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Ce chapitre est extrait de son ouvrage titré « La Toison d’or de la liberté. En quête de la démocratie en terres d’Afrique et d’ailleurs : récits, paroles et journal de route »
Préface de Souleymane Bachir Diagne, Columbia university, Présence Africaine Editions 25 bis, rue des Écoles, 75005 Paris, ©Présence Africaine Editions, 2018 Isbn 978-2-7087-0918-8.

Chapitre 3 - Sur la route avec Senghor et Dia : portraits d’hommes dans la traversée d’un siècle d’orages1

À la croisée des chemins : Senghor, de la magie d’une rencontre à la quête du sens
Nos chemins se sont croisés une première fois en 1948 : j’avais vingt ans et je venais d’entrer à l’école nationale de la France d’Outre-mer où Senghor enseignait les Langues et Civilisations de l’Afrique. D’entrée de jeu, la fascination joua à plein. Cet homme de stature modeste, au langage retenu dans les échanges ordinaires, laissait paraître, lorsque le propos touchait les œuvres vives de la pensée et du langage, un rayonnement illuminant le masque du visage qui nous captivait, nous, ses jeunes auditeurs. À n’en pas douter, là se manifestait particulièrement le génie poétique du personnage qui l’emportait alors sur toute autre manifestation de sa présence. J’apprendrais plus tard, cependant, qu’un autre registre de pensée et d’action pouvait se poser en contraste de sa vertu créative première, lorsque s’imposait à lui la froide contrainte de décisions politiques où dominait la position d’acteur responsable qu’il se donnait, primant ou réprimant les élans d’une sensibilité affective enracinée profond. Cette étrange et puissante séduction, qui n’allait pas sans ménager d’improbables surprises, joua à plein sur ses proches, au nombre desquels figurait en bon rang Mamadou Dia, compagnon de dix-sept ans de luttes communes.

Senghor fut, pour moi, un premier « Maître d’initiation », inappréciable, aux données profondes de la Culture africaine ; ce qui gagea une fidélité au long cours dans la traversée d’un siècle d’orages, mais n’exclut jamais lucidité et liberté de dialogue lors de moments cruciaux d’affrontement. Après le temps d’une scolarité studieuse et passionnée, et à l’issue de mon séjour initial au Soudan, nous nous sommes retrouvés, dès le début de l’année 1955, au Sénégal, renouant avec de belles connivences intellectuelles et amicales, dans un contexte de mutation politique majeure. Chef du parti qui emporta la forte majorité des suffrages lors des élections marquant l’accès à l’autonomie interne, Senghor me demanda, en juin 1957, d’entrer dans l’équipe des conseillers du gouvernement entamant la marche vers la liberté, aux côtés de Mamadou Dia qui prenait la tête de l’exécutif nouvellement formé. Ce dernier, dès le premier abord, me fascina et m’inspira respect, confiance : ainsi naquit une amitié profonde au long cours. Le contraste entre Senghor et Dia ne manquait pas de laisser paraître une complémentarité d’exception, en mesure de peser sur le destin de l’Afrique en quête de liberté. L’engagement auprès de Dia se révéla une aventure passionnante, se teintant de tragique lorsque les deux hommes se séparèrent. Pour en saisir les tenants et aboutissants, il est nécessaire de les replacer dans leur histoire propre, à travers les blessures de la sujétion coloniale et l’exaltation des luttes pour y mettre fin.

Des hommes dans leur histoire et dans l’histoire
Léopold-Sédar Senghor est né en 1906 à Joal, petite escale historique des navigateurs, en pays sérer, encore imprégnée de créolité portugaise. Il entamait ainsi sa traversée du siècle, d’un XXe siècle qui fut un temps de mutations majeures. Il n’est pas possible de saisir le sens du destin d’un tel homme sans situer son parcours à travers ces mutations, influencé par elles et leur imprimant sa marque. Pour l’Afrique, pour les relations franco-africaines, ce siècle a été, d’une certaine façon, le siècle de Senghor. Certes, pas seulement cela : d’autres personnages de premier plan y ont laissé leurs traces, mais celles de Senghor sont particulièrement signifiantes pour éclairer l’héritage encore vivant de ces années de braise dans le siècle où nous sommes.

Avant d’analyser les étapes d’un chemin aussi marquant, je voudrais, non pas de façon abstraite et distanciée, mais à partir d’une relation humaine et intellectuelle vécue en dialogue avec lui, mettre l’accent sur la position singulière qui fut la sienne. Léopold-Sédar Senghor a vécu au cœur même de ce mouvement de l’histoire, le portant dans son intelligence, son intime sensibilité, de façon que je qualifierai de charnelle, affrontant d’immenses contradictions, de douloureux et dramatiques déchirements, acteur et témoin d’improbables éclosions de forces nouvelles.

Il en a été imprégné au plus profond de lui-même, loin d’être le personnage irénique et impassible dont les hagiographes impénitents tentent de perpétuer l’image. C’est à travers ce vécu, souvent cahoteux, non exempt de tâtonnements, d’erreurs, de blessures, que s’est formée la conscience d’un destin individuel hors pair assumant l’aventure collective. C’est par là-même qu’il acquiert toute sa crédibilité, sa force, sa portée. C’est de cette manière qu’il faut comprendre la proclamation de la Négritude et ce qui s’ensuivit. Je m’attacherai à tracer ce parcours, où le rejoindra Mamadou Dia, à travers sept étapes distinctives.

1. Le royaume d’enfance
Le jeune Léopold, né donc à Joal d’un père catholique et polygame – situation fréquente et faisant à l’époque l’objet d’une certaine tolérance –, commerçant aisé établi en ce lieu, suit sa mère à Djilor, au cœur du pays sérer du Sine. Selon la coutume matrilinéaire qui y prévaut, le personnage dominant masculin qui régente son éducation est son oncle maternel, qu’il nomme Toko Waly.

