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L’ambassadeur d’Afrique du Sud au Sénégal, Lenin Shope, revient, dans l’entretien ci-dessus, sur les facettes et dimensions de Nelson Mandela qui aurait fêté ses 100 ans cette année. Mais surtout sur son héritage et son projet politique, ses limites et les dissensions qui minent, aujourd’hui, le Congrès national africain (Anc). Il parle également de la « Conférence de Dakar », point de départ des négociations ayant permis de libérer Mandela et de mettre fin à l’apartheid. Il met en avant la coopération avec le Sénégal et l’Afrique dans son ensemble pour mieux légitimer deux postes pour le continent au Conseil de sécurité des Nations-Unies à la faveur d’une réforme prochaine de l’organisation mondiale.

Excellence, le monde s’apprête à célébrer la « Journée internationale Nelson Mandela » ce 18 juillet. Le héros aurait eu, cette année, 100 ans. Que retenez-vous de cette figure ?
Nelson Mandela, tout comme Olivier Tambo, Walter Sizulu et d’autres, a marqué l’histoire du Congrès national africain (Anc). Ils ont radicalisé le mouvement Anc quand ils étaient dans la lutte et sont naturellement devenus des leaders. Nelson Mandela a été le premier commandant en chef de la branche militaire de l’Anc. Il a été arrêté et est devenu l’un des prisonniers les plus connus avec une sentence très longue. Libéré, il deviendra président de la République sud-africaine.

Il est pour nous une icône. Il a éduqué les Sud-africains et le monde en ce qui concerne la résolution des conflits. Je pense que c’est là l’un de ses plus grands héritages qu’il nous a laissés en tant que personnalité très importante. L’une des plus grandes leçons données à l’humanité par cet homme, est la résolution pacifique des conflits.

Vous prévoyez d’organiser une matinée d’échanges sur son héritage. Comment appréhendez-vous cet héritage ?
L’Afrique du Sud a été l’une des sociétés les plus violentes qui ait existé au monde. Cette violence (Apartheid) était basée sur la race, donc contre les Noirs. Nelson Mandela nous a apporté la réconciliation, l’égalité et une nouvelle Constitution pendant qu’il était président. L’égalité à laquelle il nous a conduits était non seulement entre les races, mais aussi entre les sexes.Tout le monde est fier de Mandela qui, après avoir séjourné pendant de nombreuses années en prison, est devenu un réconciliateur.

Nelson Mandela est une figure certes historique, mais on entend ça et là des voix s’élever pour remettre en cause certaines de ses orientations politiques. Quelles appréciations en faites-vous ?
Je pense qu’il n’y a pas de leaders au monde dont les politiques ne sont pas remises en cause. J’écoutais tout à l’heure le président Obama sur une visite au Kenya. Je pense que l’ancien président américain a été un grand leader, mais il y a de nombreuses personnes qui remettent en cause ses orientations politiques, notamment sur la Syrie par exemple.

Dans le contexte sud-africain, vous avez un pays très divisé, particulièrement sur le plan économique, mais aussi une société très inégalitaire. Une inégalité basée sur la race comme je le disais. Vous avez aussi une population autochtone spoliée de ses terres, de son bétail également. Il y a eu un système pour appauvrir les populations et les pousser à aller travailler dans les mines. Et quand il y a eu les négociations sur la mise sur pied de la démocratie, il y a eu des questions qui n’ont pas été bien posées : la restitution et la réparation économiques. Ces questions constituent les critiques les plus majeures émises contre Mandela, sous le prétexte qu’il n’a pas assuré la libération économique. Il faut, en Afrique du Sud, un certain niveau d’équilibre : transformer le pays en démocratie et faire au fur et à mesure une réparation économique en faveur de la population noire.

L’historique Anc a fait les frais d’une division et des querelles internes. Certes l’un des fidèles de Mandela, le président Ramaphosa, a pris le pouvoir. Les dissensions et dissidences à l’Anc ne ternissent-elles pas l’héritage de Mandela ?
Afrique du SudL’héritage de Nelson Mandela ne saurait être terni puisqu’il est concret. Des divisions existent au sein de l’Anc et c’est dans l’ordre normal des choses, mais elles ne sauraient ternir cet héritage. Il est urgent néanmoins de remettre le pays sur les rails, dans la bonne direction. Une orientation et une volonté vers lesquelles s’est orienté le président Cyril Ramaphosa.

Certains voient aussi la persistante inégalité entre Noirs et Blancs comme l’une des faiblesses de la politique de la Nation « Arc-en-ciel » vu comme un mirage. Etes-vous de cet avis ?
Je pense que notre pays doit faire mieux sur le plan économique. Nous étions déjà sur une bonne voie jusqu’en 2008-09. A cette époque, notre Pib était de l’ordre de 420 milliards de dollars américains. Il faut néanmoins comprendre que l’Afrique du Sud est un pays qui se base beaucoup, sur le plan économique, sur les exportations des biens et services, du charbon, de l’or, des minerais. Quand il y a eu la crise de 2009, notre économie a reculé d’un tiers passant de 420 à 220 milliards de dollars de Pib. Ce qui a causé un stress chez les pauvres et dans la classe moyenne. Nous notons présentement une remontée du Pib qui se situe à hauteur de 350 milliards. Nous sommes passés de la plus forte économie du continent à la troisième place derrière le Nigéria et l’Egypte. Notre remontée nous place juste derrière le Nigéria et devant l’Egypte. Ce qui est un bon signe, mais nous avons besoin de faire plus puisque avec la taille de notre population, 55 millions d’habitants, un taux de chômage de 25 % et 20 millions de personnes qui vivent de bourses familiales, la situation est intenable. Nous devons nécessairement faire un grand bond économique en avant.

Le gouvernement de Ramaphosa se concentre davantage sur ces objectifs. Le président Cyril Ramaphosa s’est récemment déplacé en Arabie Saoudite, au Nigéria, aux Emirats Arabes Unis. Il a pu obtenir, en Arabie Saoudite, 10 milliards de dollars d’investissement. Nous allons aussi accueillir, dans les semaines prochaines, une rencontre du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). En route vers l’Afrique du Sud, le président chinois effectuera une visite officielle au Sénégal. Il y aura, à l’occasion du sommet du Brics, l’inauguration, à Johannesburg, de la banque Brics-Afrique. Cette banque est destinée à attirer principalement des investissements dans le continent dans son ensemble. Le président Macky Sall prendra, en tant qu’invité, part à la rencontre du Brics pour l’Afrique. Je suis heureux que le président Sall soit à cette importante rencontre. Pour revenir à l’Afrique du Sud, elle doit renforcer davantage son économie, faire beaucoup plus que ce qu’elle fait présentement, si elle veut réduire le chômage, mieux lutter contre la pauvreté et les inégalités.

Comment se porte votre coopération avec le Sénégal et quels axes de coopération développez-vous ?
Nous sommes très fiers des relations entre les deux pays. Nous avons fêté, l’année dernière, le 30ème anniversaire de la « Conférence de Dakar » qui a été le début des négociations qui ont conduit à la démocratie en Afrique du Sud.

Le président Macky Sall a effectué, en 2017, une visite à Cap-Town. Les deux pays se sont accordés pour relever le niveau de la coopération bilatérale, mais aussi organiser, de façon systématique, des consultations au plus haut niveau. Par exemple, aux réunions de l’Union africaine ou des Nations-Unies, les deux présidents vont se rencontrer et discuter. Ils se sont rencontrés à Kigali et en Mauritanie récemment pour des sommets de l’Ua. Nous espérons qu’ils puissent se rencontrer en tête-à-tête lors de la visite du président Macky Sall les 24 et 25 juillet prochains.

