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Comme partout au monde, les activités de l’économie numérique sont en constante hausse au Sénégal. Une croissance qui se met sur la roue de l’économie sénégalaise.

« L’économie numérique contribue à hauteur de 7 % du PIB dont 3,4 % venant des services numériques, informe Chérif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication (TIC) au Ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. Ces chiffres sont calculés sur une basse échelle car les recettes des services de transfert d’argent via le mobile sont classées dans les finances alors qu’elles sont issues du numérique ». Toutefois, l’importance de l’économie numérique est en train d’être mesurée à sa juste valeur. Par exemple, le PSE mise sur la transformation digitale de l’économie sénégalaise. « Le président Macky Sall a compris cela et l’essentiel du PSE repose sur les technologies numériques sous forme de catalyseur pour doper notre économie », note aussi le directeur des TIC. Les Sénégalais, comme beaucoup d’africains, ont des pratiques singulières dans l’utilisation de l’internet. Contrairement en Occident, le taux de bancarisation n’est pas très élevé en Afrique. C’est ce qui explique que le transfert d’argent via le numérique soit une spécificité typiquement africaine. Cela pose des problématiques de sécurité, de détournement de fonds ou d’usurpation d’identité.

Moussa DIOP

Après le règne presque sans partage des télénovelas, les séries sénégalaises ont le vent en poupe depuis le début des années 2010. Les maisons de production des différentes séries à la mode surfent sur le phénomène en dopant les abonnements à leurs chaînes YouTube avec une technique de monétisation qui rapporte gros.

« Je suis devenue fan de certaines séries sénégalaises comme Mbettel ou Idoles. Mais je ne les regarde jamais à la télévision. J’attends d’avoir la notification par mail pour aller les visionner sur YouTube », confie Ndèye Fatou Kane, écrivaine et férue de nouvelles technologies. Le cas de la jeune trentenaire n’est pas isolé. La télévision est de moins en moins suivie par toute une génération qui lui préfère désormais les plateformes de vidéos comme YouTube où on peut faire sa propre programmation « télé ». Plateforme très importante pour les producteurs de vidéos, YouTube, propriété du géant américain Google, permet de gagner de l’argent. « Un producteur peut créer sa propre chaîne You Tube. Selon l’intérêt du contenu vidéo pour les internautes, Google va chercher des partenaires pub, explique Basile Niane, Digital Project Manager. Ainsi en activant un bouton, on peut mettre de la publicité dans les contenus vidéo mis en ligne ».

Une monétisation en marche
La monétisation des vidéos sur YouTube est très simple. « Plus la vidéo est lue, plus il y a de la pub. Il y a des rémunérations à chaque clic. Les deux principales sont le Coût par clic (CPC) et le Coût par mille (CPM) vues », détaille toujours Basile Niane, qui en rajoute une autre source de monétisation appelée « l’affiliation », c’est un sponsoring avec une marque qui rémunère la personne sponsorisée selon le nombre de visites redirigées vers son produit. Ces différents aspects de la monétisation de YouTube, notamment le CPC et le CPM, attirent les producteurs sénégalais de vidéos et surtout de séries. Ils axent leur stratégie sur les deux formes d’abonnement aux chaînes YouTube. L’abonnement direct permet à l’internaute d’avoir une notification dans sa boite mail qu’un nouvel épisode de sa série préférée est en ligne, c’est le cas de Ndèye Fatou Kane. Alors que pour celui indirect, l’abonné ne voit le nouvel épisode qu’une fois sur la chaîne YouTube. La chaîne YouTube de la série Pod et Marichou affiche 438 000 abonnés, « Mbettel » est à près de 200 000 abonnés, « Un café avec… » en est à 166 000, « Idoles » en compte 67 000. Mais pour chacun des épisodes de ses séries, le nombre de vues dépasse le chiffre des abonnements. Il se trouve généralement entre 400 000 et son double.
 