Ce dernier est un homme de tradition et, dans ce cadre, son jeune pupille et neveu se laisse pénétrer de tous les effluves du terroir et d’une culture paysanne préservant son cachet de profonde authenticité. Il désignera ce temps de bonheur élémentaire comme son « royaume d’enfance » qui le marquera à jamais.

2. Le premier exil et la fascination du choc de la culture dominatrice
À l’âge de sept ans, avant même d’avoir suivi les épreuves d’initiation traditionnelle, son père décide de le reprendre à Joal et de le confier à l’école des missionnaires. Il subit alors l’épreuve déchirante d’une séparation brutale d’avec le monde maternel et la frustration d’une éducation des racines inaccomplie, source d’une définitive nostalgie.

Par contre, l’école et le catéchisme de la mission catholique, où il apprend le wolof et le français, sont, pour lui, une source ambivalente de fascination. Il refuse de renier son « être culturel » premier, tout en assimilant avec passion les langages et les valeurs de l’Occident, expérience d’une conscience fondatrice de la condition de colonisé. Son intelligence s’y épanouit, malgré les contradictions, à travers de belles performances scolaires qui le conduisent au petit séminaire de Ngazobil, lui ouvrant ainsi le chemin de la prêtrise.

3. La résistance et la conquête des armes du dominant
Le jeune Senghor est pénétré de sa vocation sacerdotale, mais sans se déprendre de la fidélité à son être des racines. Tout en affirmant cette vocation avec force, il s’accommode mal du moule assimilationniste, négateur de son âme sérer considérée comme barbare par ses supérieurs. Jugé rebelle par ces derniers, on lui ferme la porte du grand séminaire. Il traverse alors cette épreuve avec douleur et déception, et me la racontera avec émotion dans une interview autobiographique qu’il m’accordera un demi-siècle plus tard. Hors enregistrement, il me dit : « Si j’avais poursuivi dans cette voie, j’aurais probablement été évêque, puis archevêque et cardinal ». Il s’arrête un instant, comme sous l’emprise d’un rêve familier, alors qu’un frémissement indéchiffrable module son regard... Il ajoute, dans un souffle : « Et peut-être même plus ». Il esquisse un sourire et la conversation amicale reprend son cours. Le jeune homme terminera son cycle secondaire, de façon brillante, dans le premier établissement de ce niveau à Dakar qui deviendra par la suite le lycée Van Vollenhoven.

À travers ces épreuves, ses acquis intellectuels sont remarquables et préservent en lui une attirance profonde pour la langue et la culture françaises, assorties de grec et de latin. Il s’approprie, de la sorte, les armes culturelles du colonisateur, dans un chemin qui demeure marqué de solitude. Seule Hélène, sa belle-sœur et confidente, épouse de son frère aîné René, et dotée elle aussi d’une belle intelligence, est de plain-pied avec lui dans ce parcours hors norme et le soutient depuis l’aube de l’adolescence sans la moindre faille. Notons que son histoire éducative s’est tenue à l’écart du monde saint-louisien qui avait formé jusque-là et continuera de former au premier rang les nouvelles élites sénégalaises. Cette position d’exception, paradoxalement, servira son influence sur la classe politique et sociale du pays : il y apportera, de ce fait, sa singularité, sa différence sans perdre sa proximité. Une situation fertile pour développer le message du métissage des cultures, comme dépassement du fait colonial.

4. Le retour aux sources et l’irrésistible surgissement de l’affirmation identitaire : la Négritude comme reconquête de soi
Les études secondaires menées à bien le conduisent au grand large. Le jeune étudiant, avec le soutien de la famille, s’embarque pour la France engrisaillée de l’automne 1928. Le député Blaise Diagne est son correspondant et l’aide, après un essai décevant en Sorbonne, à s’inscrire en hypokhâgne, au lycée Louis-le-Grand. Nouveau paradoxe : c’est à partir de là qu’il affirmera, à travers la rencontre d’Aimé Césaire, puis de Léon-Gontran Damas, la Négritude partagée, alors que sa passion pour la littérature et la langue française est avivée par le dialogue avec son condisciple Georges Pompidou.

Mais la Négritude ainsi comprise et proclamée n’est pas un eldorado : c’est une terre de conquête, appelant à une reconstruction de soi, mettant en évidence les blessures, les amputations d’une prime jeunesse sous contrôle colonial. L’agrégation de grammaire couronne l’appropriation de la part française de sa quête culturelle, au cœur d’un exil qui semble bien long. En 1937, un bref retour à Dakar, à l’initiative du Gouverneur général de Coppet, au temps du Front populaire, lui permet, dans une conférence retentissante à la Chambre de commerce, devant un parterre couru par les Blancs de la ville quelque peu stupéfiés, d’affirmer l’impératif d’une reconnaissance majeure des langues et des valeurs africaines. L’éducation perçue de la sorte est, à ses yeux, la clé de l’avenir.

Le retour en Europe le voit exercer ses fonctions de jeune professeur, où se révèle un indéniable talent pédagogique. Il demeure profondément impliqué dans le groupe des intellectuels noirs, avec tout particulièrement Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Birago Diop ; mais le voici plongeant bientôt dans la « drôle de guerre » où il est fait prisonnier. Les « tirailleurs sénégalais », ses compagnons de captivité, paysans devenus guerriers par force et dont il se fait l’éducateur, le mettent en prise avec un engagement au service de son peuple. Il y retrouve le point de départ de sa vocation de poète à travers le recueil Hosties noires qui le révèle en possession du point focal de son être : lieu de rencontre et de fusion de toutes ses pulsions créatives. Une fois libéré pour raison de santé, en 1943, il reprend sa place dans le « groupe de la Négritude », devenu chantier d’affirmation et de lutte, aux côtés de ses partenaires d’aventure. Présence Africaine et Alioune Diop prolongeront le mouvement, de façon décisive, peu après le retour de la paix.