Ce que nous devons faire maintenant, c’est d’élever le niveau de nos échanges économiques. Je suis en poste depuis une année, mais je sais que des industriels sud-africains ont séjourné et séjournent au Sénégal dans l’objectif de procéder à des investissements. Il y en a qui ont investi 50 millions d’euros à l’Aidb. D’autres se sont lancés dans divers projets : que ce soient les assurances, le commerce ou les exportations. Chaque fois que de potentiels investisseurs viennent, ils rencontrent de nombreuses personnes, des partenaires potentiels.

Nous avons reçu, il y a deux semaines, la visite de la Banque de développement sud-africaine connue pour son implication dans des projets structurants. Des partenaires sud-africains sont aussi engagés dans le joint-venture qu’est la centrale à charbon de Bargny. Nous pouvons dire que nous sommes en train de faire un certain nombre de choses dans la coopération. Le potentiel existe et nous devons faire plus.

Vous entendez être reconnaissant à l’endroit des pays africains, particulièrement le Sénégal. Pouvez-vous rappeler en quoi avait constitué le rôle de « facilitateur » à la « Rencontre de Dakar » en 1987 par ce pays ?
La « Rencontre de Dakar » ou « Conférence de Dakar » marque le début des négociations en Afrique du Sud. Elle a donc réellement contribué au début des négociations entre l’Anc et le pouvoir sud-africain. Il faut préciser qu’il ne s’agissait pas d’une rencontre entre l’Anc et le gouvernement de l’Apartheid. Mais plutôt une rencontre entre l’Anc et un groupe libéral de blancs sud-africains. Lorsque les discussions ont débuté, elles ont été menées dans la discrétion la plus totale puisque le gouvernement de l’apartheid n’en voulait pas du tout. Du côté de l’Anc, la délégation était conduite par l’ancien président Thabo Mbéki et du côté des libéraux blancs par Van Zyl Slabbert.

La rencontre de Dakar marque donc le début des négociations qui ont conduit à la libération de Nelson Mandela et au processus de démocratisation.

L’Afrique du Sud envisage-t-elle toujours de devenir membre du Conseil de sécurité des Nations-Unies ?
L’Afrique du Sud a souscrit à la position de l’Union africaine, une position plus connue sous l’appellation de « Ezulwini consensus » du nom de la localité du Swaziland où elle a été adoptée. Cette position, tout en admettant la nécessité de réformer le Conseil de sécurité des Nations-Unies, dit aussi que le Conseil doit être transformé de sorte que l’Afrique puisse avoir deux membres permanents. L’Afrique n’a pas encore décidé à qui vont revenir les deux postes même si l’Afrique du Sud est un pays très influent. Ce n’est qu’une fois que nous aurons dépassé la transformation du Conseil de sécurité qu’on commencera certainement à discuter des pays qui devront les occuper. Il faut aussi noter qu’aucun des cinq membres permanents actuels ne représente une région géographique. L’essentiel est de noter que l’Afrique veut deux membres pour la représenter. Nous Africains, insistons également sur le fait que la plupart des questions discutées au Conseil de sécurité sont des questions spécifiques à l’Afrique. Nous devons aussi faire taire les armes d’ici à 2020, conformément à la volonté de l’Union africaine. Il nous faut aussi une coopération accrue entre l’Afrique et les Nations-Unies.

Propos recueillis par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

Pour mieux expliquer les raisons de l’institution du parrainage et sa pertinence, Aminata Touré demande aux jeunes de la Cojer de descendre sur le terrain.

« Il faut coupler le parrainage à l’animation du parti. Nous voulons, dès qu’on donne le coup d’envoi, réussir le pari de la collecte de signatures en une semaine de présence sur le terrain», a déclaré Mme Aminata Touré, chargée du pôle mobilisation et parrainage de l’Alliance pour la République (Apr).

Elle rencontrait les jeunes de l’Alliance pour la République, au Cices. Selon l’Envoyée spéciale du chef de l’Etat, « il faut occuper l’espace et rien que l’espace. Mais, avant de le faire, il faut attendre que le ministre de l’Intérieur publie un arrêté, expliquant le contenu de la fiche de parrainage ». « On ne peut pas parrainer deux fois », a précisé l’ancien ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

A en croire la chargée du Pôle « mobilisation et parrainage » de l’Apr, si le président avait pris simplement son téléphone pour obtenir 65.000 signatures, il aurait dépassé largement le nombre fixé.

« Soyez dans les débats, à la pointe du combat et aux avant-postes », a dit Aminata Touré. Car, depuis 2012, le chef de l’Etat a remporté toutes les batailles électorales. Poursuivant, elle a déclaré qu’un parti qui contrôle 85% des maires ne peut pas avoir peur de l’opposition. Aussi, a-t-elle invité les jeunes à assumer pleinement leur rôle pour mieux recevoir le témoin. Avant de soutenir qu’un programme de collecte des signatures sera peaufiné dans les jours à venir, sans entrer dans les détails. L’Envoyée spéciale du chef de l’Etat a désapprouvé la position de ceux qui lisent le parrainage sous le prisme déformant de l’anti-démocratie. Mieux, pour elle, la redevabilité n’a rien à voir avec l’acharnement politique. Aminata Touré voit donc, à travers ces deux principes, une manière d’utiliser un filtre et une façon de bien gérer les ressources du pays. Mme Touré est formelle : «ce que Macky Sall a réalisé dans ce pays, aucun de ses prédécesseurs ne l’a fait. Nous devons l’expliquer dans les écoles, dans les universités».

De son côté, la coordonnatrice, Thérèse Faye Diouf, a déploré l’attitude déstabilisatrice de l’opposition, qui est assoiffée de pouvoir.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le mouvement « And ak Sidi Kaba » pour la réélection de Macky Sall, a été lancé, avant-hier, à Tambacounda. Les responsables de ce mouvement ont saisi l’occasion pour expliquer aux populations les tenants et les aboutissants de la loi sur le parrainage.

Les différents orateurs qui ont pris la parole, avant-hier, lors du lancement du mouvement « And ak Sidi Kaba » pour la réélection de Macky Sall, à Tambacounda, ont expliqué aux populations les enjeux du parrainage. Ils ont aussi incité les jeunes et les femmes à aller retirer leur carte pour battre, de la plus belle des manières, l’opposition, en réélisant le président Sall au premier tour.

Pour Mamadou Gningue, membre de la coordination du mouvement, l’engagement derrière Me Sidiki Kaba reste une obligation pour toute personne aspirant au développement du territoire, car les actions du ministre des Affaires étrangères « sont profitables à tous les jeunes, à toutes les femmes et toute la population, de façon globale ». En guise d’exemple, il cite  la construction de la maternité de Gouye, les sanitaires dans les écoles, la reconstruction du dispensaire de Dépôt, etc. M. Gningue a aussi cité la construction du centre multifonctionnel et les financements octroyés aux femmes.

Selon lui, les réalisations du président, Macky Sall, à savoir le plan sésame, la bourse familiale, le Pudc, le puma… méritent d’être soutenus. Le président Sall a beaucoup fait dans la région, selon Fanta Ndiaye, coordinatrice du mouvement. « Macky Sall doit être soutenu pour la poursuite de l’œuvre de développement. Près de 500 salles de classe ont été construites dans l’élémentaire et une trentaine d’écoles. On peut aussi citer le bloc scientifique du lycée ainsi que la finalisation du lycée technique. La construction de l’Université du Sénégal oriental va également bientôt démarrer », a dit Fanta Ndiaye. « Le président a fait beaucoup de réalisations à Tambacounda. Nous avons le centre d’hémodialyse à l’hôpital régional, la construction et la réhabilitation de pistes de désenclavement pour 15 localités sur une ligne de 146 km, etc. », a souligné Fanta Ndiaye.

Pape Demba SIDIBE

L’Office du baccalauréat nous apprend que l’examen du baccalauréat des séries G, T1 et T2, communément appelé baccalauréat technique, s’est déroulé du 2 au 12 juillet 2018. Ses résultats donnent un taux de réussite de 49,25%.