Offre spécifique par support
L’explication tient de la théorie de « l’âge de l’accès » combiné au choix des internautes. « Je préfère ne pas m’abonner et aller directement sur YouTube pour voir l’épisode car je connais les jours où passent mes séries préférées », renseigne Adja Seynabou Diop, une quadra férue de séries sénégalaises. C’est ce qu’ont compris les maisons de production. Elles mettent désormais dans les contrats qui les engagent avec les diffuseurs que sont les télévisions, des clauses d’exploitation exclusive sur d’autres supports internet à travers des abonnements. C’est une stratégie compréhensive surtout quand l’argent est tabou. « Les maisons de production ne veulent pas rendre publique ce qu’ils gagnent, constate Basile Niane. Il y a différentes sommes. C’est difficile à estimer mais sur You Tube les séries rapportent à partir de 3 000 euros (2 millions francs CFA) par mois. Tout dépend de la régie publicitaire de la maison de production et de la pub que Google met en ligne. Mais les producteurs sénégalais ne gagnent pas autant que ceux des USA ».

RÉALISATEUR DE « IDOLES », Ibou Diouf : « Quand on met les séries sur internet, c’est n’est pas pour gagner de l’argent »
Ne niant pas les sommes annoncées, Ibou Gueye, réalisateur et producteur de la série « Idoles », précise que « quand on choisit la stratégie de mettre une série sur YouTube, ce n’est pas forcément pour gagner de l’argent car un épisode peut rapporter de deux à trois euros (650 à 1500 francs Cfa), selon le nombre de vues ». Les séries sénégalaises sont confrontées à un problème de taille : elles sont en langues nationales. C’est ce qui fait que l’audience est confrontée à un plafond de verre. « Les programmes qui rapportent sur YouTube sont en français, en anglais ou en espagnol. Les langues nationales sénégalaises ne permettent pas une grande audience », renseigne Ibou Gueye.

Ce qui est en jeu en mettant les épisodes sur internet, tout juste après leur diffusion à la télévision, c’est de créer une communauté. « Cela augmente les vues et le nombre de fans. C’est aussi pour cibler la diaspora. Ce qui augmente forcément la notoriété du produit. Ainsi la série devient plus « bancable » donc attire plus d’annonceurs et devient plus rentable ». A la télévision, un épisode d’une série sponsorisé par une marque rapporte généralement 200 000 f Cfa.

Les nouvelles technologies sont différentes du numérique. Si le numérique peut, entre autres, se résumer au fait d’être en ligne, les nouvelles technologies, elles, incluent le fait de savoir coder, programmer, produire. Evoquer « programmation », « applications », « réalisation » ou « activation », c’est définitivement parler de technologie. Ce qui revient à aller au delà du numérique. C’est cette différence fondamentale qui mène toutes les petites mains travaillant dans ce secteur à douter de la véracité de l’expertise de « spécialistes » déconnectés des véritables problèmes des entrepreneurs Tech. Il est indéniable que mettre des stratégies sans eux soit quelque peu risqué. Ainsi il devient tout à fait compréhensible la complainte de certains d’entre eux de ne pas pu avoir de mots à dire sur les grandes politiques numériques au Sénégal. « Tout ce qui est fait pour nous sans nous est contre nous », paraît-il.

Par Moussa Diop

Du bon vieux abonnement à la Sotrac dans les années 80, aux classiques nécessaires comme la Senelec, la SDE, voire Canal +, aux plus contemporains comme Rapido pour l’autoroute à Péage, la téléphonie et tous les services proposés par le grouillant écosystème numérique sénégalais, l’abonnement n’est pas nouveau au Sénégal. C’est une économie dont le numérique a repris les rênes. Elle est toute indiquée à porter la croissance sénégalaise.

L’Afrique et l’Occident, deux visions différentes
L’abonnement est devenu une économie de la souscription capable de progresser près de 10 fois plus vite que la plupart des entreprises occidentales cotées en bourse.

Si en Afrique, c’est encore à ses premiers balbutiements, une frénésie de l’abonnement par le numérique est réellement en cours. Cependant, l’abonnement n’est pas nouveau dans beaucoup de pays africains comme au Sénégal et a toujours bouleversé les modes de consommation. L’un des plus répandus est dans doute le fameux « bindou bol » : c’est un abonnement qui consiste à s’inscrire, généralement, auprès d’une ménagère pour disposer d’un ou de plusieurs repas quotidiens pour les célibataires et les enseignants souvent loin de leur famille ainsi que les travailleurs dans le même cas. De nos jours, les consommateurs occidentaux, par exemple, préfèrent de plus en plus l’abonnement à un service pour recevoir une prestation régulière qui les lie sur le long terme avec une entreprise prestataire. « Une avance de l’Occident qui n’est pas synonyme de retard en Afrique », plaide Rivolala Ratsimandresy, Malgache installé au Sénégal depuis 2013 qui est cofondateur de la Rencontre des entreprises, le premier accélérateur des PMU et PMI au Sénégal. L’Afrique doit avancer tout en gardant sa particularité. « Les Africains n’ont pas intérêt à courir derrière qui que ce soit. Nous devons adapter le Digital à nos écosystèmes africains qui sont différents de ceux d’Occident. Le Digital ne représente, pour le moment, que 0,1% du tissu entrepreneurial sénégalais. La grande majorité est composée de PME et de PMI ».