Au plus profond de l’horrible drame planétaire que fut le grand conflit mondial, germent les fleurs de la liberté. Pour les peuples coloniaux, dans le sillage de l’Inde libérée en 1947, ce sera le temps de l’inéluctable émancipation. Le chemin menant de la Négritude à la pleine maîtrise de soi est ouvert sans retour.

5. L’engagement en politique et le défi du pouvoir : conquérir pour agir en quête du métissage
Voici désormais Léopold-Sédar Senghor au pied du mur. Le choc cosmique de la guerre a ébranlé les fondements de l’ordre colonial. L’Assemblée constituante de 1945 a la charge de créer les institutions de la nouvelle République. Les députés des territoires d’Outre-mer y ont leur part. Le doyen sénégalais Lamine Guèye appelle Senghor, le jeune et brillant intellectuel, issu du monde « indigène » et non, comme lui, de l’élite des « quatre communes »2, à le rejoindre sur sa liste électorale adoubée par le parti socialiste Sfio. Il est élu. C’est le retour triomphal d’un enfant du pays vivant l’exil depuis presque deux décennies, dans le cadre d’une alliance politique marquée du sceau de la contradiction. Lamine Guèye incarne, en effet, un courant certes émancipateur mais inscrit dans des positions assimilationnistes : il s’agit de se fondre dans la République en revendiquant l’égalité et l’identité de toutes ses composantes, blanches ou noires. Senghor, très vite, élève la voix : « Nous voulons assimiler, mais non point être assimilés, c’est-à-dire préserver notre identité ». C’est la vision d’un métissage identitaire dépassant, prolongeant, accomplissant l’affirmation de soi dans l’ouverture et la réciprocité. Lamine freine des quatre fers. Senghor sort du cadre contraint, démissionne de la Sfio et fonde, en 1949, son propre mouvement politique, le Bloc Démocratique Sénégalais, bénéficiant d’une adhésion enthousiaste jusqu’aux tréfonds du monde rural.

À ses côtés, le jeune Mamadou Dia, de cinq ans son cadet, fils du peuple, éduqué, immergé dans le peuple, instituteur rural, depuis longtemps engagé dans l’affirmation identitaire d’une Négritude vécue, assumée, combattante, au sein d’un groupe d’enseignants protestataires se dénommant, à Saint-Louis, le « Cercle de l’authenticité », avec notamment son collègue Abdoulaye Sadji. L’alliance entre Senghor et Dia est, au départ, miraculeuse, et la division du travail s’opère naturellement entre le fils du Fleuve musulman et le Sérer catholique. Senghor a ouvert la lutte en Europe ; au Sénégal, Dia en sera le vecteur dans le pays profond. Ils unissent leurs efforts dans les positions parlementaires conquises.

Léopold-Sédar Senghor entra, en 1955, dans le gouvernement d’Edgar Faure. Il s’établit entre les deux hommes un pacte d’intelligence. Edgar Faure, bien plus tard, le recevra à l’Académie française. Le chef de l’exécutif qu’il fut avait parfaitement compris le sens des options identitaires commandant l’enracinement dans une terre nourricière, vécu par lui-même, de façon exemplaire, dans son fief franc-comtois. Mais les fluctuations capricieuses de la vie parlementaire française laissaient peu de champ à cet attelage séduisant. La majorité des élus à l’Assemblée finit par rechigner devant une « Union française » porteuse, à leurs yeux, d’un excès d’égalitarisme gageant à terme la domination démographique des peuples d’Outre-mer. On en vint alors à octroyer l’autonomie territoriale à chacune des ex-colonies, comme une protection différencialiste préservant la prééminence de la métropole, tout en leur refusant le droit d’établir entre elles un lien fédéral qui aurait pesé trop lourd au regard du pouvoir central. Telle fut l’économie de la Loi-cadre du 23 juin 1956, que Senghor et Dia, forts de leurs convictions fédéralistes, refusèrent de voter. Dia, pour sa part, d’abord élu au Sénat, avait ensuite rejoint Senghor à l’Assemblée nationale. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, ils devront cependant appliquer les dispositions de la loi génératrice d’une autonomie limitée, dans un grand espace balkanisé. Mamadou Dia se voit alors confier la mission de mettre sur pied l’État sénégalais semi-autonome et d’en diriger le gouvernement, tandis que Senghor mène le jeu auprès des pouvoirs centraux de la République. Nous sentions bien, à travers ces incomplétudes, ces contradictions et ces porte-à-faux, qu’il ne s’agissait que d’une étape de transition. L’effondrement de la quatrième République et l’accession du général de Gaulle à la Présidence allaient changer la donne. La décolonisation revenait en force à l’ordre du jour.