Il y eu 2 mentions « Très bien » ; 21 mentions « Bien » et 130 « Assez bien ».

O. KANDE

L’examen du baccalauréat, sanctionné par le premier diplôme universitaire, démarre aujourd’hui sur l’étendue du territoire national. Au total, 157 687 candidats vont composer dans 415 centres pour 515 jurys. Aussi, 18.000 surveillants et 8200 examinateurs sont mobilisés.

Lors d’une conférence de presse tenue avant le début des anticipées de philosophie, le Directeur de l’Office du bac avait informé que, cette année, 157 687 candidats passent les épreuves du baccalauréat dans 415 centres pour 515 jurys. Par la même occasion, 18. 000 surveillants et 8200 examinateurs sont enrôlés. Un communiqué de l’Office du bac rappelle que, conformément aux instructions du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, les moyens nécessaires ont été réunis pour honorer les engagements. Les ressources destinées à l’organisation de cet examen ont déjà été évaluées et rassemblées pour une exécution dans les délais.

Ainsi, les avances sur les frais de déplacement des présidents de jury d’Eps (Education physique et sportive) et du baccalauréat technique ont été respectivement payées les 19 et 27 juin 2018.

Les présidents de jury du baccalauréat général ont perçu l’intégralité de leurs avances et frais de transport et reçu le matériel de gestion de leurs jurys dans la semaine du 9 au 14 juillet 2018. Le paiement des avances de déplacement aux examinateurs et présidents de jury du baccalauréat général est en cours depuis le 9 juillet 2018 dans l’ensemble des académies.

Oumar KANDE

Dans la capitale sénégalaise, le sous-secteur du commerce reste marqué, ces dernières années, par l’implantation effrénée de grandes chaînes étrangères de distribution. Elles pullulent un peu partout à Dakar. Que ce soit dans la banlieue, le centre-ville ou les quartiers résidentiels, ces grandes surfaces commerciales ont fini de faire un maillage de la capitale, exploitant le moindre espace stratégiquement placé. Si les consommateurs trouvent leur compte dans ces centres commerciaux haut de gamme, de leur côté, les commerçants locaux tirent la sonnette d’alarme sur l’avenir de leurs activités.

Un dimanche matin sur l’avenue Bourguiba. A peine 50 mètres de cette route, est installée une succursale de l’une des plus grandes chaînes de distribution. En dépit du dernier jour du week-end, où beaucoup de gens se terrent chez eux pour se reposer, l’endroit reste animé. Le peu d’espace en face des trottoirs fait office de parking dépose-minute pour les clients automobilistes, entraînant de temps en temps de petits embouteillages sur cette avenue. A l’entrée de ce grand magasin, deux jeunes vigiles préposés à la sécurité, biceps bien fournis, regard alerte, veillent aux entrées et sorties des visiteurs. Nafissatou Gaye est cadre dans une banque de la place. Aussitôt après être descendue de son véhicule, nous l’interceptons pour quelques échanges sur son déplacement sur les lieux. Elle n’a que le week-end pour faire tous ses achats hebdomadaires. Mme Gaye est une habituée de cette surface commerciale. « Avec le boulot au quotidien, il m’est souvent difficile de faire le marché chaque jour. Je préfère venir dans ces centres commerciaux pour faire mes approvisionnements pour toute la semaine », confie-t-elle. Ajoutant également que ces espaces offrent plus de convivialité et de sérénité. « Ici, c’est calme et le personnel est accueillant », lance la dame, petit sourire au coin des lèvres, avant d’entrer dans le centre commercial.

Une autre femme, plus jeune, les mains sur le guidon du chariot bien rempli, se dirige vers le taxi qu’elle a loué pour ses courses. Mine joviale, commerce facile, la jeune Rabiatou est propriétaire d’un restaurant dans le quartier de la Zone B à Dakar. Elle était venue faire ses emplettes quotidiennes pour la cuisine du lundi. Son panier est rempli de presque tous les ingrédients qu’on trouve d’habitude au marché : poivron, oignon, moutarde, huile, boîtes de conserves… « Les chaînes de distribution ont l’avantage de vendre presque tous les articles.

Contrairement aux marchés des quartiers où il faut courir à gauche et à droite pour remplir son panier avec une pression et un harcèlement démesurés de certains commerçants », s’indigne-t-elle.

A l’image de ces deux femmes, ils sont nombreux les consommateurs sénégalais qui ont jeté leur dévolu sur ces surfaces commerciales qui ont fini de figurer dans les habitudes de consommation de bon nombre de citoyens. Autre endroit, même décor. Au centre-ville, non loin de l’Hôtel de ville de Dakar, est implanté un grand centre commercial depuis près de deux ans. A l’intérieur, le décor est à couper le souffle au visiteur qui y débarque pour la première fois. Les rayons sont achalandés de tous types de marchandises ; les clients qui semblent pris dans un embarras de choix, se lancent à la recherche de l’article désiré parmi des milliers. Quelques jeunes filles et garçons vêtus de tee-shirt à l’effigie du logo du supermarché orientent les visiteurs ; d’autres employés en charge de la gestion des caisses procèdent aux règlements des acheteurs. Emilie, ménagère d’origine libanaise, accompagnée de son mari, vient souvent faire ses emplettes de denrées alimentaires. Même si elle vient dans ce magasin, cela ne l’empêche pas, de temps en temps, de faire un détour dans les marchés du Plateau tels que Sandiniery, Kermel ou Tilène à la Médina. « Je me suis rendu compte que les prix appliqués dans cette surface commerciale sont moins chers que ceux en cours dans les boutiques de quartiers et magasins de la capitale. L’une des préoccupations d’un client demeure naturellement la baisse du prix des marchandises. C’est cette raison qui justifie ma présence dans cet endroit », indique Emilie.

Le souci de la cherté
Si l’essentiel de ces consommateurs rencontrés évoquent le niveau des prix, la convivialité de l’environnement, la facilité d’accès aux produits pour justifier leur choix sur ces surfaces commerciales, d’autres, par contre, se veulent plus prudents. Hamadine Ba est un jeune gérant de chariot, vendeur de café. Il lui arrive de se rendre dans les supermarchés de la capitale pour faire ses approvisionnements en sucre et autres intrants. Mais, il n’oubliera pas de sitôt cette mésaventure qui lui était arrivée, il y a tout juste un an. « J’avais acheté une quantité importante de café. Mais un jour, ce sont mes clients qui m’ont fait la remarque en me disant que le goût de leur dose a changé. J’ignorais ce qu’il en était exactement parce que je n’avais pas prêté attention à la date de péremption », raconte-t-il. Abondant dans le même sens, la ménagère Oulèye dénonce le fait que certains consommateurs, pour payer moins, préfèrent aller dans les surfaces commerciales. «Que ce soient dans les boutiques, les marchés ou les chaînes de distribution, il y a des brebis galeuses. Certains n’hésitent pas à mettre dans le circuit des produits non propres à la consommation. C’est aux acheteurs d’être vigilants », alerte-t-elle.

Dossier réalisé par Abdou DIAW

Commercants MarcheLES COMMERÇANTS LOCAUX BROIENT DU NOIR
Contrairement à certains clients qui se montrent favorables à l’implantation des surfaces commerciales à Dakar, les commerçants, de leur côté, sont loin de partager cet avis. La multiplication de supermarchés à Dakar, proposant les mêmes produits qu’eux, commence à les inquiéter sérieusement. « Avec le développement de ces surfaces commerciales, les commerçants locaux risquent de mettre la clé sous le paillasson, car ils font face à des concurrents proposant des prix plus compétitifs », avertit Ibrahima Diallo, demi-grossiste établi au marché de la Gueule-Tapée.

Il invite l’Etat à sévir afin de sauver l’activité des autres commerçants. Son voisin Issa Dieng se plaint du mutisme des autorités en charge du commerce et lance une alerte aux consommateurs.