D’autant plus qu’avec la dématérialisation et la digitalisation propice au développement de l’économie d’abonnement, les grandes entreprises traditionnelles craignent plus les startups que leurs rivales classiques. La révolution numérique a provoqué l’arrivée précoce de ce que Jeremy Rifkin appelait dès 2000 « l’âge de l’accès » en Occident. Au Sénégal, les avis sont divergents pour savoir si l’écosystème numérique est prêt à une fidélisation de la clientèle par l’abonnement. Si les Occidentaux âgés de trente ans en moins aux habitudes de consommation « peu attachés à la propriété et veulent pouvoir accéder à tout, et dans la seconde, avec leur Smartphone » sont prêts pour l’abonnement, en Afrique, rien n’est moins sûr, notamment au Sénégal, malgré l’éclosion dans certains secteurs comme la plateforme You Tube avec les séries sénégalaises.

Un écosystème en pleine mutation au Sénégal
Les internautes sénégalais ont des usages numériques généralement identique à ceux du reste du monde. Pourtant, il semble exister une exception sur la consommation en ligne par l’abonnement.

« Le Sénégal n’est pas encore prêt à cause du faible taux de bancarisation », analyse Sédar Henri Senghor, jeune entrepreneur à la tête d’une plateforme monétique digitale. Ce n’est pas un problème culturel mais de solvabilité. Les gens ne sont pas toujours solvables au Sénégal. C’est pourquoi c’est risqué. Les systèmes déjà existant exigent un paiement avant utilisation ». Cependant, le jeune startuper consent que l’abonnement a fait un pas au Sénégal, mais avec des limites. « Tant que nous n’aurions pas une structure qui assure le paiement à la personne, je ne pense pas que les gens iront vers cela. On est très liquide au Sénégal », pense-t-il. C’est un avis qui n’est pas partagé par un autre jeune entrepreneur Tech qui allie digital et secteur de la beauté et du bien-être. El Hadji Magatte Diagne pose le problème autrement. « Tout dépend de ce qu’on propose, avertit-il d’emblée. Au départ, nous (sa boite) avions mis en place un système de commissionnement. Sur chaque réservation, nous prenions une commission. On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’éléments oubliés. Si on propose un pack bien fourni et garanti, c’était mieux. On a le choix de ponctionner le client ou le partenaire ». Il est évident que le secteur de la beauté est en retard sur le digital et qu’il y a un vrai travail à faire. « Il fallait insister sur la nécessité d’interagir avec le client », propose M. Diagne, comme principale solution. Il est difficile de mettre sur pied un système basé sur l’abonnement quand l’informel est la particularité sénégalaise en matière économique.

« Il faut alléger les conditions d’abonnement pour que le client puisse mettre fin au contrat si l’abonnement ne lui va pas, pense El Hadji Diagne. Il est évident que le système de paiement est un problème avec le faible taux de bancarisation. Le renouvellement est un élément à prendre en compte ».

BEAUTÉ ET BIEN ÊTRE : Un secteur encore vierge pour l’abonnement digital
Omael BeautyEl Hadji Magatte Diagne, jeune qui entreprend dans les Tech, a la particularité de s’être tourné vers un modèle exclusivement d’abonnement dans le secteur de la beauté et du bien être.

« Nous aidons le client à aller vers l’institut le plus proche, informe El Hadji Magatte Diagne, entrepreneur Tech depuis 2015. Nous donnons également aux partenaires un outil de promotion de leurs services ». C’est ainsi qu’El Hadji Magatte Diagne présente sa plateforme « Elmadeal » qui interconnecte les instituts de beauté, les salons de coiffure avec les clients pour des soins du visage, de pédicure et de manucure. Il s’est tourné vers un modèle d’abonnement depuis quelques mois.
 
