préférée au Vélodrome. Ce qui avait ému le peuple marseillais sur les réseaux sociaux et déclenché une mobilisation avec la création d’une cagnotte sur Leetchi, un site de crowdfunding (financement participatif) pour payer le voyage à Alioune Diop. Sur la page dédiée, on peut y lire : « Tout supporter de l’Olympique de Marseille mérite de pouvoir porter nos couleurs dans le plus bel endroit du monde : Le stade Vélodrome. Et pour le remercier de la passion qu'il véhicule dans son pays, nous prenons l'initiative de l'inviter à Om-Lyon le 18 mars 2018 ».

Cette ambition a un coup : le billet d’avion, le visa, le billet du match et la chambre d’hôtel sont estimés à 800 euros (environ 530 000 FCfa). A 29 jours du match, les supporters de l’Om avaient réuni 383 euros pour la réalisation du rêve d’un Sénégalais fou amoureux de l’Olympique de Marseille.                     

M. DIOP

 

Après Orange et Tigo, Expresso a lancé, le 15 février, à Dakar, son service de transfert d’argent depuis le mobile dénommé E-Money by Expresso. Mais, la véritable nouveauté du service est E-Money Chat.

« Il permet aux clients d’utiliser la plateforme financière digitale E-Money lors de leurs discussions sur les différents réseaux sociaux (WhatsApp – Snapchat – Twitter – Instagram…). Donc, le client, tout en discutant avec un proche, pourra effectuer un transfert d’argent (sans quitter) sa page de discussion », explique Fatou Sow Kane, directrice de projet à Expresso. Par ailleurs, l’utilisation du #144# comme code de service financier mobile (le même que Orange) interpelle. Expresso évoque  un « monde de la portabilité ou le numéro n’est pas l’appartenance d’un quelconque opérateur ». Son souci « majeur » est «de faciliter l’accès aux services financiers mobiles à ses clients et aussi que cette interopérabilité soit un jour une réalité ».                

Job’Tel, la révolution du marché de l’emploi par le numérique

Parti du constat qu’il faut personnaliser la recherche d’emploi au Sénégal, Job’Tel envisage de devenir l’équivalent de Pôle emploi en France.

«Job’Tel est la première plateforme de l’emploi au Sénégal », présente Cheikh Tidiane Diagne, son Pdg. L’équipe, composée d’une douzaine de personnes, a pris un nouveau tournant dans son business plan, en ce début d’année 2018, avec des innovations. En effet, Job’Tel permet désormais aux chercheurs d’emploi de recevoir les offres, de manière automatisée, selon le profil et le domaine de recherche ; d’être accompagné sur toute la procédure de la recherche d’emploi, de participer aux ateliers co-organisés avec d’autres partenaires, de faires des tests d’évaluation de profil. Pour les recruteurs, les offres concernent un tri sélectif de Cv, une large diffusion des offres d’emploi, des réductions sur leurs modules de formation.  

Comment ça marche ? M. Diagne explique qu’« en se rendant chez un distributeur agréé, le chercheur d’emploi procède à l’achat (1000 FCfa) de la carte Job’Tel (numérisée) qui est rechargeable. Le distributeur enregistre les coordonnées du candidat sur un formulaire. Le candidat est désormais abonné ». Après cette étape, le système informatique de Job’Tel prend en charge le candidat avec l’accès aux offres d’emploi de manière personnalisée. Il faudra déboursée 1000 FCfa par semaine pour recharger la carte et continuer à bénéficier des services de Job’Tel.

M. DIOP

 

Les supporters de l’Olympique de Marseille se mobilisent pour permettre au Sénégalais Alioune Diop de faire le déplacement de Dakar à la cité phocéenne pour y assister à la rencontre Om–Ol du 18 mars prochain.

Tout est parti d’un reportage sur Alioune Diop, porte-parole de l'Association des Marseillais au Sénégal. Le fan absolu aux 70 maillots de l’Om y faisait part de son rêve d’assister à un match de son équipe préférée au Vélodrome. Ce qui avait ému le peuple marseillais sur les réseaux sociaux et déclenché une mobilisation avec la création d’une cagnotte sur Leetchi, un site de crowdfunding (financement participatif) pour payer le voyage à Alioune Diop. Sur la page dédiée, on peut y lire : « Tout supporter de l’Olympique de Marseille mérite de pouvoir porter nos couleurs dans le plus bel endroit du monde : Le stade Vélodrome. Et pour le remercier de la passion qu'il véhicule dans son pays, nous prenons l'initiative de l'inviter à Om-Lyon le 18 mars 2018 ».