« Nous considérons le silence de l’Etat comme signe de complicité avec ces chaînes de distribution. Pourquoi il ne se prononce pas sur la question alors que les étrangers continuent d’ouvrir de gros magasins sur les artères de Dakar, affectant les activités du petit commerce », déplore le jeune Issa.

D’autres boutiquiers et gérants de magasins ont fait part de leurs préoccupations liées notamment aux pertes de parts de marchés, à la concurrence déloyale, à l’écoulement de leurs stocks dans les délais. Rahma Kane est grossiste spécialisé dans la vente de produits agroalimentaires. Il dispose d’une chaîne de magasins éparpillés dans quelques quartiers de Dakar. Pour ce commerçant, qui a son siège sur l’avenue Bourguiba, il faut protéger les nationaux qui, dit-il, sont, aujourd’hui, bousculés par les étrangers. « Nous travaillons avec des fournisseurs locaux qui nous livrent des produits issus de leurs terroirs. L’Etat devrait plutôt nous accompagner dans cette initiative au lieu de laisser les étrangers envahir le marché interne avec leurs produits importés. Cela ne fait qu’augmenter le déficit commercial du Sénégal en raison de la tyrannie des importations sur les exportations.

A. DIAW

PR BIRAHIM GUÈYE, AGRÉGÉ EN SCIENCES DE GESTION (UGB) : « LE PETIT COMMERCE, SOUS SA FORME ACTUELLE, EST CONCURRENCÉ PAR LES CHAÎNES DE DISTRIBUTION »
Professeur agrégé en sciences de gestion, spécialiste de stratégie d’entreprises et d’entrepreneuriat à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Birahim Guèye analyse l’évolution des nouvelles formes de distribution au Sénégal avec l’ouverture tous azimuts de grandes surfaces commerciales et leur impact sur les activités des commerçants locaux.

Actuellement, nous assistons à une floraison de surfaces commerciales à Dakar et même dans certaines capitales régionales. Comment vous analysez cette situation ?
Les théories explicatives de l’évolution des formats de distribution suggèrent que les évolutions, dans l’environnement socioéconomique, induisent régulièrement des changements dans le commerce de détail avec de nouveaux concepts plus ou moins sophistiqués, des gammes de produits plus ou moins étroites et des niveaux de prix plus ou moins élevés. L’accroissement de la classe moyenne (même si les chiffres pour étayer cela ne sont pas encore disponibles) mondialisée, exigeante et mobile crée les conditions pour qu’apparaisse, au Sénégal, et principalement à Dakar, une distribution plus moderne avec des superettes, des supermarchés et, peut-être sous peu, des hypermarchés dans des zones comme Diamniadio. Ce qu’il faut retenir, c’est que la forte présence de formats de distribution modernes appelés grande distribution est la conséquence de la mondialisation et de l’accroissement de la classe moyenne.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer cette forte ruée de ces sociétés étrangères vers le Sénégal ?
Des entreprises étrangères, dont certaines sont des acteurs importants de la distribution mondiale, à travers des contrats de licence ou de franchise, investissent de plus en plus le marché africain et sénégalais en particulier. C’est la résultante de la saturation de leurs marchés domestiques et de la mondialisation de la distribution afin de bénéficier d’économies d’échelle. L’industrie de la distribution est fortement caractérisée par l’obligation de maîtrise des coûts. Un des leviers pour la maîtrise des coûts, c’est de réaliser des économies d’échelle. En termes simples, il faut accroître la production encore pour réduire au maximum le coût marginal d’une unité produite. Après, il faut trouver à toute cette production des débouchés. C’est la raison pour laquelle les entreprises de distribution, qui exploitent aujourd’hui des marques de distributeur (Mdd) dans le cadre de contrat de sous-traitance et d’externalisation avec de « petits » producteurs, sont obligées d’étendre leur marché partout où une clientèle rentable se trouve. Le marché africain offre un terrain paradisiaque vu le niveau de désorganisation de la distribution, l’étroitesse des gammes de produits commercialisés, le manque de professionnalisme des acteurs (boutiquiers et tabliers de marchés), et les exigences de la classe moyenne dont les attentes sont en décalage avec l’offre du petit commerce traditionnel.

Birahim Gueye ProfLa présence de ces chaînes de distribution ne constitue-t-elle pas une menace pour le petit commerce (les boutiques de quartiers et autres vendeurs) ?
La présence des chaînes de distribution moderne est une menace au petit commerce sous sa forme actuelle. En effet, sous plusieurs aspects, les chaînes de distribution offrent des possibilités et des avantages par rapport au petit commerce. Premièrement, les clients ont l’impression d’avoir des produits plus sains et mieux conservés dans les magasins de la « grande » distribution. A titre d’exemple, le fait que les réfrigérateurs soient systématiquement éteints le soir dans les boutiques de quartier peut amener les consommateurs à aller s’approvisionner dans des espaces où le risque perçu est moins important. Deuxièmement, le fait d’afficher les prix constitue un gain de temps important pour cette nouvelle catégorie de clientèle qui ne peut se permettre de perdre du temps à marchander, même s’il faut reconnaître les bienfaits du marchandage notamment en termes de lien social entre vendeurs et acheteurs. Troisièmement, les horaires d’ouverture, pour une chaîne dont les magasins sont ouverts jusqu’à minuit, constituent une aubaine pour les travailleurs. Autant de raisons, non exhaustives, qui font que les nouveaux formats de distribution sont un danger pour les boutiquiers et autres commerçants de gros ou demi-gros établis dans les marchés comme Castor, Thiaroye, Gueule-Tapée des Parcelles Assainies, entre autres.

A votre avis, ne faudrait-il pas durcir les conditions d’ouverture de ces surfaces commerciales dans la capitale sénégalaise pour éviter une éventuelle anarchie dans ce secteur ?
Dans tous les pays, les conditions d’ouverture des surfaces commerciales sont réglementées. Une batterie de lois encadre, en France, la distribution (lois Royer 1973, loi Sapin 1987, loi Raffarin 1996 ou encore la loi Galland réglementant les relations entre distributeurs et fournisseurs). Les types de formats sont définis selon le niveau d’urbanisation. En zone urbaine, les grands formats sont répartis géographiquement de manière réfléchie pour éviter la cannibalisation des uns par les autres et la disparition du petit commerce de quartier. Les jours et les horaires d’ouverture sont réglementés. Les relations entre les distributeurs et leurs fournisseurs sont clairement définies. Autant de textes pour éviter qu’une catégorie profite de sa position dominante pour écraser une autre. Sans forcément durcir les conditions d’ouverture sans raison valable, le législateur sénégalais devrait s’intéresser à l’organisation du commerce afin de garantir une concurrence saine entre les différents acteurs.

Quelles stratégies devraient adopter les commerçants locaux pour faire face à ces grandes chaînes de distribution ?
Les réponses stratégiques des acteurs du petit commerce face aux grands distributeurs sont essentiellement : proposer des produits du terroir valorisés par la clientèle, accroître le niveau de services apportés aux clients, développer des relations personnalisées avec la clientèle, élever le niveau de qualité et de salubrité de leurs points de vente… Dans le contexte sénégalais, ces réponses ne seront pas faciles à objecter aux grands magasins de la distribution formelle. Il faut souligner les efforts consentis par certains boutiquiers de quartier qui ont amélioré l’ambiance dans leur point de vente et renforcé leur offre. C’est un premier pas. Il faudra rassurer la clientèle sur les conditions d’hygiène et de salubrité dans les boutiques, les rassurer sur la justesse des prix, et tirer des avantages de leur proximité géographique avec la clientèle pour apporter une offre adaptée.