6. L’épreuve de la liberté : comment et jusqu’où abattre la muraille des contradictions
Le nouveau pouvoir accepte, d’entrée de jeu, d’élargir l’autonomie, mais dans le cadre d’une « Communauté française » où les pouvoirs régaliens seront gérés en commun tout en préservant la prééminence française. Dans le rite de passage, à travers le référendum constitutionnel de septembre 1958, les Territoires doivent choisir entre l’indépendance immédiate, assortie de rupture avec la France, et le statut d’États membres de la Communauté. La pierre d’achoppement, c’est la position au regard de l’indépendance. La question divise la classe politique, y compris à l’intérieur du Sénégal. Senghor est profondément déchiré. La majorité du parti penche pour l’indépendance immédiate, alors que son leader craint cette cassure frontale. Il s’ensuit une période de flottement. Mamadou Dia, sensible aux arguments des indépendantistes, mais fidèle à son ami, sauve la mise en soutenant un compromis historique que Senghor finit par accepter : le Sénégal dira « oui » à la Communauté, mais en préparant à court terme une indépendance négociée. Je vis ces événements avec intensité, dans mes fonctions de Directeur de Cabinet du Chef du gouvernement. Le « oui » l’emporte et ouvre la voie à une stratégie intensive de développement fondée sur le démantèlement de l’économie de traite, condition de la libération effective, et sur la création de coopératives de développement autogérées appuyées par l’éducation et l’animation rurales, conditions de la démocratie. Mamadou Dia en est le maître d’ouvrage et Senghor le soutient. Cependant, la nouvelle politique met en question de puissants intérêts économiques et politiques et la position sociale de féodalités religieuses conservatrices.

Entre-temps, le Sénégal et le Soudan avaient tenté de créer entre eux un lien fédéral, en 1959, malgré les vents contraires. La Fédération du Mali explosa en août 1960 et le Sénégal indépendant, après les négociations émancipatrices avec la France, reprit sa ligne de développement, Senghor présidant la nouvelle République. Dans ce nouveau cadre, les divergences, non exemptes de malentendus, s’accumulèrent entre Dia et lui, reflétant les contradictions internes du parti au pouvoir. Alors que l’on en était au dernier acte de l’abolition de l’économie de traite, la rupture s’opéra en décembre 1962 dans des conditions tragiques. Le jeu institutionnel avait mis à mal un dialogue essentiel entre les compagnons. Au plus fort de la tourmente, Senghor lâcha Dia qui subit un sort cruel. Cependant, sur les valeurs fondatrices, les deux hommes étaient loin d’être en désaccord. Le jeu politique et politicien ne permit pas que l’alliance entre eux, sur ces fondamentaux, garde sa force première, au grand dam d’une entreprise exemplaire reposant sur leur complicité hors du commun.

Le climat général de crise qui succéda à l’euphorie quelque peu factice des « trente glorieuses » ne permit pas véritablement d’avancées décisives au regard du développement. Senghor eut l’habileté politique, seul aux commandes, d’éviter les explosions majeures.

7. Fin de règne pour Senghor : un legs politique et, plus encore, une œuvre poétique hors du temps. Pour Dia : des messages d’avenir
À la fin de l’année 1980, après vingt ans d’exercice du pouvoir à la tête de l’État et de son mouvement politique, à l’âge de 74 ans, alors qu’aucune contrainte ne s’imposait à lui hors de son devoir de conscience, Senghor décidait de quitter ses fonctions, avec le désir d’assurer la continuité de l’œuvre qui avait été la sienne, un processus alors sans précédent dans l’univers des chefs d’État africains. Il n’est pas aisé d’établir un bilan équitable de ce grand parcours d’histoire. Il s’agit certainement d’une trajectoire d’exception. Quelques points marquants peuvent être mis en évidence.

Sa vocation initiale, affirmée et assumée, était de contribuer à l’illustration d’une créativité africaine se dégageant de la longue et lourde oppression coloniale. Il avait, dans le peloton de tête, compris l’importance majeure de la Culture pour « faire humanité ». Il avait saisi la nécessité de libérer cette créativité culturelle à partir des chemins historiques propres aux différents peuples, tout autant qu’à travers leurs rencontres et leurs confluences, se faisant l’apôtre du métissage. Pour toutes ces raisons, il voulait, au départ, préserver personnellement, comme richesse suprême, sa créativité poétique, affranchie des lourdes contingences de l’engagement politique, et son œuvre littéraire fondamentale en fait foi. Il ne put cependant se dérober à l’appel des responsabilités à l’heure des mutations majeures et contraint, dès lors, de naviguer dans la mer des contradictions, il s’est attaché à sauvegarder, en particulier dans son travail d’écriture, l’essentiel de son message dont la portée reste grande aujourd’hui, reprenant l’induction fulgurante de Teilhard de Chardin qui l’influença : « La Terre pour devenir adulte a besoin de tout son sang ». Si Senghor n’avait pas tenté la conquête, la reconquête de sa Négritude à travers les épreuves non dénuées d’ambiguïté de l’engagement dans un chemin d’ombre et de lumière, où les ombres sont autant signifiantes que les lumières, alors son apport n’aurait pas le même prix pour ceux qui cheminent à sa suite.

Autant Senghor s’était appliqué à garder en toutes circonstances le contrôle de ses humeurs, assorti d’une discipline physique assidue, autant Dia manifestait son énergie vitale par une impulsivité réagissant bien souvent avec force, voire avec violence, aux situations qui l’interpellaient. Chez lui, la colère signifiait ordinairement l’explosion de l’indignation qui flambait face à l’injustice, à l’irresponsabilité, à la trahison. Pour autant, la profondeur intime des sentiments ne manquait pas de révéler d’infinies délicatesses, particulièrement précieuses en amitié, mais exigeantes en qualité et en fidélité. Ses convictions spirituelles, liées à une sincère dévotion à l’islam soufi, ne manquaient pas, à l’occasion, de tempérer la fulgurance de ses emportements. Dia était un excellent orateur qui puisait dans son caractère la coloration d’une éloquence reconnue et appréciée. Il arrivait cependant que la vertu de la colère, en certaines circonstances essentielles pour mener de bons combats, se heurte à des obstacles, des chausse-trapes difficiles à déjouer. Ce fut le cas au plus vif de la crise de 1962 marquant sa rupture avec Senghor, où il ne suffisait pas d’avoir raison pour l’emporter. La profondeur de ses sentiments, soutenue par sa hauteur de vue spirituelle, le conduisit, malgré la dureté des épreuves endurées, à préserver un attachement personnel incoercible à son compagnon des époques pionnières. Le message et l’héritage de Dia, qui rejoignait Senghor pleinement dans son attachement à la Négritude, vertu d’authenticité, c’est précisément la rigueur de la foi dans les options fondamentales : pour lui, essentiellement, le combat pour la libération du peuple, au prix des plus durs des sacrifices.