Cette ambition a un coup : le billet d’avion, le visa, le billet du match et la chambre d’hôtel sont estimés à 800 euros (environ 530 000 FCfa). A 29 jours du match, les supporters de l’Om avaient réuni 383 euros pour la réalisation du rêve d’un Sénégalais fou amoureux de l’Olympique de Marseille.                     

M. DIOP

 

De la tontine des « mamans » et autres « tatas » à la « tontine numérique » des sœurs et nièces. C’est le vœu pieux de Mariam Kamara, Directrice de « Inter’Actes MadameDigital », une structure qui cultive des espaces d’échanges et de réseautage.

En Afrique, on évoque des taux de croissances à deux chiffres. Dans ce grand bond en avant, le rôle de la femme entrepreneure dans le digital n’est pas toujours connu. « L’Afrique subsaharienne a un des plus fort taux d’activité entrepreneuriale (TAE) selon plusieurs sources fiables. Mais la femme entrepreneure, telle que nous la connaissons, demeure presque invisible quand on parle de la révolution numérique », regrette Mariam Kamara, Directrice de « Inter’Actes MadameDigital ». Et pourtant, elles sont présentes mais restent invisibles. C’est un paradoxe difficilement acceptable. « Ont-elles besoin d’avoir accès a plus de ressources techniques, matérielles ou autres ?, questionne Mme Kamara. Notre projet tente de répondre à ces questions en proposant une plateforme de dialogues, de réseautage et de formation. Nous avons lancé le Elles’Coaching-She’Coaching, un programme de formation sur 6 semaines 100 % dédié à la femme entrepreneure dès le 6 novembre dernier. Et nous avons eu plus d’une vingtaine de femmes inscrites dans cette cohorte inaugurale ».

Mariam Kamara est consciente qu’il faut apporter quelque chose de différent « au vu de la réelle segmentation dans le secteur des technologies, de l’innovation et du numérique qui laissait pour compte les femmes, et surtout celles non formées ou bien d’une génération plus âgée ». C’est opportun pour FemmeDigital de poser la question d’exclusion. Car quand vous êtes dans une capitale ou dans un centre urbain, on pense que la couverture réseau et l’accès à l’internet est une norme. « Il se trouve que non, affirme avec véhémence Mme Kamara. Les perceptions sont alimentées par les types de communications que nous recevons dans la sphère publique. Et on sait bien qu’en réalité, il y a une majorité d’individus, et en particulier les femmes, en zones non urbaines ou dans des classes démographiques diverses qui n’ont ni accès à l’internet ou même à un portable mobile du type Smartphone. Ceci doit changer impérativement. C’est plus de 50 % de la force de travail qui est concernée ! ».

Moussa DIOP

Voilà déjà quelques années maintenant que l’on nous annonce que l’avenir du monde se jouera en Afrique, continent riche de sa jeunesse et fort de sa position stratégique. Comme pour donner corps à cette prophétie, certains pays africains comptabilisent des croissances à deux chiffres à en faire pâlir bien des puissances européennes empêtrées depuis trop longtemps dans des crises financière et économique. Un concours de circonstances ? Le coup du hasard ? Ou tout simplement les Africains auraient-ils saisi les opportunités de la technologie et du numérique pour écrire un autre pan de leur histoire avec leurs partenaires historiques que sont les Européens ? Il semblerait que cette vision, les Africains la partage avec bien des acteurs de l’innovation de l’autre côté de la Méditerranée. Ainsi, l’édition 2018 de Viva Technology, l’un des plus grands rendez-vous européen de l’innovation, aura pour thème l’Afrique. Son corolaire américain à l’échelle mondiale : le CES 2018 consacrera tout un village au continent. Il accueillera pour une première fois un nombre considérable de startups africaines qui montreront au monde le savoir-faire et l’innovation africaine.

Autant d’événements visant à connecter des territoires d’Europe voire d’Occident avec l’Afrique, terre des toutes les promesses d’avenir. Néanmoins un projet en particulier a attiré mon attention dès l’accueille de ses premiers « campers » en septembre dernier (parfois venus depuis l’Afrique), c’est le lieu singulier qu’est thecamp. Bien plus qu’un campus universitaire, ce haut lieu d’innovation situé à Aix-en-Provence (Sud de la France) se veut être celui de la construction du futur. Thecamp est un lieu unique en France, temple de l’intelligence collective, réunissant étudiants, entreprises, incubateurs, startups, collectivités, universitaires, chercheurs, experts pour travailler ensemble de façon créative afin d’inventer le futur.