A votre avis, quelle est la part de responsabilité de l’Etat dans la régulation de ce secteur ?
L’Etat doit veiller à une bonne réglementation de la distribution, aider les acteurs nationaux à se professionnaliser, accompagner les producteurs et industriels sénégalais à renforcer leurs relations avec les petits producteurs. L’Etat doit aussi aider à faire émerger de grands acteurs de la distribution au Sénégal en favorisant, par exemple, le développement de réseaux de franchise de distribution portés par des nationaux. Il faudra, cependant, tirer des leçons des expériences de Pridoux et des Easyboutique.

A ce rythme d’implantation, les opérateurs économiques ne sont-ils pas soumis à une concurrence sur leur terrain ?
Comme nous l’avons déjà dit, l’arrivée de grands acteurs mondiaux de la distribution est un défi pour les opérateurs économiques nationaux qui ont à affronter des concurrents bien établis dans le secteur et qui ont en plus l’avantage de l’image et de la réputation. En effet, même sans jamais avoir voyagé en Europe ou aux Etats Unis, les consommateurs sénégalais ont souvent entendu parler de grandes enseignes comme Auchan, Carrefour, Walmart, etc. Cela attise leur curiosité et renforce leur propension à passer à l’acte d’achat dans leurs magasins implantés dans le pays.

A l’image d’autres secteurs comme les hydrocarbures ou la téléphonie mobile, les entreprises de distribution sont aujourd’hui confrontées à une concurrence qui nécessite une attitude différente et le déploiement de capacités nouvelles face à ces concurrents d’un genre nouveau.

Propos recueillis par A. DIAW


MODOU DIOP, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’UNACOIS JAPPO : « NOUS RÉFLÉCHISSONS À UN PLAN D’ACTIONS POUR FAIRE FACE »
Les organisations professionnelles s’inquiètent aussi de l’implantation des supermarchés à Dakar. L'Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/ Jappo), dirigée par Idy Thiam, sonne l’alerte quant aux impacts sur leurs activités. « Comme beaucoup de gens, nous avons constaté, ces derniers temps, une prolifération des chaînes de distribution, surtout dans des endroits stratégiques de la capitale sénégalaise. C’est une situation que nous déplorons », réagit Modou Diop, secrétaire général de l’Unacois/Jappo. Depuis l’arrivée « massive » de ces supermarchés, les activités du petit commerce ne cessent de connaître des ralentissements, et les Pme souffrent ; car, justifie-t-il, elles sont concurrencées par les produits vendus dans les surfaces commerciales qui sont moins chers. Du coup cela affecte l’activité industrielle. « Actuellement, l’Unacois est en train de réfléchir à un plan d’actions à adopter pour faire face à cette situation. Nous nous penchons également sur les stratégies à mettre en œuvre pour alerter sur les conséquences néfastes de ces surfaces commerciales sur l’activité économique interne », confie M. Diop.

Analysant les conséquences sur le sous-secteur, le secrétaire général de l’Unacois/Jappo, sur le plan commercial, constate qu’il y a des stocks de marchandises non épuisés, entraînant de la mévente chez certains commerçants. « Nous avons souvent des problèmes avec nos fournisseurs qui nous livrent leurs marchandises, avec les banques partenaires. Si les activités des boutiquiers et autres vendeurs ne marchent pas, ils vont avoir toutes les peines à rembourser leurs prêts », s’inquiète M. Diop. Pour lui, la question est plus sérieuse. Il explique que l’activité des chaînes de distribution affecte tous les maillons de la chaîne. Du fournisseur au détaillant en passant par le grossiste, le demi-grossiste, le commerçant, il faut, avertit-il, s’inquiéter des conséquences sociales et économiques dont des pertes d’emplois en perspective. L’ouverture de ces surfaces commerciales favorise aussi la sortie des devises, parce que la plupart d’entre elles ont leur maison-mère à l’étranger. Ce qui peut avoir des impacts sur la balance des paiements.

Préserver le sous-secteur du commerce
Le secrétaire général de l’Unacois/Jappo invite, par ailleurs, la Commission nationale de la concurrence à sensibiliser l’Etat sur les dangers de cette situation, mais à veiller aussi à ce que les conditions de concurrence soient respectées. Il reconnaît, toutefois, la nécessité, pour les commerçants, d’améliorer leurs services pour mieux répondre aux besoins des populations. A ce titre, il sollicite un appui de l’Etat à travers ses différentes structures d’accompagnement. « Le commerce est jusque-là l’un des rares secteurs contrôlés par les nationaux, contrairement aux banques, aux assurances, aux Btp, qui sont entre les mains des étrangers », fait-il remarquer. Il ajoute qu’aujourd’hui, ils ont, dans leur viseur, le commerce en détail et la distribution qui restent l’un des fleurons pourvoyeur d’emplois au Sénégal.

A. DIAW


OUSMANE MBAYE, DIRECTEUR DU COMMERCE INTÉRIEUR : « LES SURFACES COMMERCIALES, UNE RÉPONSE À UNE DEMANDE NON SATISFAITE »
Le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye, dit avoir remarqué, depuis deux ans, une pénétration assez forte d’une nouvelle forme de distribution qui, certes existait, mais n’avait pas atteint ces proportions. « Il y avait casino, Pridoux, Citydia…, mais depuis qu’Auchan s’est installée, elle commence à prendre des parts de marché et à s’étendre jusque même dans les régions», relève M. Mbaye. A son avis, cette implantation effrénée de ces chaînes de distribution dans la capitale sénégalaise dénote une demande qui se manifeste de plus en plus, mais qui peine à être satisfaite par les commerçants locaux. Il soutient qu’il existe une nouvelle offre mieux adaptée aux exigences des consommateurs sénégalais. Le directeur du commerce intérieur souligne également la dimension proximité dans ce mode de distribution. En effet, il explique que ces surfaces étaient, jadis, concentrées en ville, mais aujourd’hui, elles sont implantées un peu partout dans les quartiers de la capitale et près des marchés. Autant d’éléments qui ont contribué au dynamisme de ce secteur. S’agissant des prix, Ousmane Mbaye estime que ces supermarchés sont aussi très compétitifs. Le marché sénégalais se trouve être d’abord un marché de prix avant d’être ensuite un marché de qualité. Cependant, il se dit conscient des conséquences que l’installation de ces supermarchés peut entraîner sur le circuit de distribution classique. D’après lui, pour que ces chaînes de distribution ne perdent pas des parts de marché, elles doivent s’adapter et repenser leur modèle.

A. DIAW

Supermarche RayonsL’AFFAIRE CITYDIA-AUCHAN SUR LA TABLE DE LA COMMISSION DE LA CONCURRENCE
En septembre 2017, il a été annoncé, dans la presse, le rachat des magasins Citydia par les supermarchés Auchan. Une acquisition qui n’a pas manqué de susciter des grincements de dents dans le milieu des affaires. Sur ce point, le directeur du commerce intérieur rassure sur les contours de cette transaction : « Actuellement, la Commission nationale de la concurrence étudie cette affaire. C’est un dossier que nous sommes en train d’étudier, au ministère du Commerce, pour voir s’il n’y a pas de position dominante », révèle M. Mbaye. Sur cette acquisition, Laurent Leclerc, directeur général d’Auchan Sénégal, dans un récent entretien accordé au quotidien national Le Soleil précisait : « il y a quelques mois, nous avons été contactés par les dirigeants de Citydia pour échanger sur la possibilité de reprendre leur réseau de magasins. En effet, leur contrat de franchise arrivait à échéance et ils ne souhaitaient pas poursuivre dans ce métier ». Ainsi, Auchan y a vu une belle opportunité pour accélérer son développement et servir ses clients. M. Leclerc ajoute que durant toutes les négociations, la sauvegarde de l’emploi a été la priorité des deux parties. « A ce jour, nous avons conclu la reprise de trois magasins et sommes en cours de finalisation pour les six autres. Nous espérons pouvoir conclure l’ensemble de l’opération avant la fin du premier trimestre 2018 », indiquait le patron d’Auchan Sénégal dans Le Soleil. Actuellement, on constate une multiplication de cette enseigne. Pour sa part, Amadou Kanouté, directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev)/Afrique, dénonce le rachat de certains magasins par d’autres sociétés, faisant allusion à la reprise des magasins Citydia par Auchan. Ce genre d’opérations, explique M. Kanouté, fait perdre aux consommateurs les avantages de la concurrence. « Si Auchan rachète les magasins de Citydia, on risque d’assister à une disparition de la concurrence, du coup, il n’y a aucune baisse de prix sur les produits », selon M. Kanouté. Ajoutant qu’une absence de concurrence dans le marché fait perdre au client des profits.