Senghor quitta ce monde, entouré d’honneurs et de distinctions, en 2001, à l’âge de 95 ans. Obsédé, de façon récurrente, tout au long de sa vie d’homme, par le sentiment du devoir d’être ce qu’il n’était pas, sans abolir pour autant son être premier, il finit par y parvenir, le métissage demeurant à ses yeux comme la terre promise. Dia, pour sa part, s’en alla en 2009, à 98 ans, s’attachant jusqu’au bout à demeurer dans l’arène, sans être entendu unanimement à hauteur de ses espérances, mais porté par le souci que les générations à venir comprendraient les enjeux fondateurs des temps historiques de l’indépendance et en tireraient les enseignements pour les horizons nouveaux. Je reste à l’écoute des leçons de vie qu’ils nous donnent l’un et l’autre.

L’émission « La marche du monde » de Valérie Nivelon, le dimanche 3 juin 2018, consacrée à Roland Colin et à ce livre, peut être écoutée et téléchargée à partir du lien suivant :
http://rfi-la-marche-du-monde.lepodcast.fr/roland-colin-libre-passeur-africain

[1] Ce texte développe la teneur d’une conférence que j’ai donnée à Besançon, le 28 janvier 2012, dans le cadre des Journées d’hommage à L.-S. Senghor, organisées par l’Association Terres et Peuples d’Afrique. 

[2] L’avènement de la Troisième République ouvrit, pour les originaires des quatre com-munes sénégalaises (Saint-Louis, Dakar, Rufisque et Gorée), l’accession à des droits civiques d’exception, incluant une représentation au Parlement. Lamine Guèye en était, à la différence de Senghor né dans le statut de l’indigénat qui ne fut aboli qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cette mesure élargissait avec parcimonie la représentation des Territoires coloniaux dans les Assemblées de la République.

Par Mamadou LY
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Le ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat a offert des équipements d’un montant de 118,78 millions de FCfa aux artisans. La cérémonie de remise a eu lieu, le 19 juillet dernier, en présence du ministre Mamadou Talla et des autorités académiques.

Des lots d’équipements d’une valeur de 118.789.805 FCfa ont été remis à 104 artisans issus de 8 régions du Sénégal (Thiès, Louga, Kaolack, Fatick, Kaffrine, Matam, Saint-Louis et Dakar). Les métiers concernés sont la maçonnerie, la menuiserie bois et métallique, la mécanique auto et la plomberie. Selon le Directeur de l’Apprentissage et de l’Artisanat, la remise d’équipements aux maîtres d’apprentissage entre dans le cadre de la politique nationale de formation professionnelle pour l’apprentissage rénové. Ousmane Adama Dia a soutenu que l’objectif visé est d’améliorer la capacité productive des maîtres d’apprentissage et l’encadrement technique et pédagogique des apprentis. De même, il a indiqué que le ministère de la Formation professionnelle travaille à faire de sorte que tous les artisans sénégalais, quel que soit leur secteur d’activité, puissent avoir une bonne formation et de bons outils, conformément aux orientations du chef de l’Etat. Pour Mamadou Talla, ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, l’apprentissage ne devrait pas être une école de la seconde chance. Au contraire, il devrait, selon lui, être réalisé et pratiqué par des professionnels de haut niveau ayant acquis assez de compétences et de savoir-faire. « Notre ambition est de transformer durablement la formation professionnelle au Sénégal. Il s’agira de faire de l’apprentissage rénové un des moteurs de la croissance économique », a déclaré M. Talla. S’adressant aux artisans, il a lancé : « Vous êtes un peu plus de 2,11 millions à vous activer dans l’artisanat, donc vous constituez une force importante et un poids dans des activités de production de biens d’équipements ». Le ministre s’est, dès lors, engagé à accompagner les artisans dans la formation et le financement.

Au nom des maîtres d’apprentissage, Amdi Moustapha Thiam et El. Malick Kane se sont réjouis de cet appui. Ils ont soutenu que ces outils vont participer à l’amélioration de leurs conditions de travail et à l’accroissement de leur productivité.

Le président de la Fédération des Chambres des métiers du Sénégal et l’inspecteur d’académie de Dakar, Gana Sène, ont magnifié les transformations et le changement de paradigmes notés dans le secteur de la formation professionnelle avec de nouvelles orientations.

Pape Coly NGOME

Dans le cadre de la lutte contre la pollution plastique, le groupe Kirène a apporté un appui financier de 25 millions de FCfa à la société Proplast qui a mis en place un projet dénommé Récuplast. Les deux structures ont entamé une campagne de sensibilisation et de collecte des déchets plastiques.