Le créateur de thecamp, Frédéric Chevalier, l’a compris très tôt. Sa position stratégique en ferait une source d’attractivité, d’abord en occident puisque le MIT et des universités américaines telle Stamford ont déjà manifesté leur volonté de créer des liens avec thecamp mais aussi l’Afrique, à deux pas… En effet, thecamp a lancé un appel à projets à destination notamment des startups africaines qui bénéficieront d’une incubation jusqu’à maturation de leur projet. Vous l’aurez compris, thecamp positionnera le territoire d’Aix-en-Provence comme le hub d’innovations avec le continent africain et les pays émergents. C’est dans cette continuité qu’a eu lieu les 5 et 6 décembre dernier l’événement EMERGING Valley sur les lieux de la Villa Valmer à Marseille et de thecamp.

Durant deux jours, investisseurs, Makers et startups venus d’Afrique et des territoires émergents ont réfléchi et échangé autour de l’innovation. Ce premier rendez-vous international dédié à l’innovation avec le concours de StartupBRICS et en partenariat avec le journal La Tribune a mis à l’honneur l’Afrique et les territoires émergents. Le boom digital africain au service de l’émancipation et de l’économie, la révolution numérique africaine, l’innovation inversée porteuse de solutions venues du Sud sont autant de sujets abordés avec passion par des Makers venues de toute l’Afrique ! Le Sénégal n’étant pas en reste puisque des personnalités telles Fatoumata Ba de JUMIA Nigeria, Malick Diouf de LafricaMobile, Mamadou Sall de Karangué ou encore Omar Cissé à la tête de In Touch SAS étaient présents et ont témoigné de leurs expériences et ambitions pour l’Afrique. Définitivement thecamp, nouvel hub d’innovations et de business entre l’Europe et l’Afrique n’a pas fini de faire parler de lui. L’année 2018 s’annonce créative, innovante, porteuse d’espoirs et de ponts entre l’Europe et l’Afrique.

Par Madi SEYDI, Head of Digital à Paris (FRANCE)

Les OTT sont dans le viseur de plusieurs pays du fait même de leurs caractéristiques, mais surtout à cause « du manque à gagner » des opérateurs traditionnels. Au Sénégal, se dirige-t-on vers la fin de cette gratuité ?

Les OTT sont les applications qui permettent aux usagers de bénéficier de services (audio, vidéo, photo et texte) avec le téléphone à travers la 3G et la 4G sans passer par un opérateur. Au Sénégal, les OTT sont dans le collimateur des opérateurs (Orange, Tigo, Expresso). Ils ont investi beaucoup d’argent pour acquérir des fréquences et les OTT sont en général installés à l’étranger et bénéficient du trafic IP pour offrir des services au même titre que les opérateurs traditionnels sans pour autant faire un investissement traditionnel. « Cela crée un déséquilibre financier pour les opérateurs, note Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication au Ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. L’Etat sénégalais doit trouver un équilibre pour mieux protéger le grand public et assurer la pérennité financière de ces entreprises qui ont un grand rendement pour l’économie du Sénégal ». Poser ce dilemme, c’est s’interroger sur la fin de la gratuité des OTT désormais tant prisés par les Sénégalais.

« C’est difficile d’être affirmatif à l’heure actuelle qu’on se dirige vers la fin de la gratuité des OTT car chaque pays a sa propre politique », selon Chérif Diallo. C’est une question sensible qui demande une adaptation de plusieurs éléments. « Dabord, il y a les Etats qui doivent mettre en place des législations permettant de protéger tous les acteurs. Puis, il y a les opérateurs traditionnels » avec des intérêts divergents. Ils doivent orienter leurs offres de services en intégrant cette problématique des OTT. Pour Chérif Diallo, il faut nécessairement « une réorganisation » mais il « ne pense pas qu’on tende vers la fin des OTT ». Un avis qu’il base sur un principe : « Tout service offert par internet doit être accessible à tout utilisateur qui paye pour disposer d’internet. Filtrer ces services serait allé contre les libertés individuelles. Toutefois, il ne faut pas oublier que les opérateurs perdent de l’argent ». C’est un dilemme mais il y a une tentative pour contenter les deux parties. « Il faut s’appuyer sur la législation, affirme docteur Diallo. Le Sénégal est en train de réviser le code des télécoms. Le nouveau code est prévu durant le premier trimestre 2018. La problématique des OTT va y être intégrée pour trouver un équilibre. Il y a également le code des lois de la société de l’information qui sera révisé vers fin 2018. Il va prendre en compte d’autres catégories comme le commerce électronique ».