Comment ça marche ?
Il y a tout d’abord un référencement des instituts de beauté puis une inscription sur la plateforme et enfin une mise en place d’un système d’abonnement. « Nous proposons un système d’abonnement qui donne droit d’être sur la plateforme », indique M. Diagne. Dans la mise en place digitale, une page internet est dédiée aux abonnés avec des photos des instituts partenaires. C’est une visibilité qui permet aux clients de faire leur choix. « On y retrouve également des descriptions et la durée de chaque soin proposé », détaille le jeune entrepreneur en technologie. Une partie nommée « avis du client » existe également. Elle permet de mesurer leur degré de satisfaction mais c’est aussi un baromètre pour les autres clients. Sur la base de cette offre, il y a deux types d’abonnements. Le premier dénommé « abonnement simple » donne droit aux partenaires d’être sur la plateforme alors que le second est « un abonnement Prenium » pour les « partenaires qui veulent plus de visibilité et toucher le maximum de clients ». Du côté des clients, la startup propose des « cartes de souscription et de réduction qui permettent aux clients de bénéficier de 15 à 20 % de réduction sur l’ensemble du réseau partenaire ».
 
18 millions de chiffre d’affaires
Dans le modèle économique développé par El Hadji Diagne, l’abonnement occupe 100 % des revenus ; que ce soit avec les partenaires ou avec les clients. « L’abonnement nous permet de garantir aux professionnels de la beauté un ensemble d’outils et d’accompagnements pour lui faire accroître son business », renseigne-t-il. « Après plus d’un an (d’activités), nous en sommes à 18 millions de chiffre d’affaires avec plus de 800 rendez-vous (décompte arrêté en octobre 2017, ndlr). Nous avons une cinquantaine de partenaires sur la plateforme et 3200 membres inscrits. La moitié des partenaires a choisi désormais de basculer sur l’abonnement ». La conviction du jeune entrepreneur est qu’il faut « identifier et verrouiller » l’offre afin que « le client puisse y voir un intérêt à s’abonner ».
 
Plus de visibilité pour un institut de beauté
Mme Diallo dirige Omael Beauty, un institut de beauté et de remise en forme pour hommes et femmes qui existe depuis deux ans. Elle a fait le choix de l’abonnement auprès d’ELMADEAL « pour une meilleure visibilité sur leurs pages et site ». Les avantages qu’en tirent Omael Beauty sont nombreux d’après Mme Diallo. Même en ne donnant pas de chiffres précis, Mme Diallo estime que « depuis le début de (leur) partenariat, (son) portefeuille client s'est accru et donc il y a plus de satisfactions dans cette collaboration ».

MONÉTIQUE : « Le Sénégal n’est pas encore prêt »
Sédar Henri SenghorSédar Henri Senghor a mis en place, en avril 2016, une plateforme monétique digitale qui « apporte une architecture nouvelle, une visibilité en temps réelle et une vraie agilité aux banques, aux instituts et aux entreprises ». Il est dubitatif sur la maturité du marché sénégalais à embrasser l’abonnement numérique.

« Quand on parle de digital, on parle également de rapidité ». C’est la conviction de Sédar Henri Senghor, jeune trentenaire féru d’innovations et de propositions entrepreneuriales. « Généralement, lors d’une opération bancaire, on ne voit sur le compte que les mouvements de la veille. Et l’actualisation n’intervient que le lendemain ».
Le Digital propose une solution à ce problème. « Cartalink apporte cette souplesse. Nous mettons en place des solutions sur cette plateforme ».
 
Déploiement
Sédar H. Senghor informe avoir un client disposant de 16 établissements de bowling. « Dans ses établissements, quand un client arrive, il charge son compte et reçoit une carte. Et c’est avec cette carte qu’il paie son bowling, son resto. En gros, c’est un porte-monnaie électronique avec lequel on peut faire plusieurs choses », explique-t-il. Donc sur la monétique, il n’y a pas de système d’abonnement mis en place car « le faible taux de bancarisation au Sénégal est un frein ». En revanche, pour la fidélisation client, l’abonnement est en bonne voie.
« Nous allons déployer une solution. C’est tout récent », assure M. Senghor. Cette plateforme évolue en Mobile Money. « Nous sommes en train de discuter pour intégrer des solutions Mobile Money, projette M. Senghor. Pour les grandes surfaces et les stations services, nous leur proposons la carte. C’est une sorte de bon d’achat que nous couplons à la fidélisation client ». C’est une manière de contourner les obstacles à l’abonnement en s’y rapprochant de plus près.

Dossier réalisé par Moussa Diop

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