Vu les effets négatifs des déchets plastiques sur l’environnement, le groupe Kirène, dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (Rse), a apporté un soutien financier de 25 millions de FCfa à la société Proplast. Laquelle a lancé une campagne de sensibilisation et de collecte de la matière plastique du 15 juillet au 15 août. Le Directeur général de Proplast, Macoumba Diagne, saluant cet engagement de Kirène à leur côté, a rappelé que sa société a initié, depuis 2016, une opération dénommée « Sénégal sans déchets plastiques » avec des kiosques Récuplast. Ils avaient déjà 12 points de collecte où ils achètent le kilogramme de matière plastique à 75 FCfa avant de le recycler. Avec le soutien du groupe Kirène, Proplast va installer 8 autres points de collecte. M. Diagne a laissé entendre que dans chaque point de collecte, il y a un emploi direct avec le responsable du kiosque Récuplast, en plus de la trentaine de jeunes qui s’activent et viennent y vendre la matière plastique. Donc, depuis 2016, la société a récupéré et recyclé 9 tonnes de déchets plastiques. Cependant, avec ce nouveau programme, ils veulent récupérer le plastique bien avant son arrivée à la décharge. « Le plastique est autour de nous et on voit qu’il pose problème dans l’agriculture, l’environnement, l’élevage, le décor des villes, etc. il faut trouver un système pour valoriser cette matière. Nous lançons un message aux populations et aux collectivités locales, pour que le plastique ne soit plus un déchet, mais une matière première exploitable », a soutenu le Directeur de Proplast. Avec cette campagne de récupération, Macoumba Diagne est d’avis que des jeunes pourront avoir de l’emploi tout en préservant l’environnement.

Le Directeur général du groupe Kirène, Alexandre Alcantara, a souligné que cet appui rentre dans le cadre de l’engagement de leur société, car « l’environnement leur tient à cœur ». M. Alcantara a ajouté que son groupe travaille avec les communes pendant l’hivernage pour récupérer les déchets plastiques sur les plages et autres lieux de rencontre. Avec ce partenariat avec Proplast, il espère susciter l’intérêt d’autres entreprises pour la protection de l’environnement.

Oumar KANDE

Les deux jurys du centre du lycée Ibou Diallo de Sédhiou sont les premiers à proclamer les résultats du premier tour du bac dans la commune de Sédhiou. Les jurys 963 et 962 ont enregistré 625 inscrits, dont 25 absents. Sur les 601 candidats ayant effectivement composé, 18 admis ont été notés pour la série L’. 251 candidats, soit 7,17 %, sont appelés à passer les épreuves du second tour. Pour la série L2, 38 candidats sont déclarés admis d’office sur 252, soit 15,07 %. Cette série enregistre une mention « Bien » et une mention « Assez bien ». Pour la série S2 du jury 963, 16 candidats sont admis sur 288, soit 5,5 %. 21 candidats passeront le 2e tour.

Malamine KAMARA

Dans la région de Saint-Louis, tout est fin prêt pour accueillir les candidats au Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). Ils sont 13.275 postulants, dont 7767 filles et 5508 garçons. Parmi eux, 4051 sont de Dagana (2196 filles et 1855 garçons), 1603 de Pété (1009 filles et 593 garçons), 2705 de Podor (1674 filles et 1031 garçons). Dans la commune de Saint-Louis, 3716 candidats (1550 garçons et 2166 filles) vont essayer de décrocher le brevet. Le reste des candidats (1200) va composer dans les autres localités du département de Saint-Louis.

L’inspecteur de l’éducation et de la formation Cheikh Yaba Diop a rappelé que, pour la commune de Saint-Louis, les candidats seront répartis dans 22 centres. Un 23ième est ouvert au Bloc scientifique et technologique pour la correction des épreuves facultatives (dessin, économie familiale et technologie), a-t-il ajouté.

Pour assurer une surveillance correcte et une bonne administration des épreuves, 669 enseignants ont été convoqués, dont 280 surveillants, 69 secrétaires et 320 correcteurs. A côté de ce personnel enseignant, 5 inspecteurs de l’éducation et de la formation et 7 agents de l’Ief seront mobilisés pour la supervision.

Aussi, une session de formation a été organisée, le 21 juillet dernier, à l’intention des présidents de jury afin de les mettre dans de bonnes conditions et pour une meilleure appropriation de leurs outils de travail durant l’examen. Au cours de ce séminaire, l’Ief a partagé avec eux l’arrêté 016408 du 17 juin 2018 fixant les modalités pratiques d’organisation et le décret portant orientation et organisation de l’examen du Bfem, a souligné Cheikh Yaba Diop.

Les présidents de jury ont également été formés à l’utilisation du logiciel de gestion des jurys (Anadole), lequel leur permet de travailler dans les meilleures conditions. Par ailleurs, en collaboration avec les autorités administratives, l’Ief va veiller à la sécurisation des centres d’examen qui, comme d’habitude, seront surveillés par des agents de sécurité.

Amadou Maguette NDAW

L’examen du Bfem démarre, ce matin, dans l’Ief de Kolda, pour les 3480 candidats inscrits. Ils composent dans 36 centres d’examen et les jurys sont au nombre de 38.

Les épreuves du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) démarrent, aujourd’hui, dans l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Kolda. Au total, 3480 candidats, dont 1681 filles et 1798 garçons, se présentent cette année, contre 3363, dont 1690 filles, en 2017. Les élèves vont composer dans 36 centres d’examen répartis dans 38 jurys, dont 14 dans la commune de Kolda et 24 dans les collectivités territoriales situées en zones rurales. Soixante-sept secrétaires et 38 présidents de jury sont mobilisés pour assurer un bon déroulement des épreuves. « Les dispositions techniques et matérielles sont prises pour assurer un bon déroulement des épreuves. Les jurys sont constitués et les présidents choisis. Pour chaque centre, le nombre de salles de classe et de tables-bancs est déterminé et la mise en place effective », a déclaré, dans un document parvenu au bureau régional du « Soleil », Kabiné Diané, l’Ief de Kolda. Selon lui, toutes les dispositions utiles sont également prises pour assurer la prise en charge des candidats devant composer dans des localités autres que les leurs pour faciliter le déplacement, l’hébergement et la restauration.

Concernant la sécurité, il n’y pas non plus de souci à se faire. Toutes les mesures nécessaires sont déjà prises pour permettre aux candidats de passer les épreuves en toute sérénité.