Le régulateur américain des télécoms a voté l'abrogation de la réglementation qui garantissait l'accès égal aux contenus en ligne. Le combat des partisans de la neutralité pourrait se poursuivre sur le plan judiciaire.

Le principe de « neutralité du net » est bien enterré aux États-Unis. La Commission fédérale des communications (FCC), le régulateur américain des télécoms, a voté le 14 décembre dernier, par trois voix contre 2 l'abrogation de la réglementation qui obligeait les fournisseurs d'accès internet (FAI) à traiter de la même manière tous les contenus passant dans leurs «tuyaux». Désormais, la FCC les autorise théoriquement à moduler la vitesse de débit internet à leur guise: les tenants de la «neutralité» craignent donc que ces opérateurs ne fassent payer plus cher pour un débit plus rapide, ou bloquent certains services leur faisant concurrence, comme la vidéo à la demande, la téléphonie par Internet ou les moteurs de recherche. 

AFP

Surfant sur l’innovation, Ecobank a mis jour sa plateforme digitale. En s’associant avec Visa et MasterCard, des modes de paiements électroniques financiers, la banque panafricaine envisage de faciliter la vie de ses clients et d’élargir sa clientèle en ciblant les acteurs non bancaires disposant d’un téléphone mobile.  

Placer le client et la qualité de service au centre des préoccupations. C’est la volonté affichée par les responsables d’Ecobank qui ont procédé, en octobre dernier, au lancement de la version mise à jour de la plateforme digitale de ladite banque. « Nous avons conçu cette plateforme pratique et rapide pour faciliter les opérations de nos clients », a déclaré Serge Ackré, directeur général d’Ecobank Sénégal. La banque panafricaine présente dans 33 pays sur le continent surfe sur l’innovation très marquée dans les technologies de l’information et de la communication pour accroître la qualité de son service. « Avec cette version mise à jour, le client y gagne puisqu’il peut effectuer plus facilement ses opérations de retrait et de paiement. De plus, le coût est compétitif », a vanté Alassane Guèye d’Ecobank.

En misant sur la digitalisation, Ecobank apporte sa pierre à l’édifice dans la politique d’inclusion financière, en faisant du téléphone mobile un outil de paiement et de retrait d’espèces. Toute personne peut ouvrir un compte digital avec son téléphone et être considéré comme client d’une banque.

Les Smartphones, un potentiel à saisir
Ecobank anticipe également sur un énorme potentiel. D’ici à 2020, il est prévu que 540 millions de Smartphones seront vendus en Afrique. Lancée en mars 2016, la plateforme d’Ecobank fait des émules. Rien qu’au Sénégal, plus de 50 000 clients l’utilisent et ils sont 7 000 000 à l’échelle du continent. Les chiffres sont encourageants et incitent à l’optimisme et les responsables de la banque s’en enorgueillissent. « Ecobank est connue pour avoir su exploiter le téléphone mobile en permettant l’ouverture rapide de comptes bancaires, les paiements et les transferts à ses clients », a rappelé Alassane Guèye. Il souligne que le client d’Ecobank peut utiliser cette plateforme dans les 33 pays africains où la banque a ses filiales. Toujours, dans ce souci de faciliter les opérations financières à ses clients, la banque panafricaine s’est associée avec Visa et MasterCard qui sont des leaders mondiaux dans les opérations électroniques financières. Sous peu, les usagers de cette banque pourront utiliser cette plateforme pour effectuer des services non financiers comme le paiement de factures. « L’offre de services non financiers est à l’étude et sera bientôt proposée aux clients », a déclaré Alassane Guèye.   

Concernant la sécurité qui peut être un motif de crainte, les responsables d’Ecobank rassurent. Ils soulignent avoir une expérience avérée dans ce domaine. « On prend toutes les précautions pour que le client puisse effectuer toutes ses opérations en toute sécurité », a affirmé Alassane Guèye. Il a rappelé que lorsqu’une opération est effectuée, le client reçoit aussitôt un message d’alerte. Interpellé sur la présence des opérateurs de téléphonie sur ce segment de la finance digitale, Serge Ackré y voit une complémentarité plutôt que de la concurrence, soutenant que ces nouveaux acteurs vont favoriser l’inclusion financière.

Mamadou GUEYE


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