A. DIAW

NDONGO SYLLA, GROSSISTE AU MARCHÉ CASTOR : « SI AUCUNE MESURE N’EST PRISE, LES BOUTIQUES VONT FERMER »
« Vu le rythme avec lequel se multiplient les grandes chaînes de distribution à Dakar, surtout ces deux dernières années, il y a de quoi s’inquiéter sur l’avenir des activités des commerçants. Je préviens que dans deux ans, si aucune mesure n’est prise par l’Etat pour assainir le secteur, nous allons assister à une série de fermetures de boutiques et autres magasins à Dakar. Nos clients se font de plus en plus rares ; certains commerçants à qui nous fournissions de la marchandise ont disparu de notre réseau. La situation est tout simplement alarmante. L’autre fait qui mérite d’être souligné est que ces chaînes de distribution s’installent partout dans la capitale sénégalaise. Elles ne prennent pas en compte la dimension proximité. En termes clairs, si vous prenez Castor et ses environs, on en dénombre déjà deux magasins Auchan, et un troisième est sur le point d’être ouvert non loin du marché Castor. Ce qui représente de réelles menaces sur nos activités. Certains de nos fidèles clients qui venaient faire leur approvisionnement mensuel ont commencé petit à petit à se faire rares. Et cela peut constituer un manque à gagner pour nous commerçants ».

A. DIAW

LA CLASSE MOYENNE AFRICAINE, UN BASSIN DE CONSOMMATEURS POUR LES GRANDS GROUPES
Fruits et Legumes 2A l’échelle continentale, il est noté une forte ruée des grandes chaînes de distributions vers les pays de l’Afrique subsaharienne en raison de la présence d’un réel potentiel de consommation de la classe moyenne sur le continent. En effet, le développement de cette classe moyenne africaine se traduit par l’émergence d’une nouvelle base de consommateurs. Dans un récent rapport sur la question, la Banque africaine de développement (Bad) décrit les classes moyennes comme des ménages relativement jeunes, éduqués (enseignement supérieur), vivant dans des centres urbains et disposant de métiers stables et bien rémunérés. L’enquête du Boston Consulting group, intitulée « 2013 Africa Consumer Sentiment Survey », démontre que les consommateurs africains sont sélectifs dans leurs achats : ils font passer la qualité avant la quantité et ont une conscience de marque très prononcée, et ce même lorsque leur revenu diminue. Ce changement dans le comportement d’épargne et de consommation des populations africaines et la hausse continue de leur pouvoir d’achat suggèrent une demande potentielle pour de nouveaux biens et produits.

Cfao et Carrefour donnent le ton…
De grands groupes ont commencé à saisir cette opportunité en ouvrant des succursales dans certains pays. En effet, Carrefour et le groupe Cfao ont signé, depuis 2013, un protocole d'accord pour constituer une société commune qui sera détenue à 55 % par Cfao et à 45 % par Carrefour. Celle-ci bénéficiera d’un droit exclusif de distribution lui permettant de développer différents formats de magasins dans huit pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale : le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, le Nigeria, la République démocratique du Congo et le Sénégal. Carrefour mettra à contribution son expertise de distributeur multi-format et la force de son enseigne. Le groupe Cfao, qui bénéficie, depuis de nombreuses années, d’une forte présence locale en Afrique, apportera une connaissance approfondie de ses marchés et une bonne compréhension des habitudes de consommation. Pour donner forme à cette collaboration, ces deux partenaires ont ouvert, respectivement en décembre 2015 et décembre 2017, des supermarchés dans les localités de Marcory (Abidjan) et de Bonamoussadi (Cameroun) en attendant le lancement d’autres centres dans le reste du continent.

A. DIAW

EVITER D’ABUSER DE LA POSITION DOMINANTE
Interrogé sur les conditions d’ouverture des surfaces commerciales, le directeur du commerce intérieur rappelle que l’exercice d’une activité économique a été libéralisé depuis 1994. Il n’existe pas de textes réglementaires spécifiques régissant l’implantation de ces chaînes de distribution, précise-t-il. Elles sont soumises aux mêmes conditions que les autres commerçants nationaux qui souhaitent s’installer. Il suffit, entre autres, de s’inscrire au registre de commerce et de crédit immobilier (Rccm) et d’avoir un numéro d’identification nationale des entreprises (Ninea). Toutefois, prévient Ousmane Mbaye, s’il y a un acteur économique qui commence à avoir une position dominante dans un segment de marché, le ministère du Commerce veille au respect des normes de la concurrence. Autrement dit, l’autorité veut éviter que ces chaînes de distribution n’abusent pas de leur position dominante au détriment de leur concurrent.

A. DIAW

LA BÉNÉDICTION DES ASSOCIATIONS CONSUMÉRISTES
L’implantation des supermarchés à Dakar semble agréer les associations consuméristes qui se montrent préoccupées par le bien-être des populations. « Nous ne pouvons que saluer l’arrivée de ces magasins qui offrent plus de qualité dans les conditions de conservation de certains produits, comparé aux boutiquiers », se réjouit Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen). Toutefois, il dit comprendre les préoccupations de certains commerçants locaux qui s’inquiètent de l’avenir de leurs activités. Il soutient que le petit commerce ne va aucunement disparaître, car justifie-t-il, l’essentiel des consommateurs sénégalais adoptent un mode de consommation journalier ; rares sont ceux qui font l’approvisionnement pour une longue durée. Il rassure, par ailleurs, que l’Ascosen veille au respect des normes de qualité, d’hygiène et de l’application des prix des produits dans les surfaces commerciales.

S’inspirer de l’expérience indienne
Même s’il se réjouit de l’implantation des surfaces commerciales à Dakar, le directeur de Sicodev se demande, toutefois, si le Sénégal profite de cette situation pour favoriser davantage la vente de ses produits locaux. D’après lui, notre pays aurait pu s’inspirer de l’expérience indienne pour une vulgarisation du consommer local. « L’inde exige aux chaînes de distribution qui veulent s’installer dans son pays d’utiliser entre 40 et 50 % des produits locaux dans les rayons. Nous gagnerons à appliquer cette expérience », préconise le directeur de Sicodev Afrique. Dans cette même lancée, il invite l’Etat à mettre en œuvre des mesures de sauvegarde afin de protéger le petit commerce interne.

A. DIAW

Laurent Leclerc AuchanLAURENT LECLERC, DIRECTEUR GÉNÉRAL AUCHAN SÉNÉGAL : « NOUS ENVISAGEONS D’ATTEINDRE 50 MAGASINS À DAKAR ET DANS LES RÉGIONS »
« Pour ce qui est des quatre années à venir, nous envisageons d’atteindre 50 magasins à Dakar et dans les régions », déclarait Laurent Leclerc, directeur général d’Auchan Sénégal, dans une interview accordée au journal Le Soleil. Le groupe compte ainsi ouvrir des magasins dans la banlieue de Dakar et dans les régions (hors station balnéaire de Saly) Thiès, aujourd’hui. « Nous avons près de 1.000 collaborateurs, dont 98 % de Sénégalais avec plus de 10 milliards de FCfa de chiffre d’affaires hors taxe en 2016 réalisés, sur 11 points de vente, aujourd’hui », révèle M. Leclerc. D’après lui, Auchan Retail Sénégal est un investissement de 65 milliards de FCfa en quatre ans. La priorité sera donnée aux produits locaux avec la création de filières sur les fruits et légumes avec des garanties de volumes auprès des exploitants, ajoute M. Leclerc.