Pour rappel, le taux d’admission totale au Bfem de l’année dernière était de 42,51 %, dont 38,36 % pour les filles. Ainsi, sur les 1374 candidats qui avaient été déclarés admis dans l’Ief de Kolda en 2017, 623 étaient des filles. Il faut, en outre, signaler que, malgré la campagne de sensibilisation menée pour permettre aux enfants de disposer d’une pièce d’état civil, ce problème constitue encore un véritable casse-tête pour les élèves du département de Kolda.

Mamadou Aliou DIALLO

Le ministre-conseiller Mor Ngom estime que le combat de l’ancien Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré est perdu d'avance. Il invite le leader du mouvement Démocratie et République à rejoindre le camp présidentiel.

Il s’étonne de voir l’ancien Premier ministre vouloir régler les problèmes des Sénégalais « après une longue et confortable pérégrination africaine sans se soucier du vécu de ses compatriotes ».

« Où était l’ancien Premier ministre sous le régime de Wade lorsque les Sénégalais se battaient contre les coupures d’électricité et lors de la tentative de dévolution monarchique du pouvoir ? », s’est-il interrogé.

Le responsable de l’Apr a invité les Sénégalais à être plus vigilants contre « ces messies autoproclamés qui n'ont  jamais été à leurs côtés durant les moments difficiles et qui se signalent promptement à l’'approche d'une élection présidentielle avec un chapelet de promesses mirobolantes qui pourraient répondre à leurs préoccupations essentielles ». « Son combat est perdu d'avance. Le bilan du président  Macky Sall est suffisamment éloquent », a-t-il dit. Le maire de Ndangalma a rappelé que l’objectif politique principal de l’Apr et de la coalition Bby est de « réélire le président Macky Sall dès le premier tour, au soir de la présidentielle du 24 février 2019 ».

Mamadou Lamine DIEYE

Le Pr Issa Sall, député et président du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur), a tenu une tournée dans le Nord le week-end dernier. Il a été à Podor, à Dagana et à Richard-Toll où il a animé un meeting.

Le député à remercié les populations qui ont porté le Pur à l’Assemblée nationale à l’issu des législatives passées. Cette occasion a été saisie par les responsables du Pur pour sensibiliser les populations sur l’élection présidentielle à venir.

Lors de cette tournée politique, le Pr Issa Sall a réagi aux propos de certains responsables de la coalition présidentielle qui soutenaient que le recueil actuellement des signatures pour le parrainage n’est pas valable. Mais, pour le président Issa Sall, les autorités se sont engouffrées dans ce parrainage sans maîtriser tous les paramètres. De son avis, avant de voter une loi, « il fallait se renseigner sur sa faisabilité, et ces gens sont allés, après le vote, aux îles du Cap-Vert, en Pologne et dans d’autres pays pour s’imprégner de leurs expériences ». Le Pr Sall a aussi rappelé qu’il était impossible de vérifier les signataires, et c’est pourquoi l’Etat parle de discriminant à utiliser pour le contrôle. Aussi, le député a redit sa désapprobation de la loi, mais en soutenant : «Nous prenons nos dispositions en allant chez nos électeurs pour leur demander de nous parrainer, et au niveau du département de Saint-Louis, nous avons déjà recueilli 15000 signatures ».

Saint-Louis est la sixième région que la délégation du Pur a visitée depuis le début de sa tournée nationale. Le Pr Issa Sall en a profité pour dénoncer l’état des routes, surtout entre Colona et Nguith. Pour lui, cette zone d’agriculture et d’élevage mériterait des pistes meilleures pour l’acheminement des matières premières. A Khar Yalla où vivent les déplacés des inondations, le député s’est désolé des conditions d’existence difficiles. Sur la question de la pénurie d’eau, Issa Sall a ironisé sur « des investissements inopportuns à coups de milliards comme le Ter, alors que les besoins primaires comme l’approvisionnement en eau ne sont pas satisfaits ».

Amadou Maguette NDAW

Le comité de rédaction des textes d’application du Code de la presse a remis, hier, ses conclusions lors d’un atelier de validation organisé à Dakar. Lors des débats, un large consensus s’est dégagé autour de ce document qui va donner corps au Code de la presse.  

Après le vote du Code de la presse, en juin 2017, un premier jalon qui définissait le cadre général et les principes, restaient les textes d’application pour accélérer son application. Présidé par le magistrat Macoumba Koumé, le comité chargé de la rédaction de ces décrets et arrêtés qui vont donner corps au Code de la presse a soumis, hier, ses propositions aux acteurs lors d’un atelier de validation. Institué le 1er février 2018, le comité est parvenu, dans un délai record, à faire des propositions qui tiennent compte de l’ensemble des préoccupations. Une célérité saluée par la tutelle. « Ce n’était pas facile d’avoir des textes d’application immédiatement après le vote de la loi. Dans d’autres secteurs, cela peut prendre cinq ou dix ans. C’est pourquoi nous nous félicitons du travail de la commission présidée par le magistrat Macoumba Koumé qui, un an après l’adoption du Code de la presse, a réussi à finaliser les décrets d’application », explique Yoro Moussa Diallo, secrétaire général du ministère de la Communication. Ces cinq textes - une loi, deux décrets et deux arrêtés, soit au total 167 articles – définissent, de façon précise, le rôle et les attributions de la Haute autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Harca) qui va remplacer le Cnra, les avantages et les obligations des entreprises de presse, les critères d’accès à la profession, les sources de financement et les modalités d’organisation et d’attribution du Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) qui va se substituer à l’Aide à la presse.

« Protéger » les journalistes
L’objectif de ce Fonds est de « protéger » les journalistes, parce que l’Etat ne va plus aider des entreprises de presse fictives ou pas viables, assure-t-on du côté de la tutelle. A titre d’exemple, le Fonds va accorder des crédits d’impôts ou autres exonérations de taxes sur les activités financières aux entreprises en règle. En contrepartie, celles-ci sont soumises à un certain nombre d’obligations comme le respect des cahiers de charges (presse audiovisuelle), distribuer au minimum 30% du tirage dans les régions (pour la presse écrite) et avoir 60% de contenus propres (presse en ligne).