A. DIAW

IDRISSA DIABIRA, DIRECTEUR GÉNÉRAL ADEPME : « NOUS TRAVAILLONS SUR DES PISTES D’ACCOMPAGNEMENT COMME LA FRANCHISE LOCALE »
Beaucoup de chaînes de distribution continuent de s'installer à Dakar, qu’est-ce qui explique cette affluence ?
Il faut s’en féliciter. Cela traduit la profonde transformation structurelle de notre économie qui est en cours et qui a été définie et planifiée dans le Plan Sénégal émergent. Elle vise à disposer d’un secteur de la distribution moderne et ainsi à renforcer son caractère stratégique dans l’économie. Ce secteur représente déjà près de 18 % du Pib et un million d’emplois, soit 25 %. L’enjeu est double d’une part, en termes d’emplois nouveaux créés stables et plus rémunérateurs, et d’autre part, en termes d’effets induits avec la redistribution de pouvoir d’achat vers les ménages, l’amélioration de leur accès à des biens de consommation, l’augmentation de ressources fiscales et enfin l’opportunité pour le développement de Pme nationales. L’arrivée de grands acteurs internationaux comme Auchan ou Carrefour, tout comme hier, l’apparition de supermarchés ou d’acteurs indépendants, traduit l’émergence de la distribution moderne au Sénégal. Nous ne devons pas en avoir peur car elle doit se consolider. Il faut saisir les opportunités offertes par ce marché à l’instar de la Thaïlande qui a ainsi généré plus d’un million d’emplois en cinq ans ou l’Afrique du Sud où les supermarchés nationaux ont été les bénéficiaires de l’émergence de la distribution informelle.

Comment faire pour permettre aux opérateurs économiques nationaux, notamment les commerçants, de s'adapter à cette nouvelle donne ?
C’est précisément l’instruction des autorités en particulier de Alioune Sarr, notre ministre de tutelle en charge du Commerce et des Pme. Ces arrivées génèrent de l’inquiétude par rapport aux commerces de proximité. Mais le département est vigilant dans son rôle de régulateur afin d’éviter toute concurrence déloyale notamment sur le risque de rapprochement à l’achat. Nous travaillons aussi sur les pistes d’accompagnement notamment dans la franchise locale ou le développement de coopération interprofessionnelle entre producteurs, grossistes, distributeurs et détaillants. Les opportunités du développement du secteur de la distribution sont, en effet, très importantes dans sa transformation en un secteur moderne. L’opportunité, c’est aussi celle d’investissements pour des chaînes de distributions sénégalaises s’inspirant des expériences du Sénégal ou de l’étranger, comme en Afrique du Sud. Pour ce qui concerne Auchan, le ministre a été très clair. Il a notamment instruit de préparer un contrat de performance pour un partenariat gagnant-gagnant dans l’intérêt des consommateurs et du développement des Pme. Ce contrat est en cours de finalisation pour permettre d’accompagner des Pme sénégalaises dans la fourniture de produits « Made in Sénégal ». Cela permettra de définir des indicateurs de suivi du nombre et du pourcentage de produits locaux dans les rayons ou pour améliorer la durée des contrats des fournisseurs nationaux afin qu’ils investissent, se développent et contribuent à substituer nos produits à ceux d’importation.

Qu’est-ce que l’Adepme compte faire afin d’accompagner les acteurs locaux ?
Outre la préparation de ce cadre de partenariat, nous renforçons nos outils d’accompagnement très prisés des Pme agroalimentaires comme le Fonds à frais partagés. Il s’agit d’un mécanisme qui permet de subventionner l’assistance technique des Pme disposant au moins d’états financiers sur un an ou le partenariat avec les institutions financières et les fonds d’investissements grâce à notre unité de scoring et de labellisation. L’objectif est de leur faciliter l’accès à des services financiers comme non-financiers. C’est dans ce cadre, par exemple, que nous avons lancé, dernièrement, avec le Bureau opérationnel de suivi du Pse (Bos) et une société d’investissement local, M&A Fintech, le Programme national de reverse factoring ou affacturage inversé en français qui est un mécanisme de financement profitable aux fournisseurs des grandes entreprises. Car il leur permet de ne plus souffrir de tension de trésorerie dans l’exécution des projets en étant payé en 72h plutôt qu’en 60 ou 90 jours. Cet apport de l’Adepme permettra de saisir toute l’opportunité de la présence de grandes entreprises, celles économiquement responsables, pour le développement de nos Pme. D’ailleurs, la 2èmeédition de notre Forum de la Pme sénégalaise en novembre se penchera sur ce lien indispensable au développement d’écosystèmes.

Propos recueillis par A. DIAW

L’Association nationale des arbitres de football du Sénégal (Anafs) annonce organiser une réception en l’honneur des arbitres sénégalais ayant pris part à la Coupe du monde 2018, jeudi, à partir de 15 heures.

"Dans le but de manifester sa reconnaissance, l’Anafs organise une réception en leur honneur, le jeudi après-midi à 15h au Cercle mess des Officiers", annonce cette structure. Elle estime que les arbitres internationaux, Malang Diédhiou, Djibril Camara et El Hadj Malick Samba, ainsi que le préparateur physique, Mademba Mbacké, ont été par la qualité de leurs prestations saluées par tous durant la Coupe du Monde en Russie. Ils ont honoré notre pays et le continent africain tout entier. La cérémonie devrait être présidée par le ministre des Sports, Matar Bâ, l’une des personnalités invitées à cette cérémonie. Le trio arbitral sénégalais composé de Malang Diédhiou, Djibril Camara et El Hadj Malick Samba est le seul africain à avoir officié durant la compétition. Il a dirigé trois matchs, dont le huitième de finale Belgique-Japon (3-2).  Les arbitres Malang Diédhiou et Djibril Camara, retenus dans le carré d’as de la Coupe du monde qui a pris fin, avant-hier, avec la victoire 4-2 de la France aux dépens de la Croatie, ont été désignés réservistes du match de classement. Pour rappel, cette rencontre a été remportée par la Belgique sur l’Angleterre 2-0, samedi.

(APS)

Selon l’Office du baccalauréat qui a fait le point sur les épreuves anticipées de philosophie et du bac technique, 132 candidats ont été exclus de la présente session pour usage interdit du téléphone portable. Il s’agit de 127 candidats du bac général et de 5 pour celui technique.

Alors que les épreuves du baccalauréat général démarrent aujourd’hui, l’Office du bac annonce que 132 candidats sont déjà exclus de la présente session. Rappelant que l’ensemble des épreuves anticipées de philosophie et du bac technique se sont déroulées dans de bonnes conditions, le Directeur de l’Office du bac, le Pr Sossé Ndiaye, informe qu’il y a eu quelques incidents notés, tous relatifs au port et à l’usage du téléphone portable par les candidats. Il s’agit précisément de 127 candidats pour l’épreuve de philosophie du baccalauréat général, soit un candidat du centre Cem Martin Luther King (Dakar), un du centre lycée de Ndouloumadji Founebe (Matam), un du centre du lycée de Koumpentoum (Tambacounda) et de 124 candidats du lycée Ahmadou Ndack Seck (Thiès).

Bac 18Pour le baccalauréat technique, 5 candidats sont concernés, soit un candidat du lycée technique industriel Maurice Delafosse (Dakar), un candidat du Collège Saint-Michel (Dakar) et trois candidats du lycée technique et d’enseignement professionnel de Thiès.

M. Ndiaye qui a signé le communiqué fait savoir que « tous les candidats concernés ont fait l’objet de rapports circonstanciés et leurs dossiers introduits dans le circuit du conseil de discipline de l’Université Cheikh Anta Diop, seule habilitée par la loi en cette matière ». Toujours selon le même document, en application du règlement en vigueur, ces candidats sont exclus de la présente session d’examen. Cette mesure conservatoire restera en vigueur durant la période d’attente du verdict du conseil de discipline.

O. KANDE

DÉMARRAGE DU BAC GÉNÉRAL À PARTIR D’AUJOURD’HUI : 157.687 CANDIDATS COMPOSENT DANS 415 CENTRES
L’examen du baccalauréat, sanctionné par le premier diplôme universitaire, démarre aujourd’hui sur l’étendue du territoire national. Au total, 157 687 candidats vont composer dans 415 centres pour 515 jurys. Aussi, 18.000 surveillants et 8200 examinateurs sont mobilisés.

Lors d’une conférence de presse tenue avant le début des anticipées de philosophie, le Directeur de l’Office du bac avait informé que, cette année, 157 687 candidats passent les épreuves du baccalauréat dans 415 centres pour 515 jurys. Par la même occasion, 18. 000 surveillants et 8200 examinateurs sont enrôlés. Un communiqué de l’Office du bac rappelle que, conformément aux instructions du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, les moyens nécessaires ont été réunis pour honorer les engagements. Les ressources destinées à l’organisation de cet examen ont déjà été évaluées et rassemblées pour une exécution dans les délais.

Ainsi, les avances sur les frais de déplacement des présidents de jury d’Eps (Education physique et sportive) et du baccalauréat technique ont été respectivement payées les 19 et 27 juin 2018.

Les présidents de jury du baccalauréat général ont perçu l’intégralité de leurs avances et frais de transport et reçu le matériel de gestion de leurs jurys dans la semaine du 9 au 14 juillet 2018.

Le paiement des avances de déplacement aux examinateurs et présidents de jury du baccalauréat général est en cours depuis le 9 juillet 2018 dans l’ensemble des académies.

Oumar KANDE

UN TAUX DE RÉUSSITE DE 49,25% AU BAC TECHNIQUE
Le même document apprend que l’examen du baccalauréat des séries G, T1 et T2, communément appelé baccalauréat technique, s’est déroulé du 2 au 12 juillet 2018. Ses résultats donnent un taux de réussite de 49,25 %. Il y eu 2 mentions « Très bien » ; 21 mentions « Bien » et 130 « Assez bien ».

O. KANDE

Dans son élan de développer le réseau autoroutier du pays, le gouvernement du Sénégal, avec le concours des bailleurs, compte lancer les travaux de l’autoroute Mbour-Kaolack et l’autoroute côtière Dakar-Saint-Louis, dans le premier trimestre de 2019. Une réunion a été tenue, hier, à Thiès pour sensibiliser les populations des communes impactées à vite libérer les emprises.

Les infrastructures occupent une bonne place dans le programme prioritaire du Plan Sénégal émergent (Pse). Après l’autoroute Dakar-Aéroport Blaise Diagne (Aibd)-Sindia, le gouvernement compte lancer le projet autoroutier Mbour-Fatick-Kaolack, mais aussi la construction de l’autoroute côtière Dakar-Saint-Louis. Ces deux projets démarreront, selon le directeur régional de l’Ageroute de Thiès, Khoult Ndiaye, au plus tard dans le premier trimestre de l’année 2019. Une réunion du Comité régional de développement(Crd) a été présidée, hier, par le gouverneur de la région pour présenter le projet et sensibiliser les populations des zones impactées à prendre les dispositions nécessaires pour libérer les emprises le plus rapidement possible. L’autoroute Mbour-Kaolack qui sera longue de 100 kilomètres avec deux fois deux voies extensibles, permettra non seulement, selon Souleymane Diouf, chargé de projet à l’Ageroute, de renforcer le réseau routier et autoroutier du Sénégal, mais aussi de développer le corridor Dakar-Bamako et Dakar-Lagos. Pour ce qui est de la côtière Dakar-Saint-Louis, elle sera longue de 195 kilomètres, avec aussi deux fois deux voies. Elle fonctionnera avec un système de péage fermé. « Mbour-Kaolack est le plus grand corridor du Sénégal. Nos voisins maliens utilisent cet axe pour le transport des marchandises venant du port de Dakar et autres. De plus, celle-ci va améliorer le trafic et permettre plus de sécurité dans cet axe très accidentogène. Pour la côtière, elle nous permet de relier le Nord de la capitale mais aussi le Maroc. Elle va également aider à améliorer la sécurité routière », a déclaré Khoult Ndiaye. Selon lui, l’étude de faisabilité du projet Mbour-Kaolack est très avancée. « Après la libération des emprises, on pourra même parler d’étude technique d’exécution. Pour la côtière, elle est moins avancée mais avec cette autoroute, les bailleurs de fonds se sont réunis et ont tous donné leur accord de principe pour le financement », a-t-il fait savoir.

Le gouverneur de la région de Thiès, Amadou Sy, soutient qu’à travers ce comité régional de développement, tenu sur demande du ministre des Infrastructures, ils cherchent à travailler rapidement sur la construction de l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack mais aussi sur la côtière Dakar-Saint-Louis. « L’une des difficultés majeures dans la réalisation de ce type de travaux est la libération des emprises. Elle prend beaucoup de temps et allonge inutilement les délais alors que si on appliquait la règlementation en vigueur, on irait beaucoup plus vite. Mais le chef de l’Etat nous a demandé d’associer les populations dans tout ce qui est fait », a-t-il déclaré. Selon lui, les retards dans l’exécution des travaux rendent les infrastructures beaucoup plus chères. En plus de cela, les chantiers, tant qu’ils ne sont pas finis, créent des désagréments aux populations.

Ndiol Maka SECK

Les dirigeants de l'Union européenne (Ue) se rendent aujourd’hui et demain à Pékin puis à Tokyo pour renforcer les relations commerciales avec la Chine et le Japon afin de faire bloc si le président américain Donald Trump déclenche une guerre commerciale mondiale.

La tournée asiatique des représentants de l'Union européenne (Ue) s'inscrit dans une démarche d'alliances forgées par celle-ci - 28 pays, 500 millions d'habitants, le plus grand marché unique du monde - face au protectionnisme de l'administration de Trump dont le slogan est "America First". Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le chef de la Commission, Jean-Claude Juncker, participeront aujourd’hui à Pékin au 20ème sommet Ue-Chine et s'entretiendront avec le président Xi Jinping le jour où Donald Trump rencontrera le président russe Vladimir Poutine à Helsinki.

Le sommet devrait être l'occasion pour les dirigeants de la Chine et de l'Ue de réaffirmer leur engagement commun en faveur d'une modernisation de l'Organisation mondiale du commerce (Omc) à laquelle le président américain s'oppose.

Mais, l'Ue et la Chine devront aplanir les divergences sur les pratiques commerciales restrictives de Pékin, y compris le "dumping" des importations chinoises bon marché, en particulier de l'acier.

Certaines de ces préoccupations sont partagées par Washington. L'Ue a porté plainte à l'Omc contre la décision des Usa d'imposer des droits de douane sur les exportations d'acier et d'aluminium et contre la Chine pour s'opposer "au transfert injuste de technologie" des entreprises européennes actives en Chine. "Si les acteurs de ce monde ne respectent pas les règles, alors le système risque de s'effondrer", avait expliqué la Commission européenne pour justifier ses plaintes. Donald Tusk et Jean-Claude Juncker se rendront ensuite demain à Tokyo pour la signature d'un accord de libre-échange avec le Japon. La rencontre était initialement prévue la semaine dernière à Bruxelles, mais le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a été contraint d'annuler son voyage à cause d'inondations meurtrières au Japon.

L'accord avec le Japon est "historique" et constitue "le plus important jamais négocié par l'Union européenne", a soutenu le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.
"Cet accord créera une zone de libre-échange couvrant près d'un tiers du Pib mondial", a-t-il expliqué.

AFP


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