Les autres dispositions ont trait, entre autres, à la reconnaissance des écoles de journalisme et la mise en place d’une commission de validation des acquis de l'expérience.

Seydou KA

REACTIONS… REACTIONS
OUSSEYNOU DIENG, DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION : « ACCOMPAGNER LES ACTEURS »
« Nous avons la ferme volonté d’accompagner les acteurs, à travers une démarche inclusive. Nous aurons un fonds d’appui et de développement de la presse structurée, avec plus de moyens et d’autonomie, avec la présence des acteurs au sein même du comité de direction. Nous aurons aussi une Harca avec plus de moyens, plus d’autonomie, plus d’indépendance pour réguler un secteur en pleine mutation. Par ailleurs, l’Etat va mettre suffisamment de ressources pour permettre aux médias publics de vivre essentiellement de ressources publiques, afin de libérer la manne publicitaire au profit du privé.

Toutefois, nous avons pris des dispositions pour permettre à ces acteurs privés de se structurer, d’assainir leur secteur, pour que seuls ceux qui respectent ces critères bénéficient du fonds d’appui à la presse. »

MAMADOU IBRA KANE, CDEPS : « NOUS SOMMES SUR LA BONNE DIRECTION »
« Nous saluons la célérité et la démarche inclusive de l’Etat. Tous les acteurs de la presse ont été associés à l’élaboration de ces textes. Avec ces textes, nous allons incontestablement vers la bonne direction. S’ils sont appliqués, la presse sénégalaise en sortira renforcée pour mieux jouer son rôle dans le développement économique et social ainsi que la stabilité politique du Sénégal.

Le Code de la presse va permettre d’assainir le milieu dans le sens où n’importe qui ne pourra désormais se prévaloir du titre de journaliste ou créer une entreprise de presse. Il y a désormais des règles à respecter. Il y a également la prise en compte de l’environnement économique de la presse, avec la mise en place d’un Fonds d’appui et de développement. »

Recueillis par S. KA

LA MECQUE (Arabie Saoudite) - Montrer le vrai visage de l’Islam, c’est à cela que l’éminent imam de la Sainte mosquée de Makkah al-Mukarramah, Sheikh Abdul Rahman Ibn Abdul Aziz as-Sudais, engage la presse. C’était au cours d’une rencontre, mercredi dernier, dans sa mosquée, avec une délégation de journalistes venus d’Afrique, d’Asie et du monde islamique. Ils sont invités par le ministre saoudien en charge des médias, Dr Awad El Awad.

« La presse doit faire sien, le combat contre le terrorisme et l’islamophobie », souligne le Dr as-Sudais, qui affirme également que «l’Islam n’a rien à voir avec le terrorisme». «L’Islam, c’est la tolérance et non la confrontation », insiste-t-il. Aussi appelle-t-il les musulmans à «unir leurs efforts» parce que les lobbies contre l’Islam ne manquent pas et deviennent de plus en plus puissants.

L’imam est convaincu que la presse, notamment celle des pays musulmans, a un rôle important à jouer dans cette bataille afin que la «crédibilité de l’Islam reste intacte». «C’est un devoir devant Dieu et devant les hommes», souligne-t-il.

Sheikh Abdul Rahman Ibn Abdul Aziz as-Sudais invite à la persévérance puisque les «ennemis de l’Islam ne lâchent rien». Toutefois, il ne doute point que tout ce branle-bas est «voué à l’échec» puisque cette religion est «protégée par Dieu lui-même». A son avis, l’éducation reste le meilleur rempart contre l’obscurantisme qui est à la base du terrorisme. C’est pourquoi, la direction des affaires de la mosquée qu’il dirige a un programme de formation des enfants. Ce travail est confié à la direction du livre coranique. Outre les enfants, cette direction facilite la maîtrise, «dans un délai court» du Coran par les fidèles particulièrement les pèlerins. Le projet soutenu par le Roi Salman est piloté par l’imam as-Sudais. Le Coran y est traduit dans 65 langues. 

Selon le Dr as-Sudais, son pays, l’Arabie Saoudite, qui abrite les deux Saintes mosquées, ne saurait rester insensible au sort des musulmans ; d’où ses interventions dans les crises au Yémen, en Syrie, en Palestine. Sans se mêler des problèmes internes des autres pays, l’Arabie Saoudite est également toujours prête à défendre les Lieux saints, notamment les deux Saintes mosquées de La Mecque et de Médine. Concernant le pèlerinage ou Hajj, Sheikh Abdul Rahman Ibn Abdul Aziz as-Sudais affirme que la préparation de chaque édition débute à la fin de la précédente. De nombreux efforts sont fournis par l’Etat pour améliorer les conditions de pèlerinage, dit-il, citant les différentes extensions de la grande mosquée de La Mecque.

«Nous sommes actuellement à la 3ème extension qui a permis de porter la capacité à 1,8 million de places», confie-t-il. Mieux, dès le jour d’Arafat, le sermon sera fait dans 60 langues dont le français. L’éminent imam précise que le pèlerinage, un des cinq piliers de l’Islam recommandé par le prophète Mohamed (Psl), «ne saurait faire l’objet de politisation et de sectarisme», encore moins de «déstabilisation». Il est de la «responsabilité de l’Arabie Saoudite, que Dieu a choisie pour abriter les deux Saintes Mosquées et autre sites où convergent des millions de croyants chaque année, de veiller à cela», martèle Sheikh as-Sudais.

Daouda MANE (envoyé spécial